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mercredi 20 juillet 2011

J'ai faim....

J'ai faim
J'ai toujours faim, une faim insatiable, une faim qui me prend le ventre, qui me brule la poitrine, qui frappe sans cesse à la porte de mon âme
Non, je ne suis pas boulimique, j'ai de la chance, beaucoup de chance, je sais l'enfer que c'est pour ceux et celles qui en souffrent

J'ai faim et j'ai beau manger, ma faim continue à me tirailler le ventre, l'estomac et surtout le coeur
Parce que je n'ai pas, plus qu'il ne faut,  faim d'aliments, de frites, de chocolat (si un peu, juste le chocolat noir) de viande, de légumes et de fruits, ou de mets fins et raffinés (que j'apprécie par ailleurs, mais pas tous les jours...)

J'ai toujours faim, mais de quoi donc si ce n'est pas de nourriture?
J'ai faim de contacts humains vrais, de dialogues où l'on essaie de communiquer avec sincérité, en jouant le jeu de la confiance mutuelle, j'ai faim de tendresse reçue et donnée, j'ai faim de me serrer dans des bras que j'aime, j'ai faim de donner et de recevoir de l'amour. J'ai faim de visages qui sourient...
J'ai faim de beauté, faim de regarder avidement des paysages amples, ouverts sur le grandiose, j'ai faim de la mer sauvage juste ourlée par les falaises, des plages au sable mouillé où seuls les pieds nus ont le droit de déposer leur empreinte, aux côtés des coquillages, qu'ils accompagnent avec respect..
J'ai faim de regarder les peintures colorées des impressionnistes et aussi les toiles de ma peintre préférée (dont je vous parlerai très bientôt) qui est l'auteur de mon avatar qui se promène un peu partout ici et sur vos blogs, cette petite femme en robe coquelicot regardant émerveillée l'oiseau blanc qui lui raconte des secrets d'humanité.
J'ai faim de musique quand, le casque sur l'oreille je peux m'immerger, de toute mon âme frémissante, et sans  peur aucune de me perdre (bien au contraire), tout au fond de cet univers si riche qui vient m'habiter tout entière, qui me couvre et m'enrobe dans un nuage de bonheur intense (et plus que ça, j'ai pas de mots pour décrire)
J'ai faim de silence habité, le silence de la nature, celui des lieux sacrés, le silence qui me parle de mon intériorité, mon principal professeur en ce bas monde. Il faut juste que je l'écoute, que je me taise et que je l'écoute, il a tant de choses à me dire

J'ai faim de Dieu je crois, mais je ne le sais pas, ou je ne veux pas le savoir... De toutes façons ce que je nomme Dieu est l'infini qui agrandit mon âme jusqu'aux frontières de l'humanité.



dimanche 15 août 2010

Je n'aime pas faire ma valise

J’ai du mal à quitter, à partir. Faire la valise m’est difficile, faire la valise c’est amorcer le départ, c’est déjà signer l’abandon de ma maison, de ma vie. Comme si je craignais qu’elle ne disparaisse au coin de la rue si je la quitte pour quelques jours. Alors je recule la corvée valise jusqu’au dernier moment. En soupirant trente-six fois. Comment dire à l’autre qu’on n’aime pas voyager ? Non c’est pas ça, voyager j’aime bien, quand je suis sur place. Ce qui m’est pénible c’est le moment précis où je pars, je quitte, je tourne le coin et perds le regard attentif que je garde sur la maison. Si je pars, elle se sentira seule, abandonnée. Comment peut-elle savoir que ce n’est que pour quelques jours?  Et si elle me devenait étrangère ? Et si elle me trahissait ? Et si elle m’en voulait ? Ne me reconnaissait pas ? Partir, c’est m’arracher, c’est arracher ma peau. C’est m’éloigner du centre de moi-même.

Alors, le meilleur moment dans l’aventure, c’est le retour. Déjà deux jours auparavant, je trépigne, je décompte les heures, je sens la maison qui palpite, qui m’attend, qui soupirera d’aise et de bonheur de nous revoir. Qui quittera son allure guindée et silencieuse de maison solitaire et mortifiée de l’être...
Un autre voyage, jubilatoire, commencera alors dans la maison quand j’ouvrirai les fenêtres au grand large, quand j’irai de pièce en pièce pour me réapproprier les lieux, pour reprendre possession de ma vie, quand j’ôterai les poussières de l’absence, quand je rangerai le linge lavé et parfumé aux fraîches senteurs de nos retrouvailles.

Je sais... alors que tout le monde aspire à partir en vacances... moi je préfère voyager dans mes livres...
Ou alors partir pas très loin et pas très longtemps... surtout pas longtemps!

