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samedi 22 septembre 2012

La mort est un nouveau soleil (1)


Est-ce l'âge ou la maladie,  la vie m'apparaît parfois comme une entreprise bien difficile, une lutte perpétuelle, dure et sans merci
Ces guerres sans fin de l'homme contre l'homme me désespèrent...

Je disais à quelqu'un dernièrement, qui me regardait d'un air étonné: je suis prête à mourir.
Oui, je suis prête à mourir et même je n'ai pas (plus) peur de la mort!
Mes enfants désormais pourront se passer de moi, l'essentiel a été fait, je crois
Mon mari aussi pourrait continuer son chemin tout seul...

Bien sûr tout n'est pas encore "en ordre" dans ma vie, j'ai des projets à terminer, des armoires à ranger, des choses à clarifier dans certaines de mes relations
C'est important de clarifier, ce mot revient souvent sous ma plume dans mon journal intime... je le constate avec amusement: CLARIFIER, rendre plus CLAIR (épousseter les yeux opaques de mon âme...)
Clarifier c'est m'avancer vers plus de sérénité, on dit "mourir en paix"
J'aimerais mourir en paix, ayant accompli ce qu'il me faut accomplir
Et là, je n'ai pas terminé encore...

Peut-être vivrai-je encore quelques années, mais j'ai intégré le fait que la mort (MA mort) fait partie de la vie (MA vie), qu'elles s'emmêlent inextricablement, et qu'il est inconscient de vouloir les séparer, de les considérer comme deux entités à part, dont bien sûr et le plus souvent, on fait semblant que la mort ne nous concerne pas.
Je ne sais ni le jour, ni l'heure, mais en quelque sorte je suis prête.
Je le serai davantage quand j'aurai clarifié ce qui reste encore en suspens.
Et d'accepter que la mort fait partie intrinsèquement de la vie, de ne plus craindre d'y penser de peur de l’attirer, de la considérer désormais comme une possibilité pour aujourd'hui même, me permet de vivre l'intensité de chaque instant...

(1) c'est le titre d'un livre du docteur Elisabeth Kubler Ross qui a  côtoyé énormément de mourants

mardi 4 septembre 2012

Vingt ans maximum


Ce billet est né d'une conversation que j'ai eue ce midi avec mon fils, sur une terrasse au soleil...


Vingt ans, c'est l'âge limite!
Les couples aujourd'hui tiennent vingt ans maximum.
Puis besoin incoercible d'aller admirer ailleurs le vert de l'herbe
C'est la crise de la quarantaine: si je le fais pas maintenant je le ferai jamais!
Quoi?
Me réaliser en faisant de nouvelles expériences, en sortant des chemins tracés et monotones

Donc un couple tient grosso modo vingt ans...

Parce que voyez-vous il n'y a plus rien d'enthousiasmant dans l'amour qu'on se porte, plus rien qui surprenne. Où sont la fantaisie et les rires du début, où sont l'insouciance et la légèreté de la vie? Que sont devenus les rêves et les projets?
Il y a les courses qu'il faut faire, envie ou pas envie
Le ménage toujours à recommencer.
Il y a les soucis des enfants, du boulot, du dodo...
Et surtout, surtout, quand on passe aux toilettes après le(la) bien-aimée, il y a le rappel odorant qu'il (elle)appartient bien à l'univers des gens qui mangent et puis qui font caca
Nul n'y échappe
Mais dans une relation nouvelle, on gomme cet aspect des choses, on est un pur esprit, juste pipi, c'est le maximum qu'on s'autorise...
Et les papouilles ne s’embarrassent ni des poubelles qu'il faut sortir tous les lundis, ni des mauvaises herbes qu'il faut arracher, ni des chaussettes, caleçons et autres petites culottes sales, ni haleine chargée au réveil. On ne pète pas, on ne rote pas, non jamais, jamais!
Les papouilles s'échangent dans les resto, avant le grand déballage passionné  et les gémissements à l'avenant

Donc vingt ans!
Et quand on commence à en avoir marre du bassement matériel, quand ni le désir, ni l'amour, ni même l'affection ne semble plus être au RV, alors on va lorgner une herbe plus verte
On s'installe dans cette nouvelle aventure, tout feu tout flamme
Et... que pensez vous qu'il se passe au bout de ... disons cinq ans (peut-être moins)?

Les odeurs aux toilettes sont toujours les mêmes ;-))

 Magritte

lundi 20 août 2012

Au revoir les arbres...

