mardi 2 février 2021

Beauté et/ou terreur

 Dans un mail que m'envoie une amie parlant de la situation sanitaire, il y a une citation de Rilke qui me parle fort:

"Laissez tout vous arriver
La beauté et la terreur
Continuez d'avancer
Rien n'est définitif"

Rien n'est définitif, écrit-il

Je pourrais citer mon œil définitivement et complètement aveugle
mon manque d'équilibre et tout le reste
C'est de l'ordre de la "terreur" et c'est définitif!
Donc a-t-il tort en écrivant cela? 

Voilà deux jours que je réfléchis  à cette phrase.

A moins que... ce qui est définitif n'est pas de l'ordre du définitif: la Vie est sans cesse une marche vers "plus loin"
Continuer d'avancer dans la beauté, et même la terreur, en ne s'accrochant ni à l'un ni à l'autre, sachant que tout peut nous arriver en effet!

Garder la petite flamme espérance:
Quand il nous arrive "la beauté", c'est relativement facile
Quand c'est la "terreur" qui nous tombe dessus, c'est autre chose...

Et puis... Ne pas être jaloux de ceux pour lesquels tout semble facile
qui sait ce qu'il se passe au profond de leur vie? au profond de leur coeur?



                                       Van Gogh: ciel de beauté?
                                           ciel de terreur? 

lundi 1 février 2021

66ème devoir de Qui vous savez

 

Mais qu’est-ce qui a bien pu surprendre cet homme, l’affoler au point qu’on le pense fou ?
Vous avez certainement une idée.
On en saura sans doute plus lundi…

  Mais non vous vous trompez, je ne suis pas affolé. Pas du tout! enfin... à peine!

A vrai dire, je suis simplement perplexe, et je me gratte la tête pour faire revenir les idées dans ma caboche
Regardez bien: quelqu'un qui met de la sorte ses mains dans ses cheveux, est perplexe, se demande quoi? et où? ou alors comment? Pourquoi?

Soit il ou elle a oublié quelque chose de capital et alors... Zut de zut elle ou il risque de se faire taper sur les doigts

Soit elle a complètement oublié où elle a fourré son dentifrice spécial dents blanches, alors mieux vaut ne pas sourire.

Soit il ou elle ne sait plus comment on met une photo dans son blog, alors on cherche, on cherche et on perd un temps précieux

Soit on est effaré de la bêtise qu'on vient de dire car on risque de perdre la face

Par exemple, ce matin j'avais oublié complètement ce que voulait dire "asyndète"! vous vous rendez compte de l'horreur de cet oubli? (de là mes mains effarées dans ma belle chevelure.)

Veni, vidi, vici a dit Jules dans un asyndète célèbre...

Faudrait que j'en invente un à ma façon. Par exemple: Je suis venu, j'ai vu et  suis parti!

Voilà!




lundi 25 janvier 2021

Le devoir du Gout (de Lakévio)

 




En voyant « Le pêcheur à la ligne » de Renoir, m’est venue une question. 
Mais que peuvent-ils bien penser, l’un et l’autre.
Ou l’un ou l’autre.
L’une ?
L’autre ?
Tentez donc de pénétrer leurs pensées d’ici lundi.
Je vais m’y efforcer aussi.
À lundi…



Le jeune homme habitait une campagne envahie par les bouses de vaches, les crottins de chevaux et  les montagnes de déchets qui attendaient dans un coin de la ferme l’appétit des cochons  mangeant comme des porcs…

Ludovic dans sa campagne d’odeurs âcres et fortes s’obstinait à imaginer ce que serait sa vie si les vaches cessaient ne fût-ce qu’un instant, de ruminer devant lui les rêves qu’il ne pourrait vivre que quand il serait un grand garçon. Grand comme son Papa qui s’en allait à la ville tous les samedi pour vendre les œufs de la ferme et parler vaches avec ses copains.

Tous les soirs depuis qu’il avait douze ans, Ludovic était au rendez vous de ses rêves, dans la grange de la petite ferme familiale…

Mais un jour, une vraie fille du bord de mer lui est apparue : c’était une sirène…ohhh qu'elle était belle! Avec des seins...! je vous dis pas! 

