mardi 19 juillet 2011

Sur la plus haute maison de la ville

Je l'ai vu!
Il y a un silence perché là-haut sur la plus haute maison de la ville.
Ce silence se promenait d'abord sur les trottoirs, heureux et décontracté.
Mais il en a trop entendu.
Tellement qu'il est devenu sourd (enfin presque...)
A longueur de journée il  entendait des choses du genre abominable, qui lui ont donné froid dans le coeur, et des rhumatismes, et le nez qui coule sans fin.
Alors il s'est réfugié là-haut pour retrouver une respiration ample, à la mesure de l'immensité du ciel.
Mais le silence est un peu malade, tout courbatu, il est déprimé je crois, il s'est replié sur lui-même.
Il attend là-haut sur le toit de cette maison que le vent change enfin de direction
Il attend 
avec courage
détermination
patience
et même un peu d'espoir.
Un silence qui garde l'espoir, c'est pas beau ça?
Le silence tend l'oreille (forcément) il espère que dans la cacophonie des choses abominables, il entendra bien un ou deux murmures de gens qui s'aiment tout bas tout bas, sans le crier sur le toit
un ou deux mots qui caressent l'âme...des mots qui rassurent, consolent, des mots fleuris de tendresse et de paix

Alors le silence se mettra à sourire, car il n'aura pas de mots pour dire combien c'est beau...!

samedi 16 juillet 2011

Borderline

Chez Asphodèle, le jeu n°2 d'écriture de cette semaine... pas simples les mots, et surtout nombreux !


Les mots à intégrer  sont les suivants:
bouquin – bien – bout – beauté – bastingage – bambochade – bravache – barbare – banc – bambou – balivernes – byzantin – borderline – bébé – blanc(s) ou blanches (s) – bain.

Voici mon texte:

Elle ouvre le bouquin.
L'histoire démarre péniblement : il s'agit d'un bébé tout habillé de blanc, déposé sur un banc de jardin, mignon tout plein et gna gna gna, mais c’est nul ce truc, ce soir elle veut lire du hard, du coquin, du bravache, et même du barbare s’il le faut, alors elle tourne les pages rapidement, lit en diagonale..
Elle soupire, plus loin, c’est tout aussi nul, l’histoire est ridicule, ce soir elle voulait des histoires de seins aux bouts dressés dans leur beauté insolente, et pas que des seins d'ailleurs: elle voulait… oui, elle ose se l'avouer... elle voulait du sexe…

Soudain son regard est attiré par une ligne écrite en caractères plus grands, on dirait qu’elle est écrite juste pour elle, pour attirer son regard à elle toute seule. Elle relit lentement la phrase, en savourant chacun des mots:  près du pont de la rivière Zaïe, tout contre le bastingage de ce bateau de cons, de la coursive la plus haute, un homme pisse dans l’eau, le plus naturellement du monde, en présentant son sexe à la vue de tous, comme un fier bambou…Il pisse un long jet qui finit par s’évaporer quand il touche l’eau. 
Oh! Ça lui fait une fameuse impression, elle rêve un peu en lisant le passage...
Mais soudain elle sursaute.
Quoi...  comme un bambou ? Oh lala, mais ça devient intéressant tout ça…vite vite il  faut tourner la page… ça commence à devenir byzantin ce truc ! 

Elle a le ventre déjà en alerte, et pour bien profiter de sa lecture, se fait couler un bain aux senteurs de miel et de lavande, qu’elle réserve pour ses moments spécial bambochades chuuuuuuuut son mari n’en sait rien, son mari la croit sage...  balivernes, s’il savait…!
Essoufflée par le plaisir qui envahit son corps, elle continue sa lecture fébrilement : elle s’attend au pire, non!   au meilleur, de celui qui la fait frissonner des pieds à la tête…
Elle lit, et sa main s’est glissée là où c’est si bon d’être femme… le monde s’est arrêté, elle jouit de tout son corps. Terrible!

Borderline a affirmé le médecin de son ton docte et calme, quand deux heures plus tard, on l’a découverte inanimée dans sa baignoire rouge de sang… On ne sait ni quand ça commence, ni quand ça finit, c’est très embêtant, a-t-il ajouté en hochant la tête…


dimanche 10 juillet 2011

Les plumes de l'été

Gagnée par la torpeur de l'été... affectée pas les pauses diverses et variées qu'annoncent certains de mes amis blogueurs parmi les plus anciens.. claudiquant sous les affres d'un lumbago sévère, d'où moral pas très haut...j'ai quitté les couloirs de la blogosphère depuis  une bonne semaine, ce qui, vous en conviendrez, ne m'était pas arrivé depuis longtemps...

Jusqu'à ce que allant chez Clara... je découvre ce sympathique jeu d'écriture de l'été, mis sur pied par Asphodèle. Cela m'a rappelé des moments bénis ... ceux où moi même, durant 3 belles années, j'ai animé en ligne un atelier (Paroles Plurielles) qui a attiré en son temps pas mal de participants.

Je me suis donc amusée à essayer d'écrire suivant la consigne que voici donnée pas Asphodèle:


 Pour cette première édition, il s’agit de mots en A :
allergie – astre – affriolant – arbre – anagramme – accident – artifice – abricot – abandon
Voici donc mon texte:


Elle se dandine et sa jupe virevolte. Et chaque fois que tournent ses hanches, sa jupe s’envole et l’on peut voir sa petite culotte de fine dentelle blanche, se dévoiler dans la sensualité et l’abandon de ses gestes.
 Elle le fait exprès. Elle est un peu folle, je veille sur elle, mais elle ne s’en rend pas compte. Enfin, je crois. Sa culotte blanche affriolante, capte les regards des passants stupéfaits qui se demandent un moment ce qu’il faut faire. S’il faut signaler à la police cette fille échevelée qui danse sans musique. Les braves gens sont allergiques aux gestes fous. Sous la jupe qui danse sans fin, la culotte blanche épouse parfaitement les fesses rebondies, répondant en miroir à la rondeur de l’astre de la nuit qui se pend tous les soirs dans le ciel d’encre, sans jamais se décider à mourir une bonne fois. La fille éblouit les regards, appelle la convoitise des hommes. Éveille l’allergie des bien-pensants outrés par cette danse ravageuse qui appelle à la débauche. Les bien-pensants pensent toujours comme ça, c’est normal, ils sont aveugles et sourds à la beauté des gestes inutiles, des danses en dehors des fêtes, en dehors du temps, des danses rien que pour la lune. Les bien-pensants ne regardent pas la danse, ils font des anagrammes ou des mots croisés, blottis dans la chaleur de leur canapé. Sans s’avouer qu’ils brûlent du désir de toucher, de pincer le tendre abricot qui se dessine sous la petite culotte en dentelle blanche. Les bien-pensants ont toujours des pensées de ce genre.