Au fil des ans, ces deux arbres ont grandi, sont devenus énormes...
Un cèdre grandiose, mais bien trop grand pour un arbre de façade, d'ailleurs il soulève le trottoir. Et quand le vent se lève, ses branches balayent violemment le ciel lourd d'orage et menacent de se fracasser. Sur les voitures, sur les passants...
 L'autre arbre, c'est un vieux bouleau, creusé et déséquilibré par la vieillesse et les piverts, Il est devenu dangereux lui aussi.

Je l'ai dit souvent ici, j'aime les arbres, j'aime mes arbres qui sont là, devant mon velux, et m'ont si souvent accompagnée de leur balancement serein lors de mes orages intérieurs
Tant de fois j'ai levé les yeux de l'écran de mon PC, pour les planter dans les frémissements de leurs feuilles

On a dû  sérieusement les élaguer déjà... plusieurs fois. On a essayé de les sauver, cela ne suffit pas...
photo Coumarine... je parviens pas à la remettre à l'endroit ;-(

Demain, ils partiront... je n'ose pas dire qu'ils mourront
Abattus tous les deux par un professionnel
Demain les machines auront raison de ces deux arbres trop grands, trop vieux
J'ai de la peine...

Je me dis bien sûr que la raison nous impose cet acte extrême qui ressemble à un assassinat
Mais je me dis aussi que ces arbres sont vivants et que demain ils giseront sur le sol devant notre maison. Comme des vaincus lamentables
Demain ils seront du bois à brûler... leur seconde vie commencera... nous en donnerons à nos enfants qui se chauffent au feu de bois... cela me console

Vont-ils souffrir? Accepteront-ils leur sort? Que c'est la meilleure solution pour eux, pour la sécurité de chacun? Ils n'aimeraient pas j'en suis sûre, blesser ou tuer des passants, écraser une voiture, lors d'un orage ou autre grand vent
Par deux fois déjà deux de nos arbres derrière la maison ont perdu une de leurs grosses branches, peu de temps après le passage d'un de nos petits enfants dans le jardin

Bref, j'essaie de me convaincre... mais j'ai le coeur gros... 


samedi 18 août 2012

Lire un journal en ligne

Je lis régulièrement un journal belge en ligne
Parfois, la curiosité m'amène à éplucher un peu les commentaires de certains articles "sensibles" et dieu sait s'il y en a pour le moment, du moins chez nous en Belgique :-))
Mais  je quitte bien vite le fil des commentaires, rapidement sidérée, écoeurée même,
Aucun article ne trouve grâce aux yeux des commentateurs; les critiques sont acerbes, violentes, les mots parfois franchement vulgaires.
La plupart des sujets déclenchent cette hargne, qu'ils soient politiques, culturels, scientifiques, sportifs: les râleurs avec leurs mots d'acide sont aussitôt présents au portillon et enclenchent la vitesse du désaccord vulgaire, de la moquerie méchante, voire des injures imbéciles.
Il arrive que le fil des commentaires soit fermé, tellement le sujet "sensible" risque d'éveiller les mots les plus sordides

Je ne comprends pas, ça me dépasse...

Ce n'est pas l'intelligence, ni une provocation parfois bienvenue appelant à la réflexion, qui s'expriment là, mais une émotivité violente qui réagit sans se maîtriser!
Je ne peux croire que dans l'esprit de monsieur et madame toutlemonde il y ait parfois tant de haine, de jalousie, de mesquinerie. Et ce qui me dépasse encore plus, c'est la vulgarité de certains!
Il faut un certain courage pour (oser) s'exprimer à l'encontre du point de vue primaire, souvent bête et borné. Moi-même ça me décourage tellement de lire ces opinions extrêmes, que je ne prends pas la peine de m'exprimer à contre courant. D'ailleurs comme je l'ai dit, je quitte très vite le fil des commentaires...

jeudi 16 août 2012

Comme toi, Nicole...

Hier je suis allée à la célébration du 15 aout à la chapelle des Cliniques universitaires Saint-Luc (à Bruxelles) que je fréquente comme une abonnée fidèle (les Cliniques!)
Voici ce que j'ai compris aux textes du jour, expliqués avec simplicité par mon ami l’aumônier des Cliniques, qui  possède cet art précieux de ramener les textes à leur dimension humaine, leur dimension de toi et moi aujourd'hui dans le monde...

