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mardi 4 septembre 2012

Vingt ans maximum


Ce billet est né d'une conversation que j'ai eue ce midi avec mon fils, sur une terrasse au soleil...


Vingt ans, c'est l'âge limite!
Les couples aujourd'hui tiennent vingt ans maximum.
Puis besoin incoercible d'aller admirer ailleurs le vert de l'herbe
C'est la crise de la quarantaine: si je le fais pas maintenant je le ferai jamais!
Quoi?
Me réaliser en faisant de nouvelles expériences, en sortant des chemins tracés et monotones

Donc un couple tient grosso modo vingt ans...

Parce que voyez-vous il n'y a plus rien d'enthousiasmant dans l'amour qu'on se porte, plus rien qui surprenne. Où sont la fantaisie et les rires du début, où sont l'insouciance et la légèreté de la vie? Que sont devenus les rêves et les projets?
Il y a les courses qu'il faut faire, envie ou pas envie
Le ménage toujours à recommencer.
Il y a les soucis des enfants, du boulot, du dodo...
Et surtout, surtout, quand on passe aux toilettes après le(la) bien-aimée, il y a le rappel odorant qu'il (elle)appartient bien à l'univers des gens qui mangent et puis qui font caca
Nul n'y échappe
Mais dans une relation nouvelle, on gomme cet aspect des choses, on est un pur esprit, juste pipi, c'est le maximum qu'on s'autorise...
Et les papouilles ne s’embarrassent ni des poubelles qu'il faut sortir tous les lundis, ni des mauvaises herbes qu'il faut arracher, ni des chaussettes, caleçons et autres petites culottes sales, ni haleine chargée au réveil. On ne pète pas, on ne rote pas, non jamais, jamais!
Les papouilles s'échangent dans les resto, avant le grand déballage passionné  et les gémissements à l'avenant

Donc vingt ans!
Et quand on commence à en avoir marre du bassement matériel, quand ni le désir, ni l'amour, ni même l'affection ne semble plus être au RV, alors on va lorgner une herbe plus verte
On s'installe dans cette nouvelle aventure, tout feu tout flamme
Et... que pensez vous qu'il se passe au bout de ... disons cinq ans (peut-être moins)?

Les odeurs aux toilettes sont toujours les mêmes ;-))

 Magritte

samedi 25 août 2012

Culture, esprit critique, sensibilité

Je suis sidérée parfois et admirative bien sûr devant la grande culture de certaines personnes... ma culture se limite à la littérature et encore... Je ne me suis guère "formée" quand j'étais jeune, et il me manque d'importantes références dans ce qu'on appelle les oeuvres classiques. Par après je n'ai pas vraiment eu, ni le temps ni l'envie de combler mon retard, j'étais trop curieuse de la littérature qui se publiait aujourd'hui...
Et quand un auteur me touchait vraiment, et parlait des écrivains qui l'avaient influencé, alors, mais alors seulement je faisais (parfois) une recherche et tentait d'apprivoiser à mon tour ces auteurs qui jusqu'alors m'étaient restés inconnus


Admirative aussi je le suis devant l’esprit critique de certains capables de se faire une idée sensée de tel ou et évènement... Il m'a fallu au gré des années me forger mes propres opinions. Cela m'a pris du temps! Dans ma famille autrefois, je n'avais pas le droit à la pensée personnelle. Mes avis étaient niés ou désapprouvés le plus souvent. Je m'en suis très vite déconnectée, puisque être "moi" ne m'attirait que des ennuis! En classe je suivais le lot. Du prof ou des élèves doués.Ce n'est que dans le silence de ma chambre que timidement, sans trop de confiance en moi, je laissais monter l'une ou l'autre opinion...
Il m'en reste des traces aujourd'hui. Souvent je préfère me taire plutôt que d'affronter des désaccords au sujet de ce que je pense...

Par contre je sais que je suis douée pour une approche sensible des êtres et des choses. J'ai déjà deviné avant tout le monde ce que l'autre ne dit pas encore. Même ici dans ce monde virtuel je ressens les choses. Je peux souvent dire quand une personne ne va pas spécialement bien..
Cela m'est déjà arrivé de pressentir en rencontrant quelqu'un, que cette personne n'est pas en bonne santé,  ou en bonne forme, tant physique que morale. Bien souvent l'avenir me donne raison. Et je me sens un peu coupable, comme si ce que j'avais ressenti avait fonctionné comme une sorte de prédiction ...

lundi 4 juin 2012

Reconnaissance... ou vide


Certains matins je me lève et je suis d'emblée dans la reconnaissance absolue
Je suis vivante, la vie est belle, peut-être pas tant dans ses évènements personnels, familiaux, sociaux, mondiaux
Mais elle est belle en soi, intrinsèquement belle, particulièrement dans les relations profondes, aimantes et fidèles que je peux vivre (au delà des leurs difficultés que je ne nie pas, absolument pas),cadeau dont je ne mesure pas toujours la véritable ampleur...