Que fait-elle là ? Elle ne sait pas. D’ailleurs d’où vient-elle ?  Elle ne sait pas. Juste cet arbre à ses côtés dans la grande avenue qui lui murmure dans la nuit des mots de tendresse, tout autant que de solitude cruelle..
Et moi, je suis là à l’attendre, comme le fêlé que je n’ai jamais cessé d’être. Elle ne m’accorde aucun regard, ne se tourne jamais vers moi, malgré mes petits soupirs discrets, maigres artifices pour la sortir un moment de sa transe. Je veille sur elle qui a laissé sa mémoire dans l’accident stupide qui nous a vus tous les deux  seuls rescapés d’un enfer de tôles.
L’enfant..
Mais elle ne sait plus rien, elle danse tous les soirs à la même heure sa danse initiatique et demande à l’arbre de vie de lui parler de son enfant...
Et moi, tous les soirs, au bout d’une heure, j’ai peur pour elle et je hurle à la mort, j’aboie de toutes mes forces de chien fidèle, je l’oblige à sortir de son rêve éveillé. Alors elle agrippe mon collier, me caresse la tête distraitement, et nous rentrons penauds tous les deux, dans son petit appartement au coin de la rue.




samedi 2 juillet 2011

Ateliers d'écriture et blog

La semaine dernière, j'ai animé mon dernier atelier de l'année... Les ateliers d'écriture reprendront au début  d'octobre...
Trois mois sans animation donc. Je ne sais pas trop ce que ça me fait. Soulagement? Envie de souffler? Peur d'un certain ennui?
Je participerai moi-même à deux ateliers ponctuels: nécessité de "recyclage", de découvrir d'autres façons d'animer, d'autres thèmes, forcément bien différents de ma façon de faire. Je ne veux pas m'enfermer dans ma seule façon de faire, j'ai encore bien d'autres choses à découvrir, et j'aime ça. J'en prendrai ce qui me convient...
Certains animateurs ont une culture générale incroyable, sont passionnants, mais prennent pas mal de place.
D'autres comme moi, donnent priorité aux participants, les invitant à découvrir par eux-mêmes les points forts et les points faibles de leurs textes. Je suis la plupart du temps émerveillée de la lucidité dont ils font preuve quand il s'agit de s'interroger  sur ce qu'ils font, pour autant qu'on les y invite avec respect.. 
Et bien sûr, j'ai cet espèce de 6ème sens qui me fait pressentir ce qu'un texte pourrait devenir s'il était retravaillé dans telle ou telle direction...réorganisé, remanié dans le sens de ce que l'auteur a vraiment voulu dire... une seule question suffit parfois pour lui en faire prendre conscience... et que ça fasse tilt.
J'aime énormément faire ça, je sais que j'ai cette intuition qui me permet de saisir l'essentiel d'un texte et même de la personne, parfois simplement en la regardant lire son texte... le corps parle énormément!
Je me sens alors comme une sorte d"accoucheuse", de "sage femme"... (oups ça fait pas un peu prétentieux de dire ça?)


***********
Trois mois sans ateliers donc... mais paradoxalement bien remplis de toutes sortes d'activités, de rencontres en tous genres...
Pourtant j'ai l'impression que l'engourdissement des vacances envahit quelque peu la blogosphère que je fréquente, des blogueurs que j'apprécie "pausent" leur blog. Annoncent carrément sa fin programmée.
Parmi eux de très anciens blogueurs, qui m'ont accompagnée dans mes tout débuts (il va y avoir 7 ans). Les voir quitter leur blog me fait de la peine, comme si je perdais des amis précieux, je me sens un peu seule de continuer le chemin, même si de nouveaux blogueurs sont venus depuis enrichir la liste de blogs que je lis. 
J'ai la nostalgie de mes débuts, cette période où tout était nouveau et enthousiasmant, où on se connaissait tous... j'ai raconté cette période des débuts, ses richesses et ses écueils dans Tout d'un blog (2008)
L'envie par moments me prend d'en faire autant, de quitter, de pauser (j'ai cette envie depuis six mois au moins) de reprendre souffle, de consacrer plus de temps à la lecture, au cinéma, aux amis, et surtout surtout à l'écriture au long cours.
Mais écrire ici dans le court et le ponctuel me plait beaucoup. Et me convient à merveille. 
Alors je laisse en suspens ma réflexion sur l'avenir de ce blog... je prends les choses comme elles viennent, au jour le jour... On verra bien...

mercredi 29 juin 2011

Une leçon d'émerveillement

Hier soir
Un orage impressionnant secoue ma ville (et le pays un peu partout)
Des rafales de vent, la pluie qui dévale en force la pente de la rue, venant sauvagement s'engouffrer dans la pente de notre garage, pour s'infiltrer par jets en dessous de la porte... Tout sera une fois de plus inondé!

J'ai peur de l'orage, peur de ce vent sauvage qui secoue les arbres, forçant les branches à plier, parfois à se casser, c'est arrivé plusieurs fois...
J'ai peur de cette force qui ne connait plus sa force et qui peut faire tant de dégâts, ravager tout en un instant.
J'ai peur de la rage blanche des éclairs qui fendent le ciel dans de sinistres craquements...
Hier l'orage était impressionnant. Hier comme chaque fois, je faisais les cent pas dans ma maison, guettant le  bruit assourdissant de la pluie qui venait s'écraser à grosses gouttes rageuses sur les vitres des velux, avec un bruit de castagnettes, sursautant à chaque décharge aveuglante de ces dentelles électriques.
Hier comme chaque fois, j'ai occulté les fenêtres pour ne pas voir les dangereuses lueurs blanches qui venaient à tout moment éclairer les pièces de leurs sinistres zébrures..

Ce matin, je lis sur le net qu'une région de Belgique a été particulièrement touchée par les orages: inondations généralisées, avalanches de boue dans les rues...

Ma fille, la mère de la petite Sarah habite la région touchée.
Vite, vite, le coeur battant je lui téléphone, besoin de savoir que tout va bien.

Oui, tout va bien. Ouf.
Et puis ma fille me raconte tranquillement qu'elle a passé la soirée avec son bébé dans les bras, derrière la grande fenêtre pour regarder les éclairs déchirer le ciel... et disant à sa petite fille, si petite encore, blottie contre elle:
"Regarde comme c'est beau...  impressionnant et grandiose... regarde... c'est si beau...

Ma fille m'a donné ce matin une leçon d'émerveillement...

image empruntée au Net

dimanche 26 juin 2011

Je tousse, je crache, je cornichonne

Impossible d'écrire encore un mot... impossible!

gorge nouée, plume emprisonnée, je tousse, je crache, je cornichonne

dix fois que j'ai commencé à écrire, dix fois que j'ai effacé, un mois que ça dure (si pas plus)

je suis en train de me perdre je ne sais plus quoi écrire qui me corresponde et qui serait lisible par les gens, je ne me donne plus le droit à l'écriture ici ou ailleurs. On dirait que je suis punie ou alors que je me punis moi-même de je ne sais quel crime. Je suis une grande coupable c'est sûr

Ecrire pour renouer avec le plus profond de moi, ce qui en moi vibre aux mots et aux sentiments qu'ils contiennent... au secours je sais plus le chemin, j'ai égaré la recette. Mon ventre se creuse de faim, de soif, ça me fait mal d'être en panne d'écriture, je deviens quoi sans les mots? 

Quand j'écris d'habitude, je me sens fiévreuse, une fièvre qui ressemble à une montée  vers l'orgasme, je me trouve quasi en dehors de moi, ou alors tellement en moi que je peux contacter ce lieu de force intense et un peu effrayante. J'adore. Une petite mort, une plongée dans le néant ou dans l'infini, j'abandonne tout contrôle, je coule dans les eaux inouïes de mon moi animal
Fabuleux. Pas besoin de drogue pour y arriver, juste me mettre à taper les mots

Or j'ai perdu le lien, perdu le sens, perdu la voie, perdu MOI.

