mardi 15 mars 2011

Une histoire familiale

Avant moi, il y eut des femmes
Voyons un peu:

Une mère dont je n'ai pas été proche (disons-le comme ça... ça simplifie les choses ;-)) même si j'ai respecté mon devoir de bonne fille, particulièrement lors des dix dernières années de sa vie... Ah ça! pour une bonne fille, j'ai été une bonne fille, ramenant chez moi pour le laver son linge plus que souillé, trop honteuse pour le confier à la blanchisserie (mais pourquoi cette gêne? j'en ris maintenant...)
Une grand-mère maternelle morte bien avant ma naissance, belle dame hiératique, figée à tout jamais sur une photo sépia, belle dame qui a nourri mon imaginaire dès le moment où pour la première fois je suis "tombée" sur sa photo et que j'ai appris son étrange et douloureuse histoire... (je raconte tout cela dans mon livre "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers"*,  histoire qui aborde sous forme romancée bien des  aspects  de psycho-généalogie...
Une grand-mère paternelle fort sévère qui ne m'a jamais porté une grande attention, pour ne pas dire pas d'attention du tout. J'ai beau me creuser les méninges, je n'ai avec elle aucun souvenir tendre (du genre elle me raconte une histoire et moi, je suis là, bien serrée contre elle, dans sa chaleur affectueuse)

Avant moi donc ces trois femmes, absentes, sévères ou dépressives

Puis il y a moi, fille entourée de garçons. Je fais comment pour apprendre ma féminité, pour naître à qui je suis?

Après moi il y a:
mes quatre filles... un fils... tiens c'est curieux, voilà que je comble un manque: plein de filles à aimer, avec lesquelles inventer comment être une mère aimante. J'y réussis tant bien que mal, plutôt bien que mal, finalement. Je suis une mère aimante et me découvre une mère aimée.
trois petites filles (plus une quatrième qui naitra bientôt), deux petits fils... 
Cela fait, si je compte bien... huit filles et petites filles qui m'entourent
J'ai dû sans aucun doute combler inconsciemment un vide, le vide du féminin d'avant

Avec quelques hommes autour de moi (mari, fils, beaux-fils, petits fils) ... il me semble que tout ça s'est équilibré joyeusement.
Depuis mon mariage, je me suis petit à petit donné la permission d'être femme, mère, puis grand-mère (une qui raconte des histoires à ses petits enfants, serrés dans sa chaleur affectueuse.... encore mamie, encore...!)
Cela n'a pas été simple, il m'a fallu découvrir comment c'était, toute seule, en tâtonnant, en faisant des erreurs.

* L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" Ed.Traces de Vie, 2008

Picasso, mère et enfant

dimanche 13 mars 2011

Dans la rivière verte

Quelqu'un au milieu de la rivière verte
Quelqu’un qui patauge.
Qui cherche le chemin, à droite, peut-être à gauche.
Qui trébuche. Qui tombe…
Elle est tombée, de l’autre côté du vert. Immergée, envahie.
Rongée par la vase.
Son ventre gronde
Au secours. Pas de respiration. C’est la fin.

C’est juste quelqu’un au milieu de la rivière verte
Qui a perdu les couleurs de sa vie
Qui cherche et patauge obstinément
Qui cherche son arc-en-ciel
Nue dans la vase, ça fait quoi ?
Jeune et vieille à la fois, dans l’eau qui rumine, ça fait quoi ?
Cela fait quelqu’un au milieu d’une rivière verte. Pas rouge.
Il n’y a pas de sang dans cette histoire
Juste de la vase
C’est peut-être pire
Ankylosée, paralysée, les jambes figées, raidies déjà

Elle n’a plus de voix pour crier des notes de soleil, do ré mi fa sol
Aplatie dans l’eau verte elle hoquète
Juste la présence en elle, forte, insaisissable pour tout dire
Qui frappe et cogne ses espoirs par delà

Une femme qui se questionne ne reste pas immobile
Elle se débat, elle crie
Elle travaille à sa naissance

vendredi 11 mars 2011

Quand Facebook s'en mêle...

Je vous ai parlé de Jean-Philippe Touzeau, que j'ai accompagné dans son écriture pendant quelques mois.
Ce Français plein de talent habite à Tokio
J'ai eu peur ce matin en entendant les nouvelles, me demandant si, pour lui au moins tout allait bien
Comment le savoir?

Je pouvais lui envoyer un mail...mais avant qu'il ne réponde... il n'aura pas que ça à faire
Alors je me suis connectée à son Faceb*ook
Et là... des nouvelles rassurantes...il a eu à coeur de rassurer rapidement son petit monde aux quatre coins du globe
Il y a eu le tremblement de terre, plus deux répliques...
Mais lui et sa compagne sont sains et saufs
Il apparaît très calme et nous dit que la vie est précieuse, plus que jamais... quelle leçon de vie, une fois de plus!

Je voulais dire que ce réseau social si décrié, si mal utilisé parfois, qui mange du temps et de l'énergie, peut s'avérer dans de semblables occasions terriblement précieux pour rassurer

Comme dans tout, il y a du bon et du moins bon
A nous d'en faire un vecteur de vraie communication

mardi 8 mars 2011

Un temps de femmes

J'ai envie de te dire... à toi et à toutes les femmes qui passent ici et qui s'attardent un moment à lire deux ou trois petites paroles :
Je t'en prie, assieds-toi, je te servirai un thé, où une boisson fraîche, je t'installerai à la chaleur du feu de bois, il fera chaud ici.

Je t'en prie, assieds-toi, tu es ici chez toi.
Quand tu te seras posée un moment, quand nous aurons respiré ensemble au rythme de la même symphonie, quand nous aurons été attentives aux battements de la vie dans nos poitrines... Alors nous parlerons ensemble  de choses de femmes.
J'ai besoin de temps en temps d'un vrai temps de femmes...
Pas un temps où l'on parle de mode et de vêtements, pas un temps où l'on s'échange les meilleures recettes de cuisine, pas même un temps où l'on parle de nos hommes et de nos enfants toujours si omniprésents dans nos vies.

Non ! Un vrai temps de femmes. Un temps où l'on touche le cœur du cœur, le cœur de la vie, par les paroles échangées en vérité, sans peurs, sans excuses, sans faux fuyants, sans fuite, sans mesquineries, sans jalousie.
Un temps de paroles qui comptent vraiment, de ces paroles essentielles. De ces paroles qui nous rendent à notre fierté d'être des femmes.
Nous parlerons et nos paroles partiront dans le vent, rejoindre toutes les paroles si fondamentales des femmes des tous les pays, de tous les temps.. Les femmes sont des guerrières de l'amour tu le sais bien...
Et nous saurons dans le plus profond de notre être que nous faisons partie de cet immense cortège des femmes de toujours et de partout. Des femmes qui transmettent la vie, la portent dans tous les coins de la sphère humaine... comme une flamme haute, se transmettant à la sueur de nos quêtes fondamentales...
Et quand nous aurons parlé, alors nous nous tairons ensemble, et ce silence sera plus dense encore que toutes les paroles qui auront circulé entre nous. Nous nous tairons ensemble, nous respirerons la même brassée de profonde quiétude, tissée d'amitié...
Puis, nous pourrons repartir vers nos hommes, nos enfants, nos maisons, nos travaux et nos jours, pacifiées et fortifiées...
Matisse


Je parlais d'elle sur cette note du 22 février
Elle, une femme pleinement femme, elle, mon amie
Je viens d'apprendre son décès
Elle est morte comme elle le souhaitait, doucement, en paix profonde
C'est un choc, pourtant je m'y attendais
Quel mystère, la mort... quel mystère...

dimanche 6 mars 2011

Trois info

- D'abord j'ai reçu une belle note de lecture sur Les dessous de tables,  sur le blog de Bénédicte, une note très détaillée. Pour ceux qui ne sont pas encore passés à l'acte (acheter mon recueil de nouvelles bien sûr), il n'est pas trop tard mais il est temps. De plus, en me faisant plaisir, vous vous ferez plaisir et pas qu'un peu...;-)))

- mon amie Evelyne Wilwerth, écrivain belge de talent (voir la note de lecture que j'ai faite de son dernier roman Papillon mortel, sera présente au salon du livre à Paris
Elle y sera le samedi 19 mars de 14 à 15h et le dimanche 20 mars de 15h à 16h. Si vous allez au Salon du livre, allez lui dire un petit bonjour de ma part (stand Luce Wilquin E 57) elle vous recevra avec son beau sourire...