Mais non ! ce fut une femme tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Même dans sa joie robe de coton fleuri elle était tout-à-fait quelconque. Jolie, sans doute,  mais quelconque.

Il s’en est accommodé. Que voulez-vous qu’il fasse d’autre ?

Au moins, elle ne bronchait pas quand il pêchait... elle ne dérangeait pas le poisson!


lundi 11 janvier 2021

le 63ème devoir de Lakévio du Goût

Depuis un certain temps, je fais toujours le même rêve: il y a une rue déserte, c'est un petit village aux maisons très colorées, et je me trouve là au milieu de nulle part, au milieu de personne.
D'un côté il y a le début de la forêt, une forêt profonde dans laquelle il ne ferait pas bon de se perdre. C'est une forêt de grands méchants!
Et de l'autre, comme je viens de vous le dire, il y a ces quelques petites maisons dans une rue complètement déserte.
 

Et je dois choisir: traverser pour entrer dans la forêt menaçante, ou rester du côté de ces maisons qui se ressemblent, que leur couleur vive n'habille d'aucune gaîté

Choisir c'est renoncer dit-on...

Mais je n'ai jamais le temps de choisir, le réveil m'arrache à ma vision et me laisse tremblante, comme si j'avais échappé à un terrible danger.

jeudi 7 janvier 2021

Il est temps de risquer le Vivant!


 

Encore un jour,

appliquée à toucher l’excès

je vertige de vivre.

 

Femme en qui la mémoire s’interroge

je recense les espaces de lumière

les commencements d’aurores

et je recouds consciemment

les déchirures extrêmes…

les cicatrices s’effilochent

et se diluent au fil du temps.

 

Encore un jour à moi

ce sera peut-être le dernier

ne t’attarde pas à l’inutile

et s’il faut que pour renaître

ta plume s’applique à l’inédit

laisse-la franchir les parapets

laisse-la quitter le fil funambule

plonger à gauche dans les champs de lavande

et rouler à droite dans les parfums du soleil.

 

Laisse-toi ma toute belle

te couler dans l’herbe vagabonde

laisse tes seins se gorger de caresses

laisse ton corps déserter le cruel

ne rentre pas dans les rangs des pantins :

la ronce ou l’insecte sournois

n’ont pas de prise sur les voyageurs

quand ils se lestent du  poids

de leurs bagages rouillés

 

Viens! Il est temps de risquer le Vivant !

 

mercredi 30 décembre 2020

 

Le pouvoir de l'humble coquelicot


Je décide de m'accrocher

au pouvoir du petit coquelicot

mon bien aimé

pour passer au travers

des remous de ce monde blessé

gris, humide et cruel

Petit coquelicot chéri

je t'attends avec courage

et persévérance

Je guetterai tes premiers frissons

avec toute la patience du monde

N.V.







mercredi 23 décembre 2020

Ecrire pour ne pas mourir

  Rien à faire : mes yeux ne sont plus ce qu'ils étaient (un oeil atteint de cécité complète, l'autre qui s'affaiblit

et je m'emmêle les pinceaux! C'est difficile à accepter

Je voulais vous donner la merveilleuse chanson de Anne Sylvestre : Ecrire pour ne pas mourir qui se trouvait dans le fond de mon PC. Cette chanson est TRES importante pour moi, chaque fois que je l'écoute les larmes d'émotion me viennent; je me reconnais tellement dans les mots d'Anne S.

Il vous faut donc jouer à saute-mouton et aller jusqu'au billet avant le dernier

Ce sera mes vœux pour ce Noël confiné!


vendredi 18 décembre 2020

Les miracles

 Et si jamais demain, tu me lâchais la main,

je serais orphelin de toi, papa, mon papa d'amour.
Mais je serais du même coup orphelin de la Terre …
Car c’est avec toi que j’aimerais arpenter
les mille chemins du monde, découvrir ses merveilles,
apprendre ses pièges,
J’aimerais, papa, que tu m’apprennes les secrets
qui ne se découvrent que main dans la main…

Et si jamais demain, tu me lâchais la main,

je serais orphelin de toi, mon fils, mon bébé d'amour.
Mais du même coup orphelin de la Terre tout entière…
Car tes yeux quémandeurs m’apprennent
à donner dans le don gratuit…
Je compte sur toi, mon fils pour m’apprendre
ce qui ne se découvre que main dans la main
Alors
Nous danserons nos chemins en équilibre funambule
Nous danserons dans un monde tissé de mimosa,
dans les bulles d’espérance traversées par le soleil.

