mardi 18 juin 2019

comme des papillons frémissants...


En moi, malgré moi parfois se glissent des larmes. Des larmes que le mouchoir ordinaire n'arrive pas à assécher…
Ces gouttes de larmes sont cachées au plus profond de mon être. Ce n'est pas un bon temps pour l’espérance. Ce n'est pas davantage un bon temps pour le clavier. Ni pour le cahier.

Bon.
Je reprends mes lignes cent fois réécrites, que j’aurais voulu légères, comme des papillons frémissants… il faut absolument que je puisse voler, m’échapper vers la lumière, me réfugier sur la canopée de ces arbres que je vois au loin qui frissonnent de beauté, m’emmitoufler de nuages légers, jouer à être un ballon flottant dans le vent…
Zut…
Le doigt se pose malgré lui sur un mot inopportun...
Il voulait écrire souffle et non gouffre... c'est si profond, si effrayant le gouffre, on se perd dans le gouffre, il n’y a personne dans le gouffre, là c’est le noir, la solitude, la confrontation avec les démons. Il y a tant de démons dans mon corps malade. Ils l’ont squatté, les vilains méchants, les ignobles grimaçants !

Il me faut apprendre les pas de la danse nouvelle…

Danser des pas nouveaux, facile à dire… la fatigue est tellement vaste, pesante, énorme, géante, je n’aurais jamais cru cela possible… 

J’ai faim, de paix et de pain,  je suis donc toujours vivante. Me voilà rassurée, il y a des moments où j’en  douterais… 

vendredi 14 juin 2019

D'aucuns disent que c'est le paradis!

Un voyage... le voyage que j'ai fait en Croatie
Pour moi, le paradis et l'enfer
Beauté des paysages, mer et montagnes mêlés, qui se découpent sous un ciel d'un bleu incroyable, un bleu qui répond à celui de la mer... qui caresse les maisons de sa magnifique lumière !
Mais un tourisme de masse, un monde fou qui circule dans les ruelles étroites des villes et villages ressuscités après la terrible guerre de 91, qui a imprimé sur et dans les maisons des marques qui font mal...
Étrange paradoxe... ainsi est fait l’être humain attiré par le beau, et capable du pire
Hélas impossible de faire des photos... mais j'ai dans mon coeur des paysages superbes dans lesquels je peux me replonger comme je veux, quand je veux !

Je suis partie blessée à la jambe, je reviens toujours blessée à la jambe qui ne parvient pas à guérir: mais je suis fière, j'ai été ma propre infirmière, renouvelant mon pansement tous les jours: je deviens une pro en soins infirmiers!

En dépit de très bonnes lunettes solaires, le soleil me brûlait mon précieux oeil! J'ai paniqué un peu croyant que je devenais aveugle
Suis donc allée ce matin à la clinique, faire examiner mes yeux, et ma jambe... rha la la, marre de la clinique, mais quelle chance qu'on soit prêt à me recevoir en urgence: je suis un cas il faut dire, on me connait, et on me traite les plus rapidement possible... quelques paroles de réconfort (qui dira l'importance de l'écoute attentive des soignants!) et je repars avec deux sortes de gouttes à mettre dans les yeux!

Je parlerai de mon livre demain. Il commence à faire son chemin...

vendredi 31 mai 2019

Juste une phrase qui m'a touchée, au gré de mes lectures:

"Le vrai bonheur n'est ni jeune, ni innocent, il porte des rides et des cicatrices" EES

A toi de t'arranger avec ces rides et ces cicatrices
C'est possible, mais difficile et à recommencer chaque jour
C'est une affaire de longue longue patience

Il y a quinze jours déjà, autour de la parution de mon livre, je suis tombée violemment et me suis fait très mal.
Je connais ça, ce n'est pas la première fois.
Tous les jours, refaire le pansement (merci ma fille!)
Tous les jours surveiller l'évolution de la blessure
Trois fois me rendre à l'hôpital et être reçue en urgence pour examiner la piètre allure de ma jambe!
Je guérirai sans doute, mais lentement, trèèèèèèèèèès lentement

Oui, le bonheur quand même, avec ses rides et ses cicatrices, ses douleurs, sa gadoue, ses solitudes






vendredi 24 mai 2019

Mon rendez-vous avec Horton


Je suis fière et heureuse de vous présenter mon livre écrit tout au long de sept longues années! (publié aux Editions Académia)
Il m'a fallu du courage et de la persévérance pour mener ce projet à son terme.
Il a fallu que j'y croie, malgré les soubresauts de ma santé qui l'ont par deux fois remis à plus tard. Il a fallu les encouragements de mes fidèles pour m'encourager à continuer et à terminer!
(merci spécialement à Alainx qui m'a accompagnée tout au long du chemin)

Le livre est magnifique: riant de sa couleur rouge (merci Pastelle pour la photo de couverture!), il invite à sa lecture. Il y a des moments émouvants, des moments drôles, des moments de réflexion sur la maladie rare et même des questionnements existentiels.
Des moments de Vie tout simplement...

Ce livre donne mon témoignage sur la maladie de Horton (artérite temporale), dont j'ai souffert avec intensité (jusqu'à l'atteinte oculaire). S'ils sont pris à temps, ce qui n'a hélas pas été mon cas, la plupart en souffrent de manière moins grave et heureusement pour eux. Mais mon cheminement peut rejoindre celui d'autres malades, en tous cas c'est ce qu'on m'a dit, encore ce matin!

Nous souffrons tous de maladies plus ou moins graves, plus ou moins invalidantes: ce livre est un humble témoignage sur la façon dont moi je l'ai vécue et la vis toujours.
Dès le début de cette écriture, j'ai pensé aux lecteurs qui pourraient "profiter" de ce témoignage: comme l'écrit le docteur Y. Pirson, dans sa préface, les malades ont faim de recevoir des avis de malades qui passent par la même maladie. Cela les aide énormément! Ils peuvent alors de manière plus sereine emprunter leur propre chemin.
Quand j'ai commencé à écrire, il n'y avait aucun témoignage qui aurait pu m'aider: je m'étais juré de combler ce vide.

Voilà! C'est chose faite...

( à savoir: mon livre peut être commandé dans n'importe quelle librairie tant en Belgique qu'en France)



jeudi 16 mai 2019

les choses et les êtres viennent et partent

laisse les choses aller
laisse les choses partir
laisse les choses se produire
rien
dans ce monde
ne t'était promis
ni ne t'appartenait

tu ne possèdes que toi-même

Rupi Kaur

ou encore:
c'est la recette de la vie
pense à ces fleurs que tu plantes
dans le jardin chaque année
elles vont t'apprendre 
que les gens eux aussi
doivent se faner
tomber
pourrir
se redresser
pour fleurir 

Rupi Kaur

Quand j'ai découvert les poèmes souvent courts de Rupi Kaur, j'ai été séduite
Elle écrit comme j'aime: des choses courtes et bien enlevées, qu'on reçoit parfois comme une claque!
Ce sont comme des pensées qu'on peut méditer toute une journée...

Comme ces deux petits textes que je vous offre en billet
ainsi que ce tableau du peintre belge, Léon Spilliaert, dont j'aime beaucoup l'univers


lundi 13 mai 2019

le vent l'a bousculée...