- ensuite je vous fais part d'un marathon d'écriture, organisé par mon ami Alainx, qui aura lieu du 21 au 27 mars. Vous aurez tous les renseignements sur son blog. Le marathon est une expérience très riche d'écriture soutenue. Il faut s'engager pour au moins 3 heures d'affilée à écrire sur le forum dans son espace personnel ouvert pour l'occasion par l'admin (Alainx)  avec obligation de publier un billet toutes les heures...
Trois heures et trois billets minimum, pas de limite supérieure, sinon celle dictée par la fatigue
C'est une expérience forte, qui nous emmène sur des chemins d'écriture inédits...  A tenter si le coeur vous en dit...

vendredi 4 mars 2011

Confession

Je n'ai jamais dit que dans ma maison, les objets les plus divers se disputent nerveusement la place, l'H ne pouvant rien jeter, ça fait un peu partout des accumulations pas possibles.

Je n'ai jamais dit que ça commençait à m'énerver grave, d'autant plus qu'il ne supporte pas que je range un minimum (par exemple la pile des revues qu'il collectionne systématiquement pour quand il aura le temps de les lire (càd jamais je le crains fort!..)

Je n'ai jamais dit que j'adore macérer dans un bain moussant le dimanche matin, tout en rêvant ou en lisant au moins cinquante pages de mon livre en cours de lecture.

Je n'ai jamais dit que j'ai perdu mes deux meilleures amies (une maladie, une trahison), que j'en ai souffert et que désormais je suis très prudente dans mes amitiés.

Je n'ai jamais dit que je me sens plutôt bien dans l'âge que j'ai, même si je n'aime pas l'idée de vieillir

Je n'ai jamais dit que j'ai été une jeune femme plutôt jolie, mais que je ne le croyais pas et que je n'en ai pas profité ;-))

Je n'ai jamais dit que je vis pas mal de peurs, que je suis très sensible, que j'ai  vite les larmes aux yeux quand je suis remuée par une lecture, un film, une musique, un échange qui me laboure le ventre

Je n'ai jamais dit que je suis inscrite sur Faceb**k mais que j'y vais très rarement, juste pour annoncer l'une ou l'autre information concernant livres et ateliers.

Je n'ai jamais dit que j'aime énormément mon pseudo Coumarine au point de quasi m'identifier à lui. Je préfère d'ailleurs qu'on m'appelle Coumarine plutôt que Nicole. Mais bon les gens du réel, ne le font pas, of course!

Je n'ai jamais dit que je peux vivre des moments très intenses quand je suis dans mon petit bureau, c'est mon cocon, mon oasis, j'en aime la solitude rassurante.

Je n'ai jamais dit que j'ai cinq enfants (si je l'ai dit, mais les nouveaux venus ici ne le savent sans doute pas) que la dernière est adoptée (j'ai écrit plusieurs billets pour raconter cette histoire un peu (très) spéciale dans mon ancien blog)

Je n'ai jamais dit que je n'aime que le chocolat noir de noir et que j'en mange un bon morceau avec mon café de l'après déjeuner, mmmmmmmmmmm

Je n'ai jamais dit que je préfère de loin le cinéma à la télé que je regarde peu (juste les nouvelles) mais que j'y vais rarement finalement (faut que j'aille voir Incendies et Le discours du roi, et Black Swan...)

Je n'ai jamais dit que j'avais été enseignante au début de ma vie pro, puis que j'ai arrêté pour élever mes enfants (en fait je n'en pouvais plus de mener tout de front, je suis tombée malade...) mais que depuis quinze ans, j'ai recommencé une vie (très) active dans l'écriture personnelle et dans  l'animation d'ateliers d'écriture divers et que j'aime ça!

Je n'ai jamais dit que... mais il y a beaucoup de choses encore que je n'ai jamais dites ici et que je ne dirai jamais... ;-))
Elles se trouvent consignées au jour le jour dans mon cahier intime, mais il est planqué au fond d'un tiroir! Voilà!

Je vous passe la main, si vous le désirez... quelles sont les choses que vous n'avez jamais dites?

mercredi 2 mars 2011

Avec son chapeau de con...

Ah ! Il est là…enfin je crois bien que c’est lui… il n’a plus ses cheveux longs, cela le change fameusementt…
J’hésite…est-ce lui ? Non c’est pas lui, je le reconnais pas.

Si si c’est lui, sa démarche, son allure…c’est bien lui, j’en suis sûr…enfin presque. Je n’ose pas y croire.
Il y a si longtemps…c’était encore un gamin quand il est parti.
Zut, j’aurais pas dû mettre mon chapeau, autrefois  il me reprochait mon allure bourge, mes idées bourges. Mon manteau, mon chapeau, ma serviette noire, tous des trucs de con pour un monde de cons, il disait…
Et comme il supportait plus les trucs de con, il est parti.

Qu’est-ce qui se passe entre un père et son fils quand ils se donnent RV après dix ans de silence sur le quai d’une gare ?
J’attends qu’il vienne vers moi…après tout c’est lui qui est parti !
Mais il attend aussi on dirait…
Une éternité entre nous…

Il est temps d’enlever mon chapeau de con. Et d’aller vers lui…
Et puis on improvisera…

photo NarB

lundi 28 février 2011

Je galère parfois...

Il y a en moi comme un élan incessant vers un absolu dont j'ignore tout et surtout comment le satisfaire. Parfois je me demande si je ne confonds pas ce désir si pressant d'absolu avec un piteux et lancinant vide existentiel, qui serait comme un panier sans fond que je ne parviens jamais à remplir... et pour cause!
C'est comme les deux côtés d'une même médaille. D'un côté le désir d'absolu, de l'autre la sensation de vide...

Cette aspiration incessante vers un "ailleurs", un "autre chose" est lancinante, elle se loge là quelque part dans ma poitrine et la sillonne d'éclairs qui me lacèrent et m'oppressent dans mes respirations. Autrefois c'était si violent que cela se transformait en angoisses qui me laissaient anéantie. Mais j'ai appris heureusement à laisser se décrisper le souffle, à le laisser descendre dans le ventre, ce qui me redonne la sérénité, me replace dans mon centre, et m'ancre dans l'ici et maintenant.

Cette sensation d'oppression n'est que la manifestation physique de quelque chose qui vient de très loin, une aspiration illimitée vers l'infini que j'espère et redoute en même temps tellement je la pressens violente...  et cela dans tous les domaines: aimer (infiniment),  être aimée (infiniment), réaliser de grandes choses dans les domaines qui sont les miens, vivre intensément des choses intenses., vivre des relations fabuleuses. Parfois c'est comme s’il y avait un hiatus fondamental entre ce qui se trame d'intense à l'intérieur de moi dans mes aspirations si fortes... et le fade, le tiède, le gris, le quelconque de l'extérieur (même s'il est pétri de violence ou de méchanceté intrinsèque).

Il y a des jours où je me sens en profonde connivence avec ma vie, où j'ai l'impression de coller au plus près de ce que je suis et de ce que je fais, à ces désirs si profonds, si intenses, si indicibles
Il y a des jours au contraire où ce désir d'absolu me dépasse, je me trouve comme devant une montagne impossible à gravir et j'ai une immense tentation de désespoir. Je me dis que je ne suis pas faite pour vivre, que je vis les choses de manière TROP inadéquate.

C'est très difficile à décrire tout cela, les mots qui me servent d'habitude, je les trouve bien pauvres pour décrire cette quête, cette faim jamais rassasiée.
Est-ce propre à l'être humain cela? Sans doute, mais je vois que d’autres ne se posent pas toutes ces questions, vivent tranquillement leur quotidien en s'en contentant et se moquent gentiment de moi et de ma sensibilité à fleur de peau.
On dit que je vis les choses trop intensément, on me plaint un peu, me disant que la vie ne doit pas être facile pour moi.
C’est vrai... je galère des fois


Léon Spilliaert

samedi 26 février 2011

Les "horreurs" écrites par N.V.

J'ai compris! Une illumination soudaine!!
Je dis souvent qu'il m'est difficile de continuer à écrire intime ici...parce que je suis lue par des gens étrangers à la blogosphère, qui me connaissent dans la réalité

Or, dans la réalité, j'apparais comme une femme sage, souriante, donnée aux autres, chaleureuse, gentille, douce et chépa tout quoi encore (euh je ne fais que répéter ce qu'on me dit d'accord?-
Et dans mon écriture que ce soit l'intime (l'autobiographique) ou la fictive, je peux être violente, immorale, dure parfois, sombre souvent. Et j'aime ça, je veux dire que ça me correspond....aussi!