D’autres matins je me réveille d’emblée dans une sensation de vide, de manque
Comme si j'étais en recherche de ce qui devrait me nourrir, et j'ai beau chercher, attendre, m'inquiéter, le vide reste lancinant, rien ne peut le r remplir, je peux juste me distraire de ce vide en vivant ce que j'ai à vivre
Je peux me distraire de cette souffrance existentielle, mais elle réapparaît régulièrement

Curieux la différence de posture, et celle-ci ne dépend pas du temps qu'il fait, ni même de mon moral
C'est beaucoup plus profond, cela se situe dans ma sphère la plus profonde
Si je savais de quoi ça dépendait, je pourrais m'habiller de reconnaissance profonde dès le matin et pour le temps qu'il me reste à vivre, et non pas de  ce manque qui me creuse, qui me ronge, tellement exigent

Quoique qui sait... ce vide existentiel me pousse peut-être à ne pas me contenter du superficiel si facile à trouver à l'extérieur  de moi......

mardi 29 mai 2012

A propos de prendre des notes

Il  m'arrive bien souvent de regretter de n'avoir pas pris de notes, tandis que je lisais, ou écoutais la radio par exemple, ou lors d'un échange avec un(e) ami(e).
Il me semble avoir laissé échapper quelque chose d’important, perdu une nourriture essentielle.
Et pourtant...
Ne puis-je faire confiance à la maturation que ces mots, qui m'ont semblé si essentiels, opèrent en moi, parfois même à mon insu
Finalement, quand je relis par après les notes prises lors d'une écoute ou d'une lecture attentive, elles ne me parlent plus de la même manière, je me demande même ce qui m'a tellement frappée à l'époque

Devant un arbre qui m'impressionne,  un coquelicot qui s'offre à mon oeil émerveillé, un oiseau que l'on surprend, je ne prends pas de notes, je reste en silence, je regarde, je me laisse toucher, quelque chose bouge en moi, me dilate que je ne sais pas nommer, encore moins poser des mots dessus...

Le silence qui s'émerveille est un grand maître

photo JEA

lundi 30 avril 2012

Quand le Petit Robert a tout faux...

On me dit  courageuse
Bien sûr ceux qui me disent ça, ne sont pas spécialement mes proches, par exemple celui qui vit avec moi. qui me voit au quotidien, qui doit supporter mes sautes d'humeur, mes redites inlassables sur l'évolution de ma vue, ou alors mon mutisme qui en dit long... 
Ceux qui me disent courageuse, ce sont ceux qui ont avec moi un contact sporadique, lors d'un contact téléphonique, d'une rencontre ponctuelle ou alors au travers du blog
Plus facile de sembler courageuse de loin, n'est-ce pas?
Or je ne me sens pas courageuse. Je perds courage trois fois par jour (au moins). Je râle, je peste, je rumine, je grogne, heureusement, le plus souvent face à moi-même seulement. Je devrais sinon, être insupportable

Mais au fond, c'est quoi être courageuse?
Le Robert m'apprend que courageux est celui qui a du courage...
Bien, mais encore?
Le courage: 1 Force morale; fait d'agir malgré les difficultés, énergie dans l'action (alors là je suis pas du tout courageuse, car je n'agis quasi plus, pas assez d'énergie, je range ma maison pendant 15 minutes, puis ouf! plus capable de faire encore quelque chose ;-(( Je ne cuisine plus beaucoup non plus. L'homme a pris un peu la relève. C'est curieux, j'étais sûre qu'il ne s'en sortirait pas. Ou difficilement. Et bien non! Les courses et préparer des repas simples, n'auront bientôt plus de secret pour lui. C'est bien! Si je disparais, je ne dois pas m'en faire......
.
2. Fait de ne pas avoir peur. Encore raté, j'ai peur, parfois très fort, peur quand j'imagine que l'oeil qui me reste va lui aussi succomber à Horton (quel méchant çui-là!), ou quand je doute de retrouver un corps énergique, le corps d'avant la maladie, et bien d'autres peurs encore

3. Force devant le danger ou la souffrance... oups encore raté!  je me sens parfois si vulnérable, si découragée, au bord des larmes 

Cherchons ailleurs.. voyons, voyons...

- être courageuse, serait-ce ne pas (trop) se plaindre? Se taire sur ses problèmes et écouter ceux des autres, qui y trouveront on l'espère un certain réconfort ?
Aux mari et enfants, s'ils me posent une question sur le "comment ça va?", en général je réponds, mais pas en détails, juste l'essentiel en veillant à les rassurer
Au fil des mois, j'ai commencé à en avoir réellement marre de parler de ma santé, pffffffff. Ça devenait monotone et répétitif... Alors on parle de tout et de rien, ils me disent que j'ai une bonne voix, une bonne tête, ça doit être vrai, je ne m'entends pas, je me vois à peine et j'aime qu'ils me parlent d'eux, je suis attentive car tout ne tourne pas rond toujours, oh lala non! de quoi réellement s'en faire parfois!