Consigne de Lakévio
créez un poème en losange
en vous inspirant du tableau proposé.
 ( mais jusqu'à dix pieds pour la ligne du milieu,


Seule
elle rêve
elle rumine
le vent la bouscule
le soleil est bien mort
elle ne se sent pas très bien
ca dure depuis deux jours déjà:
elle avait mis son beau manteau rouge
mais elle a rencontré le grand méchant loup
et il l'a poursuivie, cernée, accostée 
et bien plus que cela
pas de larmes
pas de cris
silence
seule

mardi 7 mai 2019

Je l'ai tellement cherché!

Depuis un certain temps (quelques semaines et sans doute plus) je cherchais un livre qui est resté longtemps un livre essentiel pour moi:
"Femmes qui courent avec les loups" de Clarissa Pinkola Estès
histoires et mythes de l'archétype de la femme sauvage

C'était un de mes livres de chevet, et cela dès sa parution en 1996

Je fus triste de ne pas le trouver: j'avais perdu quelque chose de précieux, d'essentiel même!
Alors la semaine dernière, j'en ai racheté un autre, toujours en édition poche, et ce livre sentant le neuf, me comblait de joie.
Mais ce matin, miracle, sans même le chercher, dans un coin très caché de ma bibliothèque, je suis "tombée dessus", complètement par hasard. Comment donc m'avait-il échappé? Je l'ai tant cherché! J'ai poussé un cri de joie: j'avais retrouvé mon bon vieux livre, écorné de partout, souligné plus encore: MON livre, témoin de mes réflexions sur la Femme Sauvage, càd la Femme Libre, celle qui ne cesse de se trouver ou de se retrouver...

"Il faut se dire "j'y vais" et y aller.
Relire des passages de livres ou des poèmes qui les ont touchées.
Passer près d'un ruisseau, d'une rivière
Rester étendue sur le sol dans la lumière tamisée d'un sous bois
Etre en tête à tête avec l'homme qu'on aime, sans les enfants.
Marcher ou conduire sans but précis pendant une heure et revenir
Prendre un bus sans savoir où il va
Marquer le rythme avec les mains en écoutant de la musique
Etre installée près de la fenêtre dans un café et écrire
Rempoter des plantes les mains dans la terre
etc etc

Réveillez-vous dès maintenant, vous qui êtes lasses, temporairement écœurées par le monde, vous qui redoutez de prendre du temps pour vous. Mieux vaut rentrer quelque temps "chez soi", faire le point, même si cela irrite les autres, plutôt que de rester à s'abîmer, avant de finir complètement laminée...

Je suis par moments, cette femme lasse, parfois bien écœurée par le monde, par les autres et même par moi-même. Trop souvent j'attends que "cela" passe, alors qu'il suffirait que j'ouvre au hasard ce livre, ou un autre de mes essentiels pour retrouver courage: cela semble si simple mais pas forcément facile
Tiens une bonne idée: aller dans un chouette café, m'installer près d'une fenêtre, observer les gens, écrire quelques mots et rentrer, toute ragaillardie



mercredi 24 avril 2019

Il est beau cet ami!

J'ai retrouvé dans mes livres de poche, un livre que je n'ai pas encore lu!
Je le prends, ne sachant pas encore si je vais le lire. La lecture sur papier, contrairement à la lecture sur écran, me pose problème comme vous pouvez (ou pas) l'imaginer! Sur écran, je peux agrandir la police de caractère...
Donc je prends ce livre, c'est un classique de chez classique, le feuillette un peu au hasard, et suis immédiatement accrochée!
Ca alors, mais c'est passionnant! Je ne m'y attendais pas, ce roman a été écrit au siècle passé! Non! pardon, il y a deux siècles!  Et pourtant. Il écrit super bien cet auteur. Et puis cette histoire est palpitante! Comment ai-je pu l'ignorer si longtemps?

Et me voilà à le lire, par tranches de 30', impossible d'y consacrer plus de temps: dommage, mais c'est comme ça!
L'édition de poche que je possède contient 402 pages: j'en ai lu déjà 56.
J'en ai donc pour quelques heures de lecture et je m'en réjouis!

tout petit extrait:
" Elle lui raconta à son tour des anecdotes, avec un entrain facile de femme qui se sait spirituelle; et, devenant familière, elle posait la main sur son bras, baissait la voix pour dire des riens, qui prenaient ainsi un caractère d'intimité"



samedi 13 avril 2019

J'encadrerai le soleil

J'encadrerai le soleil et le cadre sera
d'un beau bois clair chic et cher
Je le mettrai bien en vue dans mon salon
ou plutôt dans ma chambre
ou mieux encore, dans mon bureau.
Là il sera bien en vue, pour moi toute seule.

Je ferai de même pour les étoiles.
J'encadrerai les plus brillantes
les plus étranges, les plus célèbres.
Alors je pourrai les regarder la nuit
et même le jour
Même chose pour la lune
et sa face ronde réjouie
Dans son encadrement chic et cher
je jouerai au ballon avec elle
et ce sera un jeu passionnant,
que j'ai bien l'intention de gagner !

Mais, mais, mais... voilà que
le soleil s'est obscurci
et les étoiles aussi
sans parler de la lune.
Ou s'est donc cachée la lune?

Dans mon salon chambre bureau
les cadres chics et chers sont amputés
à jamais
de leurs trésors lumineux...

C'est en voyant la couverture du nouveau livre de Boris Cyrulnic que j'ai eu l'idée d'écrire ce texte
Le livre dont il a parlé dans La Grande Librairie me semble passionnant, et s'intitule: 
"La nuit, j'écrirai des soleils": une vraie phrase poétique!
mais ce que j'ai écrit n'a bien sûr rien à voir avec le contenu de ce livre, que je ne connais pas (encore)
Je suis juste partie sur le titre
Et vous savez comment ça va: un mot en entraîne un autre!







mardi 9 avril 2019

être un papillon

tous les jours tu rêves
de te réveiller papillon...
(ou coquelicot ah oui,
ce serait bien aussi 
d'être coquelicot!)

Sois tranquille, tu le seras
mais cela ne se fera pas 
en un jour, ni même en deux:

il faut travailler à sa naissance







jeudi 4 avril 2019

Un jour tu as su -enfin- ce que tu avais à être
et tu t'y es mise, patiemment.
Autour de toi, mille voix pour te hurler leurs demandes aiguës
leurs conseils prétendant tout savoir mieux que toi.
Tu n'as plus écouté, tu t'es bouché les oreilles
seule façon d'entendre la seule voix qui compte
celle qui parle au plus profond de toi

Il était tard, la pluie giclait sur les fenêtres
dans un bruit têtu et féroce
Mais toi, la nerveuse, étrangement calme, tu restais là
à contempler ta vie devenue soudain plus large que l'océan
Tu étais simplement passée de l'autre côté du miroir
celui où Alice rencontre ceux qui lui parlent en vérité
même si leurs mots sont parfois de mystère
surtout s'ils le sont!

Tu étais tranquillement déterminée à affronter désormais
l'unique chose qu'il était capital pour toi de faire
déterminée à sauver le seul endroit de ta vie
sur lequel tu avais encore prise.
Il te suffisait d'être là
de parler s'il le fallait
de te taire s'il le fallait
de regarder les gens s'agiter comme des pantins
en te disant qu'il n'est pas nécessaire de participer à toute cette folie
pour t'immerger dans les eaux de ta NAISSANCE

peinture de Léon Spilliaert


jeudi 28 mars 2019

Prendre la main

Le neurologue français Raymond Garcin faisait remarquer: "la base de la médecine, c'est l'amour" et citait la réponse du Prix Nobel de médecine Charles Nicolle à un de ses collègues déplorant l'abattement moral de son patient: "Lui avez-vous pris la main, au moins?"
Ce dévouement, cette bonté, cette humanité qui affleurent dans un cri du coeur teinté de reproche, combien de médecins les mettent-ils en pratique aujourd'hui?

