mardi 1 mai 2018

s'abandonner à soi-même...

Impressions d'hier soir, dans ma petite chambre. Je m'étais couchée de bonne heure et, de mon lit, je regardais au-dehors par la baie ouverte. On aurait dit, une fois de plus, que la vie avec tous ses secrets était tout près de moi, que je pouvais la toucher. J'avais l'impression de reposer contre la poitrine nue de la vie et d'entendre le doux battement régulier de son coeur. J'étais étendue entre les bras nus de la vie et j'y étais en sécurité, à couvert. 
Et je pensais : comme c'est étrange ! C'est la guerre. Il y a des camps de concentration. De petites cruautés s'ajoutent à d'autres cruautés. En passant dans les rues, je peux dire de beaucoup de maisons : ici un fils est en prison, là le père est retenu en otage, ici encore on a à supporter la condamnation à mort d'un fils de dix-huit ans. Et ces rues et ces maisons se trouvent tout près de chez moi. Je connais l'air traqué des gens, l'accumulation de la souffrance humaine, je connais les persécutions, l'oppression, l'arbitraire, la haine impuissante et tout ce sadisme. Je connais tout cela et je continue à regarder au fond des yeux le moindre fragment de réalité qui s'impose à moi.
Et pourtant, quand je cesse d'être sur mes gardes pour m'abandonner à moi-même, me voilà tout à coup reposant contre la poitrine nue de la vie, et ses bras qui m'enlacent sont si doux et si protecteurs - et le battement de son coeur, je ne saurais même pas le décrire : si lent, si régulier, si doux, presque étouffé, mais si fidèle, assez fort pour ne jamais cesser, et en même temps si bon, si miséricordieux.
Tel est une fois pour toute mon sentiment de la vie, et je crois qu'aucune guerre au monde, aucune cruauté humaine si absurde soit-elle, n'y pourra rien changer.


Chaque fois que mon moral baisse, un peu ou beaucoup, je reprends inlassablement le journal de Etty Hillesum, cette juive morte à 29 ans dans les camps de la mort
Et je lis, un peu au hasard, je sais que je tomberai sur les mots qui me redonneront le courage d'aller de l'avant
Se reposer "contre la poitrine nue de la vie", quitter le flux et le reflux des inquiétudes incessantes, recontacter en soi le doux silence, lent, régulier, profond, le contact avec cette présence qui murmure et qu'il faut écouter pour espérer entrer en contact avec elle, qui pacifie au delà de tout... au delà de la guerre féroce et sans pitié: et n'y a-t-il pas une guerre (ou même plusieurs) en chacune de nos vies?


Je lis une page ou deux, sûre de trouver les mots qui ressuscitent, qui ME ressusciteront
Et je m'endors apaisée et confiante, ou prête à commencer ma journée, autrement, ancrée dans l'essentiel

dimanche 22 avril 2018

schizophrénie

Il y a moi d'une part, dans mon petit quotidien, tout simple, avec soleil, chaleur, cui-cui des oiseaux, fleurs qui poussent à une allure incroyable, explosion de couleurs, comme c'est beau!
Et puis il y a le monde, ce monde qui me fait peur tellement il semble aller mal. Je ne vais pas énumérer les divers problèmes, tant humains que matériels, vous savez mieux que moi

Moi, c'est simple je n'ai sans doute plus trop d'années à vivre tant pis ou tant mieux
De tout ce qui va pas, je pourrais m'en contreficher: après moi les mouches!

Mais je pense aux générations qui suivent et croyez moi, je suis effrayée...
Sans doute ils trouveront en eux les forces et les trucs pour aller de l'avant, pour passer victorieusement par toutes les étapes du déglinguement ou du déglinguandage, ils les sumonteront

Impression d'être égoïste quand je "profite" du beau temps, des fleurs, des cui-cui, des apéros, des repas dehors, des belles choses
Égoïste et inconsciente, mais au fond je fais comme tout le monde, je veux sans doute pas voir de près comme tout va pas trop bien, jusque dans la tête de nos politicards, mais à qui donc a--t-on confié les responsabilités de nos pays?



mercredi 11 avril 2018

Une question d'absolu

Ce matin, en attendant une de mes petites filles qui vient passer deux jours chez nous, je choisis au hasard un livre dans ma bibliothèque, bonne façon de passer agréablement le temps
(résister à la tentation de me perdre dans FB, même pour dix minutes...

Je laisse faire le hasard pour choisir LE livre qui me fera du bien ce matin
Je prends (au hasard, promis juré!) le Journal IV de Charles Juliet: Accueils.
Ceux qui me lisent depuis un certain temps savent combien j'aime cet auteur; j'en ai parlé ici plus d'une fois...

Je tombe sur ce passage qui me rejoint si profondément
"L'absolu. Il est connaissance, vérité, liberté, lumière, perfection, plénitude, permanence.
Cet état dont j'éprouve le tenace et douloureux besoin, c'est cent fois le jour que je l'appelle. Il inspire ce que je pense, décide, cherche à vivre, et me permet de jauger ce que m'apporte mon quotidien
mais comment surmonter la déception quand se trouvent confrontés ce que je brûle d'atteindre et le peu qui m'est offert?"

L’illustration que je vous mets est une peinture de Bram Vanvelde, peintre hollandais, devenu l'ami de Juliet et auquel il a consacré tout un écrit


vendredi 6 avril 2018

dans la lumière du soleil

Ce matin, je laisse mon regard errer dans le jardin. Le forsythia est encore à l'ombre. Je le regarde un peu désolée, on dirait qu'il a perdu sa parure de printemps, celle que j'aime tant et que chaque année j'espère éternelle. Mon coeur s'attriste: comment? c'est déjà fini? Il faut attendre l'année prochaine, pour le revoir dans toute sa jaune splendeur?
Oui, je suis vraiment triste, je n'en ai pas assez profité, et c'est trop tard maintenant!

Je reviens à la fenêtre une demi-heure plus tard, et là! stupéfaction... mon forsythia chéri brille de tout sa couleur jaune et chaude: il s'est éveillé dans la lumière du soleil, s'est donné je crois la permission de vivre son printemps, me le donnant du coup en cadeau

Comme quoi les êtres et les choses, quand on les regarde avec les yeux du soleil, éclatent de couleur, de lumière et de vie!
Bien sûr je le sais, dans quinze jours il sera redevenu un arbuste comme les autres, sans éclat particulier. Mais je sais aussi que d'autres buissons, d'autres fleurs prendront la relève. La nature ne dit jamais son dernier mot: au plus sombre de l'hiver, il y a toujours de nouveaux printemps!