- être courageuse, est-ce vivre chaque minute en la savourant à fond, par exemple comme un morceau de chocolat noir, qui fond petit à petit dans la bouche? (j'adore!)
Et regarder en face les minutes plus difficiles, en croyant qu'elles disparaîtront comme les nuages dans le ciel mouvant?
Une minute de vie vécue avec intensité, est un cadeau précieux, j'en ai bien conscience!
Je suis le plus souvent dans cette posture-là, même dans les moments de découragement, je pense alors à ceux  qui luttent bien plus douloureusement que moi, pour une issue incertaine,  et je ne me donne pas le droit de sombrer. 
Ce serait malhonnête il me semble. Et si j'ai des moments où je sombre, cela ne dure jamais bien longtemps. Il y a en moi un petit ressort qui me fait me relever. C'est mon caractère, j'ai de la chance


lundi 23 avril 2012

La sainte et la sotte...


Je suis pas du genre à m'imposer fermement avec l'index pointé sur l'autre, une voix de stentor(esse) ou le poing sur la table. Il y a des gens, qui disent haut et clair ce qu'ils pensent, veulent ou ne veulent pas et qui l'imposent pan! comme ça, à leur entourage. Moi je suis pas très forte à ce petit jeu-là!

Je suis même pas du genre parfois à savoir exactement ce que je veux, ce que je veux vraiment, tellement j'ai pendant longtemps (mais c'était mon choix sans doute) tenu compte des autres: toujours, d'abord, impérativement les autres, la sainte Coumarine qui veillait sur tous merci beaucoup, quelle chance d'avoir une sainte dans la famille...
La gentille de service, celle qui sourit toujours, qui ne se fâche avec personne, qui essaie de faire plaisir à tout le monde, la sainte Coumarine au sourire un peu figé collé sur la figure pour les siècles des siècles amen

sauf que comme ça je me fais pas forcément plaisir à moi la principale intéressée finalement... sauf que comme ça je me fâche sur moi-même quand j'ai dit oui ou non et que je voulais dire le contraire
c'est juste ça qui cloche!

Me demande la différence entre une sainte et une sotte...

David Ho



mardi 10 avril 2012

De quoi ai-je donc peur?

Je crois bien que je n'ai pas encore libéré le feu qui est en moi !
Il me faudrait pour cela  l'audace que je range trop souvent dans mes boites rigides et prudentes
Le feu quand il couve, ronge le meilleur en moi, sans même que je m'en rende compte
J'aspire au moment où je lui donnerai enfin le jour, où je le laisserai s'éclater dans ses flammes intenses 

De quoi donc ai-je peur?


mardi 3 avril 2012

Le papillon bleu

J'ai repoussé à plus tard les exigences de mon âme...

Dans les premiers temps de mon petit tsunami, j'étais mue par l'urgence.
L'urgence de co-naître, celle de re-naître
Je ne savais pas encore à quoi, j'ignorais comment, mais je savais que si je voulais simplement continuer à vivre, je n'y échapperais pas: il me fallait impérativement re-naître, en tant que personne "approfondie"...
Alors les questions importantes et même les autres me tournaient autour comme un papillon bleu, elles réclamaient mon attention,  me harcelaient, ne me quittaient pas un instant. Était-ce mon âme qui me harcelait? Je ne sais, il me semblait que la profondeur de l'âme en général et de la mienne en particulier, ne s'accommodait pas de nervosité, de tremblements, d’irritation, de peurs diverses, mais au contraire de silence apaisé, de calme fécond. Ceux que réclame le fait de s’asseoir et de regarder à l'intime de soi, sans peur aucune, afin de guetter les signes de vie, de faire craquer les vêtements devenus trop étroits, qui provoquent les tempêtes de la respiration...
Regarder le papillon bleu avec une infinie délicatesse, une prudence amoureuse pour qu'il ne s'envole pas prématurément, sans avoir livré son secret.

Puis au fil des semaines, puis des mois, je me suis orientée vers une autre urgence: celle de sur-vivre, d'arriver à vivre sur et au delà des multiples freins de santé... combat de chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde parfois!
Mon âme s'est planquée dans un coin de ma tête, et ses exigences, de n'être plus la priorité, se sont voilées de nuages en même temps que mon oeil rescapé.
Le papillon bleu a disparu de ce que je croyais mon plus important...