Bon, ça fait quatre minutes que je suis sur cette page et je vois déjà la fin du chemin, lasse, fatiguée, je vais clôturer en hâte, plus rien à dire, sinon des mots qui tournent comme des petits playmobils que je manipulerais sans conviction

Impossible même d'écrire une quelconque petite histoire qui me sauverait de la page blanche. Tout me semble vain... d'ailleurs aucune idée intéressante ne pointe son bout du nez, d'ailleurs les gens ne viennent pas sur les blogs pour lire des histoires, ils ont les livres pour ça.

Donc voilà!

C'est rigolo!

J'ai commencé à taper sur mon clavier avec rage que plus rien ne venait, que j''étais desséchée comme une vieille pomme et petit à petit les mots se sont mis à s'inscrire, comme malgré eux (moi) sur l'écran

Evidemment c'est un peu un billet pour rien: écrire qu'on est incapable d'écrire, et écrire quand même un billet pour dire ça... ;-))

mercredi 22 juin 2011

Où vont les mots qui n'ont pas été écrits/parlés?

Où vont les mots qu'on n'a pas pris le temps d'écrire, et que l'on a gardés dans des demains qui ne verront jamais le jour?
Où vont les mots qu'on n'a pas pris la peine d'écouter -vraiment-, alors qu'ils se dessinaient timides sur des lèvres aimantes?
Où se sont évanouis les regards qui tentaient en silence de se communiquer l'indicible?
Où vont les gestes esquissés qui, découragés, se sont arrêtés dans leur élan?
Où vont les rêves que l'on n'a jamais pris la peine de regarder en face?
Où vont les projets qu'on s'est contenté d'imaginer?
Où se cache l'avenir qu'on  a oublié de mettre au monde dans un présent persévérant?

J'ai retrouvé cet après-midi plein de mots, de regards, de gestes, de rêves, de projets oubliés. Ils se cachaient, écrasés tout en bas d'une pile énorme de choses très sérieuses, de celles dont il faut s'occuper en priorité dans ce monde opportuniste et sans âme.
Je les ai pris dans mes mains, un peu incrédule de les retrouver entiers, mais si fragiles, usés par l'attente...
Je les ai caressés doucement, tous ces mots, ces regards, ces gestes, ces rêves, ces projets abandonnés, oubliés, aplatis lamentablement par le temps.
Je crois bien, sans pouvoir le jurer, qu'ils ont repris espoir... oui, je crois bien.

Bogdan Prystram
..

lundi 20 juin 2011

Belles, belles, belles comme le jour...

L'une est une petite fille volontaire (oh! combien!)
avec un visage d'ange venu d'ailleurs
avec des yeux bleus en amande
et des cheveux flous, caressés par un vent léger
Elle est faite de musique, son nom est Mandoline..
Son papa (mon fils) est un petit peu (oh! juste un peu, pas vrai toi?) fou d'elle!
On va dire... carrément fou d'elle...


L'autre est le bébé tant attendu, née il y a un mois et quelques jours...
Sarah au nom biblique,
Sarah déjà si attentive et curieuse du monde qui l'entoure...


Et moi, la mamie de ces deux petites filles, des cousines qui apprendront à se connaître, à s'apprécier (deux ans et demi les séparent), pour une fois, je ne peux  résister à la fierté et au simple plaisir d'en faire mes héroïnes du jour...
N'hésitez pas à cliquer sur les photos pour les voir en plus grand...

samedi 18 juin 2011

Folie bienheureuse...

sans dessiner une seule virgule
plongée dans le clavier noir qui m'obsède
qui m'oblige à le frapper comme une forcenée
secousses cahots sueurs froides
remous verrous qui sautent

je te parle tu m'écoutes
tes idées de géant serrées contre toi
puis en offrande vers moi
mes idées de libellule qui volètent
à la sauvette au hasard de mes songes virtuels
avec quelques larmes des fois
un vol de larmes c'est étrange c'est beau

faut que je mette mes lunettes cerclées de passion
pour déchiffrer sur l'écran les mots de feu (de fou)
je suis un peu folle je dis
tu es d'accord tu aimes cette folie
toi tu cherches l'éclipse
toujours une lune d'avance
moi je t'abandonne mes fioritures
et
et
plein de choses encore
qui ne se trouvent ni dans les sacs
ni dans les valises

emmêlée dans mes cheveux en fête
j'écris
mes mots se suivent en cadence désordonnée
comme des petits soldats rebelles et audacieux

Je suis amoureuse de la vie


photo Coumarine

jeudi 16 juin 2011

Quand on est seul(e) à se mouiller...

Ça vous est-il déjà arrivé de vous rendre vulnérable, de dire quelque chose de vous, en croyant que les autres du petit groupe allaient suivre, comme c'était prévu et comme demandé?
Vous vous êtes lancée la première, parce que vous êtes une fonceuse, pensant que d'autres allaient suivre, mais vous vous retrouvez finalement la seule à parler.
Les autres se sont entortillés dans leur silence...

Alors vous vous sentez mal,  vous vous sentez trompée, trahie, enfin quelque chose de ce genre...
Vous avez loyalement voulu jouer le jeu, vous avez exprimé non pas tant vos pensées (impersonnelles) que vos ressentis (personnels) mais vous avez été la seule à le faire...
Les autres se sont tus, personne n'a rien partagé.
Ils se sont tous contentés de vous regarder...

Cela m'est arrivé ce matin et je sens encore la brûlure de quelque chose qui ressemble à de l'humiliation... comme si d'avoir été seule à dire quelque chose, je m'étais rendue impudique...


Léon Spilliart

mercredi 15 juin 2011

Comme ma poche...

Il faut bien se rendre à l'évidence: les gens qu'on aime, ne sont pas forcément à l'endroit où on pense les trouver 
Forcément.
Car les gens qu'on aime (et les autres d'ailleurs) ne se réduisent pas à notre poche.
Pourquoi je dis ça?
Vous savez bien à cause de: toi je te connais comme ma poche
ou:  comme si je t'avais fait!

Les gens qu'on aime (et les autres) sont radicalement autres
Et pas une projection de moi
Ou de mes désirs, ou de mes opinions tranchées sur ce qu'ils sont ou doivent être ou devraient être.

C'est enfermer quelqu'un dans une étiquette et on sait bien que l'étiquette est étroite et qu'elle colle...
elle colle... elle emprisonne...

Les gens qu'on aime sont à la fois très proches mais en même temps très lointains.
Etrange paradoxe...

Moi non plus à vrai dire, je ne suis pas là où l'autre s'attend à ce que je me trouve
A la fois là, mais parfois très loin, sans que l'autre le sache et ne s'en rende compte


vendredi 10 juin 2011

Deux petites questions

J'aimerais que vous m'apportiez vos lumières:
Il y en a parmi vous qui malgré leurs tentatives désespérées (!) n'arrivent pas à poster un commentaire...
Faut-il absolument avoir un compte G**gle pour pouvoir poster sur les blogs de blogger?
Comment font ceux qui postent sous "Anonyme"?
Je dois dire que je m'arrache les cheveux pour essayer de leur venir en aide
Mais forcément ils ne pourront pas se manifester puisqu'ils n'arrivent pas à commenter... snif

Une autre question:
J'ai fait en sorte de supprimer toute pub intempestive...
Pourtant il parait aussi que certains (rares je crois) "reçoivent" de plein fouet une belle pub dès qu'ils ouvrent mon blog
Est-ce le cas pour vous?