Des connaissances m'ont dit ne pas aimer mon livre de nouvelles "Les dessous de tables", ou du moins d'avoir été assez étonnées (choquées peut-être?) d'avoir lu des "horreurs" sous la plume de la sage Nicole, cette petite femme simple, si chaleureuse... Et on me dit ça en me regardant d'un air bizarre, comme pour s'assurer que je suis toujours "normale"!
Je n'ai pas eu ce genre de remarques de gens qui ne me connaissent pas en vrai!

parce que, ce qu'ils lisent, ce sont des nouvelles intéressantes, bien écrites (ben oui) au contenu qui fait réfléchir, plutôt palpitantes, avant de lire Nicole Versailles. Ils ne me connaissent pas, ils ne lisent pas mon blog,  je peux donc y aller sans avoir peur de choquer
Y aller = donner librement cours à ma créativité, sans me freiner, sans me frustrer, en n'adoucissant pas mes "horreurs" (soi-disant!)

Mes meilleurs lecteurs sont les gens qui ne me côtoient pas dans la réalité, ou du moins qui ne sont pas mes amis, qui ne me connaissent pas vraiment... les autres sont... ben oui...comme qui dirait... étonnés, surpris, (choqués)!
C'est pour cette raison qu'il m'est de plus en plus difficile d'écrire ici dans le registre de l'intime
C'est un noeud dans lequel je me débats...

mardi 22 février 2011

mourir en étant vivante

Je devais déjeûner ce midi en ville avec une amie de longtemps. On se voit deux fois par an, mais ces rencontres sont toujours intenses... on a vécu plein de choses ensemble, de celles qui ne s'oublient pas.

Hier elle m'appelle: petite voix qui tremble. Je me dis immédiatement qu'elle est malade, je pense à la grippe ou un gros gros rhume
En effet elle est malade. Très. En phase terminale de cancer. Voilà trois semaines qu'elle décline très vite...
C'est une récidive et elle a choisi de mourir tranquillement chez elle, refusant la chimio que lui proposaient les médecins.
Je l'ai trouvé calme et sereine, consciente qu'elle va vers la mort.
Alors elle s'y prépare. En convoquant ses petits enfants pour leur transmettre doucement quelque chose d'elle dont ils se souviendront. Des paroles plus que des objets. Des paroles pour raconter quelque chose du passé...
Elle est très entourée, reçoit les soins palliatifs à domicile. La douleur est maîtrisée, autant que possible.
Elle m'a dit en souriant que ça lui plaisait d'être chouchoutée, gâtée, entourée, par ses enfants et ses amis. Elle a en effet construit tout un réseau autour d'elle, simplement par son charisme d'écoute, de rayonnement, de simplicité.
Je l'ai trouvée merveilleuse, même si très affaiblie et pâle... j'ai trouvé que c'était un cadeau pour moi de me voir compter au nombre de ses amis.
Elle se dit chanceuse, voit tout le positif autour d'elle, le beau jardin qui entoure sa maison et qui resplendissait sous le soleil d'aujourd'hui

Il y a des ces cadeaux que l'on reçoit... j'avais un peu peur de rencontrer une amie proche de la mort, me disant que je la verrais peut-être pour la dernière fois, me préparant à être impressionnée et peinée.
J'ai vu une femme pleinement vivante, même s'il est vrai qu'elle n'a plus que peu de temps à vivre...
Je n'attendrai pas six mois pour un de nos deux RV annuels. Je retournerai la semaine prochaine, et je sais déjà qu'elle me donnera beaucoup: l'assurance que la vie, aussi difficile soit-elle, est un cadeau.
Et que moi, qui ai la chance de pouvoir vivre en bonne santé, j'ai à la vivre avec ardeur, pas en grognant et en boudant...


lundi 21 février 2011

C'est fini la Foire...

La Foire du livre est finie (ça doit être le beau bordel là-bas ce soir pour tout remballer, pour tout nettoyer...)
Je reviens riche des contacts noués de ci de là: des gens vers qui je suis allée et que je ne connaissais pas, des gens qui sont venus vers moi,  que je ne connaissais pas, ou de vue seulement
Un monde essentiellement littéraire, où là aussi, comme partout,  il y a le pire et le meilleur
Je préfère ce soir penser au meilleur... la convivialité, les débats passionnants avec des gens passionnants (par exemple Boris Cyrulnic, Ingrid Bétancourt en face à face pour parler de la honte, sujet du dernier essai de B. C.)...

Je reviens riche des bien des projets dont je rêvais vaguement, qui se sont davantage matérialisés, à mettre en oeuvre désormais...j'ai pu rencontrer les bonnes personnes pour cela... faut juste que je m'y mette, concrètement!

Je reviens aussi avec quelques livres... ben oui! je n'ai pas pu résister...

Je voudrais découvrir les deux nouveaux romans (d'auteurs belges tous les deux)
- de Armel Job : Les eaux amères
- de Lydia Flem : La reine Alice

Je ne les ai pas achetés, l'un me sera offert, l'autre je l'emprunterai (oui je sais...et je parle en connaissance de cause...  l'auteur, s'il est ravi qu'on le lise, apprécie aussi qu'on achète son livre... mais bon, les livres sont chers et je ne souhaite pas attendre qu'ils soient en livre de poche)

Par contre j'en ai acheté d'autres qui vont surtout me servir pour l'animation de mes ateliers d'écriture...  Faut toujours se renouveler, n'est-ce pas? ;-))

dimanche 20 février 2011

Sans lunettes... même pas peur!

La Foire du livre 2011 à Bruxelles
Je m'y retrouve donc en tant qu'auteur...

Vendredi dernier je suis invitée à une rencontre-débat dont le thème est:  l'identité féminine à travers l'écriture
Super! 
Mais... nous sommes trois intervenantes qui avons écrit chacune un livre très différent.. alors comment fait-on pour mélanger les petits pois et les fourmis?(n'importe quoi! ;-))
On se débrouille... et la journaliste a été super, donnant à chacune son temps de parole, tentant de trouver nos points communs. (là je me demande si c'était absolument nécessaire!) Elle avait pris la peine de lire les trois ouvrages (ce que n'est pas le cas de tous... il m'est arrivé d'être interviewée par quelqu'un qui n'avait pas lu mon livre..). Je peux comprendre, il y a tant de choses à lire, mais bon...!

Et puis le thème qui me chipote:  y a -t-il une identité féminine dans l'écriture?
Pour moi, il y a plutôt des femmes qui écrivent, avec ce qu'elles sont, ce qu'elles vivent et ressentent et qui  peuvent (ou non)  rejoindre le lecteur dans son propre vécu!
Je n'aime pas trop d'être interrogée à partir d'un concept "abstrait" qui oblige les questions à se coincer dedans... alors que les femmes présentes ont, par le fait même qu'elles ont écrit, un ressenti  bien concret, quoique très différent (mais c'était ça aussi  la richesse de notre trio réuni pour la circonstance...)

Bon me suis-je bien débrouillée? Non il n'y a pas de podcast... vous ne m'entendrez pas;-)
Il parait, m'a dit mon mari, que je ne répondais pas aux questions qu'on me posait. 
Possible!
Je suis une enthousiaste et j'aime m'envoler vers ce qui me passionne qui n'est pas forcément ce sur quoi on m'interroge. Soit! Mea culpa! (ben non tiens, je ne regrette rien...!)
Le plus intéressant et le plus convivial s'est finalement passé sur le stand après, dans un partage plus élargi entre nous et avec nos lecteurs respectifs qui venaient nous retrouver.