Elisabeth Quin, in La nuit se lève, Grasset, p.116

J'en ai rencontré des médecins de ce type, soucieux d'être ce pilier de bonté qui permet au patient de garder son courage, qui prennent le temps qu'il faut pour répondre à ses questions, de le regarder dans les yeux, au delà de leur écran d'ordinateur... Et la main qu'ils/elles prennent est une main de Bienveillance et quel bien ça fait!

Mais il y a aussi celles et ceux qui sont complètement déconnectés de leur humanité, soucieux uniquement des gestes médicaux techniques qu'ils se doivent d'accomplir et dont le maître mot est: vitefaitbienfait et au revoir madame, revenez dans 4 mois!



mardi 26 mars 2019

La nuit se lève de E.QUIN

Je viens d'achever la lecture d'un livre qui m'a énormément touchée
Il s'agit de "La nuit se lève" de Elisabeth Quin
Elisabeth est la journaliste responsable du 28minutes sur Arte, tous les soirs de 20h05' jusque 20h55'

C'est une sorte de journal d'actualité et d'opinions avec des interlocuteurs invités par Elisabeth Quin, tous (enfin le plus souvent) intelligents de coeur
Tous les soirs ou presque, je suis là à regarder cette émission, et c'est rare:
1) que je n'ai pas appris quelque chose
2) que je me suis ennuyée ou que sais-je!

Donc l'animatrice de cette émission est Elisabeth Quin, qui la mène de main de maître, sympathique petit bout de femme
Et voilà qu'elle vient de publier chez Grasset ce livre que j'ai dévoré
Il est là, à côté de moi, et je le prends et relis sans cesse l'un ou l'autre passage

Pour tout vous dire, je reconnais quasi mot pour mot, ce qu'elle dit à propos du déclin de ses yeux!
Elle est atteinte d'un double glaucome....!
Elle voit comme avec des œillères, son champ de vision se réduit: plus possible de conduire la nuit

Elle parle de ses ressentis: la peur de devenir aveugle, ce qu'on lui promet à plus ou moins longue échéance (elle espère bien sûr la plus longue possible...)

C'est une femme très cultivée, qui est allée chercher dans l'actualité, dans l'art, la littérature,  les personnes qui ont perdu la vue complètement ou d'un œil, elle explore leurs ressentis, s'inquiètent de la façon dont elles s'en sortent (ou pas!)
Bref un bouquin passionnant! Pour moi en tous cas!
J'ai été à la découverte de toutes les videos où elle est interrogée à propos de son livre et de son problème oculaire, forcément pas facile à vivre quand on est journaliste de télévision, regardée par tous les téléspectateurs, sans à son tour les voir
Interviews tous plus passionnants les unes que les autres.




mardi 19 mars 2019

"jeter un œil"? Jamais! Même pas pour faire plaisir!

J'ai cherché ce matin des expressions contenant le mot "oeil".
J'en ai trouvé 14.
J'ai mis de côté celles ou ce mot est utilisé au pluriel: ceux qui me connaissent un peu sauront pourquoi ;-)

14, c'est beaucoup quand même!
Par exemple:

- ne pas fermer l'oeil de la nuit (pourquoi l'oeil, et non les yeux?)
- faire de l'oeil à quelqu'un (de l'oeil? de quel oeil?)
- jeter un coup d'oeil (aie, ça fait mal pas trop fort!)
- avoir bon pied, bon oeil (ça va souvent ensemble, non?
- tourner de l'oeil (et quand l'oeil tourne sans avertir, ben on tombe!)
- ouvrir l'oeil (et le bon hein! Oui! le bon, l'autre est foutu!)
- manger à l'oeil (ohhhhhh comme c'est vilain!)
- à vue d'oeil (c'est pas à vue de pied bien sûr!)
- obéir au doigt et à l'oeil (et en avant, que cela saute!)
- se mettre le doigt dans l'oeil (jusqu'à l'omoplate me disait-on en riant quand j'étais enfant!)
- garder à l'oeil ou avoir à l'oeil (et ce bon serviteur  ne laissera rien passer!)
- oeil pour oeil, dent pour dent (et vlan!)
- avoir le compas dans l'oeil (ben dis donc, ça ne doit pas être facile de le garder dans l'oeil!)
- mon oeil! dit-on quand on se moque de ma vantardise!

Il y en a sans doute encore, mais mon oeil ne les a pas repérés. Pas encore du moins car vous me donnerez d'autres exemples, j'en suis sûre!


mercredi 13 mars 2019

Le cadeau de la sérénité!

Ton regard s'attarde sur tes bras et tu contemples la catastrophe: tes bras à la peau autrefois si douce, si fine, se sont mis à frissonner comme la plage au matin après que les vagues gourmandes se sont repliées au loin.
Et ne me dis pas que ces frissons rendent la plage vivante. Que sans eux, elle serait plate et morne. Que ces frissons retiennent les plus beaux coquillages que les enfants viendront cueillir comme de précieux trophées.
Et ne me dis pas que ces frissons ressemblent à s'y méprendre à ceux qui allument l'eau vive de l'étang qui se met à vivre sous la caresse de la lumière. Que ces frissons accompagnent la nage insouciante et joueuse des canards et des mouettes.

Pardon ? Tu me le dis quand même ? Maigre consolation, car des frissons restent des frissons et je peux te dire qu'ils risquent de s’amplifier dans les années qui viennent, de virer en remous de tempête dévastant tout sur leur passage
Et dis-moi, je t'ai vue ce matin et hier et avant-hier prendre tes seins en berceau et les relever quelque peu pour les arrondir de jeunesse.
Et quand tu t'observes nue dans le grand miroir de la chambre, tu fermes les yeux en découvrant navrée les plis de ton ventre de femme : il s'est gonflé à en craquer à quatre reprises pour accueillir et bercer dans son eau matricielle quatre petits corps qui ont là squatté sans vergogne : trente-six mois d'occupation, c'est beaucoup quand même!

Tu me chuchotes que je suis jolie encore, que je fais jeune encore. Je déteste ce mot: ENCORE!
Encore... Oui, Merci! je prends la mesure de ma chance

Et puis... mes yeux qui pétillent... enfin qui pétillaient, puisqu'il y en  un des deux qui a crié forfait!

Tu vois? dans mon corps de femme mûre, il y a toujours une petite fille qui n'a pas eu le temps, ni la permission de jouer, de rire et de se construire de beaux souvenirs d'enfant heureuse. Si peu de souvenirs, tu te rends compte?



Mais peut-être se sont-ils inscrits dans tous les frissons de ta peau douce et qu'il suffirait de les effleurer, de les caresser pour qu'ils te parlent et te fassent le cadeau de la sérénité?

samedi 2 mars 2019

C'est moi... et ce n'est pas moi !

Je vis.
Je mange, respire, marche, accomplis au jour le jour les gestes ordinaires de ma vie ordinaire.
J'attends le métro, monte dans le métro, marche dans la rue, rencontre l'une ou l'autre personne, anime mes ateliers. Je fais au jour le jour ce que je dois faire.
Je lis, j'écris, je réfléchis sur ma vie, sur ce que je vis, j'écris penchée sur mon cahier, ou bien droite devant mon PC.

