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samedi 28 juillet 2012

Pourquoi?

Voir me pose toujours un réel problème
Non pas sans le cadre de ma maison, que je connais, environnement rassurant
Mais dès que survient l'un ou l'autre de mes enfants/amis/connaissances/voisins, et que la conversation s'entame ou dès que je vais "à l'extérieur", voir suppose fixer mes yeux (mon oeil plus exactement!) et cela me cause une grande fatigue que je ne suis pas en mesure de gérer longtemps...

Je n'ai pas ce problème au tél, là je peux écouter et parler en fermant les yeux tout simplement

Même si les couleurs se révèlent à nouveau, l'oeil valide reste voilé, fortement par moments: "l'humeur aqueuse"  s'agglomère et forme nuage, qui voyage de ci de là, au cours de la journée
On pourrait opérer, mais le médecin me le déconseille, cette opération est plus "lourde" qu'une opération de la cataracte et comporte des risques. Je n'ai plus qu'un oeil, prudence donc! C'est bien ce que je pense aussi, et donc je ne peux que me résigner...

Il y a des moments où je suis complètement démoralisée, d'autant plus que les médicaments que je prends depuis un an à forte dose, s'ils contribuent à me "sauver" l'oeil qui me reste, ont rendu ma santé boiteuse

Voir les gens, recevoir ma famille, mes amis,  lire, écrire me demandent un énorme effort

Rester dans l'espérance que les choses s’amélioreront, que je serai surtout capable d'accepter ce coup dur qui m'a touchée si profondément dans ma vitalité fondamentale, n'est pas si évident. Il me faudra encore bien du temps pour y arriver je crois. Surtout que en ce moment bien plus qu'au début de cette "aventure" je suis dans la révolte (pourquoi ça m'est arrivé à moi, qui ai toujours été donnée aux autres, c'est injuste!)

J'aimerais tellement retrouver ma plume allègre, parfois poétique, parfois maniant du plus profond, la plume que j'aimais et qui était la mienne... Aujourd'hui je m'en méfie: elle s'est alourdie et peine à poser sur l'écran ou le papier les mots qui pourtant sont bien présents en moi, car je les entends derrière la porte qui piaffent mais qui se sont rouillés, alourdis, démoralisés...

Benoit Colsenet

jeudi 31 mai 2012

Ses bras étaient transparents

Je la regarde, assise à la table de la cuisine, droite, hiératique, les yeux perdus dans le vague de son absence. Comme à son habitude, elle ne regarde rien ni personne, elle s'entoure de sa solitude
Je la regarde je la regarde, encore et encore,  je guette la faille, le moment où elle posera son regard sur moi, comme une invitation
Soudain l'inattendu ou le trop attendu: effectivement ses yeux comme par hasard se posent sur moi, et s'y accrochent un moment. Un moment de résurrection. Ses yeux soudain me donnent la vie. 
Je la regarde timidement, j'espère j’espère
J'espère qu'elle me fera un signe de rien, un signe de tout
Ses yeux à la fois fixés sur moi, mais déjà au delà de moi, comme s'ils voyaient en transparence s'animent plus encore, et ses bras déposés sur ses genoux se lèvent lentement
Lentement.
Ses bras s'arrondissent et semblent appeler l'enfant que je suis, affamée
Affamée non pas de pain, mais de tendresse, rien qu'un peu qui me nourrirait pour aujourd'hui seulement.
Ses bras se font berceau et m'attirent irrésistiblement, je crois comprendre leur appel
Leur appel... incroyable!
Je viens vers elle, et me glisse par dessous le collier précieux de ces bras prêts à m'aimer
M'aimer..
Je tremble, c'est beau ça me gonfle le coeur
Je suis dans le collier d'amour, je regarde ses yeux...
Ils sont retournés dans leur univers inaccessible, loin de moi loin de moi
Dans un univers de frayeur de méchants loups, où ses yeux pleurent sans pleurer
Je la regarde perplexe, pleine de questions
Qui est cette mère qui m'appelle en même temps que ses yeux me repoussent déjà ?
Ses bras me serrent m'enserrent. Ils m'enserrent me serrent, jusqu'à m'étouffer, j’étouffe, je manque d'air il faut que je m'échappe je suis en train d'y laisser ma vie
Je me dégage avec violence, elle ne réagit pas, je fuis je m'enfuis, j'abandonne cette femme absente
oh! si absente!
Sans yeux pour me regarder avec amour.
Et ses bras sont retombés rigides sur ses genoux

Puis dans un effort violent je me réveille, je pleure
Je rassemble mes esprits et je me remets à vivre

