Dans un mail que m'envoie une amie parlant de la situation sanitaire, il y a une citation de Rilke qui me parle fort:
mardi 2 février 2021
Beauté et/ou terreur
lundi 1 février 2021
66ème devoir de Qui vous savez
Mais qu’est-ce qui a bien pu surprendre cet homme, l’affoler au point qu’on le pense fou ?
Vous avez certainement une idée.
On en saura sans doute plus lundi…
Mais non vous vous trompez, je ne suis pas affolé. Pas du tout! enfin... à peine!
A vrai dire, je suis simplement perplexe, et je me gratte la tête pour faire revenir les idées dans ma caboche
Regardez bien: quelqu'un qui met de la sorte ses mains dans ses cheveux, est perplexe, se demande quoi? et où? ou alors comment? Pourquoi?
Soit il ou elle a oublié quelque chose de capital et alors... Zut de zut elle ou il risque de se faire taper sur les doigts
Soit elle a complètement oublié où elle a fourré son dentifrice spécial dents blanches, alors mieux vaut ne pas sourire.
Soit il ou elle ne sait plus comment on met une photo dans son blog, alors on cherche, on cherche et on perd un temps précieux
Soit on est effaré de la bêtise qu'on vient de dire car on risque de perdre la face
Par exemple, ce matin j'avais oublié complètement ce que voulait dire "asyndète"! vous vous rendez compte de l'horreur de cet oubli? (de là mes mains effarées dans ma belle chevelure.)
Veni, vidi, vici a dit Jules dans un asyndète célèbre...
Faudrait que j'en invente un à ma façon. Par exemple: Je suis venu, j'ai vu et suis parti!
Voilà!
lundi 25 janvier 2021
Le devoir du Gout (de Lakévio)
Mais que peuvent-ils bien penser, l’un et l’autre.
Ou l’un ou l’autre.
L’une ?
L’autre ?
Tentez donc de pénétrer leurs pensées d’ici lundi.
Je vais m’y efforcer aussi.
À lundi…
Le jeune homme habitait une campagne envahie par les bouses de
vaches, les crottins de chevaux et les
montagnes de déchets qui attendaient dans un coin de la ferme l’appétit des
cochons mangeant comme des porcs…
Ludovic dans sa campagne d’odeurs âcres et fortes s’obstinait
à imaginer ce que serait sa vie si les vaches cessaient ne fût-ce qu’un
instant, de ruminer devant lui les rêves qu’il ne pourrait vivre que quand il
serait un grand garçon. Grand comme son Papa qui s’en allait à la ville tous les samedi pour vendre les œufs de
la ferme et parler vaches avec ses copains.
Tous les soirs depuis qu’il avait douze ans, Ludovic était au rendez vous de ses rêves, dans la grange de la petite ferme
familiale…
Mais un jour, une vraie fille du bord de mer lui est apparue : c’était une sirène…ohhh qu'elle était belle! Avec des seins...! je vous dis pas!
Mais non ! ce fut une femme tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Même dans sa joie robe de coton fleuri elle était tout-à-fait quelconque. Jolie, sans doute, mais quelconque.
Il s’en est accommodé. Que voulez-vous qu’il fasse d’autre ?
Au moins, elle ne bronchait pas quand il pêchait... elle ne dérangeait pas le poisson!
lundi 11 janvier 2021
le 63ème devoir de Lakévio du Goût
Et je dois choisir: traverser pour entrer dans la forêt menaçante, ou rester du côté de ces maisons qui se ressemblent, que leur couleur vive n'habille d'aucune gaîté
Choisir c'est renoncer dit-on...
Mais je n'ai jamais le temps de choisir, le réveil m'arrache à ma vision et me laisse tremblante, comme si j'avais échappé à un terrible danger.
jeudi 7 janvier 2021
Il est temps de risquer le Vivant!
Encore un jour,
appliquée à toucher l’excès
je vertige de vivre.
Femme en qui la mémoire s’interroge
je recense les espaces de lumière
les commencements d’aurores
et je recouds consciemment
les déchirures extrêmes…
les cicatrices s’effilochent
et se diluent au fil du temps.
Encore un jour à moi
ce sera peut-être le dernier
ne t’attarde pas à l’inutile
et s’il faut que pour renaître
ta plume s’applique à l’inédit
laisse-la franchir les parapets
laisse-la quitter le fil funambule
plonger à gauche dans les champs de lavande
et rouler à droite dans les parfums du soleil.