Une anecdote qui me serre encore les tripes... (oui oui! il y  de quoi!!!)
J'étais interrogée au sujet de mon écriture sur le Net, donc sur le blog, à partir de mon livre Tout d'un blog
La journaliste me demande (comme aux autres d'ailleurs) de lire un passage de mon livre.
D'accord... j'aime lire...
Je veux prendre mes lunettes de lecture, qui pendent toujours au bout d'un cordon... elles sont donc toujours disponibles et prêtes à l'emploi...
Horreur! pas de lunettes!
Ça alors, mais elles sont où ces p.... de lunettes?
Je regarde discrètement si elles ne se sont pas réfugiées sur mes genoux, ensuite plus ostensiblement si elles n'ont pas choisi de tomber à mes pieds ou plus loin... force m'est de reconnaître que,  en ce moment solennel où les projecteurs sont centrés sur moi... plus de lunettes!
Je les maudis (intérieurement évidemment) je les insulte... 
Vais-je m'évanouir pour me sortir du pétrin?
NON!
D'un geste courageux, je saisis mon livre et au hasard je prends une page, une paragraphe court où je parle avec humour du comment on peut au début guetter les statistiques et les commentaires... 
Et je lis!
A haute et intelligible voix!
Mince alors, comment j'ai fait?
Le culot je vous dis que ça marche des fois... je crois que j'ai inventé des bouts de phrase avec une assurance, je vous dis que ça!

Je vous raconte la suite de ce que j'ai vu et vécu durant cette Foire quand elle sera finie (demain je rappelle je dédicace au Salon du livre luxembourgeois de 12 à 14h stand 234
  

jeudi 17 février 2011

Le roi et la reine de la fève


Puisque ces jours-ci je serai beaucoup présente à la Foire du livre de Bruxelles  (voir ici) je vous mets le début d'une des nouvelles qui composent mon recueil "Les dessous de tables"
Cela vous donnera peut-être l'envie d'en lire davantage. Alors si vous le souhaitez,  il suffit pour vous procurer le livre, de cliquer sur le logo de la couverture qui apparaît sur la colonne de droite... ( il est possible aussi de m'envoyer un petit mail)

L’homme est en chemise blanche et la cravate dénouée. Il a déposé son veston sur une chaise car il a chaud. Très chaud. La sueur perle sur son front, a dessiné de larges auréoles sous les aisselles. Sur la tête de l’homme, il y a une couronne en carton. Une couronne de roi en carton doré qui scintille sous la lumière des lustres. L’homme enlace une femme à laquelle il sourit. D’un sourire charmeur évidemment. Les travaux d’approche sont largement entamés.
La femme regarde son compagnon et ce regard consent déjà. Elle s’est lovée contre lui, à moins que ce ne soit lui qui la maintienne si étroitement serrée, au rythme de la musique langoureuse. Les deux peut-être, les deux sans doute. Elle porte elle aussi une couronne en carton, qui brille sous les lumières de la fête. Sa robe est légère et fleurie. Elle virevolte. Aérienne et désirable, elle lève vers l’homme un visage  éclairé du bonheur de se trouver blottie ainsi contre lui, avec la permission tacite et amusée des autres convives.

Car dans cette pièce, c’est la fête. On rit, on boit, on danse, on a chaud, on s’amuse. Les vestons sont tombés, les petits pulls de laine aussi : on transpire un peu, mais cela fait partie du jeu. 
On vient de manger la galette des rois. L’homme en chemise blanche a eu la fève. Il est donc le roi ! C’est normal ! Il est beau, séducteur, charmeur, enjôleur, ensorceleur. Tout le monde l’aime. Les femmes surtout ! Et voilà qu’il a choisi la reine du jour, sa reine, à qui il sourit, qu’il a prise dans ses bras pour un petit pas de danse, qu’il serre étroitement contre lui.
Mais cette femme n’est pas la sienne. Sa femme est là, à l’écart dans la pièce, à regarder ce qui est en train de se passer sous ses yeux. Elle frissonne un peu, c’est bizarre car il fait si chaud.  Elle a gardé son petit pull de laine rose qu’elle a tricoté elle-même.

Oubliée de tous, une fillette chipote dans son assiette de porcelaine de Limoges, le morceau de la galette des rois qu’elle est priée de manger jusqu’au bout : on ne laisse pas de la nourriture dans son assiette, rapport aux petits Africains qui ont faim !

Avec ou non cette couronne en carton sur la tête, destinée ce jour-là au roi de la fève, l’homme en chemise blanche est toujours et de toutes façons le roi de toutes les fêtes.
La femme qu’il a choisie pour être sa reine en carton, eh bien ! cela lui plairait beaucoup d’être davantage que sa reine d’un jour. Elle est folle de joie d’être aujourd’hui l’élue du roi séducteur, enjôleur, charmeur. Elle n’ose y croire encore. Elle penche la tête vers lui avec un sourire qu’elle imagine irrésistible. D’ailleurs il ne résiste guère, il approche imperceptiblement ses lèvres et les bouches s’attirent et les corps frémissent. Elle, pressée contre lui, tout contre sa poitrine chaude de vin et de rire, lui dont le bras solide la maintient serrée consentante. Et le désir monte, gonfle, gronde, s’électrise.


Les amis conviés à ce spectacle imprévu sourient d’un air entendu et devinent déjà l’issue de la pièce. Mais ils font semblant de rien, c’est plus simple assurément et surtout cela leur vaudra une représentation unique, qu’ils attendent patiemment. Alors tout en surveillant le couple du coin de l’œil avec gourmandise, ils échangent un mot distrait avec leur voisin, se resservent un petit coup de ce vin exquis, n’est-ce pas qu’il est bon ? Ils taquinent un moment la fillette intimidée qui s’est réfugiée dans un coin de la pièce. Mais surtout, ils observent à la dérobée la femme du roi, assise à l’écart du désir et du rire, là au bout de la table, dans un coin de sa détresse. La femme du roi regarde, attentive et ses yeux captent les minauderies sucrées du couple de la fève. Elle tente de surprendre les lèvres qui se rapprochent.

La femme du roi sait qu’elle n’est pas la reine, mais elle s’oblige au sourire forcé des gens de bonne compagnie. Mais la sienne de compagnie on l’évite, abonnée qu’elle est à cette fatigue sombre à laquelle le médecin consulté n’a pas encore donné de nom précis. Juste un médicament pour faire passer ce mauvais moment. Evoquant l’hiver et son manque de lumière. Mais cela ne passe pas, au contraire, cela s’éternise depuis des mois maintenant. Alors on évite de parler à la femme du roi si invariablement triste, car chacun aujourd’hui entend faire la fête, chanter, boire, rire et même si possible, baguenauder un peu en dehors des chemins conjugaux.
Après tout, les temps sont durs, on n’a que le bien qu’on se fait et c’est drôle n’est-ce pas, de voir le roi et la reine dont les lèvres se rapprochent irrésistiblement. Quel beau couple ils font, il faut absolument les photographier, qui a son appareil photo ? Toi René ? Allez un clic et ils sont dans la boite pour les siècles des siècles.

L’enfant qui n’est plus tout à fait une enfant, essaie d’avaler la dernière bouchée de cette galette de malheur. Un vrai étouffe-chrétien, comme dirait son père qui danse là avec sa couronne de roi sur la tête. Elle déteste ces couronnes de mascarade. Elle déteste cette danse de mirliton.



 (suite dans le livre ;-))

mercredi 16 février 2011

Mourir passe encore... mais vieillir...!

Non !
Je ne veux pas. Pas maintenant. Pas encore !
Ne me dis rien, ne m’interroge pas. Laisse-moi tranquille, veux-tu ? laisse-moi vivre. J’ai mille choses à faire… j’ai mille chemins à parcourir pour être, enfin…!
D’ailleurs si je ne te réponds pas, c'est que je n’ai rien à te répondre.

Que dis-tu ? Tu m’ennuies à me tarabuster, à me poursuivre jusque dans les recoins les plus secrets de mes oubliettes,  là où je pensais être tranquille, bien cachée, sûre de ne pas devoir affronter tes questions qui me dérangent…

Bon d'accord, c'est oui !
Oui, je me pommade de crèmes pour soigner ma peau qui se flétrit irrévocablement.

D’ailleurs je le sais bien toi aussi tu fais pareil, je t’ai surprise dans le secret de la salle de bain ce matin, et hier, et avant-hier, et tous les jours que Dieu fait. Tu t'examines un peu perplexe, tu touches du bout des doigts un petit bouton incongru, très vite tu te désoles, et effleures  les sillons qui creusent la peau de ton visage. Tu tires un peu, pour les effacer et tu te retrouves comme "avant". Sauf qu'à présent on est "maintenant" et tu t'en rends compte quand tu relâches la tension, et que les sillons reprennent possession de ton visage....
Puis ton regard s’attarde sur tes bras et tu contemples la catastrophe annoncée : tes bras à la peau si douce, si fine, se mettent à frissonner. On dirait une plage au matin après que les vagues gourmandes se soient repliées. Et ne me dis pas que ces frissons rendent la plage vivante!  Que sans eux, elle serait plate et morne! Et qu'ils retiennent les plus beaux coquillages que les enfants viendront cueillir comme de précieux trophées, avec des cris heureux...