L'énergie de mon corps revenant petit à petit, mon âme et ses exigences, dont je suis sûre qu'elles sont existentielles, se sont perdues dans le désert, cachées dans les sillons des dunes, quelque part entre les oasis, et les puits les plus sombres.
Alors... pas d'autre choix que de reprendre mon cahier des co-naissances, saisir fermement un stylo et le mouvoir sur les feuilles encore blanches mais tellement désireuses de se reconnecter avec mon âme affamée de re-naître


mercredi 7 mars 2012

L'arbre et le coquelicot

J'ai cru que je l'étais... invincible
capable de me sortir des situations, des malaises, des détresses, toute seule
ou quasi!
(des médicaments..? le moins possible, je m'en passerai!
un thérapeute pour mieux "m'habiter"quand j'étais à côté de mes pompes? mais voyons, pas besoin, j'écris, je suis hyper consciente de ce que je vis...l'écriture est ma thérapie

Ça s'est passé comme ça tant de fois, tout au long de ma vie,  j'ai tant de fois fait appel à mes ressources intérieures, en cas de coup dur
Elles sont grandes en effet, ok!
Je le sais, les autres me l'ont dit. On m'a même enviée!
Une fois, deux fois, dix fois, (souvent ici même sur ce blog), que j'ai fini par le croire
C'est vrai!
J'ai la solidité des arbres costauds, vigoureux, qui vont vers le haut, vers la lumière
J'aime les arbres costauds, ils me parlent!
Mais voilà! J'ai aussi la fragilité du coquelicot, à la robe lumineuse et tendre
 si tendre qu’elle se déchire comme rien, pour un rien…
J'aime les coquelicots lumineux et fragiles, peut-être justement parce qu'ils sont fragiles!

Alors j'ai tant de fois serré les dents pour contrôler ma détresse, ça dorlotait mon ego!
Et j'aime dorloter mon ego... oui oui!

Accepter de ne pas contrôler tout
Devenir un vrai sujet, un vrai JE, pas un ego
Un sujet reconnu dans son courage d'ETRE, 
Un sujet courageux, digne d'être aimé, et pourtant fragile
qui sans se croire humilié pour autant, peut faire appel à l'autre
peut accepter son aide
et lui dire merci


jeudi 9 février 2012

Avoir confiance en soi

Ce matin, long coup de fil avec ma fille infirmière, qui comme souvent depuis début aout, me demande de mes nouvelles
Depuis quelques jours, ce n'est pas brillant: je le lui dis!
Notre échange s'approfondit: elle me confie sa grande tristesse de ne pas avoir été plus "vigilante" sur le sérieux de mes symptômes (entre autres la diplopie!), de ne pas m'avoir conseillé d'aller sans tarder aux urgences
Je lui dis ce que je lui ai répété durant tous ces mois; il n'y a pas en moi l'ombre d'une "rancune" bien au contraire, c'est elle qui le fameux samedi 13 aout m'a emmenée d'urgence à l'hôpital, alors que j'étais seule et ne savais que faire, en véritable état de sidération!
Elle est restée à mes côtés toute la journée, attentive, aimante, précieuse. Sans elle, je perdais complètement la vue, il était plus que temps que je sois traitée!

Ma fille s'est mise à pleurer: son ressenti de culpabilité, elle l'éprouve surtout vàv d'elle, parce qu'elle n'a pas osé  mettre en doute le diagnostic du généraliste (sinusite!), de même que l'absence de réaction de mon ophtalmo (je vous revois dans 4 mois!!)
Ma fille me dit que c'est sa confiance en elle (je vous rappelle qu'elle est infirmière en hôpital de jour) qui en a pris un coup
Moi je l'ai vue dans l'exercice de ses fonctions: elle est efficace et chaleureuse... appréciée de tous!
Mais cela ne suffit pas à la rassurer... 
Elle sait que je ne lui en veux pas du tout (mon dieu, JAMAIS, à aucun moment je n'ai eu ce genre de pensée, alors qu'elle a été pour moi un ange gardien comme je n'aurais pas pu en rêver un!)
Elle s'en veut à elle! et elle traine cette "blessure" depuis 6 mois!

Aujourd'hui nous avons pu en parler pour la première fois
Sans doute devra-t-elle en  parler à un pro qui l'aidera à "nettoyer" cela (ou une personne qui sait écouter et qui n'est pas moi!)

Mais depuis ce coup de fil (qui me fend le coeur) je me demande si le manque de confiance en soi, ne fait pas partie des caractéristiques du genre humain (au même titre que d'éprouver du stress en cas de danger par exemple)
Ma fille me dit qu'elle a grandi dans une famille qui n'a jamais dévalorisé les enfants, au contraire, nous avons eu à coeur de les encourager, de les confirmer dans leurs qualités!

Alors? d'ou vient ce sentiment de doute sur soi-même?

Que moi-même j'éprouve sur la façon dont j'ai été mère, sur la façon dont je suis animatrice, et surtout sur la façon dont je suis auteure (je doute à tout moment à propos de ce que je suis en train d'écrire, et mes livres précédents, je les ai à peine promus!)