L'évangile parle de Marie qui va faire une visite à sa cousine Elisabeth, enceinte comme elle
Les deux grossesses sont des grossesses inespérées...
Elisabeth la stérile, enfin enceinte, comme tant de jeunes femmes d’aujourd’hui qui espèrent avec tant d'impatience douloureuse parfois, que leur ventre accueille la vie... Je pense à une de mes filles...
Les deux femmes sont complices et ont certainement parlé d'histoires de femme au ventre plein, des mouvements de leur enfant, de leur bonheur d'avoir engendré la vie...
Oui, je me retrouve dans ces histoires... je suis une femme, mère de cinq enfants dont quatre filles qui elles-mêmes sont ou souhaitent être mères...

La semaine dernière, j'ai dit à mon ami (l’aumônier donc!) avec une voix plutôt ironique:  bonne chance pour expliquer l'Assomption de Marie, ce tour de passe passe qui voit Marie partir comme une fusée au ciel avec son corps...!!!
Il me dit: Marie est comme tous ces malades ici au corps cabossé, comme toi aussi, Nicole... et elle est acceptée comme elle est, dans toute sa personne, corps et âme. 

Mince ça change tout non? Ça je peux entendre, et même je vous dirai que ça m'a émue, très fort!
Cela me conduit même à m’accepter moi-même en premier, avec mon corps un peu cabossé...;-))

Je dirai encore que j'aime aller aux célébrations dans la chapelle de "ma" clinique!
J'y rencontre des malades que je connais pour les avoir côtoyés dans les couloirs, des ex-malades guéris, des familles éprouvées par la perte de l'un des leurs...
Oui j'aime, je me sens bien là, je fais partie d'une famille qui s'occupe d'autre chose que de mesquineries

vendredi 3 août 2012

Une réflexion en entraîne une autre

J'observais ce matin une jeune fille, ou plutôt ses pouces... subjuguée par la danse qu'ils effectuaient
Avec une dextérité et une vitesse incroyables, elle pianotait sur son smartphone/Iphone

Je n'envoie pas beaucoup de textos (sms) et forcément  mes pouces ne connaissent pas cette danse singulière.  Quand je "pianote", il me faut être attentive à ce que je fais, j'hésite, je reviens en arrière, je râle parfois parce qu'un faux mouvement m'a tout fait effacer... 

Tout en l'observant et en réfléchissant, je me suis dit que si je prenais l’habitude d'envoyer des sms, j'acquerrais assez vite la dextérité nécessaire pour faire comme les d'jeuns (et les moins jeunes...): pianoter comme Lucky Luke dégaine, plus vite que son ombre...

entrainement = habitude acquise = dextérité

J'ai continué à réfléchir...
J'ai pensé à ma situation de "mal voyante" qui va au marché/en ville/au supermarché/dans le métro etc
Voilà une action qui reste difficile pour moi, que je n'effectue que parce qu'il le faut. Et de préférence avec gentil mari!

Ce matin, me promenant dans les allées du marché près de chez moi, avec les difficultés qui sont les miennes dans cette situation et qui m'angoissent un peu (attention il y a une petite marche là, attention à ce qui arrive sur ta gauche... et d'autres tracasseries qui avant ne me posaient aucun problème) donc ce matin, je me suis soudain rendu compte qu'il me manquait l'habitude d'aller et de venir librement avec ma vue diminuée, et que j'aurais intérêt à fréquenter davantage les lieux où circule beaucoup de monde, pour y acquérir l'aisance nécessaire

Je reconnais que j'ai été timorée, suite à deux ou trois chutes malencontreuses...

Voilà je voulais vous annoncer cette grrrrrrrrrande nouvelle...(roulements de tambour): dans un mois, je serai une championne sans peurs et sans reproches en ce qui concerne les pérégrinations seule, au marché et autres lieux de la ville!!

Bruegel

jeudi 28 juin 2012

Les choses se passent...

1. la cicatrisation de l'oeil suit son cours; encore un petit mois pour que tout se stabilise et pour que je puisse avoir de nouvelles lunettes avec un verre gauche joliment opaque pour me cacher le demi monde noir qui me harcèle ;-))

2. je consacre toute mon énergie à peaufiner le manuscrit sur cette drôle d'histoire. Quand je crois avoir fini, et bien non, re-lectures et corrections et encore re-lectures et re-corrections

3. pas de vraies vacances pour moi cette année, je ne peux (veux) pas m'éloigner trop de ma petite clinique bien aimée, qui doit pouvoir m'accueillir en cas de nouveau pépin ou simplement pour les contrôles réguliers

4. juste des petites excursions soit du côté de la côte (là où il n'y a pas de buildings), soit dans les Ardennes belges si belles, si vertes.

5. je serai pas très bavarde sur le blog durant cet été, mais vous allez tous aller en vacances bien méritées, je vous les souhaite douces et reconstituantes

6. je viendrai si j'ai quelque chose à écrire ici, c'est la vie (et mon envie d'écrire) qui décidera...

