mardi 19 mars 2019

"jeter un œil"? Jamais! Même pas pour faire plaisir!

J'ai cherché ce matin des expressions contenant le mot "oeil".
J'en ai trouvé 14.
J'ai mis de côté celles ou ce mot est utilisé au pluriel: ceux qui me connaissent un peu sauront pourquoi ;-)

14, c'est beaucoup quand même!
Par exemple:

- ne pas fermer l'oeil de la nuit (pourquoi l'oeil, et non les yeux?)
- faire de l'oeil à quelqu'un (de l'oeil? de quel oeil?)
- jeter un coup d'oeil (aie, ça fait mal pas trop fort!)
- avoir bon pied, bon oeil (ça va souvent ensemble, non?
- tourner de l'oeil (et quand l'oeil tourne sans avertir, ben on tombe!)
- ouvrir l'oeil (et le bon hein! Oui! le bon, l'autre est foutu!)
- manger à l'oeil (ohhhhhh comme c'est vilain!)
- à vue d'oeil (c'est pas à vue de pied bien sûr!)
- obéir au doigt et à l'oeil (et en avant, que cela saute!)
- se mettre le doigt dans l'oeil (jusqu'à l'omoplate me disait-on en riant quand j'étais enfant!)
- garder à l'oeil ou avoir à l'oeil (et ce bon serviteur  ne laissera rien passer!)
- oeil pour oeil, dent pour dent (et vlan!)
- avoir le compas dans l'oeil (ben dis donc, ça ne doit pas être facile de le garder dans l'oeil!)
- mon oeil! dit-on quand on se moque de ma vantardise!

Il y en a sans doute encore, mais mon oeil ne les a pas repérés. Pas encore du moins car vous me donnerez d'autres exemples, j'en suis sûre!


mercredi 13 mars 2019

Le cadeau de la sérénité!

Ton regard s'attarde sur tes bras et tu contemples la catastrophe: tes bras à la peau autrefois si douce, si fine, se sont mis à frissonner comme la plage au matin après que les vagues gourmandes se sont repliées au loin.
Et ne me dis pas que ces frissons rendent la plage vivante. Que sans eux, elle serait plate et morne. Que ces frissons retiennent les plus beaux coquillages que les enfants viendront cueillir comme de précieux trophées.
Et ne me dis pas que ces frissons ressemblent à s'y méprendre à ceux qui allument l'eau vive de l'étang qui se met à vivre sous la caresse de la lumière. Que ces frissons accompagnent la nage insouciante et joueuse des canards et des mouettes.

Pardon ? Tu me le dis quand même ? Maigre consolation, car des frissons restent des frissons et je peux te dire qu'ils risquent de s’amplifier dans les années qui viennent, de virer en remous de tempête dévastant tout sur leur passage
Et dis-moi, je t'ai vue ce matin et hier et avant-hier prendre tes seins en berceau et les relever quelque peu pour les arrondir de jeunesse.
Et quand tu t'observes nue dans le grand miroir de la chambre, tu fermes les yeux en découvrant navrée les plis de ton ventre de femme : il s'est gonflé à en craquer à quatre reprises pour accueillir et bercer dans son eau matricielle quatre petits corps qui ont là squatté sans vergogne : trente-six mois d'occupation, c'est beaucoup quand même!

Tu me chuchotes que je suis jolie encore, que je fais jeune encore. Je déteste ce mot: ENCORE!
Encore... Oui, Merci! je prends la mesure de ma chance

Et puis... mes yeux qui pétillent... enfin qui pétillaient, puisqu'il y en  un des deux qui a crié forfait!

Tu vois? dans mon corps de femme mûre, il y a toujours une petite fille qui n'a pas eu le temps, ni la permission de jouer, de rire et de se construire de beaux souvenirs d'enfant heureuse. Si peu de souvenirs, tu te rends compte?



Mais peut-être se sont-ils inscrits dans tous les frissons de ta peau douce et qu'il suffirait de les effleurer, de les caresser pour qu'ils te parlent et te fassent le cadeau de la sérénité?

samedi 2 mars 2019

C'est moi... et ce n'est pas moi !