L’amour fait des miracles

N.V.





mardi 15 décembre 2020

Il a dit: je compte jusqu'à trois



 Il a dit: je partirai dans l'avenir

un coquelicot entre les dents pour forcer ma confiance.

Il a dit: il me faut vivre à fond, enfin!


Il a dit: je compte jusqu'à trois

et à trois, j'aurai disparu pour toujours

tant  pis pour vous, tant mieux pour moi!


Il a compté lentement jusqu'à trois

et je l'ai vu pétrifié par la peur

incapable de décoller ses pieds de la terre

prisonnier de son présent stérile et cruel.


Il a dit: hélas ce qui se passe dans les étoiles

cogne sans cesse dans mes tripes

Sans jamais s'y accrocher...


J'ai lu dans ses yeux le chagrin

qui n'osait dire son nom. 

Alors je l'ai pris dans mes bras

l'ai doucement embrassé,

et il n'a plus rien dit du tout.


N.V.


samedi 12 décembre 2020

Là-bas le vent efface le chemin

 Là-bas, le vent efface le chemin.

Vite, partir, fuir sans doute.

Mais les pieds se meuvent lourdement

et s'embourbent dans cette terre qui enterre.


Ce n'est pas une terre pour marcher

avec le soleil dans les yeux et le coeur

avec les frissons de bonheur

quand on respire la beauté.

Ce n'est pas une terre faite d'arbres

et de buissons, de vendanges 

et de moissons, de récoltes abondantes

Ce n'est pas une terre  de rencontres,

une terre de partage

Non!


C'est une terre de désert, 

qui se défile au large des rondeurs

sans cesse redessinées par le vent

Une terre de désert qui brûle les pieds

qui brûle toute espérance,

où l'on s'enlise pour quarante jours

de désolation


Bruits des hommes qui s'agitent

discutent, se battent et s'injurient...

A moins qu'ils ne dansent?

à moins qu'ils ne chantent?

Comment savoir?

Tant de fois je me suis fourvoyée...





jeudi 10 décembre 2020

Mon blog va changer de ton

 Comme je l'ai écrit en guise de commentaire sur mon dernier billet, je songe à terminer ce blog: j'ai besoin de me sentir libre pour consacrer mon temps à d'autres écrits

Il n'y a plus assez de lecteurs ici pour que je m'efforce d'y écrire encore: il est vrai que mes absences répétées et souvent longues m'ont effacée des radars de la blogosphère

De plus il est temps que je me consacre à ce que j'aime écrire: des trucs pseudo poétiques, quelque peu "obscurs" parfois : la poésie n'est jamais claire, elle demande un effort de compréhension. Parfois on aime, parfois pas du tout. D'ailleurs chacun peut interpréter comme bon lui semble: il n'est rien de plus libre que la poésie…

Donc voilà, pour être claire:

je mettrai ici des courts textes "à ma façon poétique", sans rimes, des petites phrases libres comme j'aime écrire. Je voudrais les rassembler pour les publier, en fait pour ne pas les perdre dans mon PC. Je me dis que ce serait dommage! A mon point de vue bien sûr! 

Donc... à bientôt ou à jamais!


La photo est de moi: comme vous voyez, il y a le réel et le reflet, pour moi presque plus réel que le "réel"

dimanche 6 décembre 2020

 

Un chaos de bonheur infini

 

 

Il se tient sur le seuil de l'audace

en désirs de caresses et de mots inédits

peut-être même interdits.

