jeudi 31 octobre 2013

Elle s'appelle Salomé

Elle s'appelle Salomé
Elle est née par césarienne ce matin
un bon petit poids (presque 4400 kg) et 54 cm

ouf, tout s'est bien passé!

La mère et le bébé sont très fatigués... naître n'est pas si facile, ni pour l'enfant, ni pour la mère
Le père a toujours la jambe dans le plâtre (depuis deux mois... et c'est pas fini...)
La petite soeur Sarah n'en revient pas encore

Et moi dans cette chambre de clinique surchauffée j'ai tenu ce bébé paisible dans le creux de mon bras, et je lui ai souhaité doucement  la bienvenue dans ce monde à la fois si beau et parfois si terrible
Je l'ai appelée par son nom, je lui ai dit bonjour petite Salomé... vous me croyez ou pas, elle a soupiré d'aise...



dimanche 27 octobre 2013

ne t'en fais pas...

hier dans le super marché de mon coin..
les chariots se pressent, s'impatientent, se cognent parfois
quelques personnes nerveuses, agitées, toisent les autres avec impatience et soupirs à peine réprimés
Qui a inventé de faire les courses le samedi matin, dans la cohue d'un grand magasin?

voilà un chariot qui s’amène: une maman plutôt nerveuse rabroue son petit garçon qui court un peu partout
Un autre enfant est assis dans le chariot, il est grincheux, ajoutant à l’énervement de la maman

Soudain elle abandonne un moment le chariot, et repart dans l’allée qu'elle vient de quitter. Elle a sans doute oublié quelque chose, pas la peine d'emmener le chariot lourd de provisions: elle dit au bonhomme de ne pas bouger
La réaction du plus jeune est immédiate: il se met à pleurer, il appelle "mamaaannn", de toute sa détresse
Alors le petit garçon s'approche de lui, et lui dit doucement, tout en l'enlaçant: ne t'en fais pas... maman va revenir...
L'enfant a mis son pouce en bouche et s'est aussitôt calmé.
Cet enfant si jeune (4 ou 5 ans) a trouvé le geste et les mots pour rassurer son frère... Cela m'a fait chaud au coeur... c'était bon et beau à voir...




vendredi 25 octobre 2013

demain peut-être...




Demain peut-être, ou après...cette enfant viendra au monde..
Pour l'instant elle ne se presse pas, elle n'est pas encore descendue, déclare le médecin... faut croire qu'elle se sent bien dans ce ventre rond et chaud


Pour ma grande fille, ce bébé pèse lourd, de plus en plus lourd (la photo date de septembre... alors imaginez!)
Il y a eu le grand chambardement la semaine dernière, mademoiselle (oui c'est une fille) a fait la pirouette, pour se présenter en bonne posture, une posture de naissance, tête en bas, ma fille en a été toute ébranlée, 
L'enfant est à terme, demain elle devrait naître...si mademoiselle le veut bien...

Un ventre gonflé de la Vie, une belle petite fille qui montre à l'échographie une frimousse auréolée de cheveux sombres : sera-t-elle aussi noire de cheveux que sa grande soeur est blonde?

Petit bébé d'automne, tu peux venir, ta famille est prête à t'accueillir, avec tout l'amour qu'il te faudra pour grandir


mercredi 23 octobre 2013

Etre un arbre au printemps, c'est assez facile: au fil des jours, cela peut devenir magique, quand les bourgeons promettent des merveilles de fleurs, puis de fruits... et qu'ils explosent de toute leur fierté en symphonies blanches et roses, puis se calment lentement dans leur parure verte

Etre un arbre en été, pas trop difficile non plus... on reste dans l'éclat de sa puissance, emmitouflé de feuilles, pour se protéger un peu de l'ardeur du soleil.

Etre un arbre en automne... au début on est éclaboussé par toute cette magnificence de couleurs... et puis on s’efforce de se taire et de s’imaginer s'envolant dans chaque feuille qui danse, jusqu'au sol, puis se tait

Etre un arbre en hiver, c'est devenir un fantôme consentant à la neige, aux dentelles de givre...
C'est beaucoup mins facile pour tout dire

Heureusement on sait de source sûre que l'arbre renaîtra, grandi de son expérience de vie




mercredi 16 octobre 2013

La part de nouveauté

J'aime  l'automne...
Je l’aime justement parce que, même si on ressent encore les derniers sursauts de l’été qui finit, au point de croire que rien ne change, ni ne changera jamais, on sait bien qu’on passera à autre chose qui aura aussi sa part de nouveauté, et qui sait ?, de bonheur!