Merci beaucoup de répondre
Vous êtes formidables...

mercredi 8 juin 2011

Ordre au temps qui passe!

Et quand on ne se "dépose" jamais vraiment sur aucun moment de sa vie, tout à coup on réalise qu'on est dix ans plus tard (et peut-être même bien vingt...)
Ces années précieuses comme des diamants ont filé à l'anglaise (tiens, ça vient d'où cette expression?)
On n'a pas vu passer le temps, se dit-on en hochant la tête, le coeur un peu consterné.
Où donc est ma vie, répondez si vous le savez...!
C'est quoi cette manie de laisser le temps décider pour moi?

Alors je suis un peu fâchée
Alors je dors pas bien pendant une nuit ou deux, tracassée par ce problème existentiel, consternée par ce temps qui passe sans que je le lui permette
Et je trace dans mon agenda en couleurs et en grand mes ordres à donner demain et après, à ce foutu temps qui n'en fait qu'à sa tête grrrrrrrrrrr
Alors je dors bien une ou deux nuits rassurée de me montrer forte et déterminée...
Et puis... et puis... et puis... le temps passe... il passe....il passe... il passe...pffffffffffffff

Bon on ne rit pas là au fond...
Françoise Collandre

lundi 6 juin 2011

Un tam tam assourdissant

Les pensées aléatoires battent leur plein, elles se déchaînent dans un tam tam débridé et chaotique.
Forcément les faits et gestes sont nerveux, saccadés et bâclés (enfin le plus souvent).

Passer sans cesse d'une chose à une autre, 
de la plus intelligente et nécessaire à la plus stupide et inutile.

Je fais je défais je vais je viens je reviens je repars je range je dérange je dis un mot je n'achève pas ma phrase je pense déjà à autre chose j'allume la radio je change de programme j'éteins la radio je prends un livre je le feuillète je soupire je le dépose j'en prends un autre je te parle je t'interromps je t'écoute à peine je pense à autre chose en t'écoutant je suis distraite par des pensées n'importe quoi je me dépêche je te dis de te dépêcher je plie le linge je m'énerve je me répète de ne pas m'énerver comme ça je prends la voiture je fais quelques courses j'oublie d'aller chez le pharmacien je prépare le repas je réponds au tél j'envoie deux sms je flâne à ne rien faire je fais dix choses à la fois je laisse tomber un bol je râle je ramasse les morceaux j'oublie ce que je suis venue chercher...
etc
Je vis comme en dehors de moi... un peu fatiguant quand même, c'est comme si je me poursuivais sans cesse, sans me rattraper jamais... de quoi être hors d'haleine... hors d'atteinte, ne plus savoir qui on est et ce qu'on fait ici

Spécialiste du tout faire vite bien et surtout efficace, je survole à une allure effrénée la plupart de mes  moments de vie, sans vraiment me poser sur eux. Je perds possession de moi-même et je ne le sais pas. Mon âme est très loin derrière moi, haletant de ne pouvoir me rattraper

Jusqu'au moment où une phrase lue ou entendue quelque part m'atteint de plein fouet.
Groggy, je suis bien obligée de m'arrêter net, de respirer posément et de regarder enfin le chemin que j'emprunte sans même m'en rendre compte, un chemin qui m'emmène là où je ne voulais pas spécialement aller...
  
image du net sais plus l'auteur

samedi 4 juin 2011

De l'autre côté du miroir

Un jour tu as su -enfin- ce que tu avais à être
et tu t'y es mise, patiemment...
Autour de ta vie, mille voix pour te hurler leurs demandes aiguës,
leurs conseils qui prétendaient tout savoir mieux que toi
des voix qui t'agrippaient dans les fers de ton esclavage.
Tu n'as plus écouté, et même tu t'es bouché les oreilles,
seule façon d'entendre la seule voix qui compte
celle qui parle au plus profond de toi

Il était tard, la pluie giclait sur les fenêtres dans un bruit têtu et féroce
Mais toi, la nerveuse, étrangement calme, tu restais là,
à contempler ta vie devenue soudain aussi large que l'océan
Tu étais simplement passé de l'autre coté du miroir
celui où Alice rencontre ceux qui lui parlent en vérité
même si leurs mots sont de mystère,
surtout s'ils le sont!

Tu étais tranquillement déterminée à affronter désormais
l'unique chose qu'il était capital de faire
déterminée à sauver la seule vie sur laquelle tu avais encore prise
Il te suffisait d'être là
de parler s'il le fallait
de te taire s'il le fallait
de regarder le temps passer et les gens s'agiter
en te disant qu'il n'est pas nécessaire de participer à cette folie pour vivre
pour t 'immerger dans les eaux de ta naissance

Koen K.

lundi 30 mai 2011

La huitième planète

La planète suivante était habitée par un petit garçon aux yeux bridés.
Le petit prince se présenta poliment:
- Bonjour, je suis le petit prince, et toi, qui es-tu? demanda-t-il à l'enfant pensif, assis sur un banc.
- Je m'appelle Phu Ly, je suis d'origine asiatique, répondit l'enfant
- Que fais-tu là? interrogea le petit prince.
- Je recherche mes parents biologiques, répliqua le garçon, d'un air soucieux.
- Que veut dire parents biologiques? s'informa le petit prince.
- Ce sont les personnes qui m'ont conçu, expliqua Phu Ly.
- Où vas-tu les chercher? s'enquit le petit prince.
- Je ne sais pas, il n'y a personne ici, reprit l'enfant.
- Veux-tu venir avec moi sur une des planètes que j'ai déjà visitées? proposa le petit prince
- Oui, je veux bien, acquiesça le garçonnet, en hochant la tête. Où allons-nous?
- Sur la terre, suggéra le petit prince
- On part quand? demanda Phu Ly, très impatient.
- Quand tu le désires, mais avant la tombée de la nuit.
Le petit prince prit la main de l'enfant asiatique et partit avec lui vers la planète terre.

Je ne comprends pas que des parents abandonnent leur enfant, pensa le petit prince, durant le voyage...

Ce texte est un devoir de composition fait par mon petit-fils N. (12 ans)
Les enfants devaient imaginer que sur une 8ème planète, se trouvait quelqu'un qui avait  une quête...  chacun devait  inventer la sienne...
Mon petits-fils est adopté et d'origine vietnamienne.. le nom qu'il a indiqué est son nom vietnamien.
Ce texte qui a ému ses parents adoptifs (ma fille ainée), son professeur et ses copains de classe, et moi aussi bien sûr, prouve s'il fallait encore le démontrer, que chaque enfant adopté est, qu'il le reconnaisse ou non, à la recherche de ses origines, même s'il est heureux dans sa nouvelle famille.
On a tous besoin de savoir d'où l'on vient et cette quête est parfois très douloureuse pour certains

Rechercher ses origines est une démarche saine, que ma fille, elle aussi très émue par le texte de son petit bonhomme, a parfaitement comprise. Elle a compris le plus important, c'est que cette quête n'est pas reniement  de l'amour que l'enfant reçoit dans sa famille adoptive

De plus mais c'est tout autre chose, j'ai été sidérée par les qualités littéraires de ce texte écrit par un enfant de 12 ans. Le professeur avait simplement donné quelques verbes "de dialogue" pour varier les répliques, comme demander, s'enquérir, proposer, suggérer, interroger, répliquer...
Ce texte est remarquable dans sa belle simplicité, et l'enfant en dit long sur lui...
N. est mon petit prince à moi, petit prince aux cheveux d'ébène

dimanche 29 mai 2011

Donnez-lui la passion

Lynda Lemay par la force des choses, voyage beaucoup.
Un jour, alors qu'elle survole l'Atlantique, son avion tangue dans des trous d'air impressionnants.
Elle se dit que son avion pourrait bien tomber là au profond de l'océan..
Alors elle pense à sa fille... se demande ce qu'elle deviendrait, privée trop tôt de sa mère.
Et elle écrit une chanson, sorte de testament  qu'elle adresse au Dieu qu'elle prie bien souvent
Je vous offre cette chanson magnifique, aujourd'hui jour de la fête des mères en France. (En Belgique c'était il y a 15 jours)
Et moi dont les enfants sont déjà des adultes, je leur dédie aussi cette chanson, parce que eux sont de jeunes parents et que ce que Lynda Lemay souhaite pour son enfant, je le leur souhaite de tout mon coeur, tant à eux qu'à leurs petits...