 

C'est la danse sacrée des mots

et des doigts magiciens

qui fulgurent sur la peau

 

Et lentement monte et se concentre

en ondes gémissantes

un chaos de bonheur infini

 

j'en suis à pleurer de vertige

à lui réclamer de mes doigts qui le griffent

la délivrance explosive de l'orage

 

Soudain c'est le choc, répercuté à l'infini

qui nous laisse tous les deux

pantelants et brisés...


Nicole Versailles

Peinture  de Kandinsky

 

mercredi 2 décembre 2020

Trouver son "port"

Il n'y a pas de bon vent pour celui qui ne connait pas son port

Cette phrase de Sénèque, lue ce matin vient à point pour moi

Je suis dans une phase de découragement extrême, je tourne en rond dans mes problèmes de santé et ce ne sont pas mes seuls soucis d'ailleurs mais peu importe

Je tourne en rond sans but, sans savoir où je vais, ni pourquoi, je perds toute motivation pour écrire. Même mes petits textes "poétiques" que je dépose régulièrement sur Facebook, doivent parfois attendre une semaine pour voir le jour

Curieusement ils remportent toujours un grand succès: ils sont lus, commentés abondamment, ce qui évidemment me fait plaisir, me prouvant par là que ce que j'écris a toujours de la valeur, fait du bien aux gens, du moins c'est ainsi qu'ils le disent...

Et donc j'ai cherché et trouvé mon port pour aujourd'hui et les jours qui viennent: persévérer dans cette voie éminemment positive pour moi.  Puis je rassemblerai tous ces petits textes et je les publierai en livrets!

En retrouvant mon "port", je me sens déjà retrouver mon courage : il me servira pour affronter au quotidien mes problèmes de santé toujours bien prégnants.

Tiens, je vous donne en cadeau un de mes petits textes, écrit il y a longtemps déjà

La beauté danse doucement

ni ange, ni démon, un peu des deux sans doute

Il y a dans ma vie des histoires orphelines

canopées indociles où se posent les brumes

où s'orage le tumulte des questions inutiles.

La beauté, je la tricote avec persévérance

elle danse doucement dans le silence de mes nuits




lundi 16 novembre 2020

Le ventre de la mère

 Ceci est un texte que j'ai découvert dans mes archives. Il est vieux de dix ans: j'ai eu envie de le remettre ici: j'avais écrit sur les différentes maisons ou lieux que j'ai habités

Ma première maison est le ventre de ma mère. Des moments cruciaux pour tout être humain, et pourtant personne n'a de souvenirs de cette période intense, du moins conscients... C'est étrange quand on y pense...

Quelles ont pu être mes sensations, mes perceptions au cours de ces neuf mois durant lesquels je me suis formée en décidant d'être femme? La coquille vibrante, vivante du ventre de ma mère fut-elle pour moi un cocon rassurant, bercé de paroles douces et de caresses tendres?

Ce ne fut pas vraiment le cas…

Conçue en pleine guerre, dans une  atmosphère d'angoisse diffuse et omniprésente, dans les couvre feu obligatoires, les sirènes tonitruantes suivis des bombardements, toujours inattendus...

Conçue deux ou trois ans après une fausse couche tardive (du moins d'après les confidences que papa m'a faites un jour... mais les ai-je rêvées? Parfois je me le demande!). Quand on perd un bébé en gestation, puis qu'on en attend un autre à nouveau, qu'est-ce qui prévaut? La joie d'être enceinte? Ou la peur de perdre une fois encore l'espérance d'un nouvel enfant?

Et puis, faisais-je partie d'une grossesse gémellaire, comme une séance de kinésiologie m'en a donné la révélation dans une crise de larmes dont l'intensité m'a surprise? En pensant à mon attirance de toujours pour les histoires de jumeaux (lues chez d'autres ou écrites moi-même), pour les aquarelles, peintures et photos de jumeaux, je pense que ces larmes, ce n'était pas une simple crise d'hystérie, comme je me le suis dit souvent par après, doutant de cette révélation qui, il faut le reconnaître fait un peu partie d’un phénomène de mode. Mais si c'est la réalité, alors... quand ma jumelle (car il ne peut s'agir que d'une jumelle) s'est fondue dans le rien, comment ai-je vécu cette perte ? En ai-je fait le deuil? Ai-je été capable de bouger pour signaler ma présence, mon désir de vivre? Ou au contraire me suis-je tenue tranquille? Surtout ne pas me faire remarquer, ne pas déranger, vivre en cachette. En écrivant ces mots qui me viennent spontanément, je pense que oui, malgré ma fougue, mon tempérament ardent, je me tiens si souvent "tranquille" pour ne pas déranger, pour m'effacer..