Je vis.
Je mange, respire, marche, accomplis au jour le jour les gestes ordinaires de ma vie ordinaire.
J'attends le métro, monte dans le métro, marche dans la rue, rencontre l'une ou l'autre personne, anime mes ateliers. Je fais au jour le jour ce que je dois faire.
Je lis, j'écris, je réfléchis sur ma vie, sur ce que je vis, j'écris penchée sur mon cahier, ou bien droite devant mon PC.

Je suis dans ma vie, au jour le jour, complètement immergée dans cette journée.
Je ne me vois pas.
Je suis à l'intérieur de moi. Ma voix, je l'entends dans ma tête. Je sais quand je souris, quand je ris, quand je baille, mais je ne me vois ni rire, ni sourire, ni bailler
Je vais vers l'autre. Je l'embrasse, me serre dans ses bras, prends un enfant sur les genoux. L'autre me regarde. Il me voit. Il voit que je suis bien ou mal coiffée, maquillée ou non, il voit mon dos, il voit mes fesses. Je vois ses yeux qui me regardent et me sourient, étonnés ou taquins, ou indifférents, ou distraits.
Moi, je ne me vois pas. Certainement pas mon dos, encore moins mes fesses. Juste le devant de mon corps quand je baisse la tête. Je me vois de l'intérieur de ma tête...

Soudain, tout change...
Je suis devant mon miroir de la salle de bain (Il est de bonne composition celui-là, par contre celui du coiffeur, il ne m'aime pas, oh non!)
Je vois là une personne. Une femme. D'un certain âge, avec des rides et des sillons. Avec un sourire, et des yeux que l'on dit pétillants.
Je sais bien que c'est moi. Je n'en doute pas une minute.
Impression étrange d'être projetée soudain en dehors de moi, en dehors de mon corps, de mon visage, à m'observer comme je le ferais de n'importe quel vis-à-vis.
C'est moi, c'est bien moi. Pas de doute. Et... ce n'est pas moi...
A l'intérieur je me sens différente de ce que je vois dans le miroir. Celui-ci m'emprisonne dans une image de moi que je ne suis pas sûre de reconnaître. Là je suis cadrée, je ne dépasse pas les limites de ce corps que j'aperçois dans mon reflet
A l'intérieur de moi, au contraire, je me sens parfois si immense, sans frontières, sans frein, je peux partir et vagabonder où bon me semble, sans que nul ne le soupçonne. Je peux partir dans l'infini de mes espaces intérieurs, et je ne m'en prive pas...ou au contraire, me recroqueviller dans un tout petit coin de ma tête lilliputienne toute petite toute petite. Ça dépend des jours. De mon humeur, chagrine ou joyeuse.
Mais tout est possible à l'intérieur de moi.
Le miroir me rappelle à l'ordre de ma taille, quelconque, objective, pas de rêve, pas de fantasmes, la réalité, le concret, le direct, le cerné.
Je suis moi et je suis moi, et ce sont deux personnes différentes


mardi 26 février 2019

à la manière de G. Pérec

Je me souviens de Siloé, petit bébé miniature, dans les bras de sa maman ma fille, tout étonnée d'avoir un si bel enfant. Car oui! c'était la plus belle, la plus douce, la plus craquante. Vous savez ça les mamans...

Je me souviens... non! je ne vais pas vous parler des premiers jours de mes huit autres petits enfants, tous de super beaux petits bébés ...passons donc à autre chose!

Je me souviens... et c'était il y a longtemps, du coup de coeur que nous avons eu en découvrant notre future maison. Nous l'aimons toujours autant, même si désormais elle est très en désordre: que voulez-vous? On a le mari qu'on peut! (oui! c'est lui qui ramène le brol et ne parvient pas à s'en séparer... c'est une névrose ça madame! mais je l'aime quand même, le mari, surtout pas le brol!!)

Je me souviens que j'ai toujours aimé d'amour les coquelicots, frêles corolles, qui donnent une beauté simple à celui/celle qui les regarde: et je peux les regarder longtemps...