A ceux qui me connaissent en réel et qui me lisent (souvent en silence) ceci est un texte de fiction. DE FICTION. Rien de plus
Mais rien de moins non plus!






vendredi 4 mai 2012

"Accueils" de Charles Juliet ou le début de sa sérénité


Je possède les journaux IV, V et VI de Charles Juliet
Je les ouvre souvent, au gré de mon désir et de mon inspiration
Aujourd’hui par exemple, ce passage qui me nourrit (in journal IV "Accueils")
"Pour parler vrai, avoir une effective connaissance à transmettre, être lucide en chacun de ses mots, il faut s'être  avancé loin en soi-même. Or, c'est précisément ce que ne peuvent faire ceux qui se satisfont d'une réponse qu'ils n'ont pas eu à chercher"
in Journal IV, le 29 sept. 1984

Les premiers journaux  I, II, et III je ne compte ni les acquérir ni les lire. Ils ont été écrits alors que Juliet baignait dans le plus profond de ses ténèbres intérieures. C'est un homme qui a beaucoup souffert et ses premiers journaux parlent de ses énormes difficultés à vivre
Plus tard, un chemin a commencé à s'ouvrir pour lui, fait de lueurs et de sérénité
En ce moment, c'est de cela dont j'ai besoin...Pas de lire la désespérance, même celle d'un homme dont  j'admire l'écriture et la lucidité...

dimanche 26 février 2012

Elle...

Quand il s'agit d'écrire un récit autobiographique, vaut-il mieux écrire en "elle/il"? ou en "je"?

Mon livre "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" a été écrit en utilisant les deux approches
Je mets en scène trois femmes de génération différente: la grand mère, la mère et la petite fille
La petite fille s'exprime en "Elle"

Ce personnage qui parle en Elle permet à ce Elle de devenir davantage "littéraire"
Quand on entre dans le "littéraire" on s'éloigne quelque peu du strictement réel (à savoir les choses se sont passées exactement comme ça, promis juré!) de l'historiquement correct, de la vérité pure et dure, que  personne ne peut mettre en cause

Le Elle/Il  peut se permettre de "jouer" avec la vérité. C'est en cela que le texte devient "littéraire", même s il ne dit que la vérité, du moins aux yeux de l'auteur
mais on sait bien, n'est-ce pas, que la vérité change de coloration selon qu'elle est approchée par X ou Y, et cela en toute bonne foi!

J'aime écrire en utilisant la 3ème personne... comme le dit MyZ (e d'autres) dans un comm sur mon billet précédent, cette façon de faire permet aussi le surgissement d'une émotion chez le lecteur, surtout quand il reconnait quelque chose de lui-même dans ce qui est raconté, peut-être pas nécessairement au niveau des événements, mais au niveau des sentiments exprimés

Remarquez d'ailleurs que sur les blogs, dès qu'un blogueur écrit en ELLE/IL, ses mots deviennent plus "littéraires" que s'il fait un simple récit en JE

En ce qui concerne mon livre: écrire en Elle m'a permis de prendre une certaine distance par rapport à l'enfant que j'étais, comme si je racontais l'histoire de qqun que je connais mais qui n'est pas moi, tout en étant bien moi 

demain je vous mettrai un extrait de ce livre...un extrait concernant la fillette, écrit donc en Elle

mardi 21 février 2012

Une année n'est pas l'autre...

Une info vite fait
La Foire du livre (Bruxelles) se tiendra du 1 au 5 mars prochains, sur le site de Tour et Taxis

Je serai en séance de dédicaces au stand de la SABAM, le samedi 3 mars de 16h à 17h

et heureuse de vous y rencontrer

du moins si ma santé me permet de m'y rendre... dans une foule, je perds mes repères, je déséquilibre... et hélas, je fatigue très vite
Cette année (académique) est une année entre parenthèses, pour moi du moins
Je constate que disparaître de l'horizon littéraire m'en efface quasi totalement... aucune invitation reçue à participer à un forum comme l'année dernière
C'est comme ça, et sans doute pour une année encore

Je vous l'ai dit, je suis en train d'écrire mon témoignage sur la maladie qui m'a atteinte depuis plus de six mois
Cette écriture n'est pas évidente: elle m'oblige à me souvenir de tous les moments difficiles que j'ai déjà traversés. Elle me laisse deviner ceux qui m'attendent encore
Et en même temps c'est comme une libération de pouvoir écrire cette expérience si dense, si forte, si inattendue, qui me mène sur des chemins que je n'imaginais pas, qui ne sont pas tous négatifs
Je sais aussi que de partager un témoignage de vie peut-être vivifiant pour ceux qui sont en train de traverser le même
C'est pour cela que je continue, jour après jour, malgré la lenteur avec laquelle mes mots se déposent sur l'écran.

mardi 31 janvier 2012

hop! abracadabra!