Je suis dans ma vie, au jour le jour, complètement immergée dans cette journée.
Je ne me vois pas.
Je suis à l'intérieur de moi. Ma voix, je l'entends dans ma tête. Je sais quand je souris, quand je ris, quand je baille, mais je ne me vois ni rire, ni sourire, ni bailler
Je vais vers l'autre. Je l'embrasse, me serre dans ses bras, prends un enfant sur les genoux. L'autre me regarde. Il me voit. Il voit que je suis bien ou mal coiffée, maquillée ou non, il voit mon dos, il voit mes fesses. Je vois ses yeux qui me regardent et me sourient, étonnés ou taquins, ou indifférents, ou distraits.
Moi, je ne me vois pas. Certainement pas mon dos, encore moins mes fesses. Juste le devant de mon corps quand je baisse la tête. Je me vois de l'intérieur de ma tête...

Soudain, tout change...
Je suis devant mon miroir de la salle de bain (Il est de bonne composition celui-là, par contre celui du coiffeur, il ne m'aime pas, oh non!)
Je vois là une personne. Une femme. D'un certain âge, avec des rides et des sillons. Avec un sourire, et des yeux que l'on dit pétillants.
Je sais bien que c'est moi. Je n'en doute pas une minute.
Impression étrange d'être projetée soudain en dehors de moi, en dehors de mon corps, de mon visage, à m'observer comme je le ferais de n'importe quel vis-à-vis.
C'est moi, c'est bien moi. Pas de doute. Et... ce n'est pas moi...
A l'intérieur je me sens différente de ce que je vois dans le miroir. Celui-ci m'emprisonne dans une image de moi que je ne suis pas sûre de reconnaître. Là je suis cadrée, je ne dépasse pas les limites de ce corps que j'aperçois dans mon reflet
A l'intérieur de moi, au contraire, je me sens parfois si immense, sans frontières, sans frein, je peux partir et vagabonder où bon me semble, sans que nul ne le soupçonne. Je peux partir dans l'infini de mes espaces intérieurs, et je ne m'en prive pas...ou au contraire, me recroqueviller dans un tout petit coin de ma tête lilliputienne toute petite toute petite. Ça dépend des jours. De mon humeur, chagrine ou joyeuse.
Mais tout est possible à l'intérieur de moi.
Le miroir me rappelle à l'ordre de ma taille, quelconque, objective, pas de rêve, pas de fantasmes, la réalité, le concret, le direct, le cerné.
Je suis moi et je suis moi, et ce sont deux personnes différentes


sans dessiner une seule virgule

sans dessiner une seule virgule
plongée dans le clavier noir qui m'obsède
qui m'oblige à le frapper comme une forcenée
secousses cahots sueurs froides
remous verrous qui sautent

je te parle tu m'écoutes
tes idées de géant serrées contre toi
puis en offrande vers moi
mes idées de libellule qui volètent
à la sauvette au hasard de mes songes virtuels
avec quelques larmes des fois
un vol de larmes c'est étrange c'est beau

faut que je mette mes lunettes cerclées de passion
pour déchiffrer sur l'écran les mots de feu (de fou)
je suis un peu folle je dis
tu es d'accord tu aimes cette folie
toi tu cherches l'éclipse
toujours une lune d'avance
moi je t'abandonne mes fioritures
et
et
plein de choses encore
qui ne se trouvent ni dans les sacs
ni dans les valises

emmêlée dans mes cheveux en fête
j'écris
mes mots se suivent en cadence désordonnée
comme des petits soldats rebelles et audacieux



mardi 26 février 2019

à la manière de G. Pérec

Je me souviens de Siloé, petit bébé miniature, dans les bras de sa maman ma fille, tout étonnée d'avoir un si bel enfant. Car oui! c'était la plus belle, la plus douce, la plus craquante. Vous savez ça les mamans...

Je me souviens... non! je ne vais pas vous parler des premiers jours de mes huit autres petits enfants, tous de super beaux petits bébés ...passons donc à autre chose!

Je me souviens... et c'était il y a longtemps, du coup de coeur que nous avons eu en découvrant notre future maison. Nous l'aimons toujours autant, même si désormais elle est très en désordre: que voulez-vous? On a le mari qu'on peut! (oui! c'est lui qui ramène le brol et ne parvient pas à s'en séparer... c'est une névrose ça madame! mais je l'aime quand même, le mari, surtout pas le brol!!)

Je me souviens que j'ai toujours aimé d'amour les coquelicots, frêles corolles, qui donnent une beauté simple à celui/celle qui les regarde: et je peux les regarder longtemps...

Je me souviens du tout premier atelier d'écriture que j'ai suivi. Je ne savais pas que j'écrivais bien, cet atelier m'a révélé ce don. Normal que je ne le savais pas: le boulot et 5 enfants occupaient toutes mes journées et aussi bien souvent mes nuits! J'ai fait mon chemin: quelques livres publiés par la suite et euh...un nouveau dans quelques mois! ( qui fut une gestation difficile!)

Je me souviens du tout premier atelier d'écriture que j'ai animé, après avoir suivi une formation pour ça. Je vais vous dire: écrire j'aime beaucoup ça, mais animer j'adore. J'adore le contact avec ces gens, hommes et femmes qui durant deux heures et de fois en fois, acceptent de se laisser guider par moi, de prendre au sérieux ce que je leur dis ! Et vous savez quoi? au bout de quelques ateliers ils deviennent peu à peu des pros de l'écriture, ou plutôt des gens qui s'éclatent en écrivant, je les admire!

Bon la suite à plus tard... si vous voulez bien...


dimanche 17 février 2019

Pas de face à sauver!

Elle s'embrouille un peu dans les traces qu'elle laisse
Traces de pas, traces de doigts, traces de bonheur miniature, traces de douleurs tout à fait quelconques, méli-mélo désordonné, pêle-mêle un peu raté, panneaux rétrospectifs un peu ridicules qui se perdent dans la maison.
Ombres encrées de bordures noires, fumerolles moribondes

Il est où le chemin?

Elle hésite un peu, reconnaît d'anciens chagrins, distingue des fantômes oubliés
Et son coeur bat la chamade, sous le choc de vieilles peurs qu'elle pensait évanouies

Elle renie son sourire de statue, gravé autrefois sur le visage, à coups répétés de burin.
Il n'y a pas de face à sauver, juste un visage à aimer


vendredi 15 février 2019

à Pastelle

Hier j'ai bu la tasse
C'était une tasse amère de découragement et de grande lassitude: alors, j'ai grimacé. Je n'étais pas belle à voir...pâle, le coeur au bord des larmes.

Aujourd'hui au lever du jour, j'ai regardé le ciel au travers de ma fenêtre, et le ciel était d'un bleu profond, il respirait l'infini, il me parlait de beauté...
Et soudain je me suis sentie élargie... et c'était bon, très bon!
J'ai perçu que je m'évadais de l'univers étroit de cette tasse ridicule, dans laquelle baignait tout mon  découragement
Et là, tout là-haut j'ai surpris deux ou trois petits nuages blancs qui m'appelaient
Je suis partie, je me suis envolée, j'ai plané sur les ailes d'une mouette (oui! il y a des mouettes par chez moi, sur l’étang pas loin) et j'ai perçu une musique serinée tant de fois autrefois et que je méprisais : c'est une musique de boy scout: ainsi avais-je qualifié cet air!

Mais oh miracle! avec un coeur grand comme ça, tout à coup elle m'a parlé, je veux dire les paroles ont percuté mon coeur.   Je les ai lues et relues...