Pardon?
Tu me le dis quand même ?  Maigre consolation. Je peux te dire que ces frémissements risquent de s’amplifier  dans les années qui viennent, de virer en remous de tempête dévastant tout sur leur passage, et capables de ravager le plus beau corps de femme…

Et dis-moi, je t’ai vue ce matin et hier et avant-hier  prendre tes seins en berceau et les relever quelque peu pour les arrondir de jeunesse. Tu trompes le miroir par ce geste dérisoire. Ils savent bien  tes seins, qu'un jour, ils s’affaisseront comme des fruits lamentables qui n’auront plus rien à donner. La réalité s’annonce crue et irrémédiable : cela sera, du moins si tu as la chance de vivre encore quelques années.

La chance, oui…la vie serait-elle malgré tout un cadeau ?

Picasso

dimanche 13 février 2011

Le passage se crée

J’ai la chance d’avoir vu naître sous sa forme définitive le récit que Alain Rohand  (Alainx) fait de son accident de santé, survenu dans sa vie à l’âge de douze ans. J’ai vécu presque deux mois en apnée, centrée sur le récit qu’il me donnait à lire, page après page, récit qui m’a tenue en haleine, suscitant en moi des sentiments parfois très contradictoires, faits tour à tour de surprise, d’émotion, de sourire, de compassion.
Tout au long de ces pages, c’est un chemin de profonde humanité qu’il m’a été donné de parcourir. Qui me laisse admirative, j’ose le dire, même si je sais que l’auteur a franchi le pas(sage) vers l’écriture de ces années difficiles, non par besoin de parler de lui, mais simplement parce qu’il lui semblait bon de le faire, pour lui, pour sa famille, pour ses enfants et petits-enfants. C’est un chemin de reconstruction que Alain Rohand nous raconte ici. Avec des mots simples, des mots de tous les jours, pour nous partager son expérience singulière.

En le lisant, en partageant avec lui, je me suis étrangement sentie meilleure et appelée à plus pour ma propre vie. Il y a un fil d’humanité qui passe entre celui qui écrit et celui qui lit. Et peut-être, qui sait ? est-il des circonstances dans la vie qui appellent à la grandeur d’être que nous avons tous quelque part en nous…


"Le passage se crée" Alain Rohan, Editions TheBookEditions, 

mercredi 9 février 2011

Foire du livre de Bruxelles

"Le monde appartient aux femmes..."
C'est le thème de la prochaine Foire du Livre qui aura lieu à Bruxelles du 17 au 21 février
J'y serai présente en tant qu'auteure en dédicace sur les stands de mes différents éditeurs
- le 18 février à 13h30 sur le stand de Couleurlivres (Tout d'un blog) stand 136
- le 18 février à 17h au comptoir de la Sabam, société des auteurs belges dont je fais partie
- le 21 février à 12h au Service du livre luxembourgeois (éd. Memory Press et éd.Traces de vie), stand 234

De plus le 18 février à 12h je participe à une rencontre avec comme thème l'identité féminine à travers l'écriture...
Cela se passe dans la salle L@b  

Je serai contente que vous veniez me faire un petit coucou: je ne suis pas sûre qu'il y aura autant de monde à mes différentes tables que chez cette chère Amélie qui attire toujours un énoooooooooooorme public... auquel elle répond d'ailleurs avec un grand sourire pour chacun...

Mais je vous signale que je souris aussi... ;-))


Edit du 10 février
Je réponds au commentaire d'Hermione en particulier: il pose une question intéressante
Il m'est arrivé de rencontrer des auteurs dont j'aimais énormément les livres... et puis grosse déception en les voyant, en les entendant...
Comme si en effet les livres sont finalement plus importants que les auteurs qui les ont écrits!

Moi je ne suis pas une auteure connue ni célèbre. Si je vous parle de ma présence sur la Foire du Livre... c'est en tant que blogueuse, en tant que Coumarine d'abord et avant tout...
C'est je crois différent...


C'est vrai que sur une Foire, avec le monde qu'il y a, les contacts ne sont souvent que superficiels... mais pas forcément...
Je me souviens quand je suis venue à Paris pour le premier salon des blogueurs, j'ai rencontré des blogueurs et cela m'a fait plaisir: Mab, Maky, Dasola, Valclair, Péhème, Gballand j'en oublie? oui je crois, pardon...



parce que je vais vous dire...
quand on ne s'appelle pas Amélie, on peut rester de longs moments derrière une table sans personne qui  s'approche de vous
Jsute un petit regard l'air de rien pour essayer de lorgner sur le nom et le titre des livres exposés...
C'est assez mortel et pas très bon pour le moral!
Je resterai pas assise derrière ma table, ça c'est sûr... je me promènerai et distribuerai (avec un grand sourire!) des articles de journaux parlant (en bien!) de mes livres ou des commentaires des blogueuses-lectrices... les gens liront (ou pas) et peut-être viendront-ils vers moi pour en savoir davantage... voilà!

lundi 7 février 2011

La main non dominante...

La main non dominante saurait-elle des choses que la main dominante ne sait pas, même si celle-ci se croit plus savante, rapide et performante?
La main non dominante possède je crois, la mémoire enfouie des profondeurs. Et quand elle s'aventure sur le papier dans la fougue de ses gribouillis informes, elle laisse parler une autre voix, celle qui permet l'émergence et l'expression d'émotions oubliées, stockées dans le tout profond de soi.

La main non dominante ne serait-elle pas la main intuitive de notre enfant intérieur? Celui qui, l'air de rien, en sait bien plus que sa naïveté ne le laisse supposer.
"Si vous ne devenez semblables à ces enfants.... " disait Jésus....

Le monde cartésien se méfie des ressentis, comme si c'était en nous la part de notre faiblesse, dont il faudrait avoir honte et pouvoir juguler au plus vite. On ne pleure pas, disaient autrefois les mères à leurs enfants, surtout leurs fils!
Or cette part est celle de la profondeur, celle qui a accès à l'invisible, le caché aux yeux de ceux qui ne savent que réfléchir

Ecrire, dessiner de la main non dominante est une expérience étrange.
Dans un premier temps c'est très contraignant, surtout écrire, on y arrive difficilement. Et la tentation est grande d'abandonner très vite ce petit jeu inutile. Mais si on persévère plus qu'une minute, si on se donne la permission d'être imparfait, un frein se lève et on observe avec étonnement ce qui est sorti de cette main maladroite et qui ne nous ressemble pas. Du moins à priori, parce qu'en observant bien... oui, en observant bien...

Dessiner, c'est autre chose. Très vite on se libère du carcan de la domination intellectuelle, on donne livre court à la part en nous libre et sauvage, on ose, et ce qui naît sous les crayons est de l'ordre de la création venue du fond du vivant en nous... suscitant souffle et liberté

image piquée sur le net

vendredi 4 février 2011

Solitude et/ou communion



Chacun entame sa symphonie
Chacun à son tour, dans sa solitude initiale, fondamentale.

L'un joue, l'autre hésite, balbutie, se tait puis reprend
La symphonie devant nous surgit du rien, originale.
Ils parlent, ne se répondent pas, ne se regardent pas
Ils semblent même ne pas s'accorder, leur part de symphonie est tellement différente!

Et pourtant..
Ils finissent pas se rejoindre, par se répondre, par s'harmoniser, peut-être même par se comprendre
Ils apprivoisent leur être ensemble et nous intègrent dans le miracle de l'harmonie

Cette musique, ces musiciens découverts ce soir par un hasard de clic me parlent de la solitude existentielle et en même temps des moments de grâce qui surgissent dans la recherche du partage

mercredi 2 février 2011

Plan d'action

Ce matin je reçois un mail
Une phrase soudain m'interpelle, c'est celle-ci: 
"j'ai envie de faire tellement de choses que finalement je n'en fais aucune..."

C'est assez bien moi ça pour le moment
Beaucoup de projets...
Certains sont en cours, ou en passe de se terminer. Et c'est chouette, ça fait plaisir!...
Certains ne sont encore que dans ma tête, et c'est là que ça fait un peu problème
Parfois je me sens fébrile en pensant à tout ce que j'aimerais mettre sur pied.
Fébrile car tout est en projet, en idées pêle-mêle dans ma tête,  ou noté à la va vite sur de petits papiers qui se perdent le plus souvent
Et ...je ne sais par où ni quand.. ni comment commencer, ni ce qui est le plus important, le plus motivant, le plus susceptible d'aboutir...