Bonsoir C. (c'est mon amie du pacte...)

Pour moi aussi il y a eu des jours vides d'écriture, mais ce matin je m'y suis remise et je suis contente de ce que j'ai fait!
Cette semaine est une semaine assez "libre" que je vais essentiellement consacrer à l'écriture de notre projet
J'ai tjrs de la difficulté à m'y mettre.. avec l'envie que ce soit fait d'un seul coup: hop! abracadabra!!
Par contre quand j'ai le courage d'ouvrir mon fichier, alors je ne pense plus à rien et j'écris!
Et ça coule...et je me sens bien... c'est assez magique, même si le sujet est grave!

Je compte t'envoyer dans deux ou trois jours la suite (j'écris plutôt dans la chronologie des événements)
Je pense à toi chaque fois que je me mets devant l'écran.... espérant que tu avances, toi aussi!

(Mais aujourd'hui, même si j'ai écrit, je me sentais assez déprimée... impression que mon oeil droit est très voilé... toujours cette peur lancinante! 

J'espère que tu vas bien, moral et physique...
je l'espère de tout coeur
Et je t'embrasse, fort
Coumarine

jeudi 12 janvier 2012

Il y a l'oeuvre, et il y a l'auteur...

Est-on déçu quand l'oeuvre d'un artiste ne correspond pas à sa personnalité?

Il m'est arrivé d'être déçue en rencontrant un écrivain dont l'oeuvre était tellement nuancée, tellement riche en humanité, à laquelle je communiais pleinement et de voir devant moi un genre de mufle, sans nuance, uniquement préoccupé de lui-même, de SON succès,sans aucun signe de véritable intérêt pour ceux qu'il rencontrait

Bien sûr me dira-t-on : il y a l'oeuvre et il y a l'auteur... rien à voir l'un avec l'autre
Peut-être est-ce vrai, mais peut-être pas...
C'est en tous cas plus vrai en ce qui concerne les oeuvres de fiction, là il me semble normal que des auteurs sensibles puissent écrire un roman noir, ou cynique !

C'est sans doute un peu différent dans le monde des blogueurs. Les blogueurs que je lis, je me fais une idée de qui ils (elles) sont, leurs écrits éveillent des connivences, je vibre à leurs idées, je m'attache à leurs mots.
Deux fois pourtant, j'ai appris avec stupéfaction que les mots si sensibles d'un blogueur, étaient pure invention (une succession de malheurs... ça commençait à bien faire!)

Bien sûr le blogueur a le droit d'écrire sur son blog une "oeuvre de fiction" mais quand il écrit  à son sujet avec force détails, des événements plus dramatiques les uns que les autres, au début on y croit et on compatit, puis petit à petit on commence à se poser des questions.
Je suppose qu'il ou elle espère recueillir la compassion de ses lecteurs... besoin infini d'être aimé(e), besoin d'être reconnu (de se rendre intéressant comme disent les enfants!) auquel il(elle) n'arrive pas dans sa vie à répondre de manière équilibrée. Le virtuel est alors une bouée facilitée par l'anonymat...
Traqué, puis pris sur le fait, il n'a d'autre solution que de disparaître vite fait

lundi 12 décembre 2011

Conte pour me faire du bien...

Le monde naquit à l'aube, dans ce moment incertain où l'on ne sait pas encore qui, de l'obscurité ou de la lumière, va l'emporter.
Le monde naquit du corps d'une femme d'une infinie beauté, engendrant son enfant dans la tendresse.
Et lorsqu'il naquit, il fut recueilli dans les mains puissantes et protectrices de celui qui l'aimait.

Mais au même moment, dans une protestation formidable, l'on entendit le grondement inquiétant de l'eau qui déferlait sur le rivage, et celui de l'arbre qui s'abattait dans un fracas de branches tordues; et la terre nourricière se souleva dans des vagues de boue, dévastant tout...

La fin du monde allait suivre de peu sa naissance, et la femme triste à mourir contemplait le désastre...

Soudain, sur cette terre rebelle, un petit arc de lumière embrassa et caressa le monde moribond

Alors on vit les fleurs des champs colorer les horizons encore hésitants...
Au début... rien que ça...
Mais cela suffit pour que le monde reprit courage et crut dans ses couleurs.

Il y eut l'oeuf à la coque des petits déjeuners du dimanche matin,
et la vieille paire de chaussures que l'on enfile avec reconnaissance à la fin de la journée,
et le violon du grand-père, silencieux aujourd'hui, et qui pourtant continue à vibrer dans la mémoire du coeur,
et les sourires qui circulent de chaise en chaise lors des repas de fête.
et les éclats de rire, les "salut comment vas-tu"?