Chacun de mes enfants à sa dose de manque de confiance en lui (elle) et je vois que c'est à peu près universel..
Avoir de l'audace, oui! oser des gestes courageux, oui! mais avoir une profonde confiance en soi... qu'en est-il? il y a tant et tant de séminaires qui conduisent leur participants à trouver ou retrouver cette précieuse confiance, qui n'est en rien de la suffisance ou de l'orgueil...


dimanche 9 octobre 2011

Une petite parole (dans le livre)

30 juin 2005

Ne pas perdre son temps à ensemencer des déserts.
Je m'interroge : quels sont les déserts que je m'obstine à ensemencer ? En me désolant de ne pas avoir de résultats ?
Et pendant ce temps, il y a des chemins féconds, rieurs, inondés de soleil dans lesquels je n'ose m'aventurer. Il y a des arbres que j'oublie de caresser, des parfums que je tiens à distance, des sourires que je ne prends pas la peine de décrypter, des mots que je néglige d'écrire, parce que je reste possédée par d'autres qui me sont néfastes. 
Quels sont les déserts que je continue à ensemencer ?
J'y ai pensé cette nuit, alors que la chaleur m'empêchait de dormir

Ecrit il y a 6 ans... encore vrai aujourd'hui... (sauf la chaleur...il pleut et il fait froid ce matin...)

mercredi 20 juillet 2011

J'ai faim....

J'ai faim
J'ai toujours faim, une faim insatiable, une faim qui me prend le ventre, qui me brule la poitrine, qui frappe sans cesse à la porte de mon âme
Non, je ne suis pas boulimique, j'ai de la chance, beaucoup de chance, je sais l'enfer que c'est pour ceux et celles qui en souffrent

J'ai faim et j'ai beau manger, ma faim continue à me tirailler le ventre, l'estomac et surtout le coeur
Parce que je n'ai pas, plus qu'il ne faut,  faim d'aliments, de frites, de chocolat (si un peu, juste le chocolat noir) de viande, de légumes et de fruits, ou de mets fins et raffinés (que j'apprécie par ailleurs, mais pas tous les jours...)

J'ai toujours faim, mais de quoi donc si ce n'est pas de nourriture?
J'ai faim de contacts humains vrais, de dialogues où l'on essaie de communiquer avec sincérité, en jouant le jeu de la confiance mutuelle, j'ai faim de tendresse reçue et donnée, j'ai faim de me serrer dans des bras que j'aime, j'ai faim de donner et de recevoir de l'amour. J'ai faim de visages qui sourient...
J'ai faim de beauté, faim de regarder avidement des paysages amples, ouverts sur le grandiose, j'ai faim de la mer sauvage juste ourlée par les falaises, des plages au sable mouillé où seuls les pieds nus ont le droit de déposer leur empreinte, aux côtés des coquillages, qu'ils accompagnent avec respect..
J'ai faim de regarder les peintures colorées des impressionnistes et aussi les toiles de ma peintre préférée (dont je vous parlerai très bientôt) qui est l'auteur de mon avatar qui se promène un peu partout ici et sur vos blogs, cette petite femme en robe coquelicot regardant émerveillée l'oiseau blanc qui lui raconte des secrets d'humanité.
J'ai faim de musique quand, le casque sur l'oreille je peux m'immerger, de toute mon âme frémissante, et sans  peur aucune de me perdre (bien au contraire), tout au fond de cet univers si riche qui vient m'habiter tout entière, qui me couvre et m'enrobe dans un nuage de bonheur intense (et plus que ça, j'ai pas de mots pour décrire)
J'ai faim de silence habité, le silence de la nature, celui des lieux sacrés, le silence qui me parle de mon intériorité, mon principal professeur en ce bas monde. Il faut juste que je l'écoute, que je me taise et que je l'écoute, il a tant de choses à me dire

J'ai faim de Dieu je crois, mais je ne le sais pas, ou je ne veux pas le savoir... De toutes façons ce que je nomme Dieu est l'infini qui agrandit mon âme jusqu'aux frontières de l'humanité.



mercredi 15 juin 2011

Comme ma poche...

Il faut bien se rendre à l'évidence: les gens qu'on aime, ne sont pas forcément à l'endroit où on pense les trouver 
Forcément.
Car les gens qu'on aime (et les autres d'ailleurs) ne se réduisent pas à notre poche.
Pourquoi je dis ça?
Vous savez bien à cause de: toi je te connais comme ma poche
ou:  comme si je t'avais fait!

Les gens qu'on aime (et les autres) sont radicalement autres
Et pas une projection de moi
Ou de mes désirs, ou de mes opinions tranchées sur ce qu'ils sont ou doivent être ou devraient être.

C'est enfermer quelqu'un dans une étiquette et on sait bien que l'étiquette est étroite et qu'elle colle...
elle colle... elle emprisonne...

Les gens qu'on aime sont à la fois très proches mais en même temps très lointains.
Etrange paradoxe...