Je m'en souviendrai quand je serai dans le doute



mardi 3 avril 2018

le berceau de ses mains

Depuis peu je retourne me faire masser, et la masseuse le fait de manière extraordinaire!
Elle n'a pas suivi de formation spécifique, elle "écoute" simplement le corps de la personne, et ses gestes sont doux, apaisants, vrais
C'est sa grand mère qui l'a formée à cette écoute, grand mère un peu chamane, qui lui a appris que la vérité est avant tout sensible, mais qu'il faut pouvoir apprendre à l'approcher. Ce qui n'est pas si évident dans notre monde qui refuse et se moque même de l'irrationnel. Dès le premier massage elle a perçu que j'étais d'accord avec son toucher, pour elle c'était capital, elle n'aurait pas pu continuer sinon!
Elle commence par le bas de mon corps, par mes jambes si douloureuses, si fragiles, si blessées par trois opérations coup sur coup (c'est le cas de le dire!!) l'année dernière. Ces foutues jambes me posent problème, je ne supporte pas qu'on me touche, je me crispe, je me protège.
Au bout d'un moment, je m'apaise et elle peut poser les mains sur moi, elle peut commencer à masser mes jambes
Puis elle monte, détend une à une toutes les tensions, surtout dans le dos côté droit, le côté qui encaisse les tensions, le côté opposé à mon œil aveugle
Là aussi j'apprends à me laisser faire, à laisser les mains magiques de la jeune femme  apaiser ce dos qui a tellement encaissé!
Puis le cou, la nuque, oulala! que de tensions! Doucement patiemment, elle leur "parle", leur demandant de se dénouer, et les tensions se dénouent une à une. Il lui faut parfois insister sur un nœud, mais elle arrive à le dénouer. Toujours.
Mais le moment le plus magique, c'est quand elle pose ses deux mains sur mon crâne. Elle le prend en berceau dans ses mains, elle semble demander mon assentiment. Sans un mot je le lui donne, en me lovant dans ses mains: extraordinaire sensation!
Et chaque fois,  l'émotion monter en moi: c'est comme si elle remplissait le rôle d'une mère bienfaisante, aimante... comme si elle me donnait une occasion de renaître, de repasser par le passage de la naissance, et d'être accueillie, aimée profondément!
Après le premier moment de surprise, durant lequel elle guette pour savoir (sentir, écouter) si je suis  consentante, je me laisse complètement faire, je m'abandonne et j'entre dans un état proche de l'hypnose, en ondes Alpha
Mes larmes coulent, quelque chose se libère, j'ai soudain senti ce que c'était d'être aimée totalement par une mère bienfaisante

Cette jeune femme est une hypersensible, comme moi: ce n'est pas étonnant si elle sent les choses avec ses mains: elle est bien plus jeune que moi, mais nous nous rejoignons et nous comprenons!



vendredi 30 mars 2018

Déserteur du banal

L'oiseau bat des ailes, on dirait qu'il s'affole.
Bientôt il est là-haut, libre et souverain
il glisse sur la pesanteur du brouillard
il célèbre l'éclat du soleil
il voyage au gré du vent, déserteur du banal
vagabond déterminé à trouver son chemin.

Il s’arrache à la terre boueuse
où trop souvent l'on s'empêtre et patauge
alourdi des scories d'un monde cruel
éclaboussé des vomissures et vilenies
bardé de lassitude, prisonnier du mesquin
encombré du futile et de l'inconsistance.

Alors...
Il prendra juste ce qu'il faut de distance
pour partir, le désir dans le vent!

La vie bat son plein, dure et tendre  à la fois...



lundi 26 mars 2018

migrants immobiles


Nous sommes des migrants immobiles
Nous n'avons pas déménagé depuis 40 ans  agrandissant notre maison au fil du nombre de nos enfants
Mais autour de nous, tout a changé, absolument tout!
D'abord la rue en elle même: il y a eu des travaux une fois, deux fois, trois fois ouf! de nouvelles constructions, et autant de réfections de la rue.
Elle est devenue à sens unique: nous avons donc un "tour de bloc" à faire pour aller vers le haut, là où se trouve le seul transport  en commun dont nous bénéficions (un bus seulement)
Ce qui a changé aussi ce sont les gens: toutes les maison ont de nouveaux "maîtres", proprio ou locataires
Nous ne les connaissons pas tous, mais au fil des étés, nous finissons souvent par faire leur connaissance. L'été on vit dehors, on jardine, on parle par dessus la haie, on prend l'apéro ensemble
J'ai du mal à me rappeler nos précédents voisins, leurs noms, leur physique etc
Tout cela est derrière moi, tant de choses se sont passées depuis!
De temps en temps nos enfants nous rappellent l'une ou l'autre anecdote, ils ont la mémoire plus facile que nous: alors nous nous exclamons et on se dit ahhh ouiiiiiii je me souviens!
Parfois on est ému en pensant à tel incident pénible, mort, maladie, accident.
Parfois simplement on rit en pensant aux blagues que nos enfants ont faites, et que l'un ou l'autre rapelle
Les temps qui sont passés, semblent toujours des bons temps... ;-)





jeudi 22 mars 2018

il y a deux ans...

J'ai hésité à en parler, et puis voilà! J'en parle, je ne peux pas faire autrement!
Il y a deux ans, c'est loin et si près... 32 victimes, c'est beaucoup et peu. et il y a tous les blessés graves traumatisés, amputés!

Je me souviens
il y a deux ans, vers neuf heures, je suis dans mon petit bureau, en train de répondre à mes mails
Soudain une vraie cacophonie, des hélico qui vrombissent dans le ciel, des voitures de police et des ambulances qui sifflent dans l'avenue juste en bas de chez moi.
Que se passe-t-il?
Je ne vais pas tarder à le savoir : une de mes filles, celle qui habite loin, me téléphone, j'entends la panique dans sa voix: maman et papa, vous allez bien? Vous n'êtes pas là-bas?
Là-bas? où là-bas?
là-bas à l'aéroport, ou bien là-bas dans le métro...
Là où a éclaté la violence meurtrière, là où s'est déclenché le mal sous forme de bombes, de morts et de blessures graves
Ce bruit strident, grimaçant, nous l'avons entendu toute la journée... nous sommes à quelques km de l'aéroport!

Pendant des jours on n'a plus parlé que de ça... les journaux écrits ou télévisés
Une vague de panique s'est répandue sur le pays: on pensait aussi à ce qui s'était passé en France quelques mois plus tôt!

Puis les choses se sont tassées, on y pensait encore, mais sans trop insister, juste un regard inquiet parfois quand on voyait un sac posé à côté de nous, ou des gens à la mine patibulaire
Et puis les militaires dans les rues, plus moyen de circuler dans le centre sans se cogner à des militaires et à leurs fusils!

Nous rêvons tous d'un monde où il ferait bon vivre, on on pourrait vivre en paix
Bruxelles est une ville multi culturelle, les races, les cultures, les religions, les couleurs de peau se mélangent, se côtoient, se disputent parfois, et pourtant peuvent s'apprécier quand on prend la peine de s'écouter








mardi 20 mars 2018

Ta vérité? ou la mienne?

Ici ou ailleurs, mes  mots se fondent sur des faits authentiques, (que je crois authentiques, mais va savoir...) mais ce n'est pas la vérité. C'est Ma vérité, celle que j'ai construite au travers d'expériences, de rencontres ou de lectures.
C'est ce que certains de mes proches n'ont pas compris quand j'ai écrit "L'enfant à l'envers, l'enfant à l'endroit". Ils m'ont reproché d'avoir travesti LA vérité en aménageant, souvent de manière littéraire, MA vérité. Ils m'ont reproché d'avoir travesti LEUR vérité, qu'ils étaient persuadés être l'unique!
Au même titre que la pensée, la vérité n'est pas unique. Elle est multiple et infinie, à l'image des  milliards d'individus qui peuplent notre planète. Il appartient à chacun de trouver et de construire sa vérité dans le respect de celle de l'autre

Le respect de celle de l'autre...
Et ne jamais, jamais lui asséner qu'il ou elle a tort, qu'il ou elle se trompe, sans avoir honnêtement cherché à comprendre
Et comprendre ne veut pas dire acquiescer, juste comprendre, ou du moins le tenter
Et il est vrai, c'est d'autant plus difficile que nos vérités sont différentes, et s'éloignent peu ou prou de celles des autres

Enasni

lundi 19 mars 2018

devoir de Lakévio


Centième devoir, chers amis !