Il y eut encore le nénuphar endormi dans son berceau aquatique,
les chemins du sous bois, où circule la fraicheur de l'ombre, inattendue après le chaud soleil de la prairie,
les cris d'excitation de l'oiseau quand son petit vient cogner à la vie...

Il y eut aussi les livres tant aimés, attendant avec confiance sur la table de nuit, ou sur un coin du bureau, qu'on les feuillette encore avant de s'endormir, et qui, dans la tête du dormeur, continuent à susciter dans ses rêves les grandes et vraies questions : il était une fois la Vie et sa joie, mais aussi la souffrance et la mort, étrange et obligatoire union

Il était une fois... chuuuuut, laissez-moi rassembler mon énergie car c'est là, dans l'imagination toute puissante du rêveur ou du conteur, que le monde chaque jour, nait en vérité !

mardi 29 novembre 2011

Vivre la patience...

quelques jours difficiles...
mais me voilà repartie dans la zone courage..
elle m'accueille toujours et semble heureuse de me revoir...

j'ai à vivre la patience
ce n'est pas ma qualité principale
mais j'apprends...
je me glisse dans le plus de sérénité possible, m'éloignant le plus possible de la fébrilité qui me saisit si souvent sans que je l'invite (c'est physique, cette fébrilité... )


jeudi 24 novembre 2011

Les tiroirs secrets

Il a dit:
Le miroir a des tiroirs secrets
Il a dit ça...
Elle a pensé aux tiroirs bien plantés dans des poches invisibles
cousues de fil blanc
ou noir
tiroirs nerveux qui grincent d'impatience de vivre
d'écrire
un mot, un seul pour débuter
il a dit encore.. la tête et le coeur embarqués dans les quatre saisons du musicien

Troublée, indécise, un moment
Puis elle a bondi, rebondi
Elle a empoigné le premier mot de son histoire
s'est mis à danser avec lui
et d'autres bien vite se sont enfilés à la suite

MERCI JEA, pour tes deux comm qui ont fait déclic en moi...;-))

jeudi 8 septembre 2011

Un beau moment...

"Cette rencontre a été très très belle. Forte, émouvante, VRAIE.
Vous avez formé un excellent trio. (Il s'agit de l'interviewer, la lectrice qui lisait quelques passages de mon livre et moi-même)...
Et je sens en toi une force de plus en plus profonde, une concentration sur l'essentiel."

Cet extrait d'un mail résume un peu ce qu'a été la rencontre hier..
  
merci JEA pour ce soleil chaleureux
Le matin, je me suis simplement sentie heureuse, de pouvoir répondre en simplicité aux questions que B. allait me poser (il a l'art des questions essentielles, chaleureux et sensible comme il est.
Je ne savais pas ce qu'il allait me demander, j'avais préféré me laisser faire, afin d'éviter de "préparer" dans ma tête des réponses idéales... (soi-disant!)
Je voulais parler simplement, être moi le plus possible, au plus près de ma vérité de femme et d'écrivain, parler des thèmes que j'aborde dans mes nouvelles (la femme, beaucoup...)
Oui, j'étais concentrée sur ce désir impérieux d'être authentique, avec simplicité!
Ne pas chercher à plaire absolument par des réponses sortant de l'ordinaire
Rester consciente à tout instant à ceci: qui suis-je, et qu'est-ce que je fais ici, et comment faire passer un message d'humanité.
Je n'ai pas eu peur une seconde, les mots ont coulé vers le public qui a été ému (ce sont eux qui me l'ont dit), parce que les thèmes que j'aborde dans mes nouvelles sont des thèmes qui ne peuvent pas ne pas émouvoir: ils abordent la part sombre de l'humain, mais aussi sa part d'espérance, toujours cachée (parfois très profondément) au fond de chaque personne...
Je suis heureuse parce que je crois avoir dépassé mon besoin (tout auteur a ce besoin) d'être approuvée, reconnue etc


 Puis séance de dédicaces... je la redoutais un peu, car en fin de matinée, mes forces physiques faiblissent un peu....
Les gens souvent émus sont venus et tous, sans exception, m'ont parlé d'eux, de leurs doutes en tant qu'artistes (musiciens, auteurs). J'ai écouté ce qu'ils faisaient, leurs doutes, leurs recherches: comme ils sont beaux ceux que l'on écoute dans les yeux...
Les écouter m'a permis l'air de rien de faire pour chacun une dédicace vraiment personnelle, qui les a touchés
Il y avait du monde, des participants à mes ateliers se sont spécialement déplacés pour me rencontrer... et moi, j'ai aimé savoir qu'ils avaient fait cet effort (se déplacer de province par ex..)