La passion, c'est bien le courage de vivre, quand même, malgré tout, malgré les brisures de la vie...malgré ses douleurs, que en dépit de notre amour de mère, on ne peut pas éviter à nos enfants...

jeudi 26 mai 2011

Miracle dans le métro

Une vieille dame.
Elle est là, devant moi, assise dans le métro.
Elle est là, son corps est là, fatigué, comme découragé, mais son âme voyage. Quelque part. Dans ses souvenirs peut-être, ses malheurs d'autrefois ou ses soucis d'aujourd'hui.
Son voyage semble amer. Ou préoccupé. Ses yeux sont à l'intérieur d'elle-même, devenus fentes étroites qui cadenassent le négatif qui l'agite. Ses lèvres ont disparu dans ses rides...

Soudain un brusque coup de frein. Les voyageurs tanguent de droite à gauche, puis de gauche à droite. Et voilà qu'un jeune très djeune a cogné la vieille dame. En lui marchant sur les pieds.  Le regard de la dame se lève vers lui, déjà indigné, déjà courroucé, déjà fusil qui va tirer...
Mais le djeune lui sourit de toutes ses dents superbement blanches dans son visage d'ébène et s'excuse, lui demande gentiment si tout va bien, s'il ne lui a pas fait mal, si...
Plein de gentillesses comme ça...
Et alors, j'ai vu le miracle, un vrai petit miracle que le Métro, journal gratuit distribué aux voyageurs, ne mentionnera pas dans ses colonnes: j'ai vu les yeux de la vieille dame s'ouvrir et redevenir des yeux vivants. J'ai vu un sourire habiter son visage ridé.
J'ai vu une dame âgée redevenir belle.
J'ai vu des éclairs de lumière, presque de tendresse passer entre ces deux personnes que rien ne destinait à se rencontrer.
Et j'ai souri, mon visage et mon âme ont souri. Et mes yeux se sont sûrement agrandis d'un éclair de bonheur
C'est peu, c'est presque rien
Mais j'ai voulu vous partager ce presque rien...
Picasso

mardi 24 mai 2011

Toute seule devant mon repas

hier matin, j'avais la joie au coeur
car comme tous les trois mois j'allais me rendre à mon RV avec une amie qui m'est chère..
Vite vite faire les gestes quotidiens et nécessaires, ranger un peu par ci par là, regarder une lessive me demandant si j'aurais le temps de la repasser... vite vite me préparer, et partir la rejoindre dans le petit resto qui est devenu le nôtre
RV fixé comme d'habitude, à 12h30', la première arrivée s'installe et se prépare le coeur, rassemble dans sa tête tout ce qu'il y a à se partager, le futile et le reste.... hier je voulais lui parler un peu de mon vécu à Hurtebise que j'ai évoqué en quelques lignes dans mon billet précédent...
Bien installée sur la terrasse au soleil, je déguste le coeur un fête mon petit verre de vin..

Tiens, aujourd'hui elle est en retard. En général, j'arrive toujours la première, j'ai l'habitude de l'attendre donc, je ne m'en fais pas plus que ça... j'attends donc le coeur toujours en fête, mais le verre est presque vide, parce qu'elle est maintenant très en retard


J'ai attendu une demi-heure et elle n'est pas venue.. Sans portable, il n'y avait pas moyen de la contacter. 
J'ai commandé mon repas, que j'ai avalé seule, en regardant autour de moi, les gens, leurs sourires ou leurs tronches, essayant de deviner leur vie, comme je fais toujours.

Mais hier j'étais inquiète, sans nouvelles de la part de mon amie, j'espérais que rien de grave ne l'avait empêchée de me rejoindre. 
Et puis un autre sentiment s'est glissé insidieusement en moi, un sentiment que je connais et que je redoute: je me suis sentie abandonnée. Je n'en menais pas large, moi toute seule devant mon  repas qui du coup n'était plus du tout appétissant, mais qu'est-ce que je foutais là?
Oh ! je savais bien sûr que m'attendrait tôt ou tard l'explication...mais ce sentiment a surgi avec une telle force en moi que je ne pouvais pas l'ignorer, et je l'ai regardé en face avec un étonnement.un peu douloureux de me rendre compte que je n'en suis QUE là...

Dans le soleil, j'étais bien, et pourtant... elle m'avait peut-être lâchée, et même si au niveau des pensées rationnelles je savais évidemment qu'il n'en était rien, mes sentiments profonds étaient pourtant là, à me répéter mon vieux refrain: toi tu es quelqu'un qu'on abandonne...
Je me demande si on guérit jamais de cela, j'ai fait tant de chemin en ce sens, et il suffit parfois de trois fois rien pour que pfffffffffffffffffffft tout revient en force me grignoter...

Bien sûr j'ai eu l'explication le soir même... rien de grave, mais...
Je me sens parfois si vulnérable, si peu adulte, si peu sereine: une écorchée vive
Ce sentiment d'abandon remonte à loin loin loin... est-ce qu'on guérit jamais de ça?

Et cette nuit j'ai été dérangée... j'ai vomi, ce n'est quand même pas innocent tout ça, non?
J'en ris moi-même... je vous jure


peinture David Ho

lundi 23 mai 2011

Mannick tout simplement

Je vais vous parler d'une femme, une femme solidement ancrée sur le sol des vivants.

Sa voix module des accents rocailleux ou veloutés. Avec des élans de poésie dans l'extrême comme dans la douceur...

Dans les plis de son sourire se sont creusés les sillons de toutes les détresses du monde et Dieu sait s'il y en a: elle les pleure, elle les hurle, elle les gémit, elle les célèbre: elle nous bouscule, elle oblige à l'essentiel. Elle évoque dans ses chansons tous les grands problèmes de la société et du monde qui  nous feraient des fois dériver vers le désespoir ou alors, oui, vers l'indifférence: c'est plus simple et il faut bien survivre...

Elle chante son désir inassouvi de Celui qu'elle ne peut nommer, et en cela je me retrouve sa soeur en humanité. Car comme elle, je le désire, sans oser me l'avouer; comme elle, je ne le nomme pas, trop abimé qu'il est sous le poids des religions qui l'ont à ce point défiguré qu'il est devenu méconnaissable, cuisiné à toutes les sauces, de préférence les plus cruelles ou les plus stupides.