Laisse-toi ma toute belle
te couler dans l’herbe vagabonde
laisse tes seins se gorger de caresses
laisse ton corps déserter le cruel
ne rentre pas dans les rangs des pantins :
la ronce ou l’insecte sournois
n’ont pas de prise sur les voyageurs
quand ils se lestent du
poids
de leurs bagages rouillés
Viens! Il est temps de risquer le Vivant !
mercredi 30 décembre 2020
Le pouvoir de l'humble coquelicot
Je décide de m'accrocher
au pouvoir du petit coquelicot
mon bien aimé
pour passer au travers
des remous de ce monde blessé
gris, humide et cruel
Petit coquelicot chéri
je t'attends avec courage
et persévérance
Je guetterai tes premiers frissons
avec toute la patience du monde
N.V.
mercredi 23 décembre 2020
Ecrire pour ne pas mourir
Rien à faire : mes yeux ne sont plus ce qu'ils étaient (un oeil atteint de cécité complète, l'autre qui s'affaiblit
et je m'emmêle les pinceaux! C'est difficile à accepter
Je voulais vous donner la merveilleuse chanson de Anne Sylvestre : Ecrire pour ne pas mourir qui se trouvait dans le fond de mon PC. Cette chanson est TRES importante pour moi, chaque fois que je l'écoute les larmes d'émotion me viennent; je me reconnais tellement dans les mots d'Anne S.
Il vous faut donc jouer à saute-mouton et aller jusqu'au billet avant le dernier
Ce sera mes vœux pour ce Noël confiné!
vendredi 18 décembre 2020
Les miracles
Et si jamais demain, tu me lâchais la main,
mercredi 16 décembre 2020
mardi 15 décembre 2020
Il a dit: je compte jusqu'à trois
Il a dit: je partirai dans l'avenir
un coquelicot entre les dents pour forcer ma confiance.
Il a dit: il me faut vivre à fond, enfin!
Il a dit: je compte jusqu'à trois
et à trois, j'aurai disparu pour toujours
tant pis pour vous, tant mieux pour moi!
Il a compté lentement jusqu'à trois
et je l'ai vu pétrifié par la peur
incapable de décoller ses pieds de la terre
prisonnier de son présent stérile et cruel.
Il a dit: hélas ce qui se passe dans les étoiles
cogne sans cesse dans mes tripes
Sans jamais s'y accrocher...
J'ai lu dans ses yeux le chagrin
qui n'osait dire son nom.
Alors je l'ai pris dans mes bras
l'ai doucement embrassé,
et il n'a plus rien dit du tout.
N.V.
samedi 12 décembre 2020
Là-bas le vent efface le chemin
Là-bas, le vent efface le chemin.
Vite, partir, fuir sans doute.
Mais les pieds se meuvent lourdement
et s'embourbent dans cette terre qui enterre.
Ce n'est pas une terre pour marcher
avec le soleil dans les yeux et le coeur
avec les frissons de bonheur
quand on respire la beauté.
Ce n'est pas une terre faite d'arbres
et de buissons, de vendanges
et de moissons, de récoltes abondantes
Ce n'est pas une terre de rencontres,
une terre de partage
Non!
C'est une terre de désert,
qui se défile au large des rondeurs
sans cesse redessinées par le vent
Une terre de désert qui brûle les pieds
qui brûle toute espérance,
où l'on s'enlise pour quarante jours
de désolation
Bruits des hommes qui s'agitent
discutent, se battent et s'injurient...
A moins qu'ils ne dansent?
à moins qu'ils ne chantent?
Comment savoir?
Tant de fois je me suis fourvoyée...
jeudi 10 décembre 2020
Mon blog va changer de ton
Comme je l'ai écrit en guise de commentaire sur mon dernier billet, je songe à terminer ce blog: j'ai besoin de me sentir libre pour consacrer mon temps à d'autres écrits
Il n'y a plus assez de lecteurs ici pour que je m'efforce d'y écrire encore: il est vrai que mes absences répétées et souvent longues m'ont effacée des radars de la blogosphère
De plus il est temps que je me consacre à ce que j'aime écrire: des trucs pseudo poétiques, quelque peu "obscurs" parfois : la poésie n'est jamais claire, elle demande un effort de compréhension. Parfois on aime, parfois pas du tout. D'ailleurs chacun peut interpréter comme bon lui semble: il n'est rien de plus libre que la poésie…
Donc voilà, pour être claire:
je mettrai ici des courts textes "à ma façon poétique", sans rimes, des petites phrases libres comme j'aime écrire. Je voudrais les rassembler pour les publier, en fait pour ne pas les perdre dans mon PC. Je me dis que ce serait dommage! A mon point de vue bien sûr!