Oui tous les trois, nous avons formé un trio respectueux l'un de l'autre, aucun ne prenant la place qui ne lui revenait pas
La lectrice (merci G.... ) m'a émue plusieurs fois. Elle lisait avec coeur des extraits de mon livre, qui me parlent particulièrement
C'est un vrai cadeau d'entendre lire ces mots mis bout à bout pendant deux ans dans le secret de mon bureau...

Merci à vous tous qui m'avez entourée d'une chaine énorme de solidarité... vous étiez là aussi, j'ai souvent pensé à vous tous...
MERCI

mercredi 27 juillet 2011

Billet pour ne rien dire, tant pis pour vous qui le lirez

il est des jours sans ouverture
des jours de pénombre, de silence, de solitude

pas envie de me tourner vers le soleil
d'ailleurs je peux pas, mon dos s'est bloqué dans un faux mouvement vers le moche, le découragement
Un mois que ça dure...

Alors j'ai écrit mon texte érotique à publier samedi matin, sous l'injonction d'Asphodèle (voir billet précédent)

15 mots commençant par D qui sont pas tous évidents à placer dans un texte érotique
(ex: diplomatique, daube, dalle oups ça convient pas vraiment pour contenter monsieur ou madame éros

Ça fait rien je l'ai écrit, ça m'a fait du bien... patience jusque samedi matin
si vous êtes sages, je le publie...;-))

dimanche 26 juin 2011

Je tousse, je crache, je cornichonne

Impossible d'écrire encore un mot... impossible!

gorge nouée, plume emprisonnée, je tousse, je crache, je cornichonne

dix fois que j'ai commencé à écrire, dix fois que j'ai effacé, un mois que ça dure (si pas plus)

je suis en train de me perdre je ne sais plus quoi écrire qui me corresponde et qui serait lisible par les gens, je ne me donne plus le droit à l'écriture ici ou ailleurs. On dirait que je suis punie ou alors que je me punis moi-même de je ne sais quel crime. Je suis une grande coupable c'est sûr

Ecrire pour renouer avec le plus profond de moi, ce qui en moi vibre aux mots et aux sentiments qu'ils contiennent... au secours je sais plus le chemin, j'ai égaré la recette. Mon ventre se creuse de faim, de soif, ça me fait mal d'être en panne d'écriture, je deviens quoi sans les mots? 

Quand j'écris d'habitude, je me sens fiévreuse, une fièvre qui ressemble à une montée  vers l'orgasme, je me trouve quasi en dehors de moi, ou alors tellement en moi que je peux contacter ce lieu de force intense et un peu effrayante. J'adore. Une petite mort, une plongée dans le néant ou dans l'infini, j'abandonne tout contrôle, je coule dans les eaux inouïes de mon moi animal
Fabuleux. Pas besoin de drogue pour y arriver, juste me mettre à taper les mots

Or j'ai perdu le lien, perdu le sens, perdu la voie, perdu MOI.

Bon, ça fait quatre minutes que je suis sur cette page et je vois déjà la fin du chemin, lasse, fatiguée, je vais clôturer en hâte, plus rien à dire, sinon des mots qui tournent comme des petits playmobils que je manipulerais sans conviction

Impossible même d'écrire une quelconque petite histoire qui me sauverait de la page blanche. Tout me semble vain... d'ailleurs aucune idée intéressante ne pointe son bout du nez, d'ailleurs les gens ne viennent pas sur les blogs pour lire des histoires, ils ont les livres pour ça.

Donc voilà!

C'est rigolo!

J'ai commencé à taper sur mon clavier avec rage que plus rien ne venait, que j''étais desséchée comme une vieille pomme et petit à petit les mots se sont mis à s'inscrire, comme malgré eux (moi) sur l'écran

Evidemment c'est un peu un billet pour rien: écrire qu'on est incapable d'écrire, et écrire quand même un billet pour dire ça... ;-))

lundi 30 mai 2011

La huitième planète

La planète suivante était habitée par un petit garçon aux yeux bridés.
Le petit prince se présenta poliment:
- Bonjour, je suis le petit prince, et toi, qui es-tu? demanda-t-il à l'enfant pensif, assis sur un banc.
- Je m'appelle Phu Ly, je suis d'origine asiatique, répondit l'enfant
- Que fais-tu là? interrogea le petit prince.
- Je recherche mes parents biologiques, répliqua le garçon, d'un air soucieux.
- Que veut dire parents biologiques? s'informa le petit prince.
- Ce sont les personnes qui m'ont conçu, expliqua Phu Ly.
- Où vas-tu les chercher? s'enquit le petit prince.
- Je ne sais pas, il n'y a personne ici, reprit l'enfant.
- Veux-tu venir avec moi sur une des planètes que j'ai déjà visitées? proposa le petit prince
- Oui, je veux bien, acquiesça le garçonnet, en hochant la tête. Où allons-nous?
- Sur la terre, suggéra le petit prince
- On part quand? demanda Phu Ly, très impatient.
- Quand tu le désires, mais avant la tombée de la nuit.
Le petit prince prit la main de l'enfant asiatique et partit avec lui vers la planète terre.