A très bientôt  ;-))

vendredi 22 juin 2012

Laisse vibrer tes cordes

Cette phrase magnifique trouvée dans le Journal IV de Charles Juliet, intitulé Accueils:
"Ne prouve rien je t'en prie. il n'y a rien à prouver. Laisse vibrer tes cordes. Ce qui te gouverne saura composer ton chant"

Même si je le voulais, je ne suis pas en mesure aujourd'hui de "prouver" quoi que ce soit, comme je l'ai cherché, sans trop me l'avouer, il y a dix ans, quand j'ai commencé à être publiée.
Exister dans le petit monde littéraire belge, comme animatrice d'ateliers, comme auteur, cela m'a permis de croire en moi, différemment qu'en tant que mère...

Aujourd'hui je m’aventure sur de nouveaux chemins... j'en ignore encore tout...je sais juste qu'ils sont ardus, que l'ubac succède à l'adret et je marche d'un pas lent, très lent, timide, parfois effrayé, parfois émerveillé, toujours attentif.

Et cette phrase de Juliet, que je lis et relis sans cesse, que j'ai encrée en moi,  me rassure profondément: oui!  je crois que mes cordes, si je les laisse vibrer librement, naturellement sauront  "composer mon chant", un chant pareil à celui que j'entends clairement quand je le laisse émerger sans le contrôler
Un chant dont le murmure grandit jusqu'à devenir un chant d'infini


peinture de Bram Vanvelde, ami de Charles Juliet auquel il a consacré un précieux petit livre

lundi 11 juin 2012

Agenda de jours tranquilles

- je pose le dernier mot dans le manuscrit que je suis en train d'écrire. Enfin, l'avant dernier, c'est plus exact. Je le terminerai sans doute après l'intervention à l'oeil ce vendredi (on y est presque!!!) qui me fera voir la vie autrement!

- je suis contente de terminer ce travail qui m'aura pris presque un an de persévérance, envers et contre tout, au coeur même de la maladie. Disons que je suis fière d'y être parvenue. Il parait que je suis volontaire, m'a dit la semaine dernière un de mes médecins, je crois qu'elle a raison, finalement !

- dans la page des remerciements (je remercie pas mal de personnes qui m'ont accompagnée durant cette année pas comme les autres) je vous remercie vous, mes blogamis, lecteurs fidèles ou de passage. Vous m'avez accompagnée avec beaucoup de chaleur humaine. Rester en contact avec vous a été important pour moi,  c'était rester en contact avec des personnes chaleureuses mais aussi avec l'écriture, qui par moment semblait me filer entre les doigts. Je me suis obstinée, mon blog ne s'est pas arrêté, ce fut bon pour moi (et pour vous aussi, sourire)


- dans la série petites nouvelles: je suis seule pour le moment; l'homme comme chaque année est parti en randonnée avec ses copains (histoire d'hommes exclusivement!). Ce n'est pas simple de gérer mon quotidien avec ma vue fortement diminuée, mais voilà on arrive à vendredi et au retour de l'homme: tout va bien!

- je vais régulièrement dans un petit resto sympa sur le site universitaire pas loin de chez moi, et quasi chaque midi en ces jours de solitude, je vais y manger avec un de mes enfants ou une amie... c'est du bonheur, et aussi je dois bien l'avouer, je n'ai pas à me préoccuper de faire à manger...ces jours ressemblent donc à de petites vacances

- comme chaque année quand l'homme est absent, il y a une fuite d'eau : cette fois c'est dans la cuisine. Je n'y connais rien et forcément je ne vois pas très bien et même pas du tout,d'où cela provient. Donc j'attends patiemment que l'homme à tout faire revienne de son escapade. Courage, encore deux jours!

-sinon comme chaque année, je jouis de mes moments de solitude. J'aime beaucoup, mais bien sûr je sais que je ne suis pas vraiment seule, qu'il reviendra sous peu. Cela me permet d'en profiter au maximum

Bonne journée à vous tous

mardi 29 mai 2012

A propos de prendre des notes

Il  m'arrive bien souvent de regretter de n'avoir pas pris de notes, tandis que je lisais, ou écoutais la radio par exemple, ou lors d'un échange avec un(e) ami(e).
Il me semble avoir laissé échapper quelque chose d’important, perdu une nourriture essentielle.
Et pourtant...
Ne puis-je faire confiance à la maturation que ces mots, qui m'ont semblé si essentiels, opèrent en moi, parfois même à mon insu
Finalement, quand je relis par après les notes prises lors d'une écoute ou d'une lecture attentive, elles ne me parlent plus de la même manière, je me demande même ce qui m'a tellement frappée à l'époque

Devant un arbre qui m'impressionne,  un coquelicot qui s'offre à mon oeil émerveillé, un oiseau que l'on surprend, je ne prends pas de notes, je reste en silence, je regarde, je me laisse toucher, quelque chose bouge en moi, me dilate que je ne sais pas nommer, encore moins poser des mots dessus...