Alors je fais un plan de travail assez strict, je prévois le court terme, le long terme, les dates d'échéances
Çà me prend un bon bout de temps. Parfois une à deux heures (ou plus) car je pense pas à tout du premier coup. Je dois parfois revoir mes priorités.
Puis je suis très souvent interrompue, un coup de fil, un RV, un contact imprévu (ou désiré)
Et je me retrouve le soir en  n'ayant rien, mais rien de rien fait de concret de ma journée. Ou si peu disons.. Trop peu bien sûr!
Si, quelques mails, des petites choses nécessaires sans doute, mais pas un seul pas fait dans la direction d'un de mes grands projets...
Je déteste cette sensation du temps qui fuit sans que je puisse le maîtriser.

C'est vrai aussi qu'au moment de me mettre (par exemple) à écrire la première page du futur roman du siècle, (!) la page encore blanche me fait fuir:  manque de forme, concentration réduite au minimum... et me voilà à me balader sur des blogs juste cinq minutes me dis-je en y croyant ferme. oui bien sûr, cinq minutes... enfin vous comprenez...!
Je me distrais oui, j'apprends des choses oui, mais pas un seul mot ne s'écrit, pas un seul de mes projets ne prend forme
A me demander si j'y arriverai un jour...

Vous voulez connaître trois de mes projets?
1) écrire LE roman du siècle que tout le monde s'arrachera et que tous mes copines blogueuses- lectrices commenteront. J'ai déjà commencé mais voilà, je stagne un peu...
2) écrire le texte d'une lecture-spectacle... qui sera jouée en septembre... je rencontre les protagonistes la semaine prochaine. Bon là c'est plus facile, j'ai une échéance qui m'est imposée, et que j'aurai à respecter
3) mettre mes notes en ordre sur deux thèmes autour desquels j'ai pas mal écrit: la maison  et  les lieux d'habitation, et la "maison" du  corps, le visage, et tout ce qui s'y rattache. Ces deux thèmes me sont chers. Il me faudrait du temps pour aménager tout ça en un essai cohérent éventuellement

Bon là je vais marcher un peu, et promis juré, je fais un plan d'action dras-ti-que dès que je rentre;-)) 

mon roman pour rire, qui m'a été suggéré par les éditions aléatoires (merci!!)

jeudi 27 janvier 2011

Orage ou désert

Elle patauge en travers des prairies fatiguées des lendemains qui ne chantent pas sa gorge se serre à force d'interroger des nuages muets et hostiles.
La foudre en coups de fougue fait jaillir des cascades de feu, qui deviennent vite trop vite des cascades de cendres pourquoi les commencements mènent-ils à des fins irrémédiablement ça perd de son sel ça perd de son sens elle pensait que la vie surgirait mais la vie a changé d'avis il pleut elle n'a plus qu'à s'étendre au raz des pâquerettes pour coucher avec son fantôme elle aime ça.


Changement de cap respirer un bon coup tourner la page trop de temps trop de veines trop de peines qui s'ouvrent sous le couteau pointu petit espoir de pacotille viens boire un verre il y a des papillons dans ses yeux qui lui serinent des refrains auxquels elle ne croit plus le combat gicle s'arrache les cheveux elle est femme des causes perdues jamais retrouvées jamais
Il disait quoi le petit prince dans le désert il parlait du vide obligatoire qui s'écoule tout en haut de la dune féconde sous les pieds étonnés de se découvrir rois de la terre et du ciel et aussi des petits scarabées
Il disait encore le grand silence les fantastiques promesses des grains que personne ne prend la peine de moudre
Il disait aussi que la source ou que la couleur du blé ...

Dommage... on a été coupés...



Quelques jours de pause... 
J'ai besoin de retrouver mon souffle

mardi 25 janvier 2011

Prier c'est quémander

"Il n'y a pas de proverbe qui dise: "C'est dans le bonheur qu'on apprend à prier". Une telle action de grâce devrait pourtant s'élever d'elle-même, spontanément, comme le parfum de l'encens. Mais ce ne sont là que spéculations. Notre langue (l'allemand, mais c'est la même chose en français*) a raison de rapprocher les mots "prier" et "quémander"

Extrait de Une femme à Berlin, journal d'une anonyme

L'homme n'aurait-il besoin de Dieu que dans ses chagrins, au coeur de ses catastrophes?
Et de quel Dieu a-t-il besoin alors?
Est-ce une faiblesse d'avoir besoin d'un Dieu qui délivre du méchant, qui répare les dégâts, qui accompagne dans un quotidien douloureux ?

Dans le temps je priais.
Action de grâce, demande, simple mise en présence.
Ma prière était une relation à quelqu'un. Au fond de moi, je me sentais reliée à ce quelqu'un. Je lui parlais. Non pas spécialement assise dans l'ombre froide d'une église, mais simplement dans le présent de ma vie. Au volant. En cuisinant. En marchant. Souvent.
Je parlais surtout à l'Esprit, l'esprit qui souffle, anime, rend vivant. Chaque fois que je perdais le fil avec la  vie vivante, chaque fois que je me sentais hors de ma vie, perdue sur des chemins sans issue, je priais le Souffle, je me reconnectais. Vais-je dire que je ressuscitais? oui, en quelque sorte... Reprendre confiance, c'est revenir à l'autre, à la vie en général, à ma vie en particulier..

Aujourd'hui, je ne prie plus. Rien. Néant. L'absence a remplacé la présence.
Je ne me comprends pas moi-même. Je ne sais pas où j'ai abandonné le fil, ni quand exactement, à la suite de quel événement je me suis dit que c'était fini, que l'absence n'était que l'absence. Rien que l'absence.  Absolue. Vide .

Et pourtant en moi "cela" vibre toujours. De la même intense façon. Plus que jamais. Il y a urgence, puisque demain  m'échappe. Le désir de vivre, l'élan vers l'autre, vers ce qui est beau, vers l'écoute profonde de l'autre, la parole nourrissante sont là, plus que jamais. Étincelles parfois fulgurantes, parfois légères comme un effleurement amoureux, parfois profondes comme des sillons qui se sont marqués dans un chemin détrempé...  Étincelles vivaces si bonnes à vivre.

Est-ce que cela me suffit? Ai-je la nostalgie de ce qui fut? Je ne sais.
Mais parfois je m'adresse en moi au souffle que je ressens venir du plus profond de moi...
Rien qu'une large respiration, qui m'entraine loin...

dimanche 23 janvier 2011

Comme un père parle à son fils...

Je suis restée hier en arrêt devant cette phrase lue quelque part
"Il me parlait comme un père parle à son fils"
Il s'agit d'un homme qui se souvient des promenades trop rares qu'il faisait avec son père quand il était petit garçon
Et lors de ces moments à deux... le père lui parlait "comme un père parle à son fils"...

C'est comment cette façon de parler à son fils? Comment donc parle un père à son fils quand il lui parle "comme un père parle à son fils"? Tout est dit dans cette phrase et en même temps rien n'est dit.

L'homme s'en souvient pourtant,  cela fait partie de ses souvenirs heureux.
Merveilleuse connivence, connivence unique de père à fils. Et de fils à père

Je vois une main d'enfant glissée dans la grande main du père, des regards qui s'échangent, confiants, quelques paroles du père pour montrer un arbre, un oiseau, un paysage, deux ou trois questions de l'enfant, deux ou trois réponses du père. L'homme et l'enfant qui s'arrêtent, regardent, écoutent, se sourient, construisent leur amour réciproque, solide, inébranlable. Un amour pour toujours...

"Il me parlait comme un père parle à son fils"...
Cette phrase exerce sur moi une véritable fascination...
J'y mets quelque chose de fort, quelque chose d'indicible pourtant
parce que la comparaison s'arrête là et ne dit pas concrètement COMMENT cela se passe  un père qui  parle à son fils.
Et pourtant tout se trouve dans ce bout de phrase, on comprend ce dont il s'agit, ou alors on le devine, au plus profond de son coeur


vendredi 21 janvier 2011

La nature indifférente

Cet après-midi, comme souvent j'ai marché.
Dehors m'appelait un ciel  bleu, intensément bleu, pas un seul nuage
Et puis le soleil, un soleil froid d'hiver, ce genre de soleil...qu'on dirait qu'il lave l'âme, c'est curieux
Une marche vivifiante,  dans le parc que j'ai la chance d'avoir tout près de chez moi, avec son étang, ses mouettes et ses canards... un parc ordinaire, un étang ordinaire, des canards tout ce qu'il y a de plus ordinaire...