Saurez-vous raconter une petite historiette sur ce tableau coquin,
en cent mots exactement, pas un de plus, pas un de moins ?



Petite soubrette, légère et court vêtue se penche avec grâce de ci de là, dans la chambre du marquis son bon maître
Petite soubrette se penche de ci de là, pour retendre de draps frais et blancs le grand lit de son bon maître
Petite soubrette est corps et âme dévouée au service de son bon maître et de sa très gentille maîtresse évidemment
Petite soubrette a promis d’être là disponible pour lui : il peut la sonner dès qu’il a besoin d’elle, en général tous les soirs et jusqu’au matin. Gentille maîtresse dort toujours à ce moment-là, très profondément…




Cent mots, pas un de plus, pas un de moins: j'ai tout bien fait comme il fallait! ;-)

mercredi 14 mars 2018

Professeurs de désespoir

Hier La Baladine a posé sur mon blog un commentaire très intéressent: le voici
"Je ne peux pas m'empêcher de me demander ce qui pousse tant d'imagination vers des choses tragiques... C'est vrai, quand on raconte une belle histoire gaie, tout le monde va dire "oui c'est gentil/naïf/bêta/mode bisounours" alors que si l'histoire se termine mal, tout le monde adhère!"


Je pense qu'on ne peut raconter une histoire qu'en étant au plus près de la vie. Et cette vie est faite de beau et de bon, de tendre et de soleil, mais aussi hélas de tragique, de détresse, d'orages et cela ne finit pas toujours très bien, loin de là! Hélas!
Mettre en scène des personnages qui, dans leurs difficultés, vivent ou tentent de vivre la résilience, n'y arrivent pas forcément, mais recommencent, ne perdent pas espoir...et continuent la lutte, 
cela ne peut que toucher les lecteurs qui peuvent reconnaître leur propre combat.
Et ces histoires peuvent énormément émouvoir
Mais un écrivain qui écrit systématiquement des histoires tristes, dans le désespoir le plus absolu, je crois qu'il faudrait qu'il s'interroge sur sa "nécessité" de ne pas quitter le morbide: quel plaisir cela lui procure-t-il? qui a-t-il en lui de si blessé pour qu'il ne puisse quitter le cycle infernal du sombre? 

Je crois que c'est pour ça que les lecteurs ont besoin que "cela" finisse bien" et se sentent frustrés quand ce n'est pas le cas
A lire  "Professeur de désespoir" de Nancy Huston
"Nous devenons schizos, mes amis. Dans le quotidien, nous tenons les uns aux autres, suivons l'actualité avec inquiétude, faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver et renforcer les liens. En tant que lecteurs ou spectateurs, au contraire, nous encensons les chantres du néant, prônons une sexualité aussi exhibitionniste que stérile, et écoutons en boucle la litanie des turpitudes humaines. A quoi est dû cet écart grandissant, à l'orée du XXIe siècle, entre ce que nous avons envie de vivre (solidarité-générosité-démocratie) et ce que nous avons envie de consommer comme culture (transgression-violence-solitude-désespoir) ? " L'homme est bon et mauvais, disait George Sand. Mais il est quelque chose encore : la nuance, la nuance qui est pour moi le but de l'art. " La littérature contemporaine aurait-elle renoncé, à ce but-là ?" N. Houston
(à suivre)

"soyez abjects, vous serez vrais" prône Houellebecq...

lundi 12 mars 2018

Devoir de lakévio!



La femme à l'écart

J'attends. Je fais semblant d'écouter. Mais cela ne m'intéresse pas, ce dont elles parlent. La mode, ce n'est pas mon truc. Où reste-t-il? J'ai envie de fuir. Une légère nausée m'envahit. C'est ce biscuit que j'ai mangé sans appétit! Je ne tiens plus, encore dix minutes et je m'en vais!
J'attends toujours: là au creux de mon ventre quelque chose frémit que je connais bien: quelque chose de l'ordre du désir, quelque chose de l'ordre de la peur. Peur qu'il ne vienne pas, peur qu'il ne vienne plus. Allons faut plus que je pense à... A quoi pense-t-on quand on ne pense plus? On pense à lui, encore à lui, toujours à lui!  Si cela continue, je vais devenir folle... il faut que je me calme, que je range mon chagrin au fond de ma tasse, et que je fasse l'effort de me raccrocher à la conversation, mais bien sûr, j'y arrive pas... je repense à lui...

La femme assise

mais oui, mais oui, cause toujours... je fais semblant de t'écouter, mais je t'écoute pas, si tu savais...
Je sais qu'il doit venir prendre le thé avec nous. Il n'est pas encore là, c'est curieux où reste-t-il?
Enlève tes mains de mes épaules, ça m'énerve, j’essaie de changer de position, mais tes mains reviennent toujours sur mes épaules. Comme des sangsues. J'en peux plus. Dans dix minutes je m'en vais, je l'attendrai dehors, ce sera mieux, on ira boire un thé tranquille sur la place toute proche. Il fait beau il faut en profiter!

La femme debout

Je dis n'importe quoi pour la garder assise devant moi, sous mon contrôle. Mes mains sur ses épaules... je la caresse l'air de rien: elle finira par s'en rendre compte, elle finira par aimer ça!
Elle finira par comprendre que je l'aime, que je l'aime comme une folle, que j'ai tellement envie de me blottir dans ses bras, de la caresser... de la...

Une scène à trois personnages... si on pouvait lire dans les cœurs, on serait peut-être horrifiés de ce q'on y découvrirait!


vendredi 9 mars 2018

elle a 18 ans aujourd'hui!

J'ai une petite fille merveilleuse dont c'est l'anniversaire aujourd'hui!
Elle a été adoptée par le couple de ma fille aînée,  qui malheureusement ne pouvait pas avoir d'enfant: ce fut un gros chagrin, surtout pour ma fille!

L'enfant est d'origine chinoise: abandonnée par sa mère et recueillie et soignée dans un orphelinat

Ma petite fille A. est aujourd'hui majeure et termine ses humanités
Elle doit présenter un travail de fin d'études: elle a choisi ce sujet-ci qui l'intéresse :
"La politique de l'enfant unique en Chine, et ses conséquences"
C'est sans doute à cause de "l'enfant unique" qu'elle a été rejetée par ses géniteurs: s'il fallait se limiter à un seul enfant, il était préférable d'avoir un fils! Surtout dans les familles pauvres!