Donc... à bientôt ou à jamais!
La photo est de moi: comme vous voyez, il y a le réel et le reflet, pour moi presque plus réel que le "réel"
dimanche 6 décembre 2020
Un chaos de bonheur infini
Il se tient sur le seuil de l'audace
en désirs de caresses et de mots inédits
peut-être même interdits.
C'est la danse sacrée des mots
et des doigts magiciens
qui fulgurent sur la peau
Et lentement monte et se concentre
en ondes gémissantes
un chaos de bonheur infini
j'en suis à pleurer de vertige
à lui réclamer de mes doigts qui le griffent
la délivrance explosive de l'orage
Soudain c'est le choc, répercuté à l'infini
qui nous laisse tous les deux
pantelants et brisés...
Nicole Versailles
Peinture de Kandinsky
mercredi 2 décembre 2020
Trouver son "port"
Il n'y a pas de bon vent pour celui qui ne connait pas son port
Cette phrase de Sénèque, lue ce matin vient à point pour moi
Je suis dans une phase de découragement extrême, je tourne en rond dans mes problèmes de santé et ce ne sont pas mes seuls soucis d'ailleurs mais peu importe
Je tourne en rond sans but, sans savoir où je vais, ni pourquoi, je perds toute motivation pour écrire. Même mes petits textes "poétiques" que je dépose régulièrement sur Facebook, doivent parfois attendre une semaine pour voir le jour
Curieusement ils remportent toujours un grand succès: ils sont lus, commentés abondamment, ce qui évidemment me fait plaisir, me prouvant par là que ce que j'écris a toujours de la valeur, fait du bien aux gens, du moins c'est ainsi qu'ils le disent...
Et donc j'ai cherché et trouvé mon port pour aujourd'hui et les jours qui viennent: persévérer dans cette voie éminemment positive pour moi. Puis je rassemblerai tous ces petits textes et je les publierai en livrets!
En retrouvant mon "port", je me sens déjà retrouver mon courage : il me servira pour affronter au quotidien mes problèmes de santé toujours bien prégnants.
Tiens, je vous donne en cadeau un de mes petits textes, écrit il y a longtemps déjà
La beauté danse doucement
ni ange, ni démon, un peu des deux sans doute
Il y a dans ma vie des histoires orphelines
canopées indociles où se posent les brumes
où s'orage le tumulte des questions inutiles.
La beauté, je la tricote avec persévérance
elle danse doucement dans le silence de mes nuits
lundi 16 novembre 2020
Le ventre de la mère
Ceci est un texte que j'ai découvert dans mes archives. Il est vieux de dix ans: j'ai eu envie de le remettre ici: j'avais écrit sur les différentes maisons ou lieux que j'ai habités
Ma première maison est le ventre de ma mère. Des moments cruciaux pour tout être humain, et pourtant personne n'a de souvenirs de cette période intense, du moins conscients... C'est étrange quand on y pense...
Quelles
ont pu être mes sensations, mes perceptions au cours de ces neuf mois durant
lesquels je me suis formée en décidant d'être femme? La coquille vibrante,
vivante du ventre de ma mère fut-elle pour moi un cocon rassurant, bercé de
paroles douces et de caresses tendres?
Ce ne fut pas vraiment le cas…
Conçue en pleine guerre, dans une atmosphère d'angoisse diffuse et omniprésente, dans les couvre feu obligatoires, les sirènes tonitruantes suivis des bombardements, toujours inattendus...
Conçue deux ou trois ans après une fausse couche tardive (du moins d'après les confidences que papa m'a faites un jour... mais les ai-je rêvées? Parfois je me le demande!). Quand on perd un bébé en gestation, puis qu'on en attend un autre à nouveau, qu'est-ce qui prévaut? La joie d'être enceinte? Ou la peur de perdre une fois encore l'espérance d'un nouvel enfant?
