mardi 8 mai 2012

Les uns chantent, les autres déchantent...

Chers amis français
Je souhaite de tout mon coeur que la liberté,  l'égalité, la fraternité renaissent dans votre pays, que nous aimons tant, nous les Belges
Je vous en prie, soyez conscients que la France, c'est VOUS, que VOUS aurez à faire des efforts  pour vous entendre, pour vous respecter différents les uns les autres, pour mettre VOTRE pierre à la reconstruction de votre pays, pour ne pas aussitôt fulminer et descendre dans la rue quand les choses ne se passent pas exactement comme vous l'aurez rêvé!
Les choses ne s'annoncent pas faciles pour votre Président. C'est le moins qu'on puisse dire! Soyez à ses côtés...

Quant à moi je suis effondrée par les résultats de cette impossible élection en Grèce.
Je vous mets ici un extrait du journal en ligne La libre Belgique (c'était hier)

"Vassilis Tremis de la Gauche Démocratique, qui en milieu de soirée ne savait toujours pas si son parti allait entrer au Parlement, en est défait"Je peux comprendre qu’un fasciste vote néo-nazi. Je peux comprendre qu’un nazi vote nazi. Mais ceux qui ont voté Xrissi Avghi car ils voulaient nous punir, comme ils disaient dans la rue, auront toute leur vie pour laver leur honte ! Ils ont fait entrer les néo-nazis au Parlement. Il faut qu’ils réalisent ce qu’ils ont fait", a-t-il déclaré.


C'est à pleurer
Comment a -t-on pu en arriver là un peu partout en Europe? 

Vous connaissez l'histoire de la grenouille?
Plongée dans l'eau chaude, elle a un sursaut de vie et bondit pour s'échapper
Mais si elle est placée dans de l'eau froide, chauffée petit à petit, elle ne réalise pas ce qu'il se passe, et finit ébouillantée

vendredi 4 mai 2012

"Accueils" de Charles Juliet ou le début de sa sérénité


Je possède les journaux IV, V et VI de Charles Juliet
Je les ouvre souvent, au gré de mon désir et de mon inspiration
Aujourd’hui par exemple, ce passage qui me nourrit (in journal IV "Accueils")
"Pour parler vrai, avoir une effective connaissance à transmettre, être lucide en chacun de ses mots, il faut s'être  avancé loin en soi-même. Or, c'est précisément ce que ne peuvent faire ceux qui se satisfont d'une réponse qu'ils n'ont pas eu à chercher"
in Journal IV, le 29 sept. 1984

Les premiers journaux  I, II, et III je ne compte ni les acquérir ni les lire. Ils ont été écrits alors que Juliet baignait dans le plus profond de ses ténèbres intérieures. C'est un homme qui a beaucoup souffert et ses premiers journaux parlent de ses énormes difficultés à vivre
Plus tard, un chemin a commencé à s'ouvrir pour lui, fait de lueurs et de sérénité
En ce moment, c'est de cela dont j'ai besoin...Pas de lire la désespérance, même celle d'un homme dont  j'admire l'écriture et la lucidité...

lundi 30 avril 2012

Quand le Petit Robert a tout faux...

On me dit  courageuse
Bien sûr ceux qui me disent ça, ne sont pas spécialement mes proches, par exemple celui qui vit avec moi. qui me voit au quotidien, qui doit supporter mes sautes d'humeur, mes redites inlassables sur l'évolution de ma vue, ou alors mon mutisme qui en dit long... 
Ceux qui me disent courageuse, ce sont ceux qui ont avec moi un contact sporadique, lors d'un contact téléphonique, d'une rencontre ponctuelle ou alors au travers du blog
Plus facile de sembler courageuse de loin, n'est-ce pas?
Or je ne me sens pas courageuse. Je perds courage trois fois par jour (au moins). Je râle, je peste, je rumine, je grogne, heureusement, le plus souvent face à moi-même seulement. Je devrais sinon, être insupportable

Mais au fond, c'est quoi être courageuse?
Le Robert m'apprend que courageux est celui qui a du courage...
Bien, mais encore?
Le courage: 1 Force morale; fait d'agir malgré les difficultés, énergie dans l'action (alors là je suis pas du tout courageuse, car je n'agis quasi plus, pas assez d'énergie, je range ma maison pendant 15 minutes, puis ouf! plus capable de faire encore quelque chose ;-(( Je ne cuisine plus beaucoup non plus. L'homme a pris un peu la relève. C'est curieux, j'étais sûre qu'il ne s'en sortirait pas. Ou difficilement. Et bien non! Les courses et préparer des repas simples, n'auront bientôt plus de secret pour lui. C'est bien! Si je disparais, je ne dois pas m'en faire......
.
2. Fait de ne pas avoir peur. Encore raté, j'ai peur, parfois très fort, peur quand j'imagine que l'oeil qui me reste va lui aussi succomber à Horton (quel méchant çui-là!), ou quand je doute de retrouver un corps énergique, le corps d'avant la maladie, et bien d'autres peurs encore

3. Force devant le danger ou la souffrance... oups encore raté!  je me sens parfois si vulnérable, si découragée, au bord des larmes 

Cherchons ailleurs.. voyons, voyons...

- être courageuse, serait-ce ne pas (trop) se plaindre? Se taire sur ses problèmes et écouter ceux des autres, qui y trouveront on l'espère un certain réconfort ?
Aux mari et enfants, s'ils me posent une question sur le "comment ça va?", en général je réponds, mais pas en détails, juste l'essentiel en veillant à les rassurer
Au fil des mois, j'ai commencé à en avoir réellement marre de parler de ma santé, pffffffff. Ça devenait monotone et répétitif... Alors on parle de tout et de rien, ils me disent que j'ai une bonne voix, une bonne tête, ça doit être vrai, je ne m'entends pas, je me vois à peine et j'aime qu'ils me parlent d'eux, je suis attentive car tout ne tourne pas rond toujours, oh lala non! de quoi réellement s'en faire parfois!

- être courageuse, est-ce vivre chaque minute en la savourant à fond, par exemple comme un morceau de chocolat noir, qui fond petit à petit dans la bouche? (j'adore!)
Et regarder en face les minutes plus difficiles, en croyant qu'elles disparaîtront comme les nuages dans le ciel mouvant?
Une minute de vie vécue avec intensité, est un cadeau précieux, j'en ai bien conscience!
Je suis le plus souvent dans cette posture-là, même dans les moments de découragement, je pense alors à ceux  qui luttent bien plus douloureusement que moi, pour une issue incertaine,  et je ne me donne pas le droit de sombrer. 
Ce serait malhonnête il me semble. Et si j'ai des moments où je sombre, cela ne dure jamais bien longtemps. Il y a en moi un petit ressort qui me fait me relever. C'est mon caractère, j'ai de la chance


vendredi 27 avril 2012

La fleur et le bulldozer

Il était une fois une petite fleur de rien du tout, qui avait décidé de pousser joyeusement en plein milieu d'un parc énorme, savamment et sévèrement aménagé.
La petite fleur de rien du tout, faisait désordre..

Les autorités ont donc décidé de l’arracher promptement, à coups de bulldozers s'il le fallait! 
Car en effet, les mains en uniforme ne sont pas parvenues à  remettre de l'ordre dans ce parc si merveilleux!

Et donc les bulldozers sont arrivés, un, puis deux, puis trois, ronflant, soufflant de grogne et d'agressivité. Ils se sont dirigés droit vers la petite fleur qui se faisait plus petite encore, se repliant au maximum dans sa robe perlée de printemps. 
Les machines puissantes ont écrasé lamentablement les vertes pelouses alentour.
Aucune n'est parvenue à arracher la fleur

Elle fut cueillie par une main légère et tendre. Elle illumine à présent le regard et la chambre d'un  malade.