Mais balayée par le soleil d'hiver, cette nature était imprégnée de paix profonde, qui entrait en moi et se communiquait par vagues successives dans mon être tout entier, m'appelant à respirer large.
Cette nature me parlait de Présence... une Présence qui me communiquait ses ondes bienfaisantes et me portait à la reconnaissance

Et puis j'ai pensé que pas loin...la nature se déchaînait en tempêtes, en inondations, en séismes, que des gens, au lieu de ressentir cette paix que moi j'éprouve dans ce parc, gémissent, s'angoissent, hurlent devant cette nature qu'ils disent cruelle, implacable, mauvaise.

J'ai pensé que la nature n'avait pas de sentiments, qu'elle était neutre, que les sentiments que je lui donnais étaient seulement mes projections. Que mon impression bienfaisante d'une présence forte était ma seule présence à moi-même, alors que j'étais connectée à mon intériorité la plus profonde. Ce n'était pas la présence de "quelqu'un" en dehors de moi, vers lequel diriger un élan de reconnaissance.
Photo Coumarine

Oui, mon coeur s'est dilaté lors de cette marche parmi ces arbres qui dressaient leurs branches nues vers un ciel bleu de bleu, saluant un soleil encore bas qui me faisait plisser les yeux!
Mais il s'est dilaté parce que je me suis mise en présence du plus profond de moi-même,  en immersion dans  cette nature que j'ai admirée pour ce qu'elle est: un cadeau de la vie
A d'autres moments, loin d'être un cadeau de la vie, elle n'est que catastrophes et désastres.
Et quand j'ai admiré le vol blanc et piailleur des mouettes se posant en vociférant sur l'eau, j'ai ressenti fortement ma finitude... elles sont là maintenant, ces mouettes, elles vivent en ce moment... mais demain...?
Et moi, pareil...

Et j'ai pensé que mes chagrins et autres soucis pesaient bien peu dans la balance, qu'avoir des chagrins, c'était comme me croire au centre d'un monde qui tournera  très bien sans moi

mercredi 19 janvier 2011

Une femme à Berlin

Je lis en ce moment "Une femme à Berlin"
C'est le journal qu'une femme restée anonyme, a écrit du 20 avril au 22 juin 1945, dans sa ville dévastée par la guerre, dans laquelle les Russes victorieux sont entrés triomphants et brutaux.

(une question déchirante: pourquoi les vainqueurs des guerres se conduisent-ils la plupart du temps en animaux violeurs et ivres? Et brutaux? Est-ce là leur façon d'en imposer aux vaincus? de leur signifier qu'ils sont les maîtres? de leur faire payer les souffrances par lesquelles eux-mêmes sont passés?
Et pourquoi lors d'événements dramatiques (bombardements ou catastrophes naturelles) les autochtones ne pensent-ils qu'à piller magasins et maisons?
Fermons la parenthèse...)

Cette femme a donc subi cinq ans de guerre... du côté des Allemands...peu importe... les civils sont tous des victimes...
puis l'entrée des Russes dans Berlin et le moins qu'on puisse dire c'est que ce ne fut pas pour elle une partie de plaisir
Et donc que fait-elle pour tenir le coup? pour garder la maîtrise de sa vie intérieure, pour ne pas se dissoudre dans le désespoir et l'ignominie (violée plusieurs fois...)
Elle écrit...elle écrit énormément durant ces deux mois fatidiques, au jour le jour, parfois heure après heure...

254 pages 
Ça fait 40 pages par jour... sans doute bien plus puisqu'elle écrivait avec un stylo dans un cahier
C'est énorme!
Après on peut se demander si elle a continué à écrire... ou si elle a tout épuisé de son inspiration durant ces quelques jours si intenses et si sinistres...
On ne le saura pas puisqu'elle est restée anonyme.

Ce livre me parle beaucoup
Une de mes nouvelles aborde ce sujet: une Berlinoise a connu tout ce dont parle ce journal (que je n'avais pas lu quand j'ai écrit cette nouvelle). Après la guerre elle épouse le Français dont elle est tombée amoureuse. Il meurt très vite... elle élève son fils français (ou russe?) en France dans l'hostilité, sans dire à personne ce qu'elle a vécu. 



lundi 17 janvier 2011

Une petite info...

Ce mercredi 19 janvier, à 18 heures, à la Maison des Écrivains, 150 chaussée de Wavre à Bruxelles...
lors de la soirée des Lettres 
Deux écrivains belges seront interviewés sur leur dernier opus

- Nicole Versailles (vous savez qui c'est...;-)) à propos de ses nouvelles Les dessous de tables (Ed. Memory Press) , interview mené pas Evelyne Wilreth (ça tombe bien... c'est une amie écrivaine)

- Michel Joiret ) sur son recueil de Poésie Les années lumière, (Editions du cygne) présenté par Dominique Aguessy
 euh... je mets N.V. en premier...c'est simplement l'ordre de passage ;-))


 La soirée se termine par le verre de l'amitié...

Nicole ainsi que Coumarine ;-)) seraient heureuses d'y rencontrer des blogueurs et blogueuses bruxellois(es), ou même d'un peu plus loin... quand on aime on compte pas ;-))

vendredi 14 janvier 2011

Deux pages de cahier ordinaire

Tous les jours, j'ai un RV secret...
Ben oui...
Un RV avec moi!
Tous les jours, avant même de prendre ma douche, et surtout avant d'ouvrir mon PC, je prends mon cahier, mon stylo, je mets ma main sur le papier, j'écris la date du jour, et je bouge la main...(heu...elle a pas toujours envie de bouger sur ce papier encore blanc! C'est un NEFFORT! ;-))
Mais le plus souvent, ma main se met à écrire.  La première page se remplit, la deuxième ne tarde pas à suivre...
C'est  une discipline que j'accepte librement. 

Ce matin, au moment de prendre mon stylo, je me suis soudain posé la question : "mais pourquoi je fais ça?" et surtout "à quoi ça sert?" 
Pourquoi ce TEFFORT? ;-))

Tiens j'ai envie de vous partager un bout de ma première page du 12 janvier à ce sujet: (courage, ça réfléchit ferme!)

"Ecrire mes deux pages par jour commence à devenir une habitude. Une habitude à laquelle je commence à tenir. Tenir dans les deux sens: tenir = m'y attacher. Et tenir = persévérer. Je ne sais pas exactement ce que ça m'apporte. Dix minutes de lucidité de moi, vàv de moi. Non pas une lucidité qui engloberait le tout de moi-même. Non! Juste les pensées et les ressentis qui à ce moment-là, me traversent l'esprit, sont au centre de moi. Ou juste les réflexions que j'entame sur un sujet bien particulier. C'est peu finalement. Un tout petit fil. Le contour de ma personne est à peine amorcé. Mais peut-être que toutes ces approches quotidiennes et persévérantes que je fais au fil des jours, creusent, approfondissent, balayent un terrain bien plus large de mon moi intérieur que si je ne m'astreignais pas à cette écriture quotidienne. Une écriture qui ne cherche en rien à être "littéraire", car elle n'est destinée à personne d'autre qu'à moi-même. Et il est rare que je me relise. Mais elle m'est devenue nécessaire, si pas indispensable. Il m'arrive souvent de conscientiser soudain quelque chose qui surgit au moment même où elle arrive sous ma plume. Je n'ai pas prévu d'avance que j'écrirais ce que je suis en train d'écrire, là, maintenant. Non! les mots me viennent spontanément, au gré de mes pensées et ressentis. Comme un lavage en profondeur qui  se fait presque malgré moi. Comme un lever de jour qui vient éclairer un petit bout de ma vie... et la plupart du temps cela me donne du courage pour vivre ma journée. Je me sens plus vivante..."