Donc angoisse intérieure dans ce ventre. Angoisse extérieure d'une future mère, vécue dans les affres d'une guerre, obligée de se battre au quotidien pour la nourriture, craignant pour sa vie, pour celle de son premier fils et surtout pour celle de son mari?

Comment grandit un futur bébé environné d'angoisse dès les premiers jours de sa conception, marqué peut-être du sceau de la culpabilité (ai-je chassé, tué peut-être cette autre qui habitait le même ventre que moi? Aurais-je été à ce point jalouse, réclamant ce ventre pour moi toute seule?)



Oui j'ai gardé au fond de moi et à jamais je crois, l'empreinte de cette angoisse primitive. Je suis en effet une femme anxieuse, qui tremble et redoute trop de choses, trop et trop fort! Qui à son tour, aura transmis bien des peurs irrationnelles aux bébés qui  à leur tour, ont grandi dans son ventre.

Adulte, je n'aimais pas regarder ma mère en pensant que j'avais grandi en elle, que j'étais née de ses entrailles, que j'avais forcé le passage de ses organes génitaux. Il y avait trop de carence affective entre elle et moi... C'était comme si je ne reconnaissais pas la maternité de ce ventre, comme si je préférais penser que j'étais née de nulle part...

A suivre (peut-être)

jeudi 12 novembre 2020

Assise au bord de ma vie

 Je pensais que j'écrirais un petit truc aujourd'hui

oh! pas grand chose, juste un petit truc,

juste quelques mots pour donner de mes nouvelles

et... je n'y arrive pas: les mots restent coincés 


Ecrire m'est devenu difficile. Très.

Parfois, souvent même, je me mets à mon clavier..... je cherche au fond de moi les mots pour exprimer ce que j'aurais envie de dire. Mais rien ne vient. Alors j'abandonne une fois, deux fois, dix fois...

Pourtant je fais comme j'ai souvent conseillé de faire lors des ateliers d'écriture que j'animais: mettre les doigts sur le clavier et ... on verra bien les mots qui finiront par venir: ce seront les bons pour aujourd'hui et ils introduiront ceux de demain ou du jour d'après...

Ma vie s'est comme coupée en deux depuis mon hospitalisation due à la maladie qui, en plus de Horton, m'est tombée dessus: il y a l'avant, et il y a l'après! Je dois réapprendre à marcher sans tomber, retrouver un peu d'équilibre. 

J'ai perdu le sens de l'humour, et cela c'est vraiment dommage. Evidemment l'actualité n'est pas pour me rendre le moral

Comment faire pour retrouver un minimum de goût de vivre? C'est une question sérieuse que je me pose


peinture de Léo Spilliaert peintre que j'aime beaucoup!





mercredi 28 octobre 2020

De l'utilité de la colère

 La colère je la garde le plus souvent à l'intérieur de moi! Depuis que je suis enfant, j'ai appris à colmater mes colères, à les cacher soigneusement, à les lisser et même à ne pas les laisser venir à ma conscience. Eduquée dans ce sens, j'ai appris à garder le silence sur mes remous intérieurs pourtant parfois très intenses!

Or je constate que depuis mon épisode clinique, je me laisse aller à exprimer plus librement ce que je vis, surtout quand je ne suis pas d'accord: chez la coiffeuse par exemple, j'ai OSE l'arrêter fermement quand elle minimisait l'effort des infirmières

J'ose aussi me confronter davantage à mon mari  quand nous n'avons pas le même avis: j'ose même dire que ses colères à lui me font moins peur, j'exprime mon avis avec fermeté et je sais que nous finissons toujours par nous réconcilier!