Et ce fut bon, vraiment très bon!



lundi 11 février 2019

Les clés

Voici ce que Lakévio nous propose cette semaine!

 Dix mots à caser, histoire de trouver des serrures à ces clés...

Elle cherche.
Elle cherche, en vain, car elle s'est mise à sa quête hélas, trop tardivement
Elle cherche la fameuse clé, pas la grande mais la petite, celle de la porte de la pièce où l'on parle, le parloir comme on l'appelle en plaisantant, dans lequel elle a caché tous ses fantasmes et l'éclat de sa symphonie personnelle

Femme sous influence, elle s'efforce de marcher le long de la bordure de sa vie, prudemment, sans tomber, sans risque de se fracasser. Elle y va à pas comptés, droite et fière. Dans le jardin qu'elle traverse prudemment, un coq belliqueux la poursuit de son ergot ombrageux.
Elle ne trouve rien. Elle ne trouvera rien, car cette clé qu'elle cherche se trouve au fond, bien cachée au fond de la poche de son beau vêtement couleur grenat, dont elle est si fière,...

"C'est tout à fait correct, dit tout haut son professeur, avec un gentil sourire: pas une seule faute d'orthographe pour ce devoir. Bravo ma petite. Tu seras une excellente élève!"


lundi 4 février 2019

Ils sont de plus en plus nombreux!

On a vu en Belgique, depuis quatre jeudis déjà, des jeunes qui brossent les cours (c'est une expression belge que vous n'aurez aucun mal à comprendre) et descendent dans la rue pour demander aux politiques de prendre au sérieux les menaces qui pèsent sur la planète et d'agir en conséquence
Oh bien sûr, ces jeunes restent des jeunes, accrochés à leur confort, à leurs vacances de ski post examens à leurs smartphones, ils ne sont pas (encore) prêts à s'en séparer. Bien sûr on voit qu'ils rient et s'amusent dans ces cortèges bon enfant sans casse, sans aucune violence!
Mais depuis 4 semaines, le nombre de ces jeunes qui descendent en rue, augmente, et cela fait boule de neige
La premiere semaine les défilés n'avaient lieu qu'à Bruxelles, jeudi dernier ce fut dans trois autres villes. Le mouvement prend de l'ampleur et n'est pas prêt de s'arrêter.
Chaque changement commence par une prise de conscience: les jeunes nous montrent que cette prise de conscience, ils l'ont faite!
C'est un premier pas d'importance, ce sont eux les adultes de demain!
Je les admire, ils prennent des risques, les directeurs d'école les avertissent des conséquences possibles, mais ils ont bien l'intention de continuer jusqu'au bout
Et certains professeurs les éduquent à la responsabilité citoyenne qui inclut la désobéissance! Il y a des exemples célèbres dans le passé
Ils accompagnent leurs élèves dans l'écriture en anglais des pancartes, nombreuses et colorées

Et vous savez quoi? Les journaux du monde entier commencent à parler de ces manifestations en Belgique...





samedi 26 janvier 2019

Les cris et les rires

Les mots qui se murmurent dans le silence,
les craintifs, les hésitants les discrets
sont tombés de la corde qui relie les étoiles
ont perdu tout éclat en tombant sur le sol...
D'autres mots se répètent en chansons monotones
peut-être bien qu'il se recueillent...
Sont-ils donc devant l'impalpable, l'indicible, l'infini
pour se dérouler avec tant de lenteur, tant de respect?
Parfois un chant de mots se déclenche, il explose!
On dirait qu'il éclate en cris de colère, en cris de souffrance.
Puis d'un seul coup, il se tait, épuisé...
Et donc le silence. Et à nouveau deux ou trois notes
osent recommencer l'aventure:
cris et rires, à l'image de la vie...
Les mots, qu'ont-ils pressenti d'essentiel?
ont-ils pu aller jusqu'à la porte de leur âme?
ont-ils réussi à l'apaiser un peu?
Mais faut-il absolument un seuil à dépasser
pour atteindre cet infini auquel
le coeur aspire?
Ou faut-il simplement accepter de descendre
au plus profond de soi
pour y trouver à la fois le trésor que l'on est
et l'Ailleurs qui l'habite?

N.V.

lundi 14 janvier 2019

comme un orgasme...


J’aime beaucoup écrire librement, parfois même sans phrases construites...
Une écriture totalement spontanée, surgit alors sous ma plume, que je suis moi-même étonnée de lire.
Souvent, du moins au départ, je ne me comprends pas moi-même : qu’ai-je voulu dire ? Ai-je voulu faire passer un message, mais lequel ? Que veulent dire ces mots ? Est-ce bien moi qui les ai écrits ?
Parfois c’est bien après que ces petits textes prennent un sens, du moins à mes yeux, ou à mon cœur profond
Ou alors, ce que les gens en disent m’éclairent soudain : ah oui! mais c’est bien sûr ! C’est alors un moment de profonde reconnaissance, comme si je m’étais retrouvée et comprise enfin!… quel bien ça fait.
Ces textes libres et parfois même sans aucune ponctuation (c'est rare quand même!) je les écris en me plongeant dans de musique, souvent classique. Du Mozart que j’aime tant ! Ou alors je pars d’une chanson par ex de Cabrel : j'écoute un moment les paroles, je suis touchée et je me laisse partir, librement, loin… loin (Cabrel est un vrai poète!)

J’adore…
Surtout ne pas être dérangée par mon entourage… la porte est fermée, elle protège les mots qui sortent dans une vitesse incontrôlée.

J’adore. Impression que quelque chose est en train de se passer qui me dépasse. Qui vient de moi mais va bien au-delà de moi. Je me sens ancrée sur la terre et en vol au-delà d’elle, déjà bien loin. C’est comme une transe, c’est comme la pointe de l’orgasme...
Et quand j’atterris je me sens un peu groggy, un peu bizarre, mon cœur s’est agrandi aux dimensions de l’infini



mardi 8 janvier 2019

Les bottines de Van Gogh


Je suis tombée par hasard sur cette peinture des bottines de Van Gogh. Cette peinture m'a touchée, elle m'a parlé... De quoi donc? Je cherche au profond de moi...
Bon il y en a d'autres, des plus vieilles encore, des plus moches, des franchement délabrées... Mais elles ne me parlent pas de la même manière, sinon de grande vieillesse, de vieux trucs bons pour la poubelle.
Celles-ci me plaisent beaucoup, posées comme ça sur un tissu bleu, un tissu ensoleillé.
Elles sont grossières et costaudes, ce sont des bottines de paysan mais pas si usées, avec les clous qu'on voit très bien sur l'envers de la bottine droite, des clous pour s'accrocher au sol boueux, à la terre, pour s'accrocher à la Vie.
Elles sont délacées et attendent de pouvoir accueillir les pieds... elles se reposent... ce sont des bottines patientes, des chaussures contemplatives mais pourtant bavardes pour qui sait regarder une peinture vieille de cent cinquante ans

C'est bon de se reposer après une marche rude: on délace ses chaussures, on les pose sur le sol, la tête encore pleine des paysages que l'on a admirés
Et on soupire... OUF...quel bien ça fait de libérer ses pieds de ces carcans de cuir

Je pense à tous les pèlerins de Compostelle... ils savent pourtant bien que le lendemain, ils reprendront la route



vendredi 4 janvier 2019

Deux allers simples pour ailleurs

Je commence l'année par une publication qui me fait un énorme plaisir: une nouvelle publiée dans la collection "opuscules" chez l'éditeur Lamiroy!

https://lamiroy.net/products/71-deux-allers-simples-pour-ailleurs

Ce n'est qu'une petite nouvelle me direz-vous, mais pour moi c'est une grande nouvelle!
Car cette publication succède à 7 années de silence de mon clavier. Il m'a fallu survivre à travers la maladie qui m'a prise comme un amant féroce et qui me colle au corps comme le sparadrap du Capitaine Haddock! (hum hum, admirez les métaphores!!!)