Elle chante aussi ces femmes déterminées et courageuses de la Bible ou de l'Évangile, avec une tendresse particulière pour celle qui nous ressemble tant: Marie Magdalène, l'amoureuse inconditionnelle si fragile et si forte à la fois. 
Et une fois encore, je me suis retrouvée leur soeur en humanité.
Et mon coeur a pleuré en entendant les paroles de ces quêtes douloureuses d'amour, qui parfois cible si mal le désir d'aimer et d'être aimé

Mannick que je connaissais sans la connaître, que j'avais cataloguée dans le registre des chanteuses catho  avec tout ce que ça suppose comme mièvrerie sucrée...
Mannick une femme vraie, qui chante le coeur et au coeur des choses et des êtres... 

J'étais à Hurtebise ce WE, et je l'ai entendue en concert. Moment de grande émotion...
A Hurtebise, nous étions un petit groupe autour de Gabriel Ringlet (l'écrivain prêtre dont j'ai déjà parlé) qui nous parlait du Souffle que suscite en nous la chanson francophone qui "parle" (Linda Lemay, Barbara et bien  d'autres...
De ces artistes aux textes qui remuent, qui bouleversent parfois parce qu'ils nous rejoignent dans ce que nous vivons, au plus intime de nos questionnements.
Qui s'adressent à nous, non pas comme les médias torturant l'actualité pour en extraire le plus croustillant,  afin de touiller dans l'indignation, nos tripes de voyeurs. Afin de satisfaire le plus vil en nous, ce voyeurisme qui toujours a besoin de se repaître de la vilenie... des autres.
De ces artistes qui mettent au jour les précieuses étincelles d'humanité enfouies en nous. Et qui nous conduisent, à travers des chants de tempête ou de tendresse selon le sujet, vers le plus noble en nous. Qui y dort parfois profondément, d'un sommeil de paresse ou d'indifférence.
Le plus noble ne demande qu'à grandir. Il a soif et faim de ces miettes de soleil.

Comme le coquelicot (oui, encore lui!) qui pousse vaillamment entre deux pavés gris.

Gabriel Ringlet et Mannick préparent un livre qui paraîtra au début de l'automne...  à suivre, j'en parlerai sûrement quand le moment sera venu


vendredi 20 mai 2011

Je suis une acheteuse compulsive

Je suis une grande acheteuse
Une grande énorme acheteuse de livres...
J'entre dans une librairie, et je suis déjà fiévreuse, je respire l'odeur de mon addiction, je me dis, ça fait rien, tu entres, tu regardes, bon ok à la limite tu feuillettes un peu, mais tu n'achètes rien, d'accord? Rien, c'est rien, tu n'achètes rien!
D'ailleurs tu as plein de livres qui patientent là à côté de ton lit, des livres pour lesquels tu as eu un coup de coeur et qui attendent que tu les ouvres, mais zut un autre est venu s'ajouter... tu sais même plus celui qui se trouve tout en bas de la pile
De LA pile? mais non, DES piles, car il y en a deux, trois allez on va dire quatre... (euh...cinq peut-être...)

Comme s'il me fallait acheter le livre pour simplement savoir qu'il est là. Là en cas de besoin. Et que ça lme rassure...
Mais empilé et rapidement caché par d'autres, il est quasi oublié parmi ceux qui sont venus s'empiler à sa suite...
Les lirai-je un jour tous ces livres?
Ou serai-je éternellement tentée par de nouveaux bouquins ramenés, malgré mes résolutions, des librairies tentatrices? Et me contentant des notes de lecture que donnent sur leurs blogs toutes les lectrices-blogueuses, qui les lisent, elles, leurs livres!!!

image venant du Net
Quelques jours de pause, je lis deux ou trois livres et je reviens ;-))
Bon We à vous tous

jeudi 19 mai 2011

Usurpation d'identité

Plagiée je l'ai été... plus d'une fois...
C'est une aventure pour le moins désagréable: soudain on se voit dépossédée de ses textes, qui se retrouvent ailleurs, signés fièrement d'un autre nom...
Je sais bien que le Net est public, ouvert à tous les vents et que voir ses textes publiés ailleurs est un risque que l'on court. J'avais demandé à la "piqueuse" de ces textes de les ôter de son blog, mais ses commentaires étaient modérés et elle s'est contentée de se moquer de moi par mail...
Je n'ai rien pu faire, l'hébergeur n'a pas réagi à l'époque... Le blog peu fréquenté est mort de sa belle mort, la blogueuse se contentant de prendre par ci par là les billets qui, pensait-elle, allait lui apporter des lecteurs...

Mais bon cela ne m'est plus arrivé depuis trois ans... je pense que malgré tout il y a des bonnes âmes pour se rendre compte de ce qui se passe, pour avertir en cas de problème

Mais il m'arrive une autre aventure qui m'est très désagréable et qui me fait peur, je ne vous le cache pas
J'ai découvert par hasard dans un blog que je ne fréquente pas d'habitude, un commentaire signé Coumarine, sans lien vers mon blog
Commentaire que je n'ai pas écrit et que je ne cautionne pas!
Le pseudo ne renvoie pas vers mon blog... le commentaire a été déposé hier hier mercredi
Je ne comprends pas...
Si quelqu'un usurpe mon pseudo pour écrire ses propres idées en les faisant passer pour miennes, je vais vous dire: je ne peux pas le supporter...
NB je ne souhaite pas pour le moment mettre le lien vers le blog en question et donc vers le commentaire, espérant qu'une explication plausible me sera donnée..
N'empêche, je ne peux m'empêcher de me demander combien d'autres commentaires se promènent sur la Toile publiés sous le pseudo de coumarine..
Je suis outrée que quelqu'un puisse faire ça  et blessée aussi

une heure plus tard: il semble bien que ce soit une usurpation d'identité dont la propriétaire du blog est la première étonnée...
Je ne sais que faire...

mardi 17 mai 2011

Abritée par les arbres géants...

Hier Miss K citait Perros à propos de la poésie... pourquoi lit-on de la poésie, pourquoi éventuellement en écrit-on? Est-ce de l'ordre du besoin ou du plaisir?
Il m'arrive d'écrire de la poésie... c'est de l'ordre du plaisir, du désir qui soudain me prend et me conduit à mettre par écrit quelques mots qui me viennent dans une sorte de précipitation. Pas trop de réflexion, je laisse le cerveau droit conduire les opérations...
Souvent c'est au départ d'une peinture ou d'une photo qui soudain fait tilt en moi


Mais parfois au hasard de mes promenades sur le web, je tombe sur des musiques qui me touchent, et bien plus que ça...
Alors j'écoute le bic à la main, et je me laisse écrire ce qui vient. C'est une sorte d'état second... difficile à expliquer
C'est comme une tension, car les mots ne sont jamais assez rapides pour suivre le rythme, pour suivre les ressentis qui grondent ou sonnent en moi
Comme les sons coulent rapidement, je dois abandonner une impression pour ne pas perdre la suivante, mais pourquoi  sacrifier celle-ci plutôt que telle autre? C'est un choix obligatoire, bien sûr, mais qui fait mal, je voudrais ne rien perdre de ce qui se bouscule en moi dans ces moments!
La musique, quand j'aime la voix ou les instruments qui se répondent, me transporte littéralement dans un ailleurs que je vis avec intensité... je tente alors  de la traduire dans de la poésie libre..
Je dis pas que c'est super réussi, je vous explique simplement comment je fais :  c'est un moment fort de création  qui fait du bien...qui ME fait du bien, tout simplement



Les éclairs sillonnent la foudre
en dentelles d'argent dans les cieux devenus fous...
Je marche, abritée par les arbres géants
appelée par les cascades qui se ruent au loin.
Je sais que partout grouillent des vies qui se cassent,
comment continuer à chanter parmi les hurlements du monde?