Moi non plus à vrai dire, je ne suis pas là où l'autre s'attend à ce que je me trouve
A la fois là, mais parfois très loin, sans que l'autre le sache et ne s'en rende compte


samedi 4 juin 2011

De l'autre côté du miroir

Un jour tu as su -enfin- ce que tu avais à être
et tu t'y es mise, patiemment...
Autour de ta vie, mille voix pour te hurler leurs demandes aiguës,
leurs conseils qui prétendaient tout savoir mieux que toi
des voix qui t'agrippaient dans les fers de ton esclavage.
Tu n'as plus écouté, et même tu t'es bouché les oreilles,
seule façon d'entendre la seule voix qui compte
celle qui parle au plus profond de toi

Il était tard, la pluie giclait sur les fenêtres dans un bruit têtu et féroce
Mais toi, la nerveuse, étrangement calme, tu restais là,
à contempler ta vie devenue soudain aussi large que l'océan
Tu étais simplement passé de l'autre coté du miroir
celui où Alice rencontre ceux qui lui parlent en vérité
même si leurs mots sont de mystère,
surtout s'ils le sont!

Tu étais tranquillement déterminée à affronter désormais
l'unique chose qu'il était capital de faire
déterminée à sauver la seule vie sur laquelle tu avais encore prise
Il te suffisait d'être là
de parler s'il le fallait
de te taire s'il le fallait
de regarder le temps passer et les gens s'agiter
en te disant qu'il n'est pas nécessaire de participer à cette folie pour vivre
pour t 'immerger dans les eaux de ta naissance

Koen K.

jeudi 24 mars 2011

Acquis ou inné?

Tiens, je me posais une question ce matin:

Est-ce que la capacité d'aimer, d'écouter, la générosité, la droiture, la bonté d'une personne... est-ce que tout cela a à voir avec une disposition naturelle,  innée, héritée en même temps que, par exemple, des yeux bleus ou de grands pieds ?
Est-ce que ces belles qualités ont à voir plutôt avec l'éducation reçue, qui aurait définitivement imprimé sa trace dans la personne humaine de telle sorte qu'elle ne puisse faire autrement, sous peine de se sentir mal dans sa peau, que d'être généreuse, droite et fondamentalement bonne?
Ou encore sont-ce des qualités construites patiemment au fil d'un cheminement intérieur et personnel, sans doute  long et courageux,  parce qu'il implique une remise en cause perpétuelle?

Ce cheminement intérieur peut-il se faire de façon personnelle, par des lectures, des formations diverses, des réflexions, une incessante remise en cause, ou faut-il obligatoirement l'accompagnement d'un "spécialiste"?

Vos avis sont les bienvenus...

lundi 28 février 2011

Je galère parfois...

Il y a en moi comme un élan incessant vers un absolu dont j'ignore tout et surtout comment le satisfaire. Parfois je me demande si je ne confonds pas ce désir si pressant d'absolu avec un piteux et lancinant vide existentiel, qui serait comme un panier sans fond que je ne parviens jamais à remplir... et pour cause!
C'est comme les deux côtés d'une même médaille. D'un côté le désir d'absolu, de l'autre la sensation de vide...

Cette aspiration incessante vers un "ailleurs", un "autre chose" est lancinante, elle se loge là quelque part dans ma poitrine et la sillonne d'éclairs qui me lacèrent et m'oppressent dans mes respirations. Autrefois c'était si violent que cela se transformait en angoisses qui me laissaient anéantie. Mais j'ai appris heureusement à laisser se décrisper le souffle, à le laisser descendre dans le ventre, ce qui me redonne la sérénité, me replace dans mon centre, et m'ancre dans l'ici et maintenant.

Cette sensation d'oppression n'est que la manifestation physique de quelque chose qui vient de très loin, une aspiration illimitée vers l'infini que j'espère et redoute en même temps tellement je la pressens violente...  et cela dans tous les domaines: aimer (infiniment),  être aimée (infiniment), réaliser de grandes choses dans les domaines qui sont les miens, vivre intensément des choses intenses., vivre des relations fabuleuses. Parfois c'est comme s’il y avait un hiatus fondamental entre ce qui se trame d'intense à l'intérieur de moi dans mes aspirations si fortes... et le fade, le tiède, le gris, le quelconque de l'extérieur (même s'il est pétri de violence ou de méchanceté intrinsèque).

Il y a des jours où je me sens en profonde connivence avec ma vie, où j'ai l'impression de coller au plus près de ce que je suis et de ce que je fais, à ces désirs si profonds, si intenses, si indicibles
Il y a des jours au contraire où ce désir d'absolu me dépasse, je me trouve comme devant une montagne impossible à gravir et j'ai une immense tentation de désespoir. Je me dis que je ne suis pas faite pour vivre, que je vis les choses de manière TROP inadéquate.