Je ne comprends pas que des parents abandonnent leur enfant, pensa le petit prince, durant le voyage...

Ce texte est un devoir de composition fait par mon petit-fils N. (12 ans)
Les enfants devaient imaginer que sur une 8ème planète, se trouvait quelqu'un qui avait  une quête...  chacun devait  inventer la sienne...
Mon petits-fils est adopté et d'origine vietnamienne.. le nom qu'il a indiqué est son nom vietnamien.
Ce texte qui a ému ses parents adoptifs (ma fille ainée), son professeur et ses copains de classe, et moi aussi bien sûr, prouve s'il fallait encore le démontrer, que chaque enfant adopté est, qu'il le reconnaisse ou non, à la recherche de ses origines, même s'il est heureux dans sa nouvelle famille.
On a tous besoin de savoir d'où l'on vient et cette quête est parfois très douloureuse pour certains

Rechercher ses origines est une démarche saine, que ma fille, elle aussi très émue par le texte de son petit bonhomme, a parfaitement comprise. Elle a compris le plus important, c'est que cette quête n'est pas reniement  de l'amour que l'enfant reçoit dans sa famille adoptive

De plus mais c'est tout autre chose, j'ai été sidérée par les qualités littéraires de ce texte écrit par un enfant de 12 ans. Le professeur avait simplement donné quelques verbes "de dialogue" pour varier les répliques, comme demander, s'enquérir, proposer, suggérer, interroger, répliquer...
Ce texte est remarquable dans sa belle simplicité, et l'enfant en dit long sur lui...
N. est mon petit prince à moi, petit prince aux cheveux d'ébène

mardi 3 mai 2011

Doutes...

Un grand passage à vide... 
Il y a la vie avec ses soucis dont je ne parlerai pas ici... 
Mais une mauvaise passe aussi qui a trait à mon écriture
 - d'abord mon écriture ici
Vais-je continuer? 
Je me vois bien trop tributaire de l'opinion des autres. Je cherche trop la "preuve de mon existence" (surtout dans le moments de doute comme celui que je traverse actuellement) dans le regard d'autrui plutôt que dans la simple joie que j'éprouve à manifester mon essence créatrice. (oups, quel grand mot, mais je me comprends, l'essence c'est ce qui me constitue fondamentalement et avant tout, avant le regard des autres justement!)
Sentiment de ne pas occuper ma place, ou plutôt d'être en fait incapable de l'occuper.. je  suis en perte de confiance, du coup je perds le contact avec l'écriture, incapable de prendre la plume pour écrire un billet qui sera de toutes façons (me dis-je en moi-même) nul et inutile. Qui fera s'éloigner les lecteurs, même les plus fidèles. Dix fois j'ai commencé à écrire et dix fois, les mots se dérobent, je n'ai rien à dire, je me lassse et referme mon stylo. Ou alors j'ai trop à dire, les événements et les sentiments mènent la danse d'une manière que je ne contrôle pas. Je suis désorientée, ne sais pas dans quelle direction regarder, ne parviens pas à me concentrer dans une écriture simple et sans chercher cette foutue confirmation que ce que je fais est valable.

(Ce qui est amusant  (enfin si on peut dire...) c'est que j'ai reçu un avis de Wikio (classement des blogs) qui me dit que mon blog a un excellent classement ce mois-ci! Ça alors! comment c'est possible! Ce mois-ci, j'ai très peu écrit, et de plus avec les vacances, le nombre de mes lecteurs a diminué de façon significative. Je ne sais pas comment se fait ce classement, mais bon... c'est un mystère que je renonce à approfondir! Ce qui est amusant aussi, c'est qu'on me propose de recevoir le classement en avant première et de le publier sur mon blog. Ah! l'égo qu'on titille... Spontanément je ne compte pas faire ça, non... Et pourtant, cela pourrait être l'occasion de découvrir d'autres bons blogs... Je suis donc partagée.)