Je cherche en vain les doux frémissements des vents de soleil

Éclats de tempête dans l'eau tortueuse...
partout je vois des mains qui appellent au secours.
C'est un cri puissant vers la liberté,
dans les champs de colza, une course éperdue
au milieu des fusils sans pitié et assoiffés de sang.

Je cours éperdument dans les frissons des blés dorés...

Fureur. Folie. Férocité. Foudre. Fanatisme
Et puis.... les silences alourdis de détresses...

Et pourtant j'ai vu, oui j'ai vu
un ou deux coquelicots fragiles et tenaces
qui ont jailli, inattendus, dans les déserts du rien

Petits princes drapés dans leur tendre courage...

samedi 14 mai 2011

Un vrai petit mec

Je lui avais promis...
Il l'attendait avec impatience, ce billet devait paraître le 13 mai, jour de son anniversaire. 
Mais vous le savez, blogger a buggé durant toute la journée d'hier, impossible d'accéder au blog, ni de mettre le moindre petit commentaire...
Ce n'est que ce soir que je peux -enfin!- publier ce billet...

Cela se passe il y a longtemps déjà...
Nous avons deux filles, elles sont mignonnes, drôles, intelligentes, craquantes, adorables...
Nous sommes comblés!
Mais non, pas tout à fait... car l'H souhaite un fils, un mec, un garçon, un vrai...
C'est son rêve, d'avoir un gamin... 
Il faut dire que s'il n'a pas de fils, sa lignée s'éteint après lui... ce serait dommage, non?
Oui ce serait dommage. Moi cela m'est indifférent, j'aime avoir des filles. De plus, le nom pour moi n'a pas cette importance, mes enfants  ne porteront jamais mon nom...
Mais bon je ne suis pas contrariante. Heureusement qu'avoir un troisième enfant est dans mes cordes, et puis avoir un petit bonhomme, ce serait bien quand même, alors oui, je suis d'accord
Donc on s'y met et... espérons... car de mon temps (dit la Coumarine faut croire qu'elle est vieille!) pas d'échographie pour savoir à l'avance...
Faut attendre que sortent les jolies petites fesses pour savoir si on devra parler au féminin ou au masculin

Me voilà donc enceinte de mon troisième enfant. Les semaines, les mois se passent... le ventre s'alourdit, ce sera un gros bébé!
Un soir, nous sommes avec nos deux petites princesses quelque part dans Bxl à manger une glace. Mmmmm c'est bon! Attention! ça coule...
Bon moi j'aime pas les glaces, ce devait être un milkshake ou quelque chose de ce genre pour moi! Aux fraises sûrement!
Soudain l'inondation... oups embêtant quand on est dans un lieu public!
Et quasi instantanément se déclenchent les contractions très vite intenses et violentes. Aie, ouille...
Vite vite, conduire les petites princesses là où elles devaient passer la semaine. Vite, vite direction la clinique!
Deux heures de contractions INTENSES plus tard (j'ai toujours accouché en vitesse avec conviction, ardeur  et contractions sans répit et sans péridurale... l'enfant sort sa tête, puis glisse d'un coup à l'air libre
Coup d' oeil sur le joli petit cul... ô  miracle... le père est comblé, c'est un garçon! Un beau petit garçon... avec tout ce qu'il faut ...

Pris en charge par l'infirmière, tandis qu'on s'occupe de moi la mère à bout de fatigue et vidée de son énergie, le bébé est lavé, nettoyé, pouponné...
Sur la table à langer... que fait-il ce petit garçon? Il doit prouver qu'il est un vrai mec: son zizi se redresse et zoup un énorme pipi vient arroser l'infirmière qui imperturbable, continue son travail.
"C'est bien un petit garçon et il a un zizi en ordre de marche", dit-elle en riant!
Et qui ne se tenait pas de joie? C'est l'H, l'heureux père...

Aujourd'hui c'est l'anniversaire de mon fils, je lui avais promis d'écrire ce billet, il l'attend, il le guette
Et vous savez quoi? Il est fou de joie, car à son tour il attend (enfin sa compagne... rendons à césar ce qui est à césar) il attend....... un fils pour septembre! Il l'a appris il y a deux jours ...
Et vous savez quoi? Il est complètement zigzag ... (c'est lui qui le dit), zigzag et ému...
Et vous voulez encore savoir? Le grand père, à savoir l'H est tout aussi zigzag...
Ah! ces zhoms quand même, on ne les refera pas...

mercredi 11 mai 2011

Un simple petit signe...

A toi qui te reconnaitras,

Une longue histoire entre nous...
Au début, du temps de l'école, puis de l'université, une histoire d'amitié, intense et forte. D'interminables discussions au coin de ma rue avant de se séparer, un dernier mot, non encore un, et encore un... 
Et puis, un malentendu, une incompréhension douloureuse. Ainsi va la vie, hélas c'est la fin de notre complicité.
Ensuite un très long silence : elle comme moi, nous vivons notre vie, chacune de notre côté, nous nous perdons de vue... l'histoire devient ancienne, je ne pense plus à ce passé-là...

Un jour on se retrouve par hasard assises ensemble à suivre le même cours, mais je reste méfiante, prudente, on ne refait pas l'histoire. On échange un peu, notamment à propos du malentendu qu'on clarifie un peu, puis on raconte le principal de nos vies, les enfants, les maris, le travail et tout ça...

Depuis, de temps en temps elle m'écrit, pour mon anniversaire par exemple, ou pour la nouvelle année... Moi j'ai perdu l'habitude des lettres, je préfère le courriel, plus rapide, qui ne me demande pas le même effort qu'une lettre qu'il faut adresser, puis timbrer, puis poster. Elle n'a pas d'adresse mail. Je néglige une fois sur trois de répondre. Oui je sais, ce n'est pas bien...

Début de cette année, elle m'envoie une longue lettre où elle me partage beaucoup de choses de sa vie, elle me parle aussi de mon livre Les dessous de table qu'elle a lu et trouvé sombre (comme pas mal de monde, finalement). Elle me critique pas, elle donne son avis, c'est tout. Et son avis m'intéresse.
Je me dis que je dois lui écrire, lui répondre, peut-être prendre le temps de lui téléphoner. Que ce serait la moindre des choses, que ce serait sympa.
Je ne le fais pas. Oh! J'ai sans doute mille bonnes raisons pour cela, le manque de temps par exemple, mais...  ce n'est qu'une excuse.
De temps en temps une mauvaise conscience me traverse, il faudrait tél ou écrire un mail, maintenant qu'elle a une adresse mail... 
Je ne le fais pas, et le temps s'écoule, puis les jours, et les semaines...

Et pourtant j'ai pensé à elle dernièrement pour son anniversaire, me disant que je ne devais pas rater le coche. Un petit courriel, une carte animée d'anniversaire, ça fait plaisir, non?
Je suis quelqu'un qui aime faire plaisir et pourtant... je ne le fais pas, j'oublie et la date passe. Un jour, puis deux, puis dix...  Zut ! Maintenant ça fera moutarde après souper...
Et hier soir, je découvre une carte au courriel, me disant plein de gentilles choses pour Sarah... J'avais oublié qu'elle me lisait... et donc qu'elle  apprendrait de cette façon la naissance de ma nouvelle petite-fille;-)
Elle ne fait aucune allusion à mon silence... aucun reproche couvert ou explicite...simplement le souci de me faire un petit signe. Et donc elle a pris un peu de temps pour le faire. 