Le silence qui s'émerveille est un grand maître

photo JEA

mercredi 23 mai 2012

Le ruban qui monte, monte monte...

Ma petite-fille Léa. m’a fabriqué un mètre ruban personnalisé, aux couleurs vives issues de sa tendresse et de sa créativité. Il est épinglé sur un mur de la cuisine, je le vois à chaque moment passé là-bas. Le soir du jour où elle me l’a apporté, je me suis approché de lui, le coeur battant,  en sautillant de joie. Comme une gamine ! Les ciseaux à la main, j’allais pouvoir couper le premier petit rectangle. Déjà le beau ruban coloré se retrouvait amputé de son premier jour d’attente. Miraculeux !

« Patience, courage, on approche, on t’aime »… sont les petits mots qui ponctuent les dessins colorés de chaque petit rectangle.
Et cela de date en date, jusqu’au 15 juin, tout en haut,  jour de l’opération…
Ce simple bricolage, m’accompagne dans la montée vers ce jour qui, je le crois fermement, sera le premier d’une belle renaissance

Merci ma petite Léa...

vendredi 18 mai 2012

L'humble coquelicot

Une de mes filles à qui j'ai fait lire certains passages du manuscrit dans lequel je témoigne de mon expérience d'une maladie au long cours, me fait remarquer qu'il n'y a pas d'humour dans ces textes
Elle a raison. Ici aussi depuis tout un temps je n'écris plus avec cette distance d'humour qui était parfois la mienne. Je le regrette, j'aimerais retrouver ma vivacité, ma capacité de dérision

Je crois avoir rejoint ces mois-ci le plus profond de ma gravité, par le cheminement parfois bien cabossé que je suis en train de faire. Un cheminement empreint de sérieux, il faut le dire, qui touche aux questions de la mort, de la maladie, du handicap, de l'épreuve, de "et Dieu dans tout ça". Bousculée encore plus par les évènements difficiles qui touchent certains de mes enfants, et qui se répercutent sur moi, bien évidemment. Ils m'obligent à creuser encore plus loin. Pas d'esquive possible. Bien que nos chemins soient différents, il semble que chaque membre de ma famille soit confronté à devoir faire une fameuse réévaluation de sa vie, des son essentiel..

Parfois c'est bizarre, en quelques mois tout bascule. A priori, 2012 ne sera pas une bonne année pour notre famille. 
A moins que, sur nos chemins empierrés de difficultés, nous parvenions à croire en la présence tranquille et fidèle de l'humble coquelicot
Merci à toi, Claire pour le cadeau de cette photo qui me parle tellement

jeudi 10 mai 2012

Etreintes brisées

J'ai regardé hier soir sur Arté Belgique le film d'Almodovar: Étreintes brisées

Je n’ai pas l'intention de raconter le film, juste parlerde quelque chose qui m'a paru pas "juste"
En fin de film, la femme qui travaille avec le héros, scénariste et metteur en scène annonce à son fils Diégo qu'elle a eu une liaison avec Harry (le héros en question) et que Diego est son fils
Diego a juste un moment d'étonnement. Il faut dire qu'il apprécie beaucoup Harry et que la nouvelle semble plutôt bonne pour lui
Donc juste un moment d’étonnement, puis la vie continue comme si de rien n'était: on le voit aux côtés d'Harry, à remonter un film auquel Harry tient bcp! Il ne dit rien, n’interpelle pas son père. D'après la mère, Harry ne sait pas que Diego est son fils!

Donc juste un moment d'étonnement alors que apprendre à 16-17 ans qui est son père, d'autant plus que l'ado le côtoyait tous les jours, ça me semble une grossière erreur psychologique de la part de Almodovar
Apprendre qui est son père, en pleine adolescence, période de la recherche identitaire, c'est un tsunami
Pas une petite nouvelle comme ça, reçue gentiment  entre deux portes

Bien sûr le film raconte une histoire d'amour passionné qui finit mal
La paternité de Diego n'est pas du tout le sujet du film, elle est je dirais, tout à fait secondaire
Il n'empêche, ça a sonné faux, pour moi en tout cas!

lundi 23 avril 2012

La sainte et la sotte...