C'est une amie qui m'a renseigné cet éditeur qui depuis plus d'un an, publie des nouvelles chaque semaine!
Quelque chose a aussitôt clignoté en moi, comme un espoir, comme une ouverture : j'aime écrire des nouvelles, j'aime cet univers centré sur deux ou trois  personnages, dans une intrigue serrée dans le temps.
Dans mon livre "Les dessous de table", ce sont toutes des nouvelles écrites dans ces unités de temps, de lieu, d'action, avec de préférence une fin ouverte qui cède au lecteur une part de créativité.

J'ai donc été d'emblée attirée par la proposition de mon amie auteure qui m'a renseigné cette opportunité. Et je l'ai écrite cette nouvelle, l'ai proposée à cet éditeur qui l'a immédiatement acceptée!
Deux ou trois corrections, mise en page et hop, elle attendait sur le site Lamiroy onglet Opuscule, d'être publiée. C'est chose faite et déjà des échos positifs!

Entre autres Alainx: allez lire son billet du jour! ;-)



dimanche 30 décembre 2018

Belle année à vous

Voici quelques mots de rien du tout
à vous que je connais bien
et à vous que je ne connais que virtuellement :
je vous souhaite une année nouvelle
la meilleure possible.
Je sais bien que cette année
amènera son lot de chagrins
petits et gros, très gros peut-être...
Mais je vous souhaite de tout coeur
de les traverser avec courage...

Il y aura aussi du bon, du très bon, 
cette année!
Profitez-en riez, dansez

soyez proches de vos proches..
N'oubliez surtout pas de les aimer:
vous ne savez pas combien
ils en ont besoin...
Trouvez votre bonheur
dans les petites choses du quotidien
affûtez votre regard pour les détecter
Et dites chaque jour au jour naissant
combien vous êtes reconnaissants
que le soleil se lève encore et encore...





françoise collandre

dimanche 23 décembre 2018

Noël, la fête du coeur profond

Tu n'en finiras donc jamais?

Encore un poème,
Encore un,

Cette pensée t'agace
Et même elle t'affole.

Ce besoin d'infini
Qui fait bouger la mer.

Mais si une fois
Tu t'arrêtais pour de bon,

Tu serais un creux
Comme entre deux vagues

Guillevic

Ne pas s'arrêter, continuer toujours, fuir le creux mortel, rester ancré toujours toujours dans ce besoin d'infini...rejoindre les Vivants

Belle fête de Noel à vous tous et toutes!

dimanche 16 décembre 2018

Mon pire cadeau de Noel

Du temps où j'étais mère de famille nombreuse, rapide et efficace, je portais toutes sortes de casquettes. Entre autres celle de cuisinière et ce n'était pas une mince affaire!
Nous étions nombreux à table au minimum 7, parfois plus au gré des allers et venues des amis des enfants, toujours les bienvenus!
A Noel, ce jour là, il y a longtemps, mon mari, attentif à me faciliter au maximum le travail de la bonne cuisinière, m'offrit un cadeau assez volumineux. Dans un superbe papier cadeau qui augurait un cadeau magnifique! Oh! qu'il était beau ce papier cadeau!
Devant la famille réunie et attentive, je dégageai le contenu de son papier, prête à m'émerveiller, à m'extasier avec de petits cris de joie!

Bon, ce ne fut pas vraiment ça...
Devant mes yeux ébahis, je découvrais une.....
... une toute nouvelle friteuse...  pour faire de bonnes frites hein ma chérie, oh oui hein maman!! des frites, des bonnes frites croquantes...

Ce fut surtout le côté mâle de la famille qui se réjouissait des super bonnes frites que j'allais leur servir! Mes filles étaient plus réticentes: elles sentaient que quelque chose clochait dans ce merveilleux cadeau, sans bien encore le définir...

Le cher mari, par ailleurs un excellent homme croyez-le, ne s'est pas rendu compte que mon enthousiasme était calme, très calme...

Par après j'ai mis tranquillement les points sur les I, et lui ai suggéré des cadeaux "inutiles" mais qui me feraient vraiment plaisir, qui seraient pour moi de vrai cadeaux.... des LIVRES
... et je lui donnais même des idées et des titres....


lundi 10 décembre 2018

chercher ses mots!


Tout a commencé dans le meilleur des mondes.

Là où il y a des lignes droites, celles qui partent vers l'infini. Ou alors qui s'enfoncent vers nulle part. Tout le monde s'y engage. Mais si on sait où ça commence, on ne sait pas où ça finit. 

Il y a aussi les lignes courbes, qui soudain changent de décision, sans avertir. On ne sait jamais à quoi s'en tenir. On est secoué, on titube, on tombe les uns sur les autres. On se relève, on secoue ses vêtements, on balbutie une excuse, pardon pardon je l'ai pas fait exprès. Mais on sait bien qu’on n’en pense pas moins, que personne n’est dupe. Faut-il du courage pour foncer comme ça?

Et puis il y a les lignes folles qui se donnent le droit de se moquer de tout, de partir en se balançant des principes: droite, gauche, devant, derrière, de tout ça, elles s'en foutent, l'essentiel est d'arriver au plus vite dans le pays de l’ailleurs, là on peut exister pour soi-même...

Il me faut trouver les mots, et les mots sont trop souvent rangés dans des endroits inaccessibles...





vendredi 7 décembre 2018

Fin de l'histoire

J'ai eu l'occasion de parler avec mes deux frères au sujet de "l'histoire suisse", racontée dans les billets précédents: deux conversations riches en confiance mutuelle, ce fut que du bonheur!
Ils ont été comme moi, tous les deux interloqués par cette histoire qu'ils connaissaient sans la connaître vraiment, sans un percevoir l'impact sur notre mère et son influence sur son caractère

Nous avons pu nous comprendre après nous être écoutés en profondeur
Et en même temps, nous avons ri et plaisanté: et ce rire qui venait de loin a complètement assaini l'atmosphère

J'en sors plus libre intérieurement ! *
Je pourrai reprendre l'écriture qui s'était bloquée en moi depuis le 11 novembre, date où chacun de notre côté, nous avons visionné ce documentaire sur les enfants belges accueillis par des familles suisses

Envie de dire et de redire: PARLEZ avec vos enfants, même au tout petits, expliquez leur les choses quand vous les quittez un moment. Il vaut mieux quelques larmes de tristesse au moment du départ, que de partir en cachette sans rien leur dire, provoquant des flux et reflux d'angoisse quand ils se rendent compte que vous les avez "abandonnés. Bien sûr on fait ça pour leur bien, mais c'est une erreur magistrale que Dolto pourtant, est venue corriger!

Je parle sans doute ici à des gens qui savent cet élémentaire, mais de mon temps, c'est ce qu'on faisait, pour éviter les larmes trop dures à accepter avant tout pour les parents!