- Quant à mes projets d'écriture, j'en ai deux pour l'instant que je mène de front, très différents, mais ça j'aime. J'ai besoin de passer d'un univers à un autre. Cela ne me disperse pas, ça m'enrichit au contraire...
Et pourtant sans cesse l'interrogation au sujet de leur valeur me taraude, me poussant à m'interrompre, à me décourager quand je me relis (trop ceci, trop cela...). Tentation alors de  laisser tomber, de jeter tout dans la corbeille du PC. D'ailleurs je l'ai fait! Mais j'ai aussitôt tout récupéré...ben oui... ;-)) c'est du travail tout ça quand même...!


jeudi 28 avril 2011

A propos du livre sur l'intime

Je vous l'ai écrit ici, le livre sur les Écritures de l'intime est paru... (aux Editions Traces de Vie, spécialisées dans l'édition des récits de vie: j'ai été publiée par TdeV pour L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers.)
C'est un bel objet livre...
Il a douze chapitres, très différents les uns des autres.
Certains sont réflexifs, s'interrogent sur ce qu'est l'intime qui s'écrit, qui se donne à lire, à qui et  pourquoi.
D'autres sont plus de l'ordre du témoignage, dont certains sont éloquents ou émouvants, parfois les deux! 

Ma participation est la seule qui parle de l'intime écrit et exposé sur le Net, plus particulièrement au travers du blog, et de l'autocensure qu'il implique bien souvent, soit par pudeur (de l'auteur), soit par respect (pour l'entourage)... C'est un chapitre à la fois réflexif mais aussi un témoignage sur ma façon d'écrire sur le blog, devenue parfois très prudente, très réservée, effaçant bien des fois un billet à peine celui-ci publié.
Véritable exercice de funambule parfois, qui me conduit aussi à des doutes et des périodes de disette et de découragement. Force m'est de reconnaître qu'en ce moment je suis une blogueuse qui se cherche, qui réfléchit aujourd'hui à la direction qu'elle pourrait prendre dans cet espace...

Mon chapitre s'intitule: Je blogue donc je dis(simule).
Ce titre m'a été suggéré par mon fils qui a l'art des formules condensées: je lui avais demandé de me donner un titre qui parle du blog, de l'écriture et de l'autocensure sur le blog... 
Bien sûr mon chapitre qui ne fait que 15 pages, est loin de cerner à fond le sujet: j'ai dû entre autres laisser tomber les citations que j'avais relevées sur vos réponses (si riches) à mon questionnaire.
Qu'à cela ne tienne: le sujet continue à me passionner et il n'est pas exclu que dans les mois qui viennent, je remette le couvert sur ce sujet. On verra!

Dans les commentaires sur ma première annonce, un certain nombre d'entre vous s'étaient montrés intéressés. 
Je vous propose d'envoyer moi-même le livre (j'en ai acheté un certain nombre, en pensant à vous!)
Voulez-vous  m'envoyer un mail pour confirmer et nous arranger pour l'expédition?

Sentez-vous libres, bien entendu.
Et s'il y a d'autres amateurs...

lundi 11 avril 2011

Écritures de l'intime

Vous vous souvenez des billets où j'ai parlé du livre en gestation sur l'Ecriture de l'intime?
Je vous avais dit que j'étais chargée d'écrire un chapitre à propos de l'intime partagé sur le Net (le blog plus spécifiquement), et de le traiter par le biais de l'autocensure.
Je vous ai même à cette époque demandé de répondre à quelques questions, ce que bon nombre d'entre vous ont fait... je les en remercie encore, vous m'avez permis d'avancer dans ma réflexion et de cerner mon sujet au plus près

Voilà! le livre est paru...il est beau, il me plait, il représente surtout un an de travail pour les douze auteurs. Travail tant en solo qu'en équipe de rédaction.
Douze chapitres donc, douze éclairages différents sur l'écriture de l'intime, y compris  l'aspect juridique (en Belgique, mais je pense que les choses ne doivent pas être si différentes en France). C'est un point de vue intéressant quand on voit les procès intentés à des auteurs pour diffamation ou révélation de ce qui devait rester secret. (Il n'est que de voir le tollé qui a surgi autour d'Alexandre Jardin au sujet de son dernier livre... à lire avec un peu de temps, parce qu'il est long, le remarquable billet que Martin Winckler a écrit à ce sujet)

Mon chapitre  parle lui spécifiquement de ce partage de l'intime sur le Net et de l'autocensure qui forcément l'accompagne, par pudeur, par respect aussi pour l'entourage... Il a été écrit il y a six mois, et je réalise combien le sujet est mouvant, combien la blogosphère évolue, combien les blogs à teneur vraiment intime s'effacent peu à peu au profit des petites notations un peu superficielles données sur les réseaux sociaux.
Parfois je me dis que nous les blogueurs, nous faisons figure de vétérans, et que dans cette atmosphère du vite fait, encore plus vite... le blog qui demande un effort d'écriture, et de réflexion bien souvent, change d'allure du moins dans une grande partie de la blogosphère que je ne fréquente pas...