J'aime l'automne pour ses féeries de couleurs et le soin patient avec lequel il se met à déguiser les arbres, leur prouvant qu’il y a moyen de modifier la monotonie des paysages parfois trop uniformément verts et submergés par les herbes devenues trop sûres d’elles.

Je l'aime pour les balades que l'on peut faire d'un bon pas, sans avoir peur d'avoir trop chaud, en respirant l'odeur des feuilles sur le sol parfois boueux, j'aime les marrons tout ronds que l'on ramasse comme des porte bonheur et qui s'en viennent gonfler les poches : il paraît que les marrons de l'année sont bons pour les rhumatismes. On a toujours dans tous les coins de son corps, jeunes ou plus âgés, de vieux rhumatismes à soigner...

Je l'aime pour les feux de bois qui crépitent dans les cheminées, rassemblant les familles dispersées par l’été. Autour du feu, il se dit bien souvent des choses essentielles, que permettent les regards centrés sur les flammes vivantes et chaleureuses.

Vivre l’automne, c’est se préparer à l’hiver, et faire la fourmi prévoyante : il y a ainsi de vieux tiroirs oubliés qu’on ferait mieux de ranger, il y a de vieilles querelles qu’on ferait mieux de vider, il y a les jours morts qui s’annoncent, qu’on ferait mieux de regarder en face. Il y a la pluie comme aujourd'hui, le vent, la grisaille...
Pendant l’automne,  joie et nostalgie s’entremêlent,  inextricablement

Mais un jour, il faut bien se rendre à l’évidence, l’hiver s’annonce, puis envahit  tout. On entre dans un long temps d’hibernation obligée ou décidée. Ce sont des moments de repli sur soi-même, où l’on s’applique à soigner ses petites et grandes blessures. Ce sont parfois des moments de grande aridité, des moments où l’âme est veuve de ses amours, de ses espérances, de ses illusions, de ses désirs de printemps, où elle avance à tâtons sans trop savoir ce qui l’attend au tournant de sa route sans fleurs, sans soleil, dans un froid qui l’étreint et l’angoisse.

Est-ce un repos salutaire ou le début du mourir ? On ne sait pas trop, et si on a du courage, on continue sans comprendre. Et si on n’en a pas, ou moins, on continue quand même, car on décide de rester dans le train des vivants qui espèrent, envers et contre tout.
Pendant l’hiver, on se retranche et c’est bien ainsi, on se rassemble au plus profond de soi-même, on dort davantage et on écoute ses rêves, on contacte son plus essentiel même s’il faut pour cela accepter de se laisser écorcher, de se laisser arracher ses vieilles peaux successives, qu’il faut bien un jour abandonner

photo Coumarine

samedi 12 octobre 2013

Le vécu du patient

Comme vous le voyez sur cette affiche, je participe à une conférence qui aura lieu le lundi 14 octobre, sur le site universitaire de Saint-Luc, Bruxelles...
Je me situe du côté de la patiente que je suis devenue aux Cliniques St Luc depuis plus de deux ans

J'espère toucher les étudiants en médecine ou en toutes professions médicales et paramédicales
Car j'ai des choses à dire.. j'ai d'ailleurs beaucoup écrit sur le sujet
Le manuscrit dont je vous ai parlé, est  bouclé, relu, corrigé,  préfacé, et en attente d'éditeur

Je suis en train de préparer cette conférence... j'ai droit à 20minutes de parole
A la fois court et long... j'espère choisir les bons mots...





jeudi 10 octobre 2013

RDC: Message from Dr Denis Mukwege

Prix Nobel de la paix

pour moi, il est clair , que c'est le Docteur Mukwege qui doit recevoir le prix Nobel de la paix

J'en ai parlé ici

Denis Mukwege oeuvre depuis DES années au péril de sa vie pour les femmes, les jeunes filles et les enfants violés de son pays.. Il vient parler en Europe, aux USA, partout dans le monde de l'arme de guerre que constitue le viol. Il tente d'ouvrir les yeux et les oreilles de ceux qui ne savent pas ou ne veulent pas savoir...la raison pour laquelle on entend réduire les gens au silence en violant femmes et enfants!