Et puis, faisais-je partie d'une grossesse gémellaire, comme une séance de kinésiologie m'en a donné la révélation dans une crise de larmes dont l'intensité m'a surprise? En pensant à mon attirance de toujours pour les histoires de jumeaux (lues chez d'autres ou écrites moi-même), pour les aquarelles, peintures et photos de jumeaux, je pense que ces larmes, ce n'était pas une simple crise d'hystérie, comme je me le suis dit souvent par après, doutant de cette révélation qui, il faut le reconnaître fait un peu partie d’un phénomène de mode. Mais si c'est la réalité, alors... quand ma jumelle (car il ne peut s'agir que d'une jumelle) s'est fondue dans le rien, comment ai-je vécu cette perte ? En ai-je fait le deuil? Ai-je été capable de bouger pour signaler ma présence, mon désir de vivre? Ou au contraire me suis-je tenue tranquille? Surtout ne pas me faire remarquer, ne pas déranger, vivre en cachette. En écrivant ces mots qui me viennent spontanément, je pense que oui, malgré ma fougue, mon tempérament ardent, je me tiens si souvent "tranquille" pour ne pas déranger, pour m'effacer..
Donc angoisse intérieure dans ce ventre. Angoisse extérieure d'une future mère, vécue dans les affres d'une guerre, obligée de se battre au quotidien pour la nourriture, craignant pour sa vie, pour celle de son premier fils et surtout pour celle de son mari?
Comment grandit un futur bébé environné d'angoisse dès les premiers jours de sa conception, marqué peut-être du sceau de la culpabilité (ai-je chassé, tué peut-être cette autre qui habitait le même ventre que moi? Aurais-je été à ce point jalouse, réclamant ce ventre pour moi toute seule?)
Oui j'ai gardé au fond de moi et à jamais je crois, l'empreinte de cette angoisse primitive. Je suis en effet une femme anxieuse, qui tremble et redoute trop de choses, trop et trop fort! Qui à son tour, aura transmis bien des peurs irrationnelles aux bébés qui à leur tour, ont grandi dans son ventre.
Adulte,
je n'aimais pas regarder ma mère en pensant que j'avais grandi en elle, que
j'étais née de ses entrailles, que j'avais forcé le passage de ses organes
génitaux. Il y avait trop de carence affective entre elle et moi... C'était
comme si je ne reconnaissais pas la maternité de ce ventre, comme si je
préférais penser que j'étais née de nulle part...
A suivre (peut-être)
jeudi 12 novembre 2020
Assise au bord de ma vie
Je pensais que j'écrirais un petit truc aujourd'hui
oh! pas grand chose, juste un petit truc,
juste quelques mots pour donner de mes nouvelles
et... je n'y arrive pas: les mots restent coincés
Ecrire m'est devenu difficile. Très.
Parfois, souvent même, je me mets à mon clavier..... je cherche au fond de moi les mots pour exprimer ce que j'aurais envie de dire. Mais rien ne vient. Alors j'abandonne une fois, deux fois, dix fois...
Pourtant je fais comme j'ai souvent conseillé de faire lors des ateliers d'écriture que j'animais: mettre les doigts sur le clavier et ... on verra bien les mots qui finiront par venir: ce seront les bons pour aujourd'hui et ils introduiront ceux de demain ou du jour d'après...
Ma vie s'est comme coupée en deux depuis mon hospitalisation due à la maladie qui, en plus de Horton, m'est tombée dessus: il y a l'avant, et il y a l'après! Je dois réapprendre à marcher sans tomber, retrouver un peu d'équilibre.
J'ai perdu le sens de l'humour, et cela c'est vraiment dommage. Evidemment l'actualité n'est pas pour me rendre le moral
Comment faire pour retrouver un minimum de goût de vivre? C'est une question sérieuse que je me pose
peinture de Léo Spilliaert peintre que j'aime beaucoup!
mercredi 28 octobre 2020
De l'utilité de la colère
La colère je la garde le plus souvent à l'intérieur de moi! Depuis que je suis enfant, j'ai appris à colmater mes colères, à les cacher soigneusement, à les lisser et même à ne pas les laisser venir à ma conscience. Eduquée dans ce sens, j'ai appris à garder le silence sur mes remous intérieurs pourtant parfois très intenses!