C'est très difficile à décrire tout cela, les mots qui me servent d'habitude, je les trouve bien pauvres pour décrire cette quête, cette faim jamais rassasiée.
Est-ce propre à l'être humain cela? Sans doute, mais je vois que d’autres ne se posent pas toutes ces questions, vivent tranquillement leur quotidien en s'en contentant et se moquent gentiment de moi et de ma sensibilité à fleur de peau.
On dit que je vis les choses trop intensément, on me plaint un peu, me disant que la vie ne doit pas être facile pour moi.
C’est vrai... je galère des fois


Léon Spilliaert

mardi 25 janvier 2011

Prier c'est quémander

"Il n'y a pas de proverbe qui dise: "C'est dans le bonheur qu'on apprend à prier". Une telle action de grâce devrait pourtant s'élever d'elle-même, spontanément, comme le parfum de l'encens. Mais ce ne sont là que spéculations. Notre langue (l'allemand, mais c'est la même chose en français*) a raison de rapprocher les mots "prier" et "quémander"

Extrait de Une femme à Berlin, journal d'une anonyme

L'homme n'aurait-il besoin de Dieu que dans ses chagrins, au coeur de ses catastrophes?
Et de quel Dieu a-t-il besoin alors?
Est-ce une faiblesse d'avoir besoin d'un Dieu qui délivre du méchant, qui répare les dégâts, qui accompagne dans un quotidien douloureux ?

Dans le temps je priais.
Action de grâce, demande, simple mise en présence.
Ma prière était une relation à quelqu'un. Au fond de moi, je me sentais reliée à ce quelqu'un. Je lui parlais. Non pas spécialement assise dans l'ombre froide d'une église, mais simplement dans le présent de ma vie. Au volant. En cuisinant. En marchant. Souvent.
Je parlais surtout à l'Esprit, l'esprit qui souffle, anime, rend vivant. Chaque fois que je perdais le fil avec la  vie vivante, chaque fois que je me sentais hors de ma vie, perdue sur des chemins sans issue, je priais le Souffle, je me reconnectais. Vais-je dire que je ressuscitais? oui, en quelque sorte... Reprendre confiance, c'est revenir à l'autre, à la vie en général, à ma vie en particulier..

Aujourd'hui, je ne prie plus. Rien. Néant. L'absence a remplacé la présence.
Je ne me comprends pas moi-même. Je ne sais pas où j'ai abandonné le fil, ni quand exactement, à la suite de quel événement je me suis dit que c'était fini, que l'absence n'était que l'absence. Rien que l'absence.  Absolue. Vide .

Et pourtant en moi "cela" vibre toujours. De la même intense façon. Plus que jamais. Il y a urgence, puisque demain  m'échappe. Le désir de vivre, l'élan vers l'autre, vers ce qui est beau, vers l'écoute profonde de l'autre, la parole nourrissante sont là, plus que jamais. Étincelles parfois fulgurantes, parfois légères comme un effleurement amoureux, parfois profondes comme des sillons qui se sont marqués dans un chemin détrempé...  Étincelles vivaces si bonnes à vivre.

Est-ce que cela me suffit? Ai-je la nostalgie de ce qui fut? Je ne sais.
Mais parfois je m'adresse en moi au souffle que je ressens venir du plus profond de moi...
Rien qu'une large respiration, qui m'entraine loin...

vendredi 21 janvier 2011

La nature indifférente

Cet après-midi, comme souvent j'ai marché.
Dehors m'appelait un ciel  bleu, intensément bleu, pas un seul nuage
Et puis le soleil, un soleil froid d'hiver, ce genre de soleil...qu'on dirait qu'il lave l'âme, c'est curieux
Une marche vivifiante,  dans le parc que j'ai la chance d'avoir tout près de chez moi, avec son étang, ses mouettes et ses canards... un parc ordinaire, un étang ordinaire, des canards tout ce qu'il y a de plus ordinaire...

Mais balayée par le soleil d'hiver, cette nature était imprégnée de paix profonde, qui entrait en moi et se communiquait par vagues successives dans mon être tout entier, m'appelant à respirer large.
Cette nature me parlait de Présence... une Présence qui me communiquait ses ondes bienfaisantes et me portait à la reconnaissance

Et puis j'ai pensé que pas loin...la nature se déchaînait en tempêtes, en inondations, en séismes, que des gens, au lieu de ressentir cette paix que moi j'éprouve dans ce parc, gémissent, s'angoissent, hurlent devant cette nature qu'ils disent cruelle, implacable, mauvaise.

J'ai pensé que la nature n'avait pas de sentiments, qu'elle était neutre, que les sentiments que je lui donnais étaient seulement mes projections. Que mon impression bienfaisante d'une présence forte était ma seule présence à moi-même, alors que j'étais connectée à mon intériorité la plus profonde. Ce n'était pas la présence de "quelqu'un" en dehors de moi, vers lequel diriger un élan de reconnaissance.
Photo Coumarine

Oui, mon coeur s'est dilaté lors de cette marche parmi ces arbres qui dressaient leurs branches nues vers un ciel bleu de bleu, saluant un soleil encore bas qui me faisait plisser les yeux!
Mais il s'est dilaté parce que je me suis mise en présence du plus profond de moi-même,  en immersion dans  cette nature que j'ai admirée pour ce qu'elle est: un cadeau de la vie
A d'autres moments, loin d'être un cadeau de la vie, elle n'est que catastrophes et désastres.
Et quand j'ai admiré le vol blanc et piailleur des mouettes se posant en vociférant sur l'eau, j'ai ressenti fortement ma finitude... elles sont là maintenant, ces mouettes, elles vivent en ce moment... mais demain...?
Et moi, pareil...