Pour le moment A n'a aucune envie d'aller dans son pays natal, alors que son frère originaire du Vietnam le souhaite et mettra sans doute un jour son désir à exécution
Mais par le choix de ce travail, bien spécifique, A montre qu'elle s'intéresse à ce qui a pesé sur les familles chinoises durant des décennies et qui est à l'origine de son adoption ici

jeudi 8 mars 2018

le danger du retour au passé

Non je ne vais pas parler de la femme et de son combat pour qu'on respecte mieux ses droits
Droits qui sont encore et toujours bafoués, voire niés, ignorés, sous estimés.
L'homme est parfois aveuglé et ne réalise pas combien ce combat est capital! Même si la plupart des hommes que nous côtoyons sont des hommes bons et respectueux de leurs compagnes.
Mais quel est l'homme qui aurait aimé préféré être une femme? Je n'en ai pas rencontré! Tous ceux auxquels j'ai posé la question sont très satisfaits de leur sexe et n'en changeraient pour rien au monde! C'en est même comique!

Je pense à ce retour au passé dans certains pays européens où les femmes devront se battre pour garder le simple droit à l'avortement
Je déteste les catho extrémistes qui tentent d'influencer l'opinion par des discours outranciers et culpabilisants, et appellent à des manif "prolife"
Simone Veil avait mis en  garde: ce combat ne serait pas gagné définitivement, qu'il faudrait être attentif à ne pas se laisser submerger par les idées d’extrême droite
et en Pologne, en Hongrie, en Espagne, en Italie surtout, sans parler des Etats-Unis, elles sont en train insidieusement de gagner du terrain

D'autres droits sont bien sûr encore à défendre: l'égalité de salaire par exemple! La parité des sexes dans la politique, dans les postes à responsabilité



dimanche 18 février 2018

Le carré de lumière

C'est le lundi de Lakévio, que je remercie


"Il ne faut jamais éclaircir le mystère. De toute façon, un écrivain ne le pourrait pas. Et même s'il cherche à l'éclaircir de manière méticuleuse, il ne fait que le renforcer.
Patrick Modiano

écrire, à partir de la toile du jour, une histoire un peu, beaucoup, passionnément ...
ONIRIQUE ETRANGEMYSTÉRIEUSE...

- c'est par où le chemin, dis moi le chemin...
- ben tu vois pas? c'est par là! LA, je te dis... en haut du premier escalier!
- c'est par là qu'il faut aller? Mais c'est bouché!
- regarde bien...
- je vois juste que c'est éclairé, mais je te répète que c'est bouché! On ne peut pas passer par là!
- mais si, moi j'y passe régulièrement! je t'assure...
- dis moi comment il faut faire, je t'en prie
- ......
- s'il te plait, dis moi
- ........
- DIS-MOI
- il faut réciter un poème, mais pas n'importe lequel, le seul qui convienne, le sésame
- mais... mais... quel poème, j'ai jamais entendu ça...
- et bien tu chercheras et tu le trouveras... tu le réciteras avec beaucoup d'attention et le coin de la vérité s'ouvrira, tu verras, voilà, salut!
- ne pars pas, s'il te plait, dis-moi quel poème et qui en est l'auteur...
- cherche, cherche bien, tu finiras par trouver

- "au temps suspends ton vol.... et vous heures propices, suspendez votre courbe.....
ça marche pas... ça s'ouvre pas!!!
- tu t'es trompé, t'es vraiment un demi connard! Allez, redis lentement les mots et corrige, c'est le seul moyen d'entrer

Comme mon texte finit bien, il a répété les mots, lentement, cette fois sans se tromper, et le carré de lumière s'est ouvert, mais je ne vous dirai pas ce qu'il cachait...


vendredi 16 février 2018

Les gens qui doutent




Oui, j'aime les gens qui doutent, j'en suis une moi-même
se remettre en question, douter sur la pertinence de ses choix
hésiter, revenir en arrière, recommencer avec courage
Je suis "moitié dans mes godasses
et moitié à côté"
et je vous prie de croire (mais vous le savez sans doute pour beaucoup) que la marche est alors inconfortable!

J'aime les gens qui tremblent 
Que parfois ils nous semblent 
Capables de juger 
J'aime les gens qui passent 
Moitié dans leurs godasses 
Et moitié à côté 

J'aime leur petite chanson 
Même s'ils passent pour des cons 

J'aime ceux qui paniquent 
Ceux qui sont pas logiques 
Enfin, pas "comme il faut" 

Ceux qui, avec leurs chaînes 
Pour pas que ça nous gêne 
Font un bruit de grelot 

Ceux qui n'auront pas honte 
De n'être au bout du compte 
Que des ratés du cœur 
Pour n'avoir pas su dire : 
"Délivrez-nous du pire 
Et gardez le meilleur" 

J'aime leur petite chanson 
Même s'ils passent pour des cons 

J'aime les gens qui n'osent 
S'approprier les choses 
Encore moins les gens 
Ceux qui veulent bien n'être 
Qu'une simple fenêtre 
Pour les yeux des enfants 

Paroles et chanson de Anne Sylvestre

mercredi 14 février 2018

c'est aussi l'amour ça, on va dire

se  coucher, rêver, penser
se troubler, rêver,
languir, se languir, laisser monter
caresser, caresser, caresser encore
caresser vite, caresser lentement
sentir monter
contrôler
caresser doucement, vite de plus en plus vite
exploser, jouir
soupirer
soupirer
soupirer

Françoise Collandre

en fait, je me suis trompée
je devais publier ça sur mon blog des cents mots
j'ai hésité un moment quand je m'en suis rendu compte
j'ai supprimé le post
puis je l'ai remis... et tant pis, pour vous!!!

lundi 12 février 2018

Les lundi de Lakevio, texte libre

Jeff Rowland

Non! Je ne sais pas, vraiment pas...
Laissez-moi, il pleut, c'est un signe
Le signe que... le signe dont...
Un instant, je réfléchis...
Il y a tous ces gens là, que font-ils, où vont-ils?
Je ne sais pas où je vais moi, j'ai oublié, j'ai mal au crâne
Ce matin, je me suis pas rendu compte qu'il pleuvait si fort!
Je suis partie, vite, le plus vite possible
Je sais juste que je dois prendre un train
Le train pour là-bas, là-bas où je veux aller
Le train du non retour, j'ai pris mon ticket
Il est là, bien au chaud dans ma poche
La pluie sur mon visage..... dans le train je serai bien!
J'ôterai mon manteau, je soupirerai longuement
Là-bas c'est loin, il me faudra du courage...

Je vous en prie, laissez-moi, ne m'accrochez pas
Je vais rater le train pour là-bas
Non je ne veux pas! Surtout pas, lâchez-moi!
Vous me faites mal, s'il vous plait, lâchez-moi!

Elle fut emmenée dans l'ambulance
Et dans l'ambulance, ses cheveux dégoulinaient
C'est normal, il pleuvait fort, très fort...

mercredi 31 janvier 2018

Dire toujours la vérité?

Je lis ceci sur FB, sous la plume d'Armel Job

"Kant affirme qu’il faut toujours dire la vérité. 
Benjamin Constant lui répliqua que dire la vérité était un devoir sans doute, mais qu’un devoir n’a d’existence que par rapport aux droits d’une autre personne. Il faut donc dire la vérité à ceux qui ont droit à la vérité. Quelqu’un qui veut nuire à autrui n’a pas droit à la vérité".

Il parle des visites domiciliaires qui se font à BXL pour démasquer les migrants qui se cachent, et que des âmes de bonne volonté accueillent et cachent.

Ne rien dire, garder sa langue pour ne pas mettre ces gens en péril!
N'est-ce pas ce qu'ont fait tant de gens durant la guerre?