Je suis pas du genre à m'imposer fermement avec l'index pointé sur l'autre, une voix de stentor(esse) ou le poing sur la table. Il y a des gens, qui disent haut et clair ce qu'ils pensent, veulent ou ne veulent pas et qui l'imposent pan! comme ça, à leur entourage. Moi je suis pas très forte à ce petit jeu-là!

Je suis même pas du genre parfois à savoir exactement ce que je veux, ce que je veux vraiment, tellement j'ai pendant longtemps (mais c'était mon choix sans doute) tenu compte des autres: toujours, d'abord, impérativement les autres, la sainte Coumarine qui veillait sur tous merci beaucoup, quelle chance d'avoir une sainte dans la famille...
La gentille de service, celle qui sourit toujours, qui ne se fâche avec personne, qui essaie de faire plaisir à tout le monde, la sainte Coumarine au sourire un peu figé collé sur la figure pour les siècles des siècles amen

sauf que comme ça je me fais pas forcément plaisir à moi la principale intéressée finalement... sauf que comme ça je me fâche sur moi-même quand j'ai dit oui ou non et que je voulais dire le contraire
c'est juste ça qui cloche!

Me demande la différence entre une sainte et une sotte...

David Ho



dimanche 15 avril 2012

Il faudrait que je...

Il faudrait que je marche davantage (aieaieaie le souffle qui ... ben justement, c'est en marchant régulièrement, que tu le retrouveras, ton souffle, un peu, puis beaucoup et encore un peu plus... Faut juste t'y remettre!
Oui, mais aujourd'hui il faisait froid, le vent cinglait, le ciel est resté menaçant et tout et tout, les excuses sont faites pour s'en servir
Bon d'accord demain je m'y mets! 

Il faudrait que je range ma maison, mon bureau par exemple et les petites choses accumulées dans tous les coins par monsieur mari. Nannnnnn pas possible! il veut pas que je touche à ses affaires! Grrrrrrrrr
Bon il faudrait donc que je range, trie et nettoie MES affaires, bureau et cuisine par exemple. Mais je suis dans le flou... vous savez bien, je confonds les trucs et les bazars...
Bon d'accord après l'opération qui me rendra une portion de vue claire, je m'y mets!

Il faudrait que je ne me donne pas trop de permission en ce qui concerne sel et sucre qui me sont encore interdits... ah! les  médecins! Comme ils sont cruels!  Oui je l'avoue je contourne (trop) souvent l'interdit. Et voilà, les conséquences suivent, (le coeur qui peine par exemple, lire &1) c'est ma faute, ma grande faute!

Il faudrait ab-so-lu-ment que je réponde à un tel, que je téléphone à une telle... oui je me dis ça tous les jours depuis des jours, et... je remets sans cesse au lendemain...
Bon d'accord demain ce sera fait, promis juré! Je ressens déjà le soulagement des choses qui sont faites... et bien faites...

Il faudrait que je continue courageusement à écrire ce que je suis en train d'écrire... ce fameux projet qui me tient à coeur. Et j'ai toujours une bonne raison pour ne pas m'y mettre convenablement. Je planche un quart d'heure, parfois un peu plus et zouuuuuuuuuuu, je zappe. parce que je me dis que ce que j'ai écrit, c'est nul, trop sérieux, pas assez d'humour et de légèreté... moche et remoche, et que je reverrai tout ça demain, j'aurai nettement plus d'inspiration!
Bon d’accord demain je m'y remets sans me laisser distraire, et on verra ce qu'on verra!

Il faudrait que je reprenne une vie sociale et amicale, recevoir simplement des amis, aller à une expo ou au cinéma... mais voilà je peine encore trop (vue et santé) 
J'attends encore un peu pour reprendre une vie à peu près normale!
Là je suis sérieuse, je peine encore trop hélas...

Il faudrait que... et pourtant en gros ce sont des choses que j'aime faire... 
Comment elle me disait la technicienne de surface qui venait passer un coup de serpillière dans ma chambre de clinique:
"TOUT VA BIEN"
Merci M'dame, je pense souvent à vous


lundi 9 avril 2012

J'espère ne jamais l'oublier

Ce qui est difficile, c'est d'accepter l'épreuve dans la persévérance
Jour après jour
A recommencer à chaque moment
C'est épuisant
Surtout quand les choses dégénèrent lentement mais sûrement
Jusqu'où pourra-t-on affronter tout ça?