Un idéal chrétien mal compris m'a façonnée dans une douceur sur fond d'amertume dépressive

parce que c'est ça!!! j'ai toujours eu un fond d'amertume dépressive, même si (je le redis) je me suis efforcée de la cacher

je devais être la femme parfaite, rien que cela!



dimanche 18 octobre 2020

il y a le vécu

 Imaginez un couloir d'hôpital…

On a tous arpenté un jour un couloir d'hôpital, on sait ce que c'est…

Le silence qui s'apparente à de l'angoisse, les portes sont fermées sur les détresses, 

Dans un couloir d'hôpital ça transpire les détresses

Les couloirs sont longs, interminables, aussi longs que les chagrins tapis à l'intérieur

Dans les couloirs on  les devine seulement, tant qu'on est pas entré, ça se tient plutôt calme, 

On retient son souffle, on laisse faire, on se rassure, on attend le coeur serré

mais il faut bien entrer… et là les drames petits et grands se dévoilent

Après le couloir, il y a la chambre d'hôpital

Faut se familiariser avec l'atmosphère de la chambre d'hôpital

Il faut  oser entrer et regarder, se laisser imprégner par les odeurs 

Les odeurs d'une chambre d'hôpital sont tenaces, elles s'accrochent, elles collent

Il faut pousser ou tirer un grand coup pour s'en défaire, ce n'est pas facile

Car derrière les odeurs, il y a le vécu, autrement tenace



jeudi 15 octobre 2020

Nous étions du même bord

 Charlotte, une amie que je connais en vrai, me suggère de reprendre l'écriture des cent mots

J'ai aussitôt ressenti au fond de moi, que l'idée était bonne, bonne pour moi en tout cas

Alors je m'y mets aussitôt

Mais cent mots pour raconter quoi?

Peu importe, c'est un exercice de l^cher prise

Laisser ma plume errer sur le papier, sans la contrôler; laisser ma main sur le clavier, aller au hasard, la laisser libre d'intentions,  libre de MES intentions...LIBRE


En clinique j'ai partagé ma chambre avec un certain nombre de personnes: je me souviens d'une en particulier qui m'en a fait voir de toutes les couleurs. Ce n'est pas si facile de partager jusque dans l'intimité un quotidien avec quelqu'un qu'on ne connait ni d'Eve ni d'Adam, et cela dans une chambre étroite, un cabinet de toilette qui n'en était pas vraiment un

En fin de séjour, j'ai par contre partagé la chambre avec quelqu'un qui me ressemble, qui partage les mêmes problèmes que moi, quant à la vue particulièrement!

Je me suis sentie en confiance avec elle, ce fut un cadeau pour elle, pour moi, pour nous deux/ Nous gardons contact depuis, et nous nous encourageons dans notre quotidien qui reste difficile



mardi 13 octobre 2020

chambre 376

 Me voilà rentrée de mon séjour en clinique, qui me laisse chancelante sur mes jambes, chancelante aussi dans ma tête

peur de ne pas retrouver ma forme physique, peur de ne pas recontacter mon désir de vivre

et... peur de ne pas retrouver mes mots, les mots que j'aime tant

J'ai mal partout, franchement j'en ai un peu marre...


j'ai lu cette phrase quelque part: elle m'a secouée:

Les pertes et les départs ensemencent les terres nouvelles

Je suis en plein dedans: les pertes, ah oui! les pertes, perte du corps que j'avais plus ou moins "normal"

les départs... les départs des gens que j'aimais et qui par la force des choses, ont pris peu à peu distance avec moi

Mais si j'en crois cette phrase: ce sont ces pertes et départs qui ensemencent les terres nouvelles!

C'est une bonne nouvelle ça! Faut juste que j'y crois

Les terres nouvelles; qu'elles sont-elles  pour moi aujourd'hui?

Faut que j'y réfléchisse, pour qu'elles puissent s'ensemencer


Comme la vie est difficile!  Belle sans doute, mais difficile, un jour j'apprendrai à voler




LinkWithin

Related Posts with Thumbnails