NB: Vous remarquerez que Pastelle la douée m'a proposé d'intégrer mon avatar dans ma bannière, avec son oiseau blanc, cher à mon coeur. Ce qui fut fait... Merci Miss Pastelle

mercredi 6 avril 2011

Un peu de lecture...


Quelques notes à propos de mon livre de nouvelles Les dessous de table:
- Françoise qui en parle ici...merci Françoise. C'est curieux, tu parles de mes nouvelles savoureuses et croustillantes, là où d'autres se demandent pourquoi j'ai été si "sombre" dans ces histoires... comme quoi on peut réagir différemment...
- Petit belge qui en parle ici: merci aussi à toi...
Chacun de vous en parle de façon très personnelle, cela m'étonne toujours un peu... par ex quand Petit belge voit dans mes nouvelles une prolongation de L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers...Première réaction... mais non, ça n'a rien à voir, ici ce sont des nouvelles, de la pure fiction. Mais c'est vrai que les thèmes que j'ai abordés sont des thèmes qui me tiennent tous à coeur... il n'a pas tort...
Et puis, il y a Julia, qui assurément a écrit sa note avec ses tripes... Elle a vibré à la lecture de mes textes, moi j'ai vibré en la lisant... j'aime ça! Vibrer...
Vibrer c'est la vie dans toute sa densité...
Merci Julia... émotion très grande en te lisant...

Tout autre chose:
Je vous ai parlé de Jean-Philippe Touzeau, que j'ai accompagné l'année dernière pendant quelques mois dans ses projets d'écriture, voir ici
Jean-Philippe est Français mais vit à Tokyo avec sa compagne
Ils ont vécu bien sûr les événements que vous connaissez...
Sa façon de réagir, de rebondir est absolument fantastique et pas mal d'entre nous (moi y compris) pourraient en tirer de vraies leçons de vie...
Je vous emmène faire un tour chez lui... ses quatre billets écrits depuis le 11 mars sont à lire, croyez-moi!

Jean-Philippe a ajouté un nouveau billet ce matin... à méditer et à reméditer...
J'ai envie, ici, dans ma petite "rizière",  de te remercier pour qui tu es... 

mardi 22 mars 2011

Retour

Et donc voilà...
une beau WE, dense, pour moi comme pour les participants
L'écriture et le partage des mots dans un groupe même nombreux est quelque chose de fabuleux!
parfois on croit qu'il faut garder pour soi ses ressentis les plus profonds
Je ne crois pas
Dans un lieu protégé, avec des consignes précises, entouré par deux animateurs capables d'écouter et de recadrer, cela devient une entreprise humaine fantastique
C'est vraiment riche, c'est vitalisant
tant pour les participants que pour l'animateur...
J'étais fatiguée bien sûr, je le suis encore
mais j'ai grandi en humanité en entendant ces mots écrits dans une grande simplicité et le don de soi


Photo Coumarine

dimanche 6 mars 2011

Trois info

- D'abord j'ai reçu une belle note de lecture sur Les dessous de tables,  sur le blog de Bénédicte, une note très détaillée. Pour ceux qui ne sont pas encore passés à l'acte (acheter mon recueil de nouvelles bien sûr), il n'est pas trop tard mais il est temps. De plus, en me faisant plaisir, vous vous ferez plaisir et pas qu'un peu...;-)))

- mon amie Evelyne Wilwerth, écrivain belge de talent (voir la note de lecture que j'ai faite de son dernier roman Papillon mortel, sera présente au salon du livre à Paris
Elle y sera le samedi 19 mars de 14 à 15h et le dimanche 20 mars de 15h à 16h. Si vous allez au Salon du livre, allez lui dire un petit bonjour de ma part (stand Luce Wilquin E 57) elle vous recevra avec son beau sourire...

- ensuite je vous fais part d'un marathon d'écriture, organisé par mon ami Alainx, qui aura lieu du 21 au 27 mars. Vous aurez tous les renseignements sur son blog. Le marathon est une expérience très riche d'écriture soutenue. Il faut s'engager pour au moins 3 heures d'affilée à écrire sur le forum dans son espace personnel ouvert pour l'occasion par l'admin (Alainx)  avec obligation de publier un billet toutes les heures...
Trois heures et trois billets minimum, pas de limite supérieure, sinon celle dictée par la fatigue
C'est une expérience forte, qui nous emmène sur des chemins d'écriture inédits...  A tenter si le coeur vous en dit...

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