Depuis dix jours je replonge dans une santé déficiente: je peine, je souffle, je me calfeutre dans mon petit bureau, je déprime aussi
En même temps l'oeil continue sa lente descente vers l'opacité
Lire me devient très difficile
Ecrire aussi, je dois surveiller chacun des mots que j'écris
C'est épuisant, décourageant, inquiétant!

L'ophtalmo a constaté que l'état de mon oeil s'aggravait, la cataracte est arrivée à un point de non-retour
Seulement voilà on ne peut pas se presser, je prends encore bien trop de cortisone et depuis trop longtemps pour que l'opération soit sans risque
Et puis je n'ai plus que cet oeil-là! alors ça passe ou ça casse...

C'est programmé dans plus de deux mois
Je devrais me réjouir, je n'y arrive pas (pas encore... peut-être que je n'y crois pas...)
Oui, c'est vrai il y a une date, une échéance... il faudra tenir le coup pendant deux mois encore
Deux mois encore à me trouver en dehors de la vie
en dehors des blogs que je lis avec difficulté, que je ne commente quasi plus
en dehors de ma vie sociale qui me demande un effort de concentration de la vue que je ne peux tenir que peu de temps... être avec des amis avec les yeux le plus souvent fermés, et toujours au bord de la nausée (because médicaments!) n'a rien d'agréable

Parler de ses problèmes de santé finira par lasser
de même que vous partager mes questionnements existentiels, au sujet de la foi
Elle fait tellement peu partie des sujets de préoccupation des gens d'aujourd'hui, qu'on doit apparaître comme un extra terrestre quand on en parle

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J'ai pour la première fois depuis longtemps participé aux célébrations de la semaine sainte
La communauté de foi à laquelle je me suis jointe est spéciale: située sur le site universitaire, elle est composée  pour moitié d'africains, et le prêtre qui célèbre est l'ami aumônier des cliniques universitaires, qui m'accompagne depuis le début dans mes réflexions 

J'ai été sidérée (frappée de sidération) 
La cérémonie du vendredi saint qui dans ma mémoire a toujours été une cérémonie lugubre, grise, lente et morne, a été un moment de grande paix lumineuse, avec les chants pacifiants de Taizé, la croix couchée au centre de la chapelle, sur laquelle on venait si on le voulait, répandre des pétales colorées, comme on le ferait au cimetière, en venant se recueillir sur la tombe que quelqu'un qu'on aime

Pendant ces trois jours, je n'étais plus seulement Coumarine qui vit ses moments difficiles à elle, dans la solitude de sa maison et de son coeur, mais je me suis coulée dans un peuple en marche, un peuple dans lequel il y a tant de souffrants "vivants". Je ne suis pas seule, je me suis sentie participer à la grande solidarité des hommes et des femmes, des jeunes et des enfants (les tout petits circulent librement, sans vraiment déranger...). Ce fut un ressenti presque physique
C'était l'anniversaire du génocide au Rwanda, un certain nombre des participants sont des réfugiés et ont vu leurs proches tués devant leurs yeux avec une violence incroyable.
Et pourtant tous, les blancs comme les noirs ont chanté dans la joie
Une joie calme et profonde, qui ne s'explique pas, et qui n'a rien à voir avec l’exubérance des gens qui "s'éclatent"

J'espère ne jamais l'oublier...

mercredi 28 mars 2012

Un jour comme tous les autres (mais peut-être pas...)

Cela me fascine
Faut s'imaginer: ce matin, tu te lèves tranquille ou stressé, peu importe, ta tête est farcie des problèmes du jour, graves ou anodins. Tu fais ta toilette, tu déjeunes, tu ranges un peu, tu regardes tes mails, tu réponds, tu t'occupes des enfants, tu quittes ta maison.
C'est la ronde des gestes quotidiens. Comme d'habitude.
Et c'est ce jour-là précisément que "cela" va se passer... tu vas mourir!
Sans l'avoir voulu, sans l'avoir prévu. C'était pas marqué dans ton agenda! Ni dans celui de tes proches...
Comme ça, tout à coup ton coeur s'arrête de battre, ou tu te fais chopper par une voiture, ou n'importe quoi d'autre!
Inimaginable!
L'instant d'avant, tu aimais, tu stressais, tu réfléchissais, tu mangeais, tu déféquais, tu allais te promener, tu avais un programme que tu suivais ou pas, tu faisais ton sport, tu te disputais, tu avalais des bouquins, tu priais, tu aidais tes enfants à faire leurs devoirs....tu vivais quoi, tu vivais!
Et là, sans crier gare te voilà mort. Couché sur le sol de la cuisine ou sur le trottoir, ou au cinéma, ou...
Quand on te découvre, on te regarde avec des yeux exorbités, on n'ose pas te toucher ou au contraire on te secoue avec incrédulité, on t'appelle, on prend ton pouls, on appelle les urgences
Pas la peine, tu ne te réveilleras plus, c'est fini!
Difficile à croire!
Ou es-tu parti? Si vite, sans attendre personne...