Il y a des gens doués pour arracher de force, détruire, casser, piétiner
d'autres pour cueillir, recueillir avec respect... et faire don

Photo Coumarine

mercredi 25 avril 2012

Tu vois ce que je veux dire?

Ma vue s'opacifie de plus en plus. Impossible de lire encore, ou alors en forçant pendant quelques minutes.. Je peux juste écrire un peu sur le clavier, grâce à la police de caractère que je peux augmenter.
C'est la matin surtout que ma vue est dans le brouillard. Petit à petit cela s'éclaircit un peu, (si peu). C'est comme un muscle que l'on échauffe et qui reprend un peu de service.
La nuit quand je me réveille, j'ouvre l'oeil,  le bon, avec une infinie prudence: il me faut braver ma peur de me trouver devant le noir complet, peur que l'oeil ait arrêté son travail d'oeil, me laissant définitivement en plan.
Tous les matins je dois puiser plus profondément dans mon sac de vie pour y trouver des éléments de courage

J'aimerais me précipiter à la clinique, supplier l'ophtalmo de m'opérer sans retard, lui dire que cela devient trop difficile. mais je sais qu'elle sera inflexible: les doses de cortisone sont encore trop élevées, le risque est bien présent, ce serait trop bête, faut patienter!

Patienter! Dieu sait si j'essaie pourtant. Je ne fais plus rien d'autre que patienter: sans plus lire, sans être capable de ranger les papiers qui encombrent mon bureau, à peine capable de sortir seule, sans trop avancer dans le travail que j'ai entrepris et auquel je tiens, d'écrire l'histoire de l'artérite temporale (maladie de Horton) qui m'est tombée dessus en août dernier Or, je sens que c'est important, pour moi, mais aussi pour d'autres. Une lectrice m'a écrit pour me dire qu'elle souffre de Horton mais sans atteinte oculaire, et que c'est "bon" pour elle de me lire à ce sujet..

 J'ai réalisé dernièrement que je n'ai jamais dit ici de quelle maladie auto-immune, je souffrais. Comme si j'en étais gênée. Gênée, parce que si on va voir sur les moteurs de recherche, on apprendra que cette maladie touche surtout les "vieux". 
Oui je vieillis, et de manière accélérée avec les effets secondaires des médicaments que je prends, et cela m'est difficile à accepter aussi:


lundi 23 avril 2012

La sainte et la sotte...


Je suis pas du genre à m'imposer fermement avec l'index pointé sur l'autre, une voix de stentor(esse) ou le poing sur la table. Il y a des gens, qui disent haut et clair ce qu'ils pensent, veulent ou ne veulent pas et qui l'imposent pan! comme ça, à leur entourage. Moi je suis pas très forte à ce petit jeu-là!

Je suis même pas du genre parfois à savoir exactement ce que je veux, ce que je veux vraiment, tellement j'ai pendant longtemps (mais c'était mon choix sans doute) tenu compte des autres: toujours, d'abord, impérativement les autres, la sainte Coumarine qui veillait sur tous merci beaucoup, quelle chance d'avoir une sainte dans la famille...
La gentille de service, celle qui sourit toujours, qui ne se fâche avec personne, qui essaie de faire plaisir à tout le monde, la sainte Coumarine au sourire un peu figé collé sur la figure pour les siècles des siècles amen

sauf que comme ça je me fais pas forcément plaisir à moi la principale intéressée finalement... sauf que comme ça je me fâche sur moi-même quand j'ai dit oui ou non et que je voulais dire le contraire
c'est juste ça qui cloche!

Me demande la différence entre une sainte et une sotte...

David Ho



mardi 17 avril 2012

L'oeil de l'esprit de Oliver Sacks

Je suis en train de lire un livre qui m'apporte énormément
Il s'agit de "L'oeil de l'esprit" de Oliver Sacks
O.S est médecin et dans ce livre, il s'intéresse à la capacité du cerveau à compenser les handicaps visuels
Aux parties théoriques (un peu difficiles d'accès pour qui n'est pas médecin) succèdent les divers témoignages de patients qu'il a suivis
Un chapitre qui m'a passionnée (et que j'ai déjà relu, que je relirai encore) est celui où il parle de son propre handicap: suite à un cancer de l'oeil droit, il a perdu la vue de cet oeil
Lire son témoignage m'a laissée tremblante d'émotion et de reconnaissance
Car il explique exactement  les difficultés que je rencontre à m'habituer à la vison monoculaire, où l'on a perdu la vision en 3D
Evaluer les distances, viser à côté quand on se sert à table, ne pas voir la petite marche sur le seuil du magasin  ou du métro, mal calculer la hauteur des marches, être surpris (et effrayé) par une personne qui survient du côté de l'oeil aveugle... etc
De voir écrit là noir sur blanc les difficultés qui sont devenues les miennes, avec lesquelles je me bats tous les jours, eh bien ça m'a fait du bien
J'en parle peu à mon entourage pour ne pas lasser, mais mon mari voit par exemple la maladresse qui est devenue la mienne à table, il y a toujours un temps d'estimation de ma main avant de saisir un objet qu'on me tend, et parfois je renverse le verre que je voulais prendre
Je pourrais multiplier les exemples
De plus lui (comme moi) souffre d'une cataracte installée dans l'oeil valide.. ce qui multiplie encore les efforts pour s'en sortir

Oh! que ça fait du bien de se sentir compris par qqun qui vit les mêmes problèmes que soi!
Il y a aussi (comme moi) l'épée de Damoclès qui reste suspendue sur sa tête, sans doute jusqu'à la fin de ses jours... tous ceux qui me rassurent ne réalisent pas vraiment que c'est une réalité que je vis, et que j'ai à surmonter toute seule, une fois reçue les paroles de réconfort un peu rapides. Je peux faire une rechute, d'ailleurs j'ai eu deux alertes sérieuses depuis la mois d'aout

Et puis il parle de la merveilleuse faculté du cerveau à s'adapter à toute situation chamboulée
Je ne sais pas encore comment lui s'en est sorti, (je n'ai pas encore lu ce chapitre),  moi je sais que petit à petit, parce que je n'ai pas le choix, j'apprends à me passer de la vision en stéréo. Je suis moins maladroite qu'au début!

Je suis en train d'écrire l'histoire de ma maladie, avec une certaine difficulté, ma vue se fatigue vite puisqu'elle se concentre sur un seul oeil! (voilà encore un élément dont parle O.S!) Lire ce livre me conforte dans la détermination d'aller jusqu'au bout de mon témoignage: celui de Sacks m'a fait réellement bcp de bien, me portera sans doute dans les mois qui viennent

Et je me prends à rêver que de me lire en aidera d'autres 


dimanche 15 avril 2012

Il faudrait que je...

Il faudrait que je marche davantage (aieaieaie le souffle qui ... ben justement, c'est en marchant régulièrement, que tu le retrouveras, ton souffle, un peu, puis beaucoup et encore un peu plus... Faut juste t'y remettre!
Oui, mais aujourd'hui il faisait froid, le vent cinglait, le ciel est resté menaçant et tout et tout, les excuses sont faites pour s'en servir
Bon d'accord demain je m'y mets! 

Il faudrait que je range ma maison, mon bureau par exemple et les petites choses accumulées dans tous les coins par monsieur mari. Nannnnnn pas possible! il veut pas que je touche à ses affaires! Grrrrrrrrr
Bon il faudrait donc que je range, trie et nettoie MES affaires, bureau et cuisine par exemple. Mais je suis dans le flou... vous savez bien, je confonds les trucs et les bazars...
Bon d'accord après l'opération qui me rendra une portion de vue claire, je m'y mets!

Il faudrait que je ne me donne pas trop de permission en ce qui concerne sel et sucre qui me sont encore interdits... ah! les  médecins! Comme ils sont cruels!  Oui je l'avoue je contourne (trop) souvent l'interdit. Et voilà, les conséquences suivent, (le coeur qui peine par exemple, lire &1) c'est ma faute, ma grande faute!