*à propos de la liberté intérieure
son contraire est l'aliénation à autrui, à soi-même, à son histoire, à ses entraves

dimanche 25 novembre 2018

les enfants en Suisse 3

Je n'avais pas prévu d'aller aujourd'hui déjà, jusqu'au bout de mon histoire
Mais une certaine urgence m'y conduit, malgré moi...

Ma grand mère qui a confié ses enfants si jeunes à deux familles suisses n'a pas eu une vie heureuse/ mon livre "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" est un dialogue avec elle, que j'ai imaginé sur base de certains faits réels.

Cette grand mère est morte à 42 ans, d'une maladie mystérieuse que j'ai pensé être un cancer des os: alitée, elle ne pouvait plus marcher.

C'est ma mère à peine adolescente, qui s'est occupée d'elle pendant ses années de maladie (combien? je ne sais!).  Et c'est elle aussi qui lui a tenu la main le soir où elle est morte: elle n'avait que 16 ans!

Je récapitule: partie en Suisse alors qu'elle avait 4 ans, rentrée 6 ans plus tard le coeur déchiré, dans sa  vraie famille qu'il lui a fallu réapprendre à connaitre, puis quelques années pour s'intégrer (la langue, le Néerlandais  qu'elle ne connaissait pas, l'école bien plus sévère qu'en Suisse, un père autoritaire qui ne lui donnait aucune permission de liberté etc). Ensuite très vite ses années de garde malade auprès d'une mère gravement malade.
Quand elle est morte, son père s'est remarié avec une femme bien plus jeune.  Le bonheur était censé revenir dans cette famille sauf que....
Il n'a pas attendu pour se remarier, six mois seulement après la mort de sa première femme!

Ma mère et son frère ont été OBLIGES d'appeler cette femme inconnue "Maman": c'est quasi la seule confidence que ma mère m'ait faite, elle ne supportait pas d'appeler sa belle mère de cette façon!
Son père, très autoritaire ne lui a pas laissé le temps de faire son deuil. Elle en a énormément souffert! Je suppose qu'elle s'arrangeait pour n'avoir pas à prononcer ce mot de Maman!

Depuis que j'ai appris l'épisode de la Suisse, je me sens très bouleversée, mon corps aussi a encaissé cette nouvelle de manière "bouleversée". Mais une immense compassion a fait place dans mon coeur pour cette mère que j'ai si peu aimée! et qui m'a si mal aimée aussi, il faut le dire!
Oui j'ai rempli mon devoir de fille surtout dans les dernières années de sa vie, mais nous n'avons jamais eu de moments de partages tendres et confiants, comme je peux en avoir avec mes filles aujourd’hui.

Et c'est si dommage....

A leur tour mes parents ont décidé de se séparer de moi, j'avais 4 ans: je souffrais d'asthme et le médecin pensait que le grand air me ferait le plus grand bien. Je n'ai aucun souvenir de cette période de séparation et ne sais si j'en ai spécialement souffert: dans mon livre je dis que oui, parce que c'est ce qui semble le plus évident (encore une fois pas encore Dolto, donc aucune explication qui aurait pu me faire comprendre, et accepter cette situation!
Ce que je remarque, c'est qu'il y a dans mes gênes une "séparation" programmée d'avec mes proches, spécialement d'avec ma mère. Pas étonnant que j'ai toujours besoin d'être rassurée au sujet de l'amour de ceux que j'aime...

Dans ce domaine-là j'ai dû apprendre la résilience et ne plus me situer en mendiante d'amour
Petit à petit j'y arrive, peut-être même que j'y suis arrivée... mais quel chemin...!


samedi 24 novembre 2018

Pauvre petits enfants belges (2)

Maman ne m'a rien raconté de cet accueil en Suisse. Ce que j'en sais c'est par ma belle soeur: quand elle lui rendait visite, parfois ma mère racontait des bribes de son enfance... jamais à moi!
Mais il faut dire que jamais je n'ai eu la curiosité de l'interroger. Dans sa maison de repos j'étais prise par les choses à faire: les lessives, la nourriture... Aujourd'hui je le regrette! Oui! je le regrette fort!

Autour de la commémoration du centenaire de la fin de la grande guerre, il y a eu abondance de documentaires: un a particulièrement attiré mon attention. Il s'agissait précisément de cet accueil d'environ 2000 enfants belges par des familles suisses, prêtes à "faire quelque chose pour ces pauvres petits enfants belges"!

Ma mère et son frère (deux ans plus âgés) ont été confiés librement par leurs parents pour qu'ils puissent vivre une enfance protégée de la guerre dans ce pays qui avait gardé sa neutralité! Librement mais sans doute douloureusement: qu'ont ressenti ces parents quand ils ont mis dans des trains bondés leurs petits enfants (4 et 6 ans) qui ne s'étaient jamais séparés d'eux? Enfants qui sont partis avec une barre de chocolat pour tenter de consoler les pleurs. La foule, le bruit, les bousculades...Je n'ose l'imaginer! (ma fille aînée à qui j'en parlais ce midi, m'a affirmé qu'elle serait partie avec eux!)

Or maman a été heureuse et libre dans cette famille suisse qui l'a accueillie avec tendresse. C'est donc avec un nouveau déchirement au coeur qu'elle est rentrée en Belgique auprès de ses parents qu'elle ne connaissait plus vraiment! Son frère aussi accueilli dans une autre famille dans un village tout proche, s'est paraît-il accroché aux barrières pour ne pas devoir suivre la Croix Rouge qui venait les chercher! Et les mères d'accueil qui pleuraient de se séparer de ces enfants auxquels en 6 ans elles s'étaient attachés!
Que de souffrances pour ces "pauvres petits enfants belges" et pour les familles autour d'eux!

(à suivre)

vendredi 23 novembre 2018

Pauvre petite fille belge!

Ce que je vais vous raconter remonte à loin, cela remonte à la première guerre mondiale.
Maman habitait dans une ville très concernée par les bombardements: Ypres fut ainsi une ville martyre, complètement démolie (puis reconstruite une fois la guerre terminée!)
La Reine Elisabeth de Belgique avait le souci des enfants de son pays, qui risquaient d'être traumatisés ou plus encore par la situation dramatique de la ville
C'est ainsi qu'avec deux de ses amies, elle contacta des familles suisses qui se dirent prêtes à accueillir "ces pauvres petits enfants belges", comme on les nommait, paraît-il!
1500 (au moins) "pauvres petits enfants belges" furent séparés de leurs parents et partirent en accueil dans les familles suisses. Bien sûr à cette époque Dolto n'était pas encore passée pour dire aux gens qui fallait parler, expliquer les choses...
Simplement pour éviter les trop grands débordements, les cris et les larmes, les enfants furent "consolés" avec des bonbons, devenus rares en cette période.

Maman avait quatre ans au début de la guerre, elle est donc partie avec ses bonbons pour l'inconnu suisse.
Et quatre ans plus tard, rebelote elle fut arrachée à sa famille suisse pour retrouver ses parents!

Ma mère ne m'a jamais parlé de cet épisode de sa vie. Il est vrai que je ne l'ai pas interrogée non plus. Je savais sans savoir, et surtout sans accorder de l'importance à cet épisode. Par contre elle en a parlé à ma belle sœur, un jour que celle-ci plus curieuse que moi l'interrogeait, disant qu'elle avait été très heureuse dans sa famille suisse, qu'elle les aimait beaucoup! Et que ces quatre années de son enfance ont été les plus heureuses de sa vie!