Cela me fascine qu'un jour on se réveillera sans savoir que le soir même on ne vivra plus!
Il n'y a pas un jour où je me demande si c'est aujourd'hui que cela va se passer
Pour moi ou pour ceux que j'aime

NB 
1. le "tu" est un "je" camouflé, bien sûr!
2. Message perso: J'aimerais entrer en contact avec Natacha de Suisse. Je n'ai plus son adresse mail. Merci

vendredi 27 janvier 2012

Aujourd'hui, j'ai aimé...

-  les nouvelles rassurantes que j'ai reçues lors du contrôle à la clinique
- me faire mesurer mon taux de glycémie par ma fille infirmière dans cette clinique et m'entendre dire, avec toute sa tendresse: tout va bien maman... ton taux est dans la normale!
- échanger dans l'amitié (et le rire) avec un ami de longue date
- savourer un pamplemousse, particulièrement juteux... j'adore les pamplemousses juteux
- lire quelques pages de "Accueils" le journal IV de Charles Juliet: je me retrouve parfois tellement dans ce qu'il raconte de lui... quel homme sensible...
- échanger quelques mots au tél avec une autre de mes filles, qui s'est particulièrement inquiétée de moi durant tous ces mois 
- renouer avec le bonheur de marcher un peu dans le parc près de chez moi... respirer le soleil, écouter les barbotements des canards... mes pieds, mon corps qui se libèrent... je crois bien que je renais...
- fixer un RV avec une amie plus vue depuis mon accident de santé: on a plein de choses à se raconter, depuis le temps (six mois)
- prévoir un temps de tendresse avec les deux ainées de mes petites filles, on se gâtera, il y avait longtemps

Et puis quoi encore?
ah oui! les perce-neige poussent leur petite tête blanche dans le jardin...



dimanche 8 janvier 2012

Dites-moi...

Dites-moi
où s'en va le bleu du ciel quand les nuages squattent effrontément son terrain?
où s'évaporentles rumeurs de la circulation quand la nuit s'installe silencieuse ?
où s'envolent les paroles prononcées distraitement mais qui ont au passage égratigné la peau du coeur de celui qui les a reçues? Ou celles qui se cachent sur une page blanche?

où se perdent les petits bonheurs que vous avez égrainés avec tant de tendresse dans le billet précédent. 
et les rêves dont on ne se souvient jamais et qui reviennent pourtant, lancinants?
et le temps qui s'enfuit plus vite que son ombre? 

J'ai regardé dans la poubelle, je n'y ai vu que des épluchures banales. 
J'ai regardé dans le frigidaire, il n'y avait là que des choses bien ordinaires, du lait, du beurre, du fromage, mais pas de mots, pas de rêves, non plus que  le temps impudent qui s'enfuit sans demander son reste.
J'ai regardé dans mon tiroir à mini trésors secrets... rien, ni bleu du ciel (dommage), ni rumeurs de la circulation (tant mieux) ni paroles blessantes (idem), ni petits bonheurs (ah! si! je n'ai qu'à consulter mes commentaires... ouf!)

Je me suis rappelé que la vie est mouvante, qu'on ne peut conserver les moments privilégiés, comme s'ils étaient à posséder en serrant les poings, mais aussi que les instants de détresse finissent toujours par s'évanouir

La vie tourne et c'est tant mieux...

Photo Coumarine

mardi 20 décembre 2011

Dialogue sans paroles

Une enfant de la lune, solitaire, effarouchée, fragile...
Un personnage balourd  marchant à pas de bottines pesantes sur les chemins de sa révolte, ou de son ras le bol
Soudain, son regard accroche celui de l'enfant...

On pourrait craindre le pire... le genre de pire qui fait à juste titre s'indigner les gens, et condamner les coupables
Mais non...
Il y a juste comme une curiosité tendre qui se met à circuler dans les yeux de l'un à l'autre... de l'enfant lune, à  l'homme-qui-fait-un-peu-peur
Aller retour. Longuement.
A l'insu de tous...

Dans ce métro anonyme, il n'y a pas si longtemps, j'ai surpris ce dialogue muet et je les ai aimés...

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