Je me souviens du tout premier atelier d'écriture que j'ai suivi. Je ne savais pas que j'écrivais bien, cet atelier m'a révélé ce don. Normal que je ne le savais pas: le boulot et 5 enfants occupaient toutes mes journées et aussi bien souvent mes nuits! J'ai fait mon chemin: quelques livres publiés par la suite et euh...un nouveau dans quelques mois! ( qui fut une gestation difficile!)

Je me souviens du tout premier atelier d'écriture que j'ai animé, après avoir suivi une formation pour ça. Je vais vous dire: écrire j'aime beaucoup ça, mais animer j'adore. J'adore le contact avec ces gens, hommes et femmes qui durant deux heures et de fois en fois, acceptent de se laisser guider par moi, de prendre au sérieux ce que je leur dis ! Et vous savez quoi? au bout de quelques ateliers ils deviennent peu à peu des pros de l'écriture, ou plutôt des gens qui s'éclatent en écrivant, je les admire!

Bon la suite à plus tard... si vous voulez bien...


dimanche 17 février 2019

Pas de face à sauver!

Elle s'embrouille un peu dans les traces qu'elle laisse
Traces de pas, traces de doigts, traces de bonheur miniature, traces de douleurs tout à fait quelconques, méli-mélo désordonné, pêle-mêle un peu raté, panneaux rétrospectifs un peu ridicules qui se perdent dans la maison.
Ombres encrées de bordures noires, fumerolles moribondes

Il est où le chemin?

Elle hésite un peu, reconnaît d'anciens chagrins, distingue des fantômes oubliés
Et son coeur bat la chamade, sous le choc de vieilles peurs qu'elle pensait évanouies

Elle renie son sourire de statue, gravé autrefois sur le visage, à coups répétés de burin.
Il n'y a pas de face à sauver, juste un visage à aimer


vendredi 15 février 2019

à Pastelle

Hier j'ai bu la tasse
C'était une tasse amère de découragement et de grande lassitude: alors, j'ai grimacé. Je n'étais pas belle à voir...pâle, le coeur au bord des larmes.

Aujourd'hui au lever du jour, j'ai regardé le ciel au travers de ma fenêtre, et le ciel était d'un bleu profond, il respirait l'infini, il me parlait de beauté...
Et soudain je me suis sentie élargie... et c'était bon, très bon!
J'ai perçu que je m'évadais de l'univers étroit de cette tasse ridicule, dans laquelle baignait tout mon  découragement
Et là, tout là-haut j'ai surpris deux ou trois petits nuages blancs qui m'appelaient
Je suis partie, je me suis envolée, j'ai plané sur les ailes d'une mouette (oui! il y a des mouettes par chez moi, sur l’étang pas loin) et j'ai perçu une musique serinée tant de fois autrefois et que je méprisais : c'est une musique de boy scout: ainsi avais-je qualifié cet air!

Mais oh miracle! avec un coeur grand comme ça, tout à coup elle m'a parlé, je veux dire les paroles ont percuté mon coeur.   Je les ai lues et relues...

Et ce fut bon, vraiment très bon!



lundi 11 février 2019

Les clés

Voici ce que Lakévio nous propose cette semaine!

 Dix mots à caser, histoire de trouver des serrures à ces clés...

Elle cherche.
Elle cherche, en vain, car elle s'est mise à sa quête hélas, trop tardivement
Elle cherche la fameuse clé, pas la grande mais la petite, celle de la porte de la pièce où l'on parle, le parloir comme on l'appelle en plaisantant, dans lequel elle a caché tous ses fantasmes et l'éclat de sa symphonie personnelle

Femme sous influence, elle s'efforce de marcher le long de la bordure de sa vie, prudemment, sans tomber, sans risque de se fracasser. Elle y va à pas comptés, droite et fière. Dans le jardin qu'elle traverse prudemment, un coq belliqueux la poursuit de son ergot ombrageux.
Elle ne trouve rien. Elle ne trouvera rien, car cette clé qu'elle cherche se trouve au fond, bien cachée au fond de la poche de son beau vêtement couleur grenat, dont elle est si fière,...

"C'est tout à fait correct, dit tout haut son professeur, avec un gentil sourire: pas une seule faute d'orthographe pour ce devoir. Bravo ma petite. Tu seras une excellente élève!"


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