(à suivre)





mercredi 7 novembre 2018

Quelques nouvelles

Bien chers lecteurs

Il faut bien reconnaître qu'alimenter mon blog n'est plus ma première priorité: deux billets par mois, ce n'est pas énorme, c'est même le minimum pour que cet espace ne disparaisse pas dans les méandres de l'internet et de vos yeux attentifs et bienveillants.
Pourtant je ne souhaite pas clôturer mes Petites Paroles, du moins pas encore: mon blog m'a donné bien des satisfactions,  il compte pour moi! Je sais qu'il est là et que je peux toujours revenir à lui

Ceci dit, je vais mieux, bien mieux: je remonte peu à peu la pente dans laquelle mes trois accidents de santé m'ont plongée depuis 7 ans: je pense vraiment que j'ai eu mon compte de problèmes et je VEUX m'orienter vers le futur, la créativité, d'autres projets.

Les Editions Lamiroy (petite maison d'édition belge assez récente) ont eu cette idée de génie: publier chaque semaine une nouvelle, que les lecteurs pourront lire au petit prix de 4 euros.
Allez sur leur site, cliquez sur "Opuscules" et vous verrez la liste des auteurs déjà publiés!
Bien sûr majorité d'auteurs belges, dont Adeline Dieudonné dont le roman récent remporte un énorme succès!
Encouragée par une amie j'ai écrit une nouvelle (j'aime ça, les nouvelles, mon recueil de nouvelles "les dessous de table" a été publié juste avant que je sois bloquée par la maladie de Horton.)
Très vite on a accepté ma nouvelle: je ne sais pas quand elle sera publiée, je vous tiendrai au courant, et j'espère bien sûr que vous la lirez!

J'ai bouclé aussi le récit/témoignage écrit, travaillé et retravaillé sur mon accident de santé. Il fallait que je le termine enfin pour que je puisse passer à autre chose, à un autre projet. C'est fait, j'ai proposé ce texte à l'édition, j'attends qu'ils me répondent, cela prendra quelques semaines m'a-t-on répondu!

J'ai hésité longtemps avant de le proposer à l'édition: il me semblait que c'était une démarche égotiste. (parler de moi, de moi, encore de moi!) Je l'ai fait lire à deux personnes: l'un est un médecin de la clinique où j'ai passé tant de "belles" journées, l'autre est un ami cher, qui a connu lui aussi "les vertes et les pas mûres" de l'accident de santé . Souffrir il sait ce que c'est!
Tous les deux m'ont convaincu qu'un témoignage de ce type pouvait venir en aide à ceux qui le liraient. J'ai donc vaincu mes réticences et hop, il est parti  chez un éditeur approprié pour ce genre de témoignage: faut juste avoir de la patience à présent! 

Je vais aussi reprendre l'animation de quelques ateliers: c'est un effort que je me sens à nouveau capable de mener à bien: ce sera pour janvier ou février. Croisons les doigts!

Désormais, je ne veux plus m'attarder au passé. Je vis le présent de tout mon coeur, dans ses grandes et petites choses...


lundi 22 octobre 2018

Lorsque envers et contre tout

Lorsque envers et contre tout
je m'obstine, persévère, espère...
soudain, les choses comme par miracle
se mettent en place

croire en soi, et agir
c'est aussi simple que ça!
Mais j'avais oublié
combien c'était simple
et je restais là, immobile
pétrifiée, découragée

J'ai pensé que l'immobilité
c'était la mort
J'ai dit: ca suffit!
On m'a encouragée aussi
et j'ai repris du poil de la bête
Beaucoup de poils de plein de bêtes
(c'est quoi cette expression?)

 je repars avec courage
et espérance
On verra ce que cela donnera!

samedi 13 octobre 2018

On répond à la question SVP


Qui es-tu ? lui serine sans cesse cette voix, comme un grelot têtu.  Elle se dit qu’elle répondra plus tard à cette question trop pointue pour être innocente,  trop directe pour se contenter d’un regard dispersé, trop vaste pour se dissimuler dans une petite poche incognito, perdue entre un mouchoir et un bout de papier inutile.

Qui es-tu ? lui siffle le vent en écho à la petite voix, quand elle marche tête baissée, têtue et obstinée avec des soupirs plein la gorge, c’est pas possible qu’elle n’ait pas encore pu répondre à cette question qui fait toute la différence, il faudra bien qu’elle l’affronte un jour!

Qui es-tu ? Elle veut se taire encore, elle met sa main en bâillon sur la bouche, mais c’est trop tard, les mots sortent un à un en saccades indociles. Je suis. Je pense donc je suis, non quelqu’un d’autre avant elle, a dit ça déjà. Elle pense donc justement elle n’est pas, ou pas assez, ou pas tout à fait, elle passe trop de temps dans sa tête, et pas assez dans son cœur et son corps, là où tangue la vie, justement elle n’aime pas quand ça tangue, ça lui donne des nausées. Et de plus, puisqu’elle pense trop, elle a trop peu de temps pour vivre.



Picasso

lundi 1 octobre 2018

des acouphènes, parfois

Elle a beaucoup cherché. D'ailleurs elle cherche encore...

Elle a beaucoup cherché dehors, à l'extérieur. Et elle y a trouvé bien des choses, de tout, de rien, des choses qui s'achètent, qui s'ajoutent, qui se collectent, se collectionnent, qui s'offrent aussi parfois.

De tout, il y a vraiment de tout à l'extérieur. Il n'y a qu'à choisir, à prendre ou à laisser. Il y a toujours de nouvelles choses à cueillir sur les étals du monde, du neuf, de l'inédit, du performant, du laid, de l'inutile.

Alors elle est allée de l'un à l'autre, faisant son marché dans ce multiple, ce varié, ce changeant.
Tourbillon incessant...ça passe, ça casse, ça vient, ça meurt...
Voilà c'est ça ...ça meurt: rien ne dure, ni les gens, ni les choses, ni les états d'âme, ni la jeunesse, ni l'aujourd'hui.
Demain est toujours un autre jour. Hier il y avait de quoi pleurer (ou l'inverse), il y a de quoi rire aujourd'hui (ou l'inverse). La sable est mouvant,  les nuages passent et se lassent, la vague est mourante ...
Mourante, c'est le mot...
Si elle s'accroche à "dehors" elle finit par s'évanouir, se gommer dans le tellement multiple que tout finit par se cogner, par se nier...

Alors elle a timidement posé le pied à l'intérieur, dans le centre du centre
A commencé la descente profonde vers le plus profond d'elle-même
A eu peur de se perdre dans les méandres de ses contradictions, car il y fait noir bien souvent, les repères se perdent, les acouphènes se déclenchent puisqu'il n'y a plus d'autres bruits que ses bruits intérieurs

Tentation de revenir vers l'extérieur pour noyer les acouphènes dans les bruits rassurants du clinquant...

Chaque matin trop souvent, elle se réveille pour s'en aller ailleurs, partir, se quitter...
Et sa maison intérieure reste vide, en manque, en attente, déracinée, transplantée de lieu en lieu, de lien en lien.

Fermer les yeux un moment. Un long moment.
Cesser de scruter le reflet qu'elle offre d'elle aux autres et dont elle attend qu'ils lui disent qui elle est : mais qu'est-ce qu'ils en savent, après tout... elle seule a la réponse, pour peu qu'elle quitte le miroir trompeur

Fermer les yeux. Un long moment
Entamer la descente. Avec les acouphènes qui se déclencheront
C'est le prix à payer pour trouver son propre trésor intérieur



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