Il faudrait ab-so-lu-ment que je réponde à un tel, que je téléphone à une telle... oui je me dis ça tous les jours depuis des jours, et... je remets sans cesse au lendemain...
Bon d'accord demain ce sera fait, promis juré! Je ressens déjà le soulagement des choses qui sont faites... et bien faites...

Il faudrait que je continue courageusement à écrire ce que je suis en train d'écrire... ce fameux projet qui me tient à coeur. Et j'ai toujours une bonne raison pour ne pas m'y mettre convenablement. Je planche un quart d'heure, parfois un peu plus et zouuuuuuuuuuu, je zappe. parce que je me dis que ce que j'ai écrit, c'est nul, trop sérieux, pas assez d'humour et de légèreté... moche et remoche, et que je reverrai tout ça demain, j'aurai nettement plus d'inspiration!
Bon d’accord demain je m'y remets sans me laisser distraire, et on verra ce qu'on verra!

Il faudrait que je reprenne une vie sociale et amicale, recevoir simplement des amis, aller à une expo ou au cinéma... mais voilà je peine encore trop (vue et santé) 
J'attends encore un peu pour reprendre une vie à peu près normale!
Là je suis sérieuse, je peine encore trop hélas...

Il faudrait que... et pourtant en gros ce sont des choses que j'aime faire... 
Comment elle me disait la technicienne de surface qui venait passer un coup de serpillière dans ma chambre de clinique:
"TOUT VA BIEN"
Merci M'dame, je pense souvent à vous


mardi 10 avril 2012

De quoi ai-je donc peur?

Je crois bien que je n'ai pas encore libéré le feu qui est en moi !
Il me faudrait pour cela  l'audace que je range trop souvent dans mes boites rigides et prudentes
Le feu quand il couve, ronge le meilleur en moi, sans même que je m'en rende compte
J'aspire au moment où je lui donnerai enfin le jour, où je le laisserai s'éclater dans ses flammes intenses 

De quoi donc ai-je peur?


lundi 9 avril 2012

J'espère ne jamais l'oublier

Ce qui est difficile, c'est d'accepter l'épreuve dans la persévérance
Jour après jour
A recommencer à chaque moment
C'est épuisant
Surtout quand les choses dégénèrent lentement mais sûrement
Jusqu'où pourra-t-on affronter tout ça?

Depuis dix jours je replonge dans une santé déficiente: je peine, je souffle, je me calfeutre dans mon petit bureau, je déprime aussi
En même temps l'oeil continue sa lente descente vers l'opacité
Lire me devient très difficile
Ecrire aussi, je dois surveiller chacun des mots que j'écris
C'est épuisant, décourageant, inquiétant!

L'ophtalmo a constaté que l'état de mon oeil s'aggravait, la cataracte est arrivée à un point de non-retour
Seulement voilà on ne peut pas se presser, je prends encore bien trop de cortisone et depuis trop longtemps pour que l'opération soit sans risque
Et puis je n'ai plus que cet oeil-là! alors ça passe ou ça casse...

C'est programmé dans plus de deux mois
Je devrais me réjouir, je n'y arrive pas (pas encore... peut-être que je n'y crois pas...)
Oui, c'est vrai il y a une date, une échéance... il faudra tenir le coup pendant deux mois encore
Deux mois encore à me trouver en dehors de la vie
en dehors des blogs que je lis avec difficulté, que je ne commente quasi plus
en dehors de ma vie sociale qui me demande un effort de concentration de la vue que je ne peux tenir que peu de temps... être avec des amis avec les yeux le plus souvent fermés, et toujours au bord de la nausée (because médicaments!) n'a rien d'agréable

Parler de ses problèmes de santé finira par lasser
de même que vous partager mes questionnements existentiels, au sujet de la foi
Elle fait tellement peu partie des sujets de préoccupation des gens d'aujourd'hui, qu'on doit apparaître comme un extra terrestre quand on en parle

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J'ai pour la première fois depuis longtemps participé aux célébrations de la semaine sainte
La communauté de foi à laquelle je me suis jointe est spéciale: située sur le site universitaire, elle est composée  pour moitié d'africains, et le prêtre qui célèbre est l'ami aumônier des cliniques universitaires, qui m'accompagne depuis le début dans mes réflexions 

J'ai été sidérée (frappée de sidération) 
La cérémonie du vendredi saint qui dans ma mémoire a toujours été une cérémonie lugubre, grise, lente et morne, a été un moment de grande paix lumineuse, avec les chants pacifiants de Taizé, la croix couchée au centre de la chapelle, sur laquelle on venait si on le voulait, répandre des pétales colorées, comme on le ferait au cimetière, en venant se recueillir sur la tombe que quelqu'un qu'on aime

Pendant ces trois jours, je n'étais plus seulement Coumarine qui vit ses moments difficiles à elle, dans la solitude de sa maison et de son coeur, mais je me suis coulée dans un peuple en marche, un peuple dans lequel il y a tant de souffrants "vivants". Je ne suis pas seule, je me suis sentie participer à la grande solidarité des hommes et des femmes, des jeunes et des enfants (les tout petits circulent librement, sans vraiment déranger...). Ce fut un ressenti presque physique
C'était l'anniversaire du génocide au Rwanda, un certain nombre des participants sont des réfugiés et ont vu leurs proches tués devant leurs yeux avec une violence incroyable.
Et pourtant tous, les blancs comme les noirs ont chanté dans la joie
Une joie calme et profonde, qui ne s'explique pas, et qui n'a rien à voir avec l’exubérance des gens qui "s'éclatent"

J'espère ne jamais l'oublier...

vendredi 6 avril 2012

Les commentaires reçus par mail

Je reçois des mails qui commentent mes billets de manière plus longue, plus approfondie
En général, j'apprécie énormément ces messages, qui parfois me remettent sur une route plus féconde
Ce matin par exemple quelqu’un m'envoie un mail. Cette personne ne me commente jamais. Juste de temps en temps un petit message plus personnel
(Bien sur je déplore un peu que les lecteurs ne puissent dans ce cas profiter de ces messages nourrissants, mais chacun fait comme il veut)
Voici un extrait de ce qu'on m'écrit:


"J’aurais envie de dire: par quoi ne devons nous pas passer pour tenter de rejoindre l’essence de l’être..
Je ne sais d’ailleurs pas si nous devons nécessairement ou pas passer par où nous sommes....sans doute tout de même puisque quelque chose est là qui exige d’être pris en considération d’une façon ou d’une autre, avec, dans la mesure de nos moyens, le moins de violence possible ( ne pas ajouter de la misère à la misère...).
Et puis, votre dernier texte  “ le papillon bleu” ou vous commencez par cette phrase: “ J’ai repoussé à plus tard les exigences de mon âme”...
Je ne crois pas, vraiment, que l’âme se planque lorsque l’exigence de la sur-vie exige toute l’attention.
L’âme est toujours là. Elle sait seulement se faire discrète et légère pour ne pas peser sur “le maillon faible” et augmenter la charge.."

Oui, c'est je crois de plus en plus vrai pour moi! L'âme est toujours là, et si elle semble se taire, ou plutôt si je la fais taire par moments, préoccupée seulement de ma sur-vie, elle n'en continue pas moins à battre doucement dans mon coeur intérieur (oui, je sais un âme qui bat comme un coeur... ;-)) c'est assez bizarre, mais c'est l'image qui m'est venue!!)