Or je constate que depuis mon épisode clinique, je me laisse aller à exprimer plus librement ce que je vis, surtout quand je ne suis pas d'accord: chez la coiffeuse par exemple, j'ai OSE l'arrêter fermement quand elle minimisait l'effort des infirmières
J'ose aussi me confronter davantage à mon mari quand nous n'avons pas le même avis: j'ose même dire que ses colères à lui me font moins peur, j'exprime mon avis avec fermeté et je sais que nous finissons toujours par nous réconcilier!
Un idéal chrétien mal compris m'a façonnée dans une douceur sur fond d'amertume dépressive
parce que c'est ça!!! j'ai toujours eu un fond d'amertume dépressive, même si (je le redis) je me suis efforcée de la cacher
je devais être la femme parfaite, rien que cela!
dimanche 18 octobre 2020
il y a le vécu
Imaginez un couloir d'hôpital…
On a tous arpenté un jour un couloir d'hôpital, on sait ce que c'est…
Le silence qui s'apparente à de l'angoisse, les portes sont fermées sur les détresses,
Dans un couloir d'hôpital ça transpire les détresses
Les couloirs sont longs, interminables, aussi longs que les chagrins tapis à l'intérieur
Dans les couloirs on les devine seulement, tant qu'on est pas entré, ça se tient plutôt calme,
On retient son souffle, on laisse faire, on se rassure, on attend le coeur serré
mais il faut bien entrer… et là les drames petits et grands se dévoilent
Après le couloir, il y a la chambre d'hôpital
Faut se familiariser avec l'atmosphère de la chambre d'hôpital
Il faut oser entrer et regarder, se laisser imprégner par les odeurs
Les odeurs d'une chambre d'hôpital sont tenaces, elles s'accrochent, elles collent
Il faut pousser ou tirer un grand coup pour s'en défaire, ce n'est pas facile
Car derrière les odeurs, il y a le vécu, autrement tenace
jeudi 15 octobre 2020
Nous étions du même bord
Charlotte, une amie que je connais en vrai, me suggère de reprendre l'écriture des cent mots
J'ai aussitôt ressenti au fond de moi, que l'idée était bonne, bonne pour moi en tout cas
Alors je m'y mets aussitôt
Mais cent mots pour raconter quoi?
Peu importe, c'est un exercice de l^cher prise
Laisser ma plume errer sur le papier, sans la contrôler; laisser ma main sur le clavier, aller au hasard, la laisser libre d'intentions, libre de MES intentions...LIBRE
En clinique j'ai partagé ma chambre avec un certain nombre de personnes: je me souviens d'une en particulier qui m'en a fait voir de toutes les couleurs. Ce n'est pas si facile de partager jusque dans l'intimité un quotidien avec quelqu'un qu'on ne connait ni d'Eve ni d'Adam, et cela dans une chambre étroite, un cabinet de toilette qui n'en était pas vraiment un
En fin de séjour, j'ai par contre partagé la chambre avec quelqu'un qui me ressemble, qui partage les mêmes problèmes que moi, quant à la vue particulièrement!
Je me suis sentie en confiance avec elle, ce fut un cadeau pour elle, pour moi, pour nous deux/ Nous gardons contact depuis, et nous nous encourageons dans notre quotidien qui reste difficile
mardi 13 octobre 2020
chambre 376
Me voilà rentrée de mon séjour en clinique, qui me laisse chancelante sur mes jambes, chancelante aussi dans ma tête
peur de ne pas retrouver ma forme physique, peur de ne pas recontacter mon désir de vivre
et... peur de ne pas retrouver mes mots, les mots que j'aime tant
J'ai mal partout, franchement j'en ai un peu marre...
j'ai lu cette phrase quelque part: elle m'a secouée:
Les pertes et les départs ensemencent les terres nouvelles
Je suis en plein dedans: les pertes, ah oui! les pertes, perte du corps que j'avais plus ou moins "normal"
les départs... les départs des gens que j'aimais et qui par la force des choses, ont pris peu à peu distance avec moi
Mais si j'en crois cette phrase: ce sont ces pertes et départs qui ensemencent les terres nouvelles!
C'est une bonne nouvelle ça! Faut juste que j'y crois
Les terres nouvelles; qu'elles sont-elles pour moi aujourd'hui?
Faut que j'y réfléchisse, pour qu'elles puissent s'ensemencer
Comme la vie est difficile! Belle sans doute, mais difficile, un jour j'apprendrai à voler