Et bien, cette carte m'a touchée... beaucoup, énormément !

Photo Coumarine

mardi 10 mai 2011

Elle s'appelle Sarah

Voilà! 
Je vous la présente: elle s'appelle Sarah
Née ce matin vers 9h30', 4kg175
Un gros bébé qui  est restée en siège, jusqu'au bout de la grossesse
Et donc pour éviter tout risque, elle est née par césarienne.

La maman de Sarah est ma dernière fille, ma fille adoptive
J'ai raconté son histoire dans mon premier blog, (cliquer à droite sur "récit d'une adoption". C'est une histoire passionnante, un peu spéciale, une histoire à épisodes, une histoire qui n'a pas toujours été facile...

Ma fille, ma dernière fille, et voilà donc que son enfant n'a pas le sang de la famille...un peu étrange quand on y pense...
Car cet enfant est tellement et si fort ma petite-fille... comme sa maman est notre fille, comme nous sommes ses parents pour elle... (ma fille d'ailleurs ressemble à nos autres enfants, personne ne peut deviner qu'elle est adoptée quand on ne le sait pas...)

Cette petite Sarah, est lovée paisiblement dans les bras de sa jolie maman, maman pour la première fois, qui tout de suite trouve les gestes rassurants et tendres pour son petit bébé... comme c'est beau!
Et puis le père, grand, costaud et si attendrissant quand il prend le bébé dans son bras en berceau...

Je l'ai prise moi aussi dans mes bras grands-maternels, ma belle petite-fille Sarah... on s'est dit des petits secrets elle et moi que bien sûr, je ne vous répèterai pas...

lundi 9 mai 2011

Ajouter de la vérité à la vérité

Ecrire, c'est ajouter de la vérité à la vérité, écrit Françoise Houdart dans son roman "L'amie slovène"

Oui c'est ça, c'est exactement ça!
Il y a la vérité que l'on vit, dans son quotidien, au jour le jour... Celle dont on dit qu'elle est banale et que cela n'intéresse personne. 
Et puis il y a celle qu'on écrit, un peu après, ou très longtemps après, comme par exemple l'a fait  Primo Lévi. 
Et cette vérité qu'on écrit alors va beaucoup plus loin: c'est une vérité qui réfléchit, qui s'interroge, qui interprète, qui range et trie, qui aménage, parfois même qui invente. Qui invente ce qui aurait pu être, ce qui aurait dû être, ce qui se cache bien profondément dans la mémoire, bien plus proche de l'être authentique que la vérité toute plate que l'on vit sans même y faire attention, sans aucune conscience de ce qui se passe.

Ainsi dans mon récit de vie L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers, j'ai par deux fois donné deux versions différentes d'un même événement. Lequel est le vrai? Quand est-ce que je dis la vérité, quand est-ce que je "mens"? 
D'ailleurs est-ce que je mens? ou est-ce que, en écrivant, en traduisant l'événement dans des mots qui réfléchissent sur ce qui est arrivé, j'ajoute de la vérité à la vérité? Je sais théoriquement la version qui est vraie, et pourtant l'autre version quand je l'ai écrite, s'est révélée tout aussi vraie, elle faisait partie de moi, de mes rêves, désirs ou détresses plus vrais que vrais...

Des auteurs de récits de vie sont parfois accusés (surtout par les proches, qui connaissent bien la vérité, càd leur vérité!) de l'avoir travestie, d'avoir inventé, ou carrément d'avoir menti...
Ecrire, mettre en mots, ce n'est pas déguiser ou travestir la vérité, c'est l'habiller de sa version mémorielle, pétrie et colorée de sentiments, ou tout simplement, c'est venir au secours d'une réalité vécue comme trop pénible ou trop plate.

Ecrire pour moi aujourd'hui, c'est tenter de me rassembler dans une vérité qui me dépasse, c'est une affaire de passion.
Une affaire de rage parfois d'être incapable d'enfermer dans des mots basiques, une vérité énorme, qui ne peut contenir l'immensité de mon âme.
J'ai la plume sur le papier, ou les doigts sur le clavier, je suis centrée sur la vérité, mais mon regard et mon coeur sont déjà bien plus loin, tendus vers l'autre vérité, une immense et indicible vérité ...


mardi 3 mai 2011

Doutes...

Un grand passage à vide... 
Il y a la vie avec ses soucis dont je ne parlerai pas ici... 
Mais une mauvaise passe aussi qui a trait à mon écriture
 - d'abord mon écriture ici
Vais-je continuer? 
Je me vois bien trop tributaire de l'opinion des autres. Je cherche trop la "preuve de mon existence" (surtout dans le moments de doute comme celui que je traverse actuellement) dans le regard d'autrui plutôt que dans la simple joie que j'éprouve à manifester mon essence créatrice. (oups, quel grand mot, mais je me comprends, l'essence c'est ce qui me constitue fondamentalement et avant tout, avant le regard des autres justement!)
Sentiment de ne pas occuper ma place, ou plutôt d'être en fait incapable de l'occuper.. je  suis en perte de confiance, du coup je perds le contact avec l'écriture, incapable de prendre la plume pour écrire un billet qui sera de toutes façons (me dis-je en moi-même) nul et inutile. Qui fera s'éloigner les lecteurs, même les plus fidèles. Dix fois j'ai commencé à écrire et dix fois, les mots se dérobent, je n'ai rien à dire, je me lassse et referme mon stylo. Ou alors j'ai trop à dire, les événements et les sentiments mènent la danse d'une manière que je ne contrôle pas. Je suis désorientée, ne sais pas dans quelle direction regarder, ne parviens pas à me concentrer dans une écriture simple et sans chercher cette foutue confirmation que ce que je fais est valable.

(Ce qui est amusant  (enfin si on peut dire...) c'est que j'ai reçu un avis de Wikio (classement des blogs) qui me dit que mon blog a un excellent classement ce mois-ci! Ça alors! comment c'est possible! Ce mois-ci, j'ai très peu écrit, et de plus avec les vacances, le nombre de mes lecteurs a diminué de façon significative. Je ne sais pas comment se fait ce classement, mais bon... c'est un mystère que je renonce à approfondir! Ce qui est amusant aussi, c'est qu'on me propose de recevoir le classement en avant première et de le publier sur mon blog. Ah! l'égo qu'on titille... Spontanément je ne compte pas faire ça, non... Et pourtant, cela pourrait être l'occasion de découvrir d'autres bons blogs... Je suis donc partagée.)

- Quant à mes projets d'écriture, j'en ai deux pour l'instant que je mène de front, très différents, mais ça j'aime. J'ai besoin de passer d'un univers à un autre. Cela ne me disperse pas, ça m'enrichit au contraire...
Et pourtant sans cesse l'interrogation au sujet de leur valeur me taraude, me poussant à m'interrompre, à me décourager quand je me relis (trop ceci, trop cela...). Tentation alors de  laisser tomber, de jeter tout dans la corbeille du PC. D'ailleurs je l'ai fait! Mais j'ai aussitôt tout récupéré...ben oui... ;-)) c'est du travail tout ça quand même...!


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