Je suis en train de cheminer sur des chemins qui m'étaient totalement inconnus, qui se découvrent de manière inattendue, comme si je montais une côte ardue pour découvrir en haut, étonnée, (pas encore émerveillée) une réalité nouvelle qui commence à prendre forme
Et cela  concerne le plus intime de moi-même, et puis ma relation aux autres (mon désir des autres, plutôt que mon besoin d'eux) et enfin ma relation à l'Autre (ma faim de cet Autre) encore sans nom, surement sans visage, mais que je pressens de plus en plus en moi, et par là, autour de moi
Une Présence à laquelle je m'adresse en balbutiant quelques mots, qui semble me guider sur mon chemin aveuglé par le désarroi, par ma difficulté d'aimer sans contrôler, sans vouloir posséder l'autre

"La ténèbre n'est pas ténèbre devant Toi
La nuit comme le jour est lumière"
Chant de Taizé


mardi 3 avril 2012

Le papillon bleu

J'ai repoussé à plus tard les exigences de mon âme...

Dans les premiers temps de mon petit tsunami, j'étais mue par l'urgence.
L'urgence de co-naître, celle de re-naître
Je ne savais pas encore à quoi, j'ignorais comment, mais je savais que si je voulais simplement continuer à vivre, je n'y échapperais pas: il me fallait impérativement re-naître, en tant que personne "approfondie"...
Alors les questions importantes et même les autres me tournaient autour comme un papillon bleu, elles réclamaient mon attention,  me harcelaient, ne me quittaient pas un instant. Était-ce mon âme qui me harcelait? Je ne sais, il me semblait que la profondeur de l'âme en général et de la mienne en particulier, ne s'accommodait pas de nervosité, de tremblements, d’irritation, de peurs diverses, mais au contraire de silence apaisé, de calme fécond. Ceux que réclame le fait de s’asseoir et de regarder à l'intime de soi, sans peur aucune, afin de guetter les signes de vie, de faire craquer les vêtements devenus trop étroits, qui provoquent les tempêtes de la respiration...
Regarder le papillon bleu avec une infinie délicatesse, une prudence amoureuse pour qu'il ne s'envole pas prématurément, sans avoir livré son secret.

Puis au fil des semaines, puis des mois, je me suis orientée vers une autre urgence: celle de sur-vivre, d'arriver à vivre sur et au delà des multiples freins de santé... combat de chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde parfois!
Mon âme s'est planquée dans un coin de ma tête, et ses exigences, de n'être plus la priorité, se sont voilées de nuages en même temps que mon oeil rescapé.
Le papillon bleu a disparu de ce que je croyais mon plus important...

L'énergie de mon corps revenant petit à petit, mon âme et ses exigences, dont je suis sûre qu'elles sont existentielles, se sont perdues dans le désert, cachées dans les sillons des dunes, quelque part entre les oasis, et les puits les plus sombres.
Alors... pas d'autre choix que de reprendre mon cahier des co-naissances, saisir fermement un stylo et le mouvoir sur les feuilles encore blanches mais tellement désireuses de se reconnecter avec mon âme affamée de re-naître


mercredi 28 mars 2012

Un jour comme tous les autres (mais peut-être pas...)

Cela me fascine
Faut s'imaginer: ce matin, tu te lèves tranquille ou stressé, peu importe, ta tête est farcie des problèmes du jour, graves ou anodins. Tu fais ta toilette, tu déjeunes, tu ranges un peu, tu regardes tes mails, tu réponds, tu t'occupes des enfants, tu quittes ta maison.
C'est la ronde des gestes quotidiens. Comme d'habitude.
Et c'est ce jour-là précisément que "cela" va se passer... tu vas mourir!
Sans l'avoir voulu, sans l'avoir prévu. C'était pas marqué dans ton agenda! Ni dans celui de tes proches...
Comme ça, tout à coup ton coeur s'arrête de battre, ou tu te fais chopper par une voiture, ou n'importe quoi d'autre!
Inimaginable!
L'instant d'avant, tu aimais, tu stressais, tu réfléchissais, tu mangeais, tu déféquais, tu allais te promener, tu avais un programme que tu suivais ou pas, tu faisais ton sport, tu te disputais, tu avalais des bouquins, tu priais, tu aidais tes enfants à faire leurs devoirs....tu vivais quoi, tu vivais!
Et là, sans crier gare te voilà mort. Couché sur le sol de la cuisine ou sur le trottoir, ou au cinéma, ou...
Quand on te découvre, on te regarde avec des yeux exorbités, on n'ose pas te toucher ou au contraire on te secoue avec incrédulité, on t'appelle, on prend ton pouls, on appelle les urgences
Pas la peine, tu ne te réveilleras plus, c'est fini!
Difficile à croire!
Ou es-tu parti? Si vite, sans attendre personne...


Cela me fascine qu'un jour on se réveillera sans savoir que le soir même on ne vivra plus!
Il n'y a pas un jour où je me demande si c'est aujourd'hui que cela va se passer
Pour moi ou pour ceux que j'aime

NB 
1. le "tu" est un "je" camouflé, bien sûr!
2. Message perso: J'aimerais entrer en contact avec Natacha de Suisse. Je n'ai plus son adresse mail. Merci

dimanche 25 mars 2012

On ne voit bien qu'avec le coeur...

Je suis en train d'écrire l'histoire de la maladie qui m'est brutalement tombée dessus aux environs du 1er août 2011
Je le fais avant tout pour moi: j'ai un très grand besoin de comprendre, de réfléchir à cet évènement douloureux. Au début je réfléchissais au "pourquoi?". Maintenant et de plus en plus, je suis jour, après jour dans la gestion du "comment?"
Je le fais aussi dans la perspective de publier cette histoire, comme témoignage, qui pourrait peut-être aider ceux et celles qui souffrent de la même maladie. Celle-ci est auto- immune et rare. Cherchant sur le Net je n'ai trouvé que des indications sur la maladie, parfois contradictoires d'ailleurs. De quoi se faire peur! Mais aucun témoignage sérieux de personnes. Je souhaite donc combler une lacune. Non que mon texte soit exemplatif du comment il faudrait vivre tout cela  (je le vis très mal parfois, dans la colère et le découragement). Mais je pense justement que d'écrire sincèrement mes doutes, mes difficultés, pourra rejoindre les gens, là où ils sont et qui sait? les aider à dépasser les moments difficiles...

Voici un extrait de mon texte, il se situe aux environs de la p.10 


Le 15 août 2011

 Que veux-tu que je fasse pour toi ? 
 Seigneur, faites que je voie 
 Dit l’aveugle de Bethsabée à Jésus…

C’est quoi voir ? Quelle est la vraie demande de cet homme à Jésus ?
Bonne question : j’aurai beaucoup de temps pour y réfléchir…
Pour l’instant je pleure.
Car ce matin, l’œil gauche est mort, a rendu son dernier soupir, c’est fini ! Il ne voit plus rien, PLUS RIEN ! Il est mort… complètement aveugle ! On ne le rallumera jamais ! C’est arrivé en deux jours de temps, c’est fou ça ! 

Docteur, je vous en prie, faites que je voie… 

Hélas, c’est irréversible, me disent les médecins avec un petit air désolé. 
Cet œil est mort et pourtant… il reste vivant, accompagne fidèlement l’autre dans ses promenades  oculaires, à droite, à gauche, en haut, en bas, tout paraît normal, personne ne peut deviner quoi que ce soit ! Cet œil fait semblant d’être en bonne santé ! A la limite, on ne me croirait pas, si je disais que....

Deux jours seulement, deux petits jours de rien du tout, le temps d’entrer en clinique, de commencer un traitement d’enfer et voilà !
Le choc est énorme !

« On ne voit bien qu’avec le cœur » dit le renard au petit prince.
Bon, je veux bien et même je suis entièrement d’accord, j’ai toujours aimé les mots du petit Prince… 
Mais non, je me rebelle, je ne veux pas me contenter de la vue du cœur. J’ai fait cela durant des années, en m’occupant de mes enfants, de ma famille, des autres, à travers tous les gestes et regards gratuits d’attention et d’écoute que j’ai toujours été prête à donner à chacun.
J’ai plus que jamais besoin de mes yeux pour vivre, pour admirer les paysages d’ici et d’ailleurs, pour me plonger dans mes livres chéris, pour continuer à écrire, pour découvrir d’autres mondes, d’autres cultures, d’autres histoires, pour deviner d’un seul regard que quelque chose ne va pas chez ceux que j’aime, pour voir grandir et changer mes petits enfants, pour guetter sur tant et tant de visages une humanité à déchiffrer, pour admirer tant de tableaux, tant de beautés, tant de splendeurs ! Je suis avide de vivre intensément : les enfants ont quitté la maison, j’ai enfin un peu de temps pour tout cela !