Photo trouvée sur le Net

jeudi 8 avril 2010

La prison du langage

Il y a donc la prison du miroir, qui renvoie l'image avec assurance, définit précisément les formes et même les sourires, ne faisant aucune différence entre sourires qui étincellent et sourires constipés

Il y a aussi la prison du langage
Au moyen des mots, je peux construire des phrases à l'infini, je peux jouer avec elles jusqu'au vertige, deux simples mots peuvent changer le sens complet de mes phrases; par exemple: ne...pas,  transformant mes affirmations en négations, les transformant du tout au tout, du tout au rien...
Tu es là, je te vois.
Tu es là, je ne te vois pas.
Ça change tout, pas vrai? Deux petits mots de rien du tout...

Quelles sont donc les phrases qui diront ma vérité, vous savez bien, celle dont j'ai parlé,  ma vérité de l'intérieur, ma vérité qui m'élargit aux espaces de l'infini?
Derrières quelles phrases au contraire vais-je me cacher pour parler de la Coumarine que l'on aperçoit dans le miroir, celle qui paraît, apparaît, celle que l'on croit saisir; qui se laisse saisir avec un petit sourire en coin
Parce qu'elle sait bien qu'elle est insaisissable, que personne ne peut prétendre mettre la main sur elle. Que si elle se donne, c'est librement! On est bien d'accord? LIBREMENT. Don gratuit.

Oh! Voilà qui n'est pas très original.
Car on sait bien que personne ne peut s'emparer de personne
Et que l'on ne connait de l'autre finalement qu'un petit coin oublié d'une pièce bien calfeutrée


Peinture de Claude Théberge (comme ma bannière...)

mardi 6 avril 2010

Je ne suis pas celle de mon miroir

Je vis.
Je mange, respire, marche, accomplis au jour le jour les gestes ordinaires de ma vie ordinaire.
J'attends le métro, monte dans le métro, marche dans la rue, rencontre l'une ou l'autre personne, anime mes ateliers. Je fais au jour le jour ce que je dois faire.
Je lis, j'écris, je réfléchis sur ma vie, sur ce que je vis, j'écris penchée sur mon cahier, ou bien droite devant mon PC.

Je suis dans ma vie, au jour le jour, complètement immergée dans cette journée.
Je ne me vois pas.
Je suis à l'intérieur de moi. Ma voix, je l'entends dans ma tête. Je sais quand je souris, quand je ris, quand je baille, mais je ne me vois ni rire, ni sourire, ni bailler
Je vais vers l'autre. Je l'embrasse, me serre dans ses bras, prends un enfant sur les genoux. L'autre me regarde. Il me voit. Il voit que je suis bien ou mal coiffée, maquillée ou non, il voit mon dos, il voit mes fesses. Je vois ses yeux qui me regardent et me sourient, étonnés ou taquins, ou indifférents, ou distraits.
Moi, je ne me vois pas. Certainement pas mon dos, encore moins mes fesses. Juste le devant de mon corps quand je baisse la tête. Je me vois de l'intérieur de ma tête...

Soudain, tout change...
Je suis devant mon miroir de la salle de bain (Il est de bonne composition celui-là, par contre celui du coiffeur, il ne m'aime pas, oh non!)
Je vois là une personne. Une femme. D'un certain âge, avec des rides et des sillons. Avec un sourire, et des yeux que l'on dit pétillants.
Je sais bien que c'est moi. Je n'en doute pas une minute.
Impression étrange d'être projetée soudain en dehors de moi, en dehors de mon corps, de mon visage, à m'observer comme je le ferais de n'importe quel vis-à-vis.
C'est moi, c'est bien moi. Pas de doute. Et... ce n'est pas moi...
A l'intérieur je me sens différente de ce que je vois dans le miroir. Celui-ci m'emprisonne dans une image de moi que je ne suis pas sûre de reconnaître. Là je suis cadrée, je ne dépasse pas les limites de ce corps qe j'aperçois dans mon reflet
A l'intérieur de moi, au contraire, je me sens parfois si immense, sans frontières, sans frein, je peux partir et vagabonder où bon me semble, sans que nul ne le soupçonne. Je peux partir dans l'infini de mes espaces intérieurs, et je ne m'en prive pas...ou au contraire, me recroqueviller dans un tout petit coin de ma tête  lilliputienne toute petite toute petite. Ça dépend des jours. De mon humeur, chagrine ou joyeuse.
Mais tout est possible à l'intérieur de moi.
Le miroir me rappelle à l'ordre de ma taille, quelconque, objective, pas de rêve, pas de fantasmes, la réalité, le concret, le direct, le cerné.
Je suis moi et je suis moi, et ce sont deux personnes différentes

Celle qui écrit ici n'est pas celle du miroir...

Matisse

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