Il y a des "secrets" qui ne peuvent se dire, que c'est le devoir de taire, de cacher
Nous avons tous des secrets plus ou moins graves que nous taisons, sachant qu'ils nous mettraient en danger s'ils étaient connus, et qui surtout nuiraient à l'entourage s'il "savait". Ne fût-ce par la peine énorme qu'on leur ferait si on se mettait à parler! L'exemple le plus classique est celui d'un adultère.
Parfois (surtout sur le long terme) c'est difficile de garder le silence. C'est un choix, et pas le plus facile. C'est la solitude de l'impartageable...





lundi 29 janvier 2018

Acter est le maître mot!

Dans les jardins, ça et là, quelques perce neige dressent leur petites têtes fluettes... miracle de la nature qui finit toujours par renaître!

C'est le signal pour moi de repartir avec courage: huit jours d'écriture et de réflexion m'ont menée vers l'espoir de nouveau chemin.
Moi seule peut m'aider, en définitive
Je m'explique:
J'ai passé beaucoup de temps, depuis toujours à vrai dire, à lire des bouquins divers de réflexion: certains très intéressants et nourrissants, d'autres bof bof! Temps perdu!
Souvent, j'ai souligné un nombre important de passages qui m'avaient frappée, me promettant de les retenir, de les relire régulièrement, d'en faire du pain pour ma journée, ma semaine...
Puis les livres refermés, sont rangés, et je les oublie, car d'autres livres m'attendent!

Ce n'est pas un bouquin, aussi bien fait soit-il, qui va résoudre mes difficultés, par ex m'aider à mieux affronter mes problèmes de santé.
Bien sûr, j'expérimente qu'à des moments précis, une écoute simplement amicale peut m'être d'un grand secours. Je vais de plus rencontrer régulièrement un "docteur de l'âme", démarche que j'ai toujours refusée, car mes lectures, croyais-je, me suffisaient!
Mais pour le reste, force m'est de reconnaître que j'ai à me débrouiller seule, prendre seule les chemins qui me conduiront vers le mieux-être que j'espère. C'est très clair, si je n'agis pas, rien ne se fera!
ACTER est le maître mot! Je n'y échapperai pas!
Lire et relire sans cesse des bouquins aussi bien faits fussent-ils, ne changera rien!

Mais voilà, il faut juste commencer , c'est le moment le plus difficile, celui devant lequel je risque de reculer, d'attendre un meilleur moment, quand j'aurai plus de temps, de force, d'envie...
L'inspiration découle de l'action, pas l'inverse
Car quand j'ai commencé un projet, écrire un texte par ex, j'expérimente la plupart du temps, que le reste coule sans problème


Edit 16h

Un de mes lecteurs se demande, ce que je fais dans des livres de "développement personnel", à l'américaine et tout (c'est ce que j'avais indiqué en premier, avant de corriger)
Il aurait le droit d'être déçu de mes lectures, sauf que ce n'est pas de ceux-là dont j'ai voulu parler
Mais des Boris Cyrulnic et sa résilience
des Frédéric Lenoir, des Charles Pépin, Etty Hillesum, Charles Juliet, Nietzsche  et d'autres encore...

dimanche 14 janvier 2018

j'attends les perce-neige

A la suite des précédentes, l'année 2017 fut une année difficile pour moi: j'ai passé des semaines en clinique et ensuite, j'ai passé des semaines à guérir mes plaies
Puis à réapprendre à marcher...  sur des jambes qui tremblent

L'année 2018 s'annonce nouvelle à tous points de vue, sans trop d'orage, cela devrait aller!
Sauf que le moral ne suit pas: je suis descendue trop profondément! Et je ne parviens pas à remonter.
Je refuse de prendre un antidépresseur quelconque, ces médicaments ne me conviennent pas. Mais alors pas du tout! J'ai essayé vous pensez bien... Et quand j'ai essayé, j'ai plongé plus bas encore

Je mets donc mon blog en pause: je n'arrive plus à écrire. Parfois je me force, mais rien ne vient.Comme tout le monde, j'ai des joies mais aussi des chagrins, des déceptions. Je les surmonte, mais de plus en plus difficilement.

Alors je me donne le droit de prendre distance avec le Net, les blogs, FB etc
Le temps de reprendre pied dans ma vie et cela durera ce que cela durera. J'espère que le printemps prochain me donnera ma joie de vivre, mon espérance aussi!

Merci à ceux/celles qui m'ont gardé leur confiance et leur amitié, je vous dis au revoir, sans savoir quand je reviendrai, ni même si je reviendrai

Je vous embrasse
Coumarine
Françoise Collandre

j'ajoute ceci
J'ai souvent crané dans ma vie, car je considérais comme une énorme faiblesse de dire et reconnaître que j'étais en dépression/ il me fallait me "secouer", bander mes énergies, ne pas me montrer dans cet état.
Ceux qui me voient ou ont des contacts avec moi, ne peuvent absolument pas se rendre compte de ma détresse: je la cache soigneusement 
Qui vivra verra...

lundi 1 janvier 2018

voilà ce que je vous souhaite...

Ce soir... J'aurais grand besoin d'entendre une voix qui me dirait calmement : je n'en sais pas plus que toi sur le monde et le mal, la souffrance et l'avenir, je n'ai aucune réponse, je ne suis ni plus intelligent ni plus grand que toi, je suis juste comme toi quelqu'un qui s'interroge...

J'aurais grand besoin d'entendre une voix qui me dirait calmement: je n'ai aucune solution à t'apporter, aucune religion à te proposer, aucune croyance imparable, aucune assurance pour la vie, pour la mort, aucune assurance pour le monde, notre monde...

J'aurais grand besoin d'une voix qui ne me console pas aussitôt que je parle de mes inquiétudes les plus profondes, celles justement qui touchent à la vie et la mort, une voix profonde et calme qui ne me distrairait pas vite fait bien fait, par des rires ou des occupations futiles ou même utiles.

J'aurais grand besoin d'une voix d'homme ou de femme qui me raconterait ses propres expériences, ses propres trajets de vie, ses angles de vue et ses chemins de traverse et me dirait ensuite : mettons en commun ce que nous avons appris de la vie, faisons un bout de chemin ensemble... nous avons des choses à apprendre l'un de l'autre.

Je n'ai pas besoin d'un chapelet de réponses enfilées en vitesse, qui me seraient assénées avec autorité sous peine de condamnation éternelle. Je n'ai aucun besoin d'opinions tranchées qui m'obligeraient à me tordre le cou ou les pieds pour suivre un chemin que je ne pressens pas comme le mien...