Et puis forcément très vite, surviennent les questions qui laminent, qui déchirent, les questions sans réponse, ces questions qui passent et repassent comme de petits refrains têtus dans la tête, s’éloignent un moment, puis reviennent, lancinants, accélérant les battements du cœur qui s’oppresse, qui n’en peut plus !

Pourquoi cela m’est-il arrivé ? Que n’ai-je pas vu ? Qu’ai-je refusé de voir ? A côté de quoi suis-je passée, consciemment, ou non ?
Les questions se succèdent, au pas de course, au pas de folie. Je suis sans force et sans souffle. J’ai l’impression qu’il me faut découvrir le pourquoi du comment si je veux m’en sortir. La fameuse clé que je ne possède pas et qui m’oblige à patienter (piétiner ?) devant une porte close. La maladie sera-t-elle l’occasion d’une prise de conscience salutaire ? Voire d’un éventuel  changement de vie, ou d’une façon différente de l’appréhender ?  Est-ce là son sens profond ? Ou au contraire sombrerai-je dans un puits sans fond, sans espoir et sans sens ! 

De plus, à ce moment-là, je suis loin d’imaginer les ravages que vont m’occasionner jour après jour et pendant des mois, si pas des années, la prise des différents médicaments auxquels je suis « condamnée ». Il me faudra entreprendre de faire un chemin douloureux d’acceptation, avec mes petits moyens de femme ordinaire, dans le découragement bien souvent, avec surtout les points d’interrogation sur la durée de cette traversée qui s’avèrera par moment très difficile !

Déjà, je m’interroge, car je pressens que je ne m’en sortirai pas toute seule : à qui faire appel pour m’accompagner ? Quels livres ? Quelles personnes-ressources ? Quels amis ? Quels thérapeutes ?

J’ai repris mon cahier, pour noter tout ce et ceux à quoi, à qui je pensais… C’est comme si mot à mot, je traçais un avenir possible, dans le chaos qui m’entourait. 

vendredi 23 mars 2012

Les "dessous" de la blogueuse

"Toute mon oeuvre jusqu'à présent n'a été que négative; je n'ai montré de mon esprit et de mon coeur que l'envers"
Journal d'André Gide; le 6 juillet 1914

Frappée par ces mots lus ce matin, je crois être l'exacte contraire de Gide
Sur ce blog, j'ai toujours eu à coeur de ne montrer le plus souvent que l'endroit de mon esprit et de mon coeur
Sans doute pour ne pas ajouter à la morosité ambiante et générale
Mais l'envers de mon âme, par pudeur et parce que je me sais lue par mes proches, j'en parle rarement
Mes démons, mes doutes, mes détresses, mes mesquineries, mes jalousies, et autre choses qui font partie de l'envers, se trouvent le plus souvent bien cachées dans les brouillons (brouillards) de ce blog et ne paraîtront pas au grand jour

Si je suis négative, c'est souvent dans l'émotion et pour susciter votre sympathie

Or quand j'écris l'envers, j'ai bien plus de vigueur, de fougue, d'ardeur, de dureté parfois dans mes mots
Certains d'entre vous me poussent d'ailleurs à y aller plus franchement

J'ai  osé parler de l'envers dans mes nouvelles justement appelées "Les dessous de table" et ce fut un vrai bonheur d'écriture

mardi 20 mars 2012

Comme un cerf-volant

Avec le printemps, ses élans de ciels bleus, le pépiement des oiseaux revenus, la douceur de la température, les bourgeons déjà bien vigoureux qui promettent d’exploser en feuilles tendres, en fleurs multicolores…

Avec la diminution progressive des doses de médicaments qui me réconcilient peu à peu avec mon corps…

Quelque chose est en train de s’éclairer en moi, comme une ouverture, comme une clairière apparue au détour d’un chemin sombre. C’est je crois, un début de renaissance.
Je me déroule peu à peu de ma fatigue et sors du cocon rassurant mais singulièrement enfermé de mon bureau, je fais des pas timides vers la vie au dehors, je rejoins la communauté des gens, avec mes acquis de ces derniers mois.
Je participe à nouveau à des rencontres littéraires qui me font renouer avec un monde que j’aime et que je reconnais comme mien.
Je renoue avec des amis partageant un repas simple et chaleureux
Je reprends mes promenades dans mon parc tout proche, guettant comme une bienfaisance les signes du printemps tout proche
Et j’écris, comme je peux, l’œil rivé à l’écran, pleine de mots pour m’expliquer à moi-même en quoi j’ai changé ces mois derniers 
Je suis comme un cerf-volant prêt à s'envoler


vendredi 16 mars 2012

Y a qu'un cheveu sur la tête à Matthieu!

Bon, j'ai bien dû me rendre à l'évidence, je perds mes cheveux!
Je les ai vus s'accumuler, (ah! les déserteurs!), sur ma brosse à cheveux, là où ils n'ont vraiment rien à faire...
Zut, me dis-je, je vais me retrouver é-chevelée (ben oui, on dit bien e-dentée quand on n'a plus de dents)
Je vais être une Saint Matthieu au féminin, (celui qui n'a plus qu'un cheveu sur sa tête, comme dit la chanson!)

Encore un effet secondaire des médicaments... (merci vous! je vous adore...)

Bon! on fait quoi quand on est une femme ((tout le monde sait que les femmes vivent une histoire d'amour (ou de haine) avec leurs cheveux....)

Je les avais laissés pousser un peu, pariant sur le fait que plus de longueur me permettrait de tricher un peu
Raté, je n'étais qu'échevelée, chaque jour de plus en plus mal coiffée, pas bon pour le moral!

Il y a quelques jours, je demande son avis OBJECTIF à une amie (les amies sont des gens sur lesquels on peut compter pour vous dire la vérité vraie, quand on la demande... oui oui MES amies en tous cas sont comme ça, pour cette raison que je n'en ai pas beaucoup, c'est une denrée rare)

Elle ne fait que confirmer.... échevelée... cheveux trop longs... pas très beaux!

On tombe d'accord sur le fait que la couleur (que je fais... enfin pas moi, mais ma coiffeuse depuis que mes cheveux grisonnent) n'est pas pour arranger les choses... produits chimiques et tout et tout!

Couleur pour cacher les cheveux gris + médicaments = tristes cheveux.... snif 

Décision prise illico presto: il faut couper, et couper court, et revenir au naturel...

Aussitôt décidé, aussitôt fait!
Je vais chez ma coiffeuse cet après-midi
Elle coupe, coupe, coupe (elle a bien résisté un peu, mais je lui ai mis le couteau sur la gorge, c'est MOI qui décide!)

Alors voilà, j'ai une belle tite tête, où se devinent des ressacs gris aux confins des racines... 

On fait comment pour accepter de vieillir? Moi qui ai toujours paru plus jeune que mon âge...

Je réfléchis à cette question...si si
Pas si évident que ça... non non

Me demande souvent si mon corps va récupérer de ses failles, blessures et cassures causées par les médocs

Tiens j'écrirai sur le vieillir dans un prochain billet...

samedi 10 mars 2012

Ouvert ou fermé

Ce matin... j'ai fait une petite expérience inattendue, intéressante, à approfondir
Je ferme les yeux un moment, pour reposer l'oeil encore valide (tout juste!) = le droit!
Et j'ouvre grand l'oeil gauche qui ne s'ouvre plus que sur le sombre, le noir

J'ai un sursaut: je perçois vaguement la lumière, coup de poignard d'espoir!
Aussitôt je cache complètement l'oeil droit avec une main... hélas, voilàl'explication; la lumière traverse la paupière fermée de cet oeil. Complètement colmatée,  plus rien ne passe. L'oeil gauche est bien aveugle

Je reste un moment comme ça , car je pressens tout à coup que quelque chose est en train de se passer...
Donc je cache l'oeil droit pour neutraliser son influence, et j'ouvre grand sur le noir, mon oeil atteint par la cécité (oui, n'ayons pas peur de mots!)
Et.... j'observe ce qui se passe...

