En moi, malgré moi parfois se glissent des larmes. Des larmes que le mouchoir
ordinaire n'arrive pas à assécher…
Ces gouttes de larmes sont cachées au plus
profond de mon être. Ce n'est pas un bon temps pour l’espérance. Ce n'est pas
davantage un bon temps pour le clavier. Ni pour le cahier.
Bon.
Je
reprends mes lignes cent fois réécrites, que j’aurais voulu légères, comme des
papillons frémissants… il faut absolument que je puisse voler, m’échapper vers
la lumière, me réfugier sur la canopée de ces arbres que je vois au loin qui frissonnent de beauté, m’emmitoufler de nuages légers, jouer à être un ballon
flottant dans le vent…
Zut…
Le
doigt se pose malgré lui sur un mot inopportun...
Il
voulait écrire souffle et non gouffre... c'est si profond, si effrayant le
gouffre, on se perd dans le gouffre, il n’y a personne dans le gouffre, là
c’est le noir, la solitude, la confrontation avec les démons. Il y a tant de
démons dans mon corps malade. Ils l’ont squatté, les vilains méchants, les
ignobles grimaçants !
Il me
faut apprendre les pas de la danse nouvelle…
Danser
des pas nouveaux, facile à dire… la fatigue est tellement vaste, pesante, énorme,
géante, je n’aurais jamais cru cela possible…
J’ai faim, de paix et de pain, je suis donc toujours vivante. Me voilà
rassurée, il y a des moments où j’en
douterais…

