Je ne veux aucun catéchisme quel qu’il soit, ni d'une autorité suprême. Je veux des gens qui cherchent à vivre dans leur vérité, à qui on peut parler simplement sans craindre une condamnation sans appel, je cherche des voix assez simples pour me dire: je n’en sais pas plus que toi... mais ensemble, apprenons la vie...
et vivons-la..pleinement
C'est ce que je vous souhaite à tous et à chacun, à vous les lecteurs fidèles ou qui passez en silence.
C'est ce que je vous souhaite à vous, les blogamis que je fréquente et ceux que je ne connais pas encore. Oui, je veux croire qu'à notre toute petite échelle, nous sommes facteurs de changement, par nos partages de photos, d'écrits, de compte rendus de livres,  de témoignages de vie, d'appels à une citoyenneté responsable, de tout ce qui fait le meilleur de nos vies, de tout ce qui nous grandit, même dans la souffrance, puisqu'elle fait intrinsèquement partie de la vie...
Ce ne sont pas des grands mots, ce sont simplement des mots d'espérance, comme celle qui envers et contre tout, continue à palpiter au rythme de mon cœur.
Merci à nous tous qui continuons de croire comme des fous que nous sommes, que nous pouvons être aimants et vivants
(Je reprends ici les souhaits que j'ai formulés au début de l'année 2009, ils me conviennent toujours parfaitement!)
Matisse

dimanche 24 décembre 2017

une belle histoire pour aujourd'hui

Même si ce n'est qu'une belle histoire, je la préfère de loin au gros père Noel (coca cola) pour fêter Noel!
Et surtout le père Noel qui escalade les façades, attendu soi disant par tous les enfants sages!
Je préfère la belle histoire de Noël, celle d'un enfant nouveau-né né au hasard de l'errance de ses parents
Cela ressemble tellement par certains côtés à ce qui se passe aujourd'hui:
Des gens rejetés de partout, obligés de se terrer dans une étable où naîtra leur nouveau né!
Et ce sont les pauvres comme eux, de simples bergers, qui les accueillent
Je ne vois nulle part ripailles abondantes, faits de foie gras, et autres denrées rares
Je vois le souffle chaud des animaux de l'étable, qui réchauffent le couple et l’enfant nouveau né

Je sais que ce que j'écris ici n'est pas politiquement correct: Noêl, c'est un gros bonhomme rouge, et non un enfant nouveau né!
Tant pis, cette histoire me plait, et je la relis volontiers




mercredi 20 décembre 2017

chère syllogomanie

Quelqu'un de mon entourage proche garde tous ses mails!
absolument tous ses mails depuis le début, incapable de les supprimer
Bien sûr sa boite mail est complètement saturée: plus moyen d'envoyer ni de recevoir un mail!
Je vois la personne plantée devant son ordi: il a commencé une lecture attentive de tous ses mails, un par un, pour être bien sûr que s'il supprime tel ou tel mail il ne perdra pas quelque chose d'important. Cela prend un temps inouï et je ne suis pas sûr qu'il y arrivera avant la fin de l'année...

Comment comprendre cela sinon en se disant que cette personne souffre d'un déséquilibre important? Il fait cela dans d'autres domaines: bureau, cave, garage sont incroyablement encombrés, c'est simple il ne jette rien, il amasse et accumule

Cela s'appelle de la syllogomanie, beau mot pour une réalité dure à vivre pour l'entourage...
et là... trop étant TROP, j'ai décidé d'en parler sur mon blog!

Mais je crois aussi qu'il est incapable de changer, il s'agit d'un trouble
Lui est bien incapable de le reconnaître et de prendre les mesures pour changer!

Pour lui tout va bien et il en parle en rigolant à ses amis qui lui demandent pourquoi il ne répond pas à ses mails!





lundi 18 décembre 2017

Défi : alexandrins, octosyllabes, rap ou rimes ! Treize à la douzaine ! On pêche en vers ce matin... Longues ou courtes, riches ou approximatives, abracadabradantesques ou résonnantes de vastitude, drôles ou touchantes, les rimes sont à vous !
Pour la première fois, la rime imposée reste à votre choix. mais essayez d'en tirer treize lignes !
Merci Lakévio....

Une jolie petite fille tambourine
à la porte des latrines.

Elle est à la piscine
avec Mandoline sa cousine
qui l'appelle et baragouine.
La petiote est une fieffée coquine:
elle a épinglé sur sa poitrine                                             
quelques paroles de Coumarine
aussi belles que celles de Soljenitsyne.
Coumarine... c'est son héroïne
son aspirine, sa médecine...

Hors de l'eau, la voilà qui dégouline
Il est temps de partir car elle a faim la gamine...






vendredi 8 décembre 2017

un ventre parfait

Tiens toi droite! Et rentre ton ventre! Serre les fesses! Tu te tiens mal, très mal, et bossue avec ça..

J'entends encore ces injonctions. Elle n'était jamais contente. Pour rien. Pour tout.
Moi je faisais de mon mieux: je serrais les fesses, rentrais le ventre, je me tenais droite, crispée comme un arbre mort
Je croyais faire de mon mieux, être plus belle comme ça, plus séduisante, surtout quand je rencontrais les autres: il me fallait être au mieux de ma féminité, càd de ma taille fine
Puis sont venus les enfants, un à un, de gros enfants!
et le ventre s'est gonflé, les hanches se sont épaissies, les seins se sont remplis
Trop! Au secours!
Alors... gymnastique, exercices divers et variés, de ceux qui donnent des courbatures pendant trois jours au moins
Tiens toi droite! C'est quoi ce gros ventre? Cet affreux gros ventre, ce ventre plein d'intestins et d'organes qui m'encombrent? Ce ventre plein de nourriture?
Exercices au sol, debout, assise, encore et encore et encore, pour effacer ce foutu gros ventre
Et ça marchait, enfin plus ou moins: on m'admirait, on me demandait comment je faisais pour garder ce ventre plat de mannequin anorexique!
Jusqu'à l'heure du grand chambardement! Une maladie auto immune et les médicaments qui vont avec. 
Effets secondaires: un ventre qui gonfle, et cette fois, c'est foutu, rien à faire!

Alors je l'ai regardé avec compassion, mon "centre de vie". Mon deuxième cerveau. Je l'ai apprivoisé. J'ai commencé à l'aimer je l'ai laissé vivre sa vie...
Mon ventre... Là où j'ai porté quatre beaux bébés. Un ventre magnifique...
Un ventre- coussin pour accueillir les larmes et le sommeil de mes enfants petits. Et même pour accueillir l'amour de l'Homme
Alors, ce ventre, je l'ai laissé être lui-même, Je ne l'ai plus rentré coûte que coûte: il est bien là où il est! Il est bien comme il est!
C'est un ventre d'amour

lundi 4 décembre 2017

La marquise sortit à cinq heures

La marquise sortit à cinq heures, sans dire à personne où elle se rendait. Même pas à son petit chien bichon qu'elle enferma dans sa chambre, en lui recommandant de rester sage, de ne surtout pas aboyer pour ne pas trahir son absence: elle l'avait installé sur son coussin et n'était partie que quand elle l'avait vu endormi.
La marquise n'avait pas l’âme tranquille. Elle avait hésité longtemps avant de sortir, pesant le pour et le contre et finalement le pour avait triomphé, c'est donc pour ça qu'elle partit à cinq heures, comme une voleuse, il faut bien le dire.
La marquise sortit à cinq heures habillée de sa plus belle robe, la bleue, celle qu'elle aimait particulièrement quand elle voulait être à son avantage. La marquise voulait ce soir être belle. La plus belle!
La marquise marcha d'un pas vif et déterminé, qui savait ce qu'il voulait (le pas!). Elle s'empêchait de regarder à droite et à gauche pour voir si personne ne l'avait vue et la suivait. Elle s'efforçait de rester naturelle, de n'éveiller aucun soupçon.
La marquise en robe bleue, chignon serré, avait le coeur qui battait la chamade. Personne n'aurait pu deviner qu'elle avait peur, très peur. D'ailleurs son coeur allait exploser si cela continuait ainsi!