J'observe...je me laisse ressentir...
Il se passe que  l'oeil grand ouvert sur le noir, se met à "voir" à l'intérieur de moi!
Timidement... mais oui, il "voit", il voit "clairement" les sensations de l'intérieur
Oh! c'est bien différent que de regarder avec l'oeil voyant!
D'ailleurs je fais aussitôt l'expérience contraire: je ferme l'oeil atteint, j'ouvre grand l'oeil qui voit encore
Et là, d'un seul coup je suis projetée vers l'extérieur
Je suis omme  "séparée" de moi, de mon corps, mais aussi d'une certaine manière, de mes profondeurs

Voilà! expérience faite tout à fait par hasard, mais je suis sûre que j'ai à l'approfondir, que j’ai là des choses à découvrir

Ah oui! encore quelque chose; quand je ferme les yeux par exemple dans une attitude consciente de méditation, (pas pour m'endormir!) c'est différent que quand je garde ouvert, grand ouvert mon oeil "noir"
La connexion vers l'extérieur ne se fait pas, bien sûr, mais cet oeil grand ouvert est actif et me mène vers...

En fait je ne sais pas encore très bien où, sinon que "ça" se trouve à l’intérieur de moi ... mais je vais le découvrir

(quand je vous dis que je deviens bizarre...;-))



mercredi 7 mars 2012

L'arbre et le coquelicot

J'ai cru que je l'étais... invincible
capable de me sortir des situations, des malaises, des détresses, toute seule
ou quasi!
(des médicaments..? le moins possible, je m'en passerai!
un thérapeute pour mieux "m'habiter"quand j'étais à côté de mes pompes? mais voyons, pas besoin, j'écris, je suis hyper consciente de ce que je vis...l'écriture est ma thérapie

Ça s'est passé comme ça tant de fois, tout au long de ma vie,  j'ai tant de fois fait appel à mes ressources intérieures, en cas de coup dur
Elles sont grandes en effet, ok!
Je le sais, les autres me l'ont dit. On m'a même enviée!
Une fois, deux fois, dix fois, (souvent ici même sur ce blog), que j'ai fini par le croire
C'est vrai!
J'ai la solidité des arbres costauds, vigoureux, qui vont vers le haut, vers la lumière
J'aime les arbres costauds, ils me parlent!
Mais voilà! J'ai aussi la fragilité du coquelicot, à la robe lumineuse et tendre
 si tendre qu’elle se déchire comme rien, pour un rien…
J'aime les coquelicots lumineux et fragiles, peut-être justement parce qu'ils sont fragiles!

Alors j'ai tant de fois serré les dents pour contrôler ma détresse, ça dorlotait mon ego!
Et j'aime dorloter mon ego... oui oui!

Accepter de ne pas contrôler tout
Devenir un vrai sujet, un vrai JE, pas un ego
Un sujet reconnu dans son courage d'ETRE, 
Un sujet courageux, digne d'être aimé, et pourtant fragile
qui sans se croire humilié pour autant, peut faire appel à l'autre
peut accepter son aide
et lui dire merci


dimanche 4 mars 2012

Journaliste et poète en herbe...

Hier, j'ai passé une journée riche en rencontres de toutes sortes

- à la Foire du livre, j'ai été interviewée (oui, oui!) par ma petite fille Alicia et son amie (12 ans), toutes deux journalistes en herbe. Elles voulaient savoir ce que je pensais du livre numérique, si je souhaitais être publiée en e-Book, si je pensais que l'e-Book supplanterait un jour complètement le livre papier. Nous sommes toutes les trois tombées d’accord sur le fait que rien ne remplacerait jamais le plaisir de feuilleter un livre papier que l'on peut ranger dans une bibliothèque, prêter à un ami, reprendre, feuilleter. Il faut dire que Alicia et son amie sont des lectrices acharnées... Alicia dévore au moins deux livres pas semaine

- A la Foire, j'ai pu revoir des amis écrivains et autres, pas revus depuis longtemps... on a pu partager, échanger les nouvelles... quel bonheur!

- Le soir invités à manger chez une de nos filles: ma journée avait été un peu fatigante, quel bonheur de pouvoir m'attabler simplement, et papoter dans une atmosphère familiale

- Léa, ma petite fille, après le repas, gagne le salon où brûle un feu reconstituant: la voilà qui se met à rêver devant le feu. Je la vois prendre un cahier et un bic: elle écrit.... je n'y accorde pas plus d'attention que cela, jusqu'au moment où elle vient me montrer ce qu'elle a écrit...
Elle a 11 ans...
J'ai été émue par la profondeur de ses mots et par le style particulier misant sur leur répétition

Ce matin je trouve ceci dans mon courriel
(je n'ai rien retouché...)


Bonjour mamie,
au moment ou je t'écris, tu viens de partir.
Tu es encore dans la rue, je te vois du balcon.
Voici mon poème:

Lumière sur terre.
Le feu grésille
Ce n'est plus que rouge
La lumière s'éteint peu à peu
Notre âme,
Notre vie s'éteint aussi  
Lumière devient ombre
Il faut s'occuper du feu
Comme notre planète
Comme notre vie
Pour quelle reste allumée
Il s'éteint,
Elle s'éteint
Puis se rallume
Tout seul,
Toute seule
Jaillissant de tout par
Luttant contre la mort
La lumière se rallume
De plus en plus grande
De plus en plus  forte
Le rouge devient orange,
Puis bleu, puis jaune
La couleur revient,
Notre VIE revient
Elle s'intensifie

 Léa.


vendredi 2 mars 2012

Sept mois après...

Envie de vous donner quelques nouvelles, de vous dire où j'en suis

Je remonte la pente à tout petits pas très très lents, avec des retours en arrière fréquents (et décourageants)

Il y a mes yeux tout d'abord
Le gauche s'est perdu définitivement dans les méandres d'une inflammation rapide et inexorable. Cela s'est passé en aout 2011
Pour sauver le droit et pallier d'autres éventuels problèmes, je suis soumise à un traitement lourd et difficile qui m'épuise, abime mon corps et mon moral
Mon état général pâtit énormément du traitement médicamenteux: cela fait bientôt 7mois que je suis hors circuit pour mes activités (les ateliers d'écriture que je suis incapable d'animer pour le moment, les rencontres littéraires et autres idem)  pour ma vie sociale (recevoir des amis,  les petits enfants que je ne peux garder toute seule comme une grande pour dépanner de temps et temps mes enfants)

Devoir renoncer à l'essentiel de ce qui faisait ma vie n'est pas facile
Un exemple: en ce moment même se tient la Foire du livre à Bruxelles: d'habitude chaque année, je m'y rends avec plaisir, à la fois pour rencontrer mes amis, mais aussi pour continuer à faire partie du paysage littéraire, participer à des forums en tant qu'invitée ou simple participante
Cette année, j'irai demain samedi (si tout va bien, ça se décidera demain matin selon comment je me sens!)) assurer une heure de dédicaces et c'est tout! Physiquement je ne suis pas capable d'affronter longtemps le bruit, la foule, la fatigue d'une présence et d'une écoute attentives

En ce qui concerne les blogs, le mien et les vôtres, cela reste difficile aussi. Je pense que je dois attendre d'avoir plus de résistance pour me plonger dans vos blogs dont pour l'instant je me tiens éloignée
Me concentrer sur vos mots, laisser une trace de mon passage, me demande un effort que je ne suis pas encore capable de faire

L'oeil droit, rescapé du tsunami, s'il tient le coup, s'ennuage chaque jour davantage, je vis dans le flou permanent. Heureusement cette situation est réversible: une opération pourra s'envisager sans doute durant l'été, quand les doses de médicaments auront baissé lentement
Je peux donc me projeter dans un prochain qui n'est plus si lointain, je vous assure que c'est bon pour le moral. Faut juste cultiver la sacro sainte patience!

