! Attention billet long...! Courage pour la lecture....;-))
1- Il était une fois un jeune couple ordinaire. Moderne. Famille reconstituée.
Un homme, une femme tentant de vivre au jour le jour la vie stressée d'aujourd'hui. Pas toujours simple; La lutte pour la vie.... Le fils de la jeune femme vivant avec eux une semaine sur deux. C'est vite dit, mais pas si simple que ça dans le quotidien...
2) Il y a deux ans et demi leur naît une petite fille. Blonde aux yeux bleus. Étrange quand la mère est d'origine tahitienne, cheveux noirs profonds, et de merveilleux yeux de jais (son fils aîné a son type). Elle, la petite Mandoline, tranche dans sa différence douce et inattendue: blonde aux yeux quasi bleus, très petite fille...
Tout n'est pas toujours rose. Le couple se cherche. Le travail les sépare. Ils leur arrive de vivre des moments de crise. Pour qui donc la vie est-elle facile?
Mais le chemin se poursuit. Entre ces deux (et leurs enfants) quelque chose de solide semble se construire. La vie est forte et se colore de beaux moments d'amour.
Quelques fois pourtant surgit la tentation de poursuivre chacun son chemin séparément. Mais un cheminement entrepris les rapproche. Ils le veulent, ils y mettent le prix. C'est une décision. Ne pas casser rageusement quelque chose qui pose trop de problèmes. Qui a dit que la vie était facile?
3) Puis s'annonce, décision voulue et souhaitée, le deuxième enfant du couple (le troisième en fait pour elle, vous me suivez toujours?). Le couple, comme pour Mandoline, souhaite absolument vivre la naissance comme un événement normal, entre eux, chez eux, assisté par une sage femme compétente et chaleureuse, aux petits secrets précieux pour faciliter les choses...
Ils ont certes la chance de vivre une grossesse normale. (je sais tout le monde n'a pas cette chance...). Ils refusent de médicaliser ce qu'ils ne considèrent ni comme dangereux, ni comme une maladie à entourer d'instruments sophistiqués dans une salle de clinique super équipée qui, ils le "sentent", va les "distancier" de leur ressenti physique et émotionnel.
Ils veulent vivre la naissance ensemble, moment après moment, le père bien présent.
Je le répète, il s'agit d'eux, tout va bien pour eux, je ne généralise pas, et il est prévu en cas de moindre pépin de filer à la clinique toute proche.
Mais ils sont confiants, se préparent dans la joie et la tendresse à accueillir ce nouvel enfant...
4) Deux semaines avant, coup de tonnerre dans le ciel bleu: la dernière échographie révèle une courbe de croissance qui s'infléchit : l'enfant semble de très (trop) petit poids. Le placenta ne laisse plus assez passer la précieuse nourriture. Le médecin d'un seul coup distille la peur. Il conseille l'accouchement provoqué à la clinique, sans vraiment réaliser les conséquences émotionnelles pour le couple..
Coup de bambou. Le rêve s'écroule. L'enfant semble aller si bien, il donne des petits coups de pied vigoureux que le papa s'empresse d'encourager. L'enfant se prépare de manière si normale à glisser dans la vie qui l'attend, tête déjà en bas, comme un grand !
Difficile pendant quelques jours de refaire confiance, de SE refaire confiance, de quitter la peur toujours si prompte à s'inviter!
Ils acceptent donc l'hôpital avec lequel leur sage-femme travaille en toute confiance réciproque. C'est une clinique qui possède une chambre de maternité conçue pour ceux qui comme eux, veulent vivre un accouchement le plus naturel possible, en pleine conscience.
Le corps médical qui a vu que tout allait bien, les laisse ensemble, se fait discret. Seule leur sage femme les accompagne durant la préparation. Ils ont emporté la musique douce qui les a accompagnés durant la grossesse, que l'enfant doit surement "reconnaître", et qui plonge doucement la jeune femme dans un état d'auto-hypnose (on opère maintenant sans anesthésie dans cet état...)
Et puis coulent et recoulent les vagues de la vie (ils évitent le terme de contraction). D'abord lentement, puis de plus en plus fortes, le moment est proche. Les vagues, ils les vivent main dans la main, yeux dans les yeux dans des moments de communion intense. Elle n'est pas écartelée les pieds dans les étriers. Elle est couchée sur le côté, accompagne la vague sans lui résister, les yeux rivés sur les yeux de son compagnon. C'est l'amour qui guide petit à petit l'enfant vers son premier cri.
5) La tête apparaît, cheveux tout noirs, il s'en va vers la vie du dehors. Son compagnon met la main droite en berceau pour accueillir son enfant à l'air libre, l'autre tient encore celle de sa compagne. Doucement, comme on lui a dit de faire, pour éviter la déchirure du périnée. Une dernière vague, accompagnée d'un cri quasi animal (de victoire) et voilà l'enfant "coiffé" que son père recueille dans ses mains émerveillées et qu'il dépose sur le ventre de sa compagne. Yeux dans les yeux, encore et encore: ils s'en est dit des choses à cet instant. Moment très très fort!
Puis le père coupe le cordon... c'est son rôle, lancer son enfant dans la vie...
6) L'après midi déjà, ils rentraient chez eux. Le père est allé chercher Mandoline à l'école et elle a fait connaissance avec le bébé, qui vivait hier encore dans le ventre tendu de sa mère et qu'elle caressait depuis tant de semaines.
Ce couple c'est celui de mon fils et sa compagne. Hier soir nous les avons vus et ils nous ont fait le cadeau de nous raconter cette naissance si précieuse, véritable témoignage je trouve. Ils étaient fatigués, certes, mais lumineux, rayonnants, amoureux. Quelque chose de très fort s'est passé là pour eux. Qu'ils n'oublieront jamais, qui les aidera à passer les moments plus difficiles j'en suis sûre.
7) c'est un petit garçon. Il pèse 2 kg 900 (et non 2 kg 500), selon les prédictions des machines.
8) je vous parlerai demain de son prénom, original évidemment...
(Je répète qu'un accouchement de ce type, ne peut s'envisager que si tout se présente dans les meilleures conditions, pas question de prendre des risques. Ceci n'est qu'un témoignage personnel et ne vaut que comme tel...)
Signé Coumarine, fière et admirative de son fils et de sa compagne, qui se sont conduits comme des adultes responsables
et enfin, je suis heureuse d'avoir pu VOIR mon merveilleux petit fils...
écrit avec l'accord de mon fils (et de sa compagne), qui a relu mon texte ...