J'ai le regret de vous annoncer que la marquise est morte peu après cinq heures, emportée par une crise cardiaque fulgurante. Elle s'est affaissée sur le trottoir pas loin de chez elle. Personne ne savait où elle se rendait, et personne ne le saura jamais!
Dans sa chambre, on trouva un petit bichon mort d'avoir hurlé pendant des heures.


sur la consigne du lundi de Lakévio

mercredi 22 novembre 2017

Goncourt et Renaudot

Je ne me souviens pas m'être jamais précipitée pour lire les prix littéraires... le Goncourt, le Renaudot par ex.
Mais cette année, ce sera sans doute différent!
Mon frère, grand lecteur m'a dit le plus grand bien du livre de Eric Vuillard, prix Goncourt. Il m'a dit ne pas l’avoir lâché avant de l'avoir terminé. Il est vrai qu'il est relativement court (160 pages) et c'est rare pour un Goncourt
Dans L'Ordre du jour, Éric Vuillard décrypte la mécanique politique, les petites lâchetés et les compromissions ayant conduit à la montée en puissance du pouvoir nazi et au succès du projet mortifère de l'Anschluss hitlérienne. 160 pages durant, l'écrivain et réalisateur, né en mai 1968 à Lyon, tente de démontrer combien le «triomphe» de la Wehrmacht aurait été moindre sans le concours de «marchandages, de vulgaires combinaisons d'intérêts» des milieux d'affaires allemands. Le Figaro culture

Le Renaudot, je l'ai devant les yeux, non pas acheté, mais emprunté à la bib de mon quartier: La disparition de Josef Mengelé écrit par Olivier Guez

Mon mari qui cependant n'est pas un grand lecteur l'a dévoré: je l'ai vu tourner les pages à la vitesse de son intérêt pour ce roman. 
Je l'ai commencé, j'en suis à la page 48 et...je dois m'accrocher!
A chaque page, il y a une nomenclature de noms allemands, tous plus compliqués les uns que les autres. Comment retenir tout ça?

Je continuerai pourtant ma lecture, le mari persiste à dire que c'est un livre passionnant!


C'est curieux comme l'Allemagne nazie inspire encore tant d'auteurs relativement jeunes, qui n'ont cependant pas vécu la guerre et ses épisodes si douloureux

Olivier Guez semble obsédé par le sort des juifs pendant la guerre: je me suis dit que, peut-être, il avait des origines juives qui pouvaient expliquer son intérêt: au point d'avoir écrit deux livres sur ce sujet. Je n'ai vu nulle part une info à ce sujet...

L'écriture de ce bouquin lui a pris 4 ans! il est extraordinairement bien documenté. J'ai lu quelque part qu'il rêvait la nuit de son personnage... Menguelé... oups!

C'est parfois le cas des auteurs qui entrent à fond dans leur histoire


vendredi 17 novembre 2017

Le présent, c'est mieux peut-être, mais peut-être pas!

Mon ami est un excellent photographe
Mais il a une idée fixe: il tente inlassablement de photographier la fuite du temps et l'effet qu'elle produit sur les gens: nostalgie du passé, de la jeunesse surtout, ou alors, à l'inverse, soulagement et fierté de voir ce que l'on est devenu! Ou encore lassitude devant le train train dans lequel on est entré peut-être malgré soi...
Pour capter la fuite du temps, il utilise toujours le même procédé: une personne devant un miroir, contemple son reflet du temps où il/elle était jeune, plein d'avenir et de promesses. Bon c'est évidemment un procédé de photographe dont il a le secret, mais qu'il réussit bien.

Confrontation entre le passé et le présent! Entre celui/celle que l'on était autrefois, quand rien n'était encore écrit définitivement, quand tout était possible, et celui/celle qui se tient devant le miroir.
Quel est le ressenti du personnage qui se voit confronté ainsi à son image d'autrefois?
Quel est le ressenti du visiteur de sa galerie devant ces doubles portraits?
Tout est possible! Et chaque photo remet le spectateur devant ce dilemme: le passé? ou le présent? C'était mieux autrefois? ou aujourd'hui?

En fonction des rêves que l'on faisait, est-on heureux de ce que l'on a réalisé? de ce que l'on est devenu? Si on pouvait remonter le temps et revenir à l'époque du miroir, mènerait-on sa vie de la même façon? Recommencerait-on les mêmes erreurs? Ferait-on les mêmes choix? Les mêmes non-choix?

Allez visiter son site, c'est étonnant comme chaque photo évoque cette question existentielle: aurait-il mieux valu savoir notre chemin de vie, pour éviter nos erreurs, nos tâtonnements...  ou cheminer à l'aveugle, sans savoir ce que l'avenir nous réserve?

texte écrit pour le site d'écriture http://kaleidoplumes.forumactif.org/, à partir de cette photo de Tom Hussey



lundi 13 novembre 2017

Sur la consigne de Lakévio


- Non, je ne te suivrai pas à la campagne, la solitude et le silence, merci bien..., et la boue quand il pleut, et la neige en hiver.. et le froid insupportable...
-.....
- Non, n'insiste pas, je n’emménagerai jamais dans une maison trop rose de contes pour enfants.
Il me faut du béton, des pavés gris et pleins d'âme, une circulation à devenir fou, le bruit rassurant des autos qui klaxonnent sans cesse. Je veux garder ma liberté de marcheuse à pied ou, quand il le faut, plonger dans les profondeurs du métro même s'il sent l'urine dans les coins. Je veux profiter de la proximité des gens, me serrer contre eux dans les queues devant la poste ou le cinéma, j'aime les gens simples et travailleurs, leur odeur lourde d'après le travail, leur transpiration, leur haleine de tabac...
M'enfermer dans cette maison de poupée, non, il n'en est pas question!
Pas envie de devoir tous les soirs  arroser les plantes et les fleurs, j'ai d'autres choses à faire...

- Mais ma chère, tu n'as pas le choix! tu es obligée de me suivre, parce que, comme tu vois, je suis en train de t'attacher pour t'emmener de force... cela ne sert à rien de te défendre, tu es ma prisonnière, à la disposition de mes envies et besoins pressants, tu fais si bien l'amour! Non!... arrête de te défendre, tu ne m'échapperas pas, tu as la force d'un moineau rachitique....
Calme toi, reste tranquille, tu verras tout ira bien: regarde toutes ces fleurs, elles ne sont pas belles? Nous serons très heureux là-bas tous les deux...


Je ne voulais pas faire une description "tout le monde il est beau" de cet endroit idyllique;-)))
Merci Lakévio!

jeudi 9 novembre 2017

quelques minutes à pied...

A la radio ce matin, j'entends cette info:'

Au Nicaragua, (je n'ai pas entendu où exactement) cet enseignant doit faire deux heures de route tous les jours pour se rendre à son travail et en revenir!
Tous les jours: une heure aller, une heure retour...
Il pourrait sans doute faire un autre travail, peut-être, c'est pas sûr, mais peut-être que oui!
Il fait donc celui là, jour après jour: enseigner aux jeunes, leur apprendre des matières mais surtout à devenir des adultes
Et moi je dis "chapeau!"
Moi qui rechigne à faire dix minutes à pied pour acheter vite fait ce que j'ai oublié d'acheter lors de mes courses hebdomadaires...