Par ailleurs, je continue à écrire cette drôle d'histoire, qui je l'espère me fera du bien d'avoir été déposée en dehors de moi, et aidera, qui sait? ceux et celles qui ont à vivre ce genre de choc inattendu, mais qui par après s' étend sur du long terme

Je vous remercie tous et toutes de votre présence... elle m'est précieuse

mardi 28 février 2012

Le grand taire

Extrait de "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers", Ed traces de vie, 2008


Elle a trois ans et collectionne les crises d’asthme, comme d’autres collectionnent des peluches ou des poupées. Ou plus tard, des bons points à l’école.

On décide de l’envoyer à la campagne chez de vagues connaissances. Il lui faut ab-so-lu-ment le grand air : c’est ce qu’a décrété le médecin de famille du haut de ses lunettes sévères. Oui, à ce moment-là, on ne se posait pas toutes ces questions compliquées pour savoir pourquoi une petite fille mignonne comme ça, pouvait bien s’étouffer dans des crises d’asthme aigu. Cette enfant a de l’asthme, point ! Il lui faut le grand air, ça paraît évident, point ! (pourquoi  GRAND air ? Etait-il donc si étriqué l’air qu’elle respirait en famille ?)

Donc va pour le grand air ! [...]
Bien sûr on ne lui demande pas son avis. Les petites filles de trois ans n’ont pas à donner leur avis. On décide au-dessus de leur tête. Entre têtes de grandes personnes. De toutes façons, c’est pour son bien, n’est-ce pas ?

Un dimanche ordinaire. Une belle promenade en voiture. Le temps est au soleil et à la fête. Il y a cinq personnes dans cette voiture : à l’avant les parents, à l’arrière les trois enfants. Ça doit chahuter, rire et sans doute se disputer dans la voiture derrière, et ça doit forcément se fâcher dans la voiture devant, car la mère n’aime pas quand il y a trop de bruit. [...]

Arrivée joyeuse, bonjour, bonjour, comment ça va depuis le temps ? Très très bien et vous ? Café, petits gâteaux, bavardages divers et variés, petits enfants jouant gentiment dans le jardin, pas se salir hein les enfants ! Grosse valise montée à l’étage. Tout va très bien Madame la marquise.
Trois heures et quelques cafés plus tard, on part… en catimini. Enfin, les parents et deux enfants seulement. La petite fille reste sur le carreau, là où il y a le grand air…

La voiture [..] s’éloigne inexorablement. Les mains des deux frères s’agitent à l’arrière. Une petite fille court derrière cette foutue voiture qui ne l’attend pas, qui ne se rend pas compte qu’on l’oublie, qu’on part sans elle. Cris de la dame qui lui dit de revenir immédiatement, qu’elle va se faire écraser et qu’elle doit obéir.

Elle cesse de courir, revient piteusement. La dame lui prend la main et l’entraîne dans la maison, tu verras tu seras très bien ici. La dame est gentille. Mais elle se débat furieusement, elle ne veut pas rester dans cette jolie maison, ses pieds se débattent, donnent des coups dans le vide. Elle se dit qu’elle a dû être une très vilaine fille comme maman l’a si souvent dit : elle a été méchante, tellement méchante qu’on ne veut plus d’elle. Alors on l’a conduite ici loin de tout et elle ne reverra plus sa famille. Plus jamais.

La petite fille pleure à gros chagrin dans son lit trop grand, seule dans cette chambre inconnue où il y a plein de loups en dessous de son lit et aussi dans la grande armoire, là et derrière la porte ! Elle veut serrer contre elle son doudou… non, son doudou elle l’a oublié, ou plutôt elle ne l’a pas pris avec elle : elle ne savait pas qu’elle dormirait dans cette chambre pleine de loups en dessous de son lit. Et sa maman s’est bien gardée de le lui dire. Que voulez-vous, elle ne voulait pas d’ennuis, de crises de larmes et ce genre de choses. Surtout pas de problèmes… surtout pas… sois sage hein ma fille, pas faire de manières, c’est pour ton bien ma fille…

La petite fille est restée six mois dans cette maison. Le grand taire l’a guérie de son asthme, mais elle est revenue amnésique de beaucoup de ses souvenirs. Elle se souvient juste des loups en dessous de son lit…

dimanche 26 février 2012

Elle...

Quand il s'agit d'écrire un récit autobiographique, vaut-il mieux écrire en "elle/il"? ou en "je"?

Mon livre "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" a été écrit en utilisant les deux approches
Je mets en scène trois femmes de génération différente: la grand mère, la mère et la petite fille
La petite fille s'exprime en "Elle"

Ce personnage qui parle en Elle permet à ce Elle de devenir davantage "littéraire"
Quand on entre dans le "littéraire" on s'éloigne quelque peu du strictement réel (à savoir les choses se sont passées exactement comme ça, promis juré!) de l'historiquement correct, de la vérité pure et dure, que  personne ne peut mettre en cause

Le Elle/Il  peut se permettre de "jouer" avec la vérité. C'est en cela que le texte devient "littéraire", même s il ne dit que la vérité, du moins aux yeux de l'auteur
mais on sait bien, n'est-ce pas, que la vérité change de coloration selon qu'elle est approchée par X ou Y, et cela en toute bonne foi!

J'aime écrire en utilisant la 3ème personne... comme le dit MyZ (e d'autres) dans un comm sur mon billet précédent, cette façon de faire permet aussi le surgissement d'une émotion chez le lecteur, surtout quand il reconnait quelque chose de lui-même dans ce qui est raconté, peut-être pas nécessairement au niveau des événements, mais au niveau des sentiments exprimés

Remarquez d'ailleurs que sur les blogs, dès qu'un blogueur écrit en ELLE/IL, ses mots deviennent plus "littéraires" que s'il fait un simple récit en JE

En ce qui concerne mon livre: écrire en Elle m'a permis de prendre une certaine distance par rapport à l'enfant que j'étais, comme si je racontais l'histoire de qqun que je connais mais qui n'est pas moi, tout en étant bien moi 

demain je vous mettrai un extrait de ce livre...un extrait concernant la fillette, écrit donc en Elle

jeudi 23 février 2012

incompatibilité...peut-être...

Elle se calfeutre dans le moelleux tendre de son peignoir
Sa tasse de thé rêve sur le bureau à ses côtés, qu'elle boit à petites gorgées bienfaisantes. Elle guette et savoure la lente descente du breuvage qui hélas refroidit bien trop vite
Alors elle abandonne le reste du thé à mi chemin du bol, dommage!

Elle dresse un bilan sévère des jours précédents: elle a le choix entre se mettre en colère, se décourager, abandonner le combat ou, mais oui, se réjouir des tous petits bonheurs
Genre savourer le pamplemousse rose quotidien, ou le petit carré de chocolat noir de très noir sans sucre ajouté

Mais voilà que quelqu'un la met en garde contre les méfaits du pamplemousse, conjugués aux médicaments qu'elle prend...
S'il vous plait, ne lui dites pas qu'elle doit AUSSI renoncer aux pamplemousses tant aimés, qu'elle prend en toute innocence, compte tenu n'est-ce pas, des bonnes vitamines de ce fruit?