Photo Coumarine
Je crois, (en fait je n'en sais rien), qu'il y a peu de gens qui tiennent au jour le jour un journal intime. Au début des blogs (et ce fut mon cas) un certain nombre de personnes, dans l'anonymat, tenaient leur journal intime sur le Net: jardin secret paradoxalement livré à tous les lecteurs de passage. Puis (et ce fut mon cas) l'anonymat se fissurant, le vrai journal intime de chez intime a peu à peu disparu.
Mes Petites Paroles tout en restant "personnelles" ne sont plus mon journal intime, celui-ci se trouve consigné dans ce cahier que vous voyez là. 

Vous qui me lisez, tenez-vous un journal papier?  Etes-vous persévérants dans cette pratique? Avez-vous conscience de ce qu'elle vous apporte?

mercredi 12 janvier 2011

Echange standard

Je me demande...
Si seulement on pouvait acheter le bonheur de ceux qu'on aime en se sacrifiant soi-même...
Ça serait bien quand même, non?
Je prends ta douleur sur moi, et hop! toi que j'aime, tu es heureux...enfin... tu n'as plus mal, c'est moi maintenant qui encaisse...(de préférence incognito pour que la personne ne culpabilise pas...)

Je prends un exemple:
Une mère...
Son enfant vit une certaine douleur, physique ou morale, on va pas comparer ce qui est le plus difficile à vivre... les deux sont difficiles, on est bien d'accord!
Cette mère souffre avec et pour son enfant. Et que l'enfant soit adulte n'y change rien.

Pardon? Si? C'est moins grave? Vous croyez ça vraiment?
Ah ben non voyons! le ventre d'une mère vibre jusqu'à la fin de ses jours, pour l'enfant qu'elle a porté... d'ailleurs toute mère le sait bien!
Donc voilà!
cette mère ferait tout et n'importe quoi pour que cesse la souffrance de son enfant
Jusqu'à l'endosser elle-même, la porter sur le dos, l'enfouir dans son ventre, la mâcher, la ruminer et la digérer... être enceinte de cette douleur pour l'accoucher morte-née!
D'ailleurs dans les romans et autres histoires, on lit ça: la supplication d'une mère qui voit souffrir son enfant et qui demande de pouvoir endosser le sale truc.
S'il vous plait mon Dieu....
Et vous savez quoi?
Ça marche pas...
Elle a beau supplier de toutes les manières possibles, ça fonctionne pas!
L'enfant a sa propre douleur à vivre et la mère la sienne, celle de spectatrice présente mais impuissante. Elle peut juste être présente, être tout près, écouter, encourager, puis dans le secret de son coeur,  pleurer...
Double ration de larmes on va dire: larmes de l'enfant qui souffre, larmes de la mère qui voit souffrir
Et m... putain de vie!

Bon je ne sais pourquoi je vous raconte ça, je pensais à ça ce matin, qu'on ne peut pas souffrir à la place d'un autre...
Dans n'importe quel coin du monde, c'est comme ça...



dimanche 9 janvier 2011

Avoir une soeur

J'aurais aimé avoir une soeur... 
Une soeur à moi, une soeur vrai de vrai, une soeur pour moi toute seule, une soeur rien qu'à moi.
Ma soeur... j'ai tant rêvé de toi... 
On aurait passé une enfance dans la complicité, on aurait passé du temps en papotages interminables le soir avant de s'endormir, pour se dire et se confier tous les petits secrets des petites filles heureuses et parfois pas si heureuses que ça...
Plus tard, on aurait fait les quatre cents coups ensemble, on aurait découvert le vaste monde, on aurait lutté ensemble contre les géants et les sorciers, on aurait fantasmé sur une vie et un monde meilleurs, on serait descendues dans la rue ensemble, pour protester contre toutes les injustices, et puis tranquillement on aurait fait les magasins ensemble, on se serait donné des conseils pour choisir le vêtement qui nous irait, on aurait fait ensemble mille petits achats inutiles, on aurait ri beaucoup, peut-être même que des fois on aurait pleuré beaucoup, sans mots, ou avec des grands mots, mais ensemble... ensemble, dans les bras l'une de l'autre, à côté l'une de l'autre....
On se serait fait des massages pour apaiser les tensions du dos, on serait allées au cinéma ensemble, on aurait dévoré les mêmes bouquins, on aurait triché à l'école en se refilant les tuyaux, on aurait bravé la mauvaise humeur des "grandes personnes", à deux on aurait été fortes, invincibles...
Adultes on se serait mariées, on aurait mis nos enfants au monde en même temps, nos maris seraient devenus les meilleurs amis du monde...on se serait téléphoné pour un oui, pour un non...toujours tellement de choses à se dire...
On aurait bravé les ressacs de la vie ensemble, nous aidant au fil des besoins et des nécessités... on se serait pas lâchées... nous accrochant l'une à l'autre en cas de pépin, et surtout, surtout, on se serait jamais disputées, pas de malentendus, non jamais, qui auraient risqué de creuser une distance douloureuse entre nous

Parfois je lis sur les blogs, ce genre de choses: des soeurs qui s'aiment très très fort, se disent des mots d'amour par delà l'écran, au vu et au su de tout le monde.
Chaque fois je suis touchée, émue, bouleversée... il doit y avoir un peu de jalousie, d'envie là dedans..

Oui il y a une immense nostalgie en moi pour cette connivence entre soeurs que j'imagine merveilleuse! Magique! Forte! Dense! Intense!
Sans doute je me trompe un peu... sans doute que la réalité ne doit pas (toujours) être aussi belle que je l'imagine...
Il doit y avoir des soeurs ennemies, mais je refuse d'y penser..


lundi 3 janvier 2011

Travailler ensemble, j'aime!

Après la publication de mon recueil de nouvelles "Les dessous de tables" (vous pouvez toujours le commander, ne vous en privez surtout pas... il suffit de cliquer sur le livre, vous arrivez chez l'éditeur... vous pouvez aussi vous adresser à moi, tout simplement), je suis restée un bon moment sans plus aucune envie d'écrire: pas d'idée pour démarrer un nouveau projet... Ce n'est pas grave en soi, je sais qu'après une temps de pause nécessaire, les choses reviennent, je ne m'en fais pas.

Mais j'ai fait autre chose que j'aime beaucoup... écoutez voir... (curieux cette expression, faudrait se  mettre d'accord sur le sens concerné: est-ce écouter? est-ce voir?)

Donc écoutez voir:  c'est intéressant... et passionnant (pour moi en tous cas)
A part mes ateliers d'écriture que je continue à animer avec plaisir, j'ai eu dernièrement l'occasion de coacher deux personnes, de les accompagner dans leur projet d'écriture...

C'est une entreprise passionnante mais pas si facile... il me faut m'adapter à l'écriture de l'autre, faire en sorte que ce soit SA façon d'écrire qui évolue, de préférence dans le bon sens, et non imprimer par mes consignes et par les relectures des textes qui me sont soumis, MA propre façon d'écrire.
Même chose pour les idées, le développement de l'action: c'est celui que je coache qui a les idées, qui les développe, qui les agence avec suspense ou pas, dans l'émotion ou pas... Je peux conseiller éventuellement, mais en aucun cas me substituer à l'auteur...

Autre gageure: encourager, donner à l'autre de croire en lui, malgré les passages à vide,  les doutes,  les découragements parfois. Et surtout parvenir à suggérer ce qui ne va pas avec délicatesse, jamais en enfonçant, en jugeant. Je sais pour l'avoir vécu moi-même, combien un auteur est parfois susceptible, et tient à ses écrits comme à la prunelle de ses yeux.

Et puis bien sûr, voir clair dans le texte qu'on me propose, être capable de voir ce que va, ce qui ne va pas, ce qui gagnerait à être retravaillé, les erreurs de temps, de points de vue, de perspectives, etc.

Alors quand on me fait confiance, (ce qui fut le cas...) je suis heureuse...
Si mes "élèves" parviennent à la publication un jour... j'en serais terriblement fière, aussi fière que si c'était moi qui était l'auteur de cet ouvrage auquel notre travail conjoint aura donné naissance...

Un de mes "élèves" est un jeune Français qui vit à Tokio. Jean-Philippe Touzeau est plein d'initiatives, enthousiaste, créatif, tient avec talent un blog de développement personnel: croyez-moi, qui le lis depuis quelques mois... c'est un type bien!

Aujourd'hui justement,  il parle de notre collaboration sur son billet du jour... et ce qu'il en dit me ferait presque rougir...(merci à toi...!)


couverture aléatoire d'un livre de Jean-Philippe Touzeau... ;-))
on peut se créer "son" livre ici...essayez, c'est amusant!!..

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