Quand je ferme la radio pour venir écrire ici, je me dis que j'ai de quoi réfléchir...

lundi 6 novembre 2017

sur une consigne de Lakévio

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail." (emprunt à Simone, jeune fille rangée.)

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je vais laisser pousser ma moustache, décida-t-il" (emprunt à Jean-Paul, celui qui écrit sur le mur.)

"Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail.
J'ai vécu une enfance rangée -ô combien!- entre des parents conventionnels, conformes, intello, catho et pour tout dire, un peu chiants. Je ne pouvais pas sortir, inviter des amis à la maison, ni surtout aller chez eux, quand par extraordinaire j'étais invitée. Ma seule distraction déjà à cette époque, était de rêver devant la fenêtre, et d'observer mes voisins. Mes parents croyaient que je lisais, que je ne faisais que ça lire, et ils s'en réjouissaient. Car ils étaient tous les deux professeurs à la HELP (Haute Ecole de Littérature et de Philosophie) de la ville et ils s'étaient mis dans la tête que leur fille serait elle aussi une intellectuelle hautement rangée. Rangée et douée. Ils ne me laissaient guère le choix de mes lectures, il me fallait ingurgiter du solide, de la réflexion pure, et surtout pas les petits romans à l'eau de rose dont les filles de ma classe raffolaient!

Dans cet univers un peu trop simple, un peu trop guindé, en tout cas sans distraction pour une fille de mon âge, surprendre mes voisins, était devenu mon activité préférée! Je m'efforçais de les espionner par la large baie vitrée. Quand le soir tombait, et que les lumières du soir s'allumaient, je pouvais les voir aussi nettement qu'ils me voyaient, s'il leur prenait la fantaisie de regarder de mon côté! Mais à vrai dire, le seul qui m'intéressait c'était LUI! En chemise de nuit légère et transparente,  je me tenais attentive, j'espérais qu'il me verrait, me ferait signe, me saluerait! Parfois même je faisais semblant de me déshabiller, l'air de rien, l'air de ne pas y toucher! Mais un jour, ma mère entra dans ma chambre alors que j'étais en tenue d’Ève devant la fenêtre, les yeux levés vers les étoiles que je faisais semblant d'étudier... Elle se fâcha tout rouge, appela mon père en furie, ils me sermonnèrent, me reprochant de perdre de vue mon objectif de future philosophe.
Elle cousit dès lors de lourdes tentures opaques, des tentures qui devaient faire de moi une jeune fille rangée, avec interdiction absolue de les ouvrir, sous peine de sanctions, de punitions dont parait-il je me souviendrais! Vous me croirez ou pas, mais j'ai respecté scrupuleusement cet interdit, jusqu'au jour où IL m'a attendue en bas de mon immeuble: il s'inquiétait pour moi, ne me voyant plus jamais, dans cette tenue particulière qu'il affectionnait...tant!

Il était séduisant, oui mais il faut reconnaître qu'il faisait très jeune. Finalement trop jeune pour éveiller mon désir. J'étais déçue... J'avais tellement espéré voir un homme, un vrai! Je voyais un adolescent avec un visage plutôt poupin, en tous cas imberbe. Devant mes réticences pour me plonger avec lui dans un baiser passionné, il me déclara un jour avec force et conviction:

" T'as raison chérie... Je vais laisser pousser ma moustache "




vendredi 3 novembre 2017

réussir la vie d'un autre

"On n'est pas chargé de réussir la vie d'un autre" Pablo Casals

Même pas celle de nos enfants... surtout pas peut-être..
Juste leur faire confiance, les écouter, ne pas se permettre de leur donner des conseils qu'ils ne demandent pas forcément.
Cela n'est pas si facile, surtout quand "ça" remue autour de soi, que cela n'arrête pas de remuer... ne pas s'imaginer que à leur place, on saurait comment faire, comment faire mieux...

Faire confiance dans leurs capacités de surmonter leurs difficultés, ils ont autour d'eux des personnes susceptibles de les aider, s'ils le faut

Je ne suis pas le psy de mes enfants. Je ne peux pas les aider, mais je peux leur faire confiance et ne pas me croire indispensable; si je meurs demain, ils auront certes du chagrin, mais ils continueront leur chemin


vendredi 27 octobre 2017

elle s'appelle.....

La voilà donc cette petite fille tant attendue!
Née hier après midi
Trois kilos deux cents cinquante grammes (vous saurez tout!)
Elle est, parait-il (je ferai cet am sa connaissance) un amour de bébé
La plus belle, évidemment! On sait bien que les grands mères ne sont pas objectives ;-)

Je l'aime déjà, tout comme son père, comme sa maman, ma fille...

Je suis en train de lui préparer une lettre d'accueil qu'elle gardera je l'espère, précieusement

C'est beau la Vie, surtout quand elle s'est fait attendre

Ah oui! j'oubliais: elle s'appelle Siloé, prénom hébreu signifiant "l'envoyé"

J'aime ce prénom, beaucoup, beaucoup, et il signifie énormément pour ses parents




lundi 23 octobre 2017

aujourd'hui... c'est jusque ce soir!

Aujourd'hui est une date vraiment spéciale:
Sera-ce aujourd’hui.......ou pas?
Ma fille, principale concernée (et comment!) est sûre qu'il lui faudra attendre encore un peu, juste deux ou trois jours, mais forcément pas plus!

Moi, mère de la fille qui attend, j'attends aussi, comme une mère peut attendre  quand sa fille attend!
Bref, vous aurez compris, nous attendons tous: avec de plus en plus d’impatience

Mais au fait, qu'attend-elle?

samedi 7 octobre 2017

variation sur les yeux

L'œil droit me fixe âprement, il me fait de l'œil pour tout dire, ça commence à me plaire. Les yeux qui me font de l'œil, ça me connaît, ça me fait des petits frissons dans l’estomac (et plus bas aussi mais je ne sais comment s'appelle cet endroit qui frémit quand un œil me fait de l'œil...)

L'œil gauche pendant ce temps, n'en finit pas de se tartiner de mascara, et pour ce faire il cligne maladroitement de l'œil. Il se veut irrésistible, mais il perd un temps précieux, centré de la sorte sur le miroir qui ne reflète que son ego. Le gros malin risque de se faire battre au poteau: déjà les frissons sont tombés, provoqués par l'œil de droite qui me fait de l'œil avec le naturel le plus parfait, sans monocle ni binocle, sans lunettes ou lorgnettes, sans lorgnon ni cornichon. Juste un verre de contact, pour prendre contact, briser la glace, si vous voyez ce que je veux dire...

Une lutte sans merci entre les deux yeux va donc s'engager sous mon œil curieux et impatient du dénouement de cette histoire dont les journaux parlent encore.
Quelques coups droits, quelques œillades meurtrières ont raison de l'œil gauche qui a lamentablement viré au beurre noir, pas très beau à voir et  pas très digeste, c’est le moins que l’on puisse dire.

Il aurait dû s'en douter, c'est un petit con. Je l'ai laissé se planter dans le mur et je suis reparti bras dessus bras dessous avec l’œil de ma vie… le droit bien entendu. Celui que j'aime!

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