Elle en parlera mardi prochain au médecin qui s'occupe de doser correctement ses médicaments. Elle lui fait confiance, totale confiance, ce médecin de médecine interne l'a déjà tirée d'un mauvais pas.
Les pamplemousses d'ici là dormiront dans leur panier, ou alors, un de ses enfants passant par là les kidnappera avec son assentiment et un brin d'envie




mardi 21 février 2012

Une année n'est pas l'autre...

Une info vite fait
La Foire du livre (Bruxelles) se tiendra du 1 au 5 mars prochains, sur le site de Tour et Taxis

Je serai en séance de dédicaces au stand de la SABAM, le samedi 3 mars de 16h à 17h

et heureuse de vous y rencontrer

du moins si ma santé me permet de m'y rendre... dans une foule, je perds mes repères, je déséquilibre... et hélas, je fatigue très vite
Cette année (académique) est une année entre parenthèses, pour moi du moins
Je constate que disparaître de l'horizon littéraire m'en efface quasi totalement... aucune invitation reçue à participer à un forum comme l'année dernière
C'est comme ça, et sans doute pour une année encore

Je vous l'ai dit, je suis en train d'écrire mon témoignage sur la maladie qui m'a atteinte depuis plus de six mois
Cette écriture n'est pas évidente: elle m'oblige à me souvenir de tous les moments difficiles que j'ai déjà traversés. Elle me laisse deviner ceux qui m'attendent encore
Et en même temps c'est comme une libération de pouvoir écrire cette expérience si dense, si forte, si inattendue, qui me mène sur des chemins que je n'imaginais pas, qui ne sont pas tous négatifs
Je sais aussi que de partager un témoignage de vie peut-être vivifiant pour ceux qui sont en train de traverser le même
C'est pour cela que je continue, jour après jour, malgré la lenteur avec laquelle mes mots se déposent sur l'écran.

jeudi 16 février 2012

A propos d'un poil qui se hérisse;-))

Bon!
Ce n'est jamais que la troisième fois que j'annonce la fin de mon blog! (vous avez remarqué que j'avais gardé une porte de sortie, évoquant un possible retour?  Tout -à- fait moi ça! ;-))

Donc comme l'assassin sur les lieux de son crime, je reviens rôder par ici dans l'envie quasi irrépressible d'écrire un billet...
Parce que vous savez quoi?
Je suis trop attachée à mon blog pour l'abandonner définitivement: mon intention d'en terminer ne dure que quelques jours. 

Puis je dors trois ou quatre nuits et comme par hasard, ma décision s'effrite comme un tricot dont on tire un à un les fils
Et puis je lis vos commentaires, dont certains me donnent matière à réflexion! D'autres me font du bien...

Donc me revoilà, contente de revenir, sans savoir trop bien comment ce blog va évoluer

Tiens j'avais juré de parler de ceci:
Quelqu'un m'a écrit qu'il me lisait fidèlement, mais qu'il mettait rarement un commentaire parce que l'atmosphère de mon blog lui hérissait le poil...oui oui il a écrit ça!
Et pourquoi? parce que vous les commentateurs, vous êtes toujours bienveillants avec moi et que sans doute je provoque cela par le contenu de mes billets...

Donc j'ai pensé que je pourrais faire une expérience: devenir hargneuse, revendicatrice, plaintive, dépressive, râleuse, attaquant tout et tout le monde, tournant indéfiniment dans mes problèmes affectifs et autres
Et compter sur vous pour mettre des commentaires hargneux, râleurs, provocateurs etc... pour que le poil de ce monsieur puisse se recoucher tranquillement ;-)))

Surtout surtout ne me dites rien de positif sur ce billet...j'aimerais savoir si ça vous irrite le poil ou autre chose, que je décide la plupart du temps de rester positive (c'est une décision croyez-le bien, en ces temps désespérants)
Il me faut avouer que ce n'est pas dans mon caractère de provoquer, ni de devenir ce que je ne suis pas (hargneuse etc)
Et j'apprécie, surtout en ces moments ci, que vous soyez comme vous êtes:  m'accompagnant avec fidélité et chaleur humaine, même si je commente peu sur vos blogs à vous
Quoi qu'il en soit... je suis là, et heureuse de revenir

samedi 11 février 2012

Je reviendrai... ou pas...!

Au début, il m'a fallu encaisser le choc!
Maintenant, six mois après, il me faut entrer dans la persévérance, la patience, la longue patience...

Je n'ai plus le courage, ni de varier les sujets (je tourne en rond je crois), ni de vous lire, vous qui avez vos propres difficultés et vos joies, ni de vous commenter

Il semble que le temps du blog soit (provisoirement?) terminé pour moi
J'ai tenté de "tenir" un maximum

On verra...
Je reviendrai peut-être
peut-être pas
Coumarine vous dit au revoir
Prenez soin de vous

jeudi 9 février 2012

Avoir confiance en soi

Ce matin, long coup de fil avec ma fille infirmière, qui comme souvent depuis début aout, me demande de mes nouvelles
Depuis quelques jours, ce n'est pas brillant: je le lui dis!
Notre échange s'approfondit: elle me confie sa grande tristesse de ne pas avoir été plus "vigilante" sur le sérieux de mes symptômes (entre autres la diplopie!), de ne pas m'avoir conseillé d'aller sans tarder aux urgences
Je lui dis ce que je lui ai répété durant tous ces mois; il n'y a pas en moi l'ombre d'une "rancune" bien au contraire, c'est elle qui le fameux samedi 13 aout m'a emmenée d'urgence à l'hôpital, alors que j'étais seule et ne savais que faire, en véritable état de sidération!
Elle est restée à mes côtés toute la journée, attentive, aimante, précieuse. Sans elle, je perdais complètement la vue, il était plus que temps que je sois traitée!

Ma fille s'est mise à pleurer: son ressenti de culpabilité, elle l'éprouve surtout vàv d'elle, parce qu'elle n'a pas osé  mettre en doute le diagnostic du généraliste (sinusite!), de même que l'absence de réaction de mon ophtalmo (je vous revois dans 4 mois!!)
Ma fille me dit que c'est sa confiance en elle (je vous rappelle qu'elle est infirmière en hôpital de jour) qui en a pris un coup
Moi je l'ai vue dans l'exercice de ses fonctions: elle est efficace et chaleureuse... appréciée de tous!
Mais cela ne suffit pas à la rassurer... 
Elle sait que je ne lui en veux pas du tout (mon dieu, JAMAIS, à aucun moment je n'ai eu ce genre de pensée, alors qu'elle a été pour moi un ange gardien comme je n'aurais pas pu en rêver un!)
Elle s'en veut à elle! et elle traine cette "blessure" depuis 6 mois!

Aujourd'hui nous avons pu en parler pour la première fois
Sans doute devra-t-elle en  parler à un pro qui l'aidera à "nettoyer" cela (ou une personne qui sait écouter et qui n'est pas moi!)

Mais depuis ce coup de fil (qui me fend le coeur) je me demande si le manque de confiance en soi, ne fait pas partie des caractéristiques du genre humain (au même titre que d'éprouver du stress en cas de danger par exemple)
Ma fille me dit qu'elle a grandi dans une famille qui n'a jamais dévalorisé les enfants, au contraire, nous avons eu à coeur de les encourager, de les confirmer dans leurs qualités!

Alors? d'ou vient ce sentiment de doute sur soi-même?

Que moi-même j'éprouve sur la façon dont j'ai été mère, sur la façon dont je suis animatrice, et surtout sur la façon dont je suis auteure (je doute à tout moment à propos de ce que je suis en train d'écrire, et mes livres précédents, je les ai à peine promus!)

Chacun de mes enfants à sa dose de manque de confiance en lui (elle) et je vois que c'est à peu près universel..
Avoir de l'audace, oui! oser des gestes courageux, oui! mais avoir une profonde confiance en soi... qu'en est-il? il y a tant et tant de séminaires qui conduisent leur participants à trouver ou retrouver cette précieuse confiance, qui n'est en rien de la suffisance ou de l'orgueil...


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