Et j'ai pensé que mes chagrins et autres soucis pesaient bien peu dans la balance, qu'avoir des chagrins, c'était comme me croire au centre d'un monde qui tournera  très bien sans moi

mercredi 22 décembre 2010

Nativité

Je n'ai jamais aimé le Père Noël
Je ne peux plus voir sa bedaine, sa ceinture noire qui essaie de la contenir mais n'y réussit pas, sa barbe qu'on voit bien à des kms qu'elle est fausse, son bonnet rouge comme coca cola...sa bouille de marketing à tous les coins des supermarchés, tous ces pères noël calés dans la crème au beurre des bûches et tout le reste 
Je déteste les petits pères noël qui escaladent les fenêtres espérant arriver à la cheminée qui ne fume plus depuis longtemps vu que les bons feux de bois deviennent bien rares. Pourquoi ils s'obstinent à faire de l'escalade, je vous le demande, il suffirait qu'ils sonnent tout simplement (mais je pense que je leur ouvrirais pas..ah! non! ça!.)

Pour moi Noël est encore attaché à la crèche, à cette histoire de naissance dans une famille de pauvres gens, avec l'étoile qui apparait aux bergers, gens simples s'il en est. Cette histoire qui a inspiré tant de grands peintres, a produit des tableaux grandioses qu'on peut admirer dans tous les musées du monde...(vous avez déjà vu des beaux tableaux qui mettent en scène un père noël?) Cette histoire de nouveau-né qui parle de paix avant tout, nous dit que dans un monde dur et violent les choses les plus simples, les plus précieuses naissent dans l'ombre et qu'il faut avoir l'acuité du coeur pour les percevoir.
J'aime voir les crèches installées sous les sapins, dans les églises, sur les grands places. Cette féérie-là me touche, et je l'avoue, j'ai des yeux d'enfant pour la contempler.

Notre fête de Noël sera simple et familiale. L'occasion de se réunir tous, sans grands chichis, sans nourriture extravagante. On sera ensemble, serrés autour du sapin et les cadeaux seront pour les enfants...

Je vous souhaite de vivre ces quelques jours, qui pour certains sont douloureux, dans le plus de sérénité possible...
Une "renaissance" est toujours possible...pour chacun et chacune d'entre nous (et je pense ici sans les nommer, à tous les blogueurs qui passent des moments difficiles...)



Nativité de Georges de la Tour

lundi 6 décembre 2010

Une question de phéromones

Aimer et être aimée,  nous y voilà ! C’est ça la question cruciale, le centre de tout, ce qui fait vivre et puis mourir ou l’inverse, ou les deux en même temps…Amour toujours disent-ils et tous y croient sans réaliser que ça ne durera peut-être que l'espace d'un printemps  romantique...

Elle se tourne vers sa petite voix intérieure, la secoue rudement car elle est en colère et lui crie: comment sais-tu que tu aimes, que tu aimes vraiment ?

Mais quelle question franchement, bien sûr qu’elle aime, y a qu’à la regarder, elle a les yeux en pain de sucre amoureux, quand ils glissent vers lui, l’homme, le mâle, le mec…
Alors pour le séduire (car tout le monde sait qu’une femme se doit de séduire l’homme qu’elle aime)… elle se fait belle, elle se fait femme : et pour cela, elle met des talons hauts très hauts, une jupe serrée très serrée qui moule son petit cul de femelle désirable, elle dévoile une poitrine de rêve en détachant les premiers boutons de son chemisier de vierge blanche, et bien sûr elle ne porte pas de soutien, parfois même pas de culotte en dessous de sa jupe, les phéromones, faut qu’ils circulent librement. 
Et puis il y a son parfum, un parfum lancinant comme une musique, qui monte à la gorge, puis au nez, puis ailleurs, se répand comme une tache d’huile sur tout son corps, pour capter le désir de celui qui la regarde et qui, elle l’espère, va l’aimer… totalement, et pour toujours, son prince charmant si charmant.

Séduire et se laisser séduire, est-ce là aimer ? et se laisser aimer ? 
Un dialogue véritable et aimant passe-t-il par un parfum de femme fatale ? Se hisse-t-il à des hauteurs spirituelles quand on est juchée sur des talons tellement pointus qu’ils blessent sans pitié les pieds qu'ils écrasent avec des paroles acérées et cruelles ?

Quant à l’écoute… parlons-en de l’écoute! Se sent-on écoutée particulièrement quand les yeux louchent sur des seins offerts en gourmandise ? ou sur des fesses moulées dans un vêtement trop étroit ?

Elle ne sait pas,  ne veut pas savoir de peur d’être confrontée à une réalité qui la désespère, elle ne veut pas  répondre par un mot qui sonnerait comme un glas.



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