Je sais bien, la petite Malala est toute mignonne, même si déterminée à défendre l'éducation des filles dans son pays... elle a raison de se battre...et elle le fait bien!
Mais elle est jeune et doit mûrir encore...

Voilà! j'ai dit!

dimanche 6 octobre 2013

questions sans réponses valent mieux que réponses sans questions

Je me suis promenée sur mon ancien blog, celui des Petites Paroles Inutiles ;-)) clic ici

Franchement me suis-je dit...il y a des trésors là-bas... dommage de les laisser dormir, ils s'enlisent..
Ce qui m'a amusée, c'est que nombre de mes billets sont encore valables aujourd'hui:
Je suis toujours celle qui cherche à combler un manque qui n'a pas de nom... je ne sais même pas ce que c'est, il est là, tout au fond de mon plus profond, il me soulève, il me fait trembler de fièvre, de désir. Parfois simplement de le savoir là, aussi prenant, aussi pressant, me rassure, j'en ai besoin
Peut-être est-ce cela qui me garde en vie...cette quête infinie...oui je suis vivante! 

Je chercherai toujours je crois les réponses à des questions que je ne formule même pas clairement, qui balbutient de mon cœur à mes lèvres
J'aime les questions, je me méfie des réponses, surtout les toutes faites assénées avec une évidence de pontife 

ce billet a été écrit il y a six ans... et c'est bien moi, encore aujourd'hui!

Ce sentiment très fort qu'elle a, de cheminer depuis si longtemps, seule, à côté de quelque chose de très important qu'elle ne voit pas. Mais dont elle a la certitude pourtant que cette "chose" existe. Elle le sait de source sûre... de celle qui sourd au plus profond d'elle-même.

Quand elle regarde le ciel au cours de ses balades, ou quand elle s'enfonce dans ses pas pressés,  ou quand elle écoute quelqu'un lui parler de n'importe quoi, ou quand elle se concentre alors qu'elle écrit une ou deux phrases très ordinaires... soudain, et de manière toujours inattendue, elle touche du cœur cette chose qu'elle ne peut nommer. Elle est prête d'ailleurs à la saisir, à la serrer contre elle, à s'en nourrir avidement, à la respirer, à la laisser couler dans toutes les fibres de son corps.
Je crois bien qu'à ce moment-là, il suffirait de peu qu'elle ne s'envole...

Mais chaque fois, cette chose si importante dont elle ne connaît même pas le nom, dont elle ne sait s'il s'agit d'un être ou d'un événement qui la comblerait, se dissout, s'échappe, s'enfuit comme un animal effarouché, comme un fantôme trop discret...
Lui laissant une sensation étrange de vide inexpliqué, alors qu'il s'en était fallu de peu qu'elle entre -enfin- dans la réunion de ses morceaux disloqués.

mercredi 2 octobre 2013

quelques nouvelles

Je n'ai plus rien écrit ici depuis plus de quinze jours
c'est beaucoup 15 jours, on se perd dans les méandres de l'oubli, pas loin sans doute, peut-être juste à côté; mais dans le silence, on perd contact avec la blogo,  avec les blogueurs surtout, et pire que ça, avec l'écriture courte des billets de blog.

Quand je m'interroge sur ce qui fait que je me tais ici, toujours la même raison me revient: mon quotidien baigne encore bien trop dans les conséquences de la maladie, tous les jours je mène mon combat...
Dans ma tête et surtout dans mon corps, pas grand chose d'autre ne m'occupe: j'aurais envie de parler un peu de tout ça, de mes avancées, de mes reculs, mais je me lasse moi-même de ne pas aborder d'autres sujets!

Sinon un rapide coup d'oeil à mon "actualité"
- je fête le 4 octobre mes neuf années de blog: j'ai beaucoup aimé cela, j'ai noué des amitiés précieuses. Curieusement j'ai rencontré peu de monde parmi les blogueurs, je crois que je préfère garder le mystère qui entoure les pseudos
Je me souviens, il y a un an, pour fêter les huit années d'écriture sur Coumarine, j'ai proposé de dire à chacun des blogueurs qui passerait par ici, quelque chose d'eux, qui me les rendait "spéciaux". On m'a dit que je créais le buzz, cherchant les commentaires; moi je voulais simplement personnaliser la relation que j'avais avec chacun de mes lecteurs. J'avais quelque chose d'unique à dire sur chacun d'entre vous. Heureusement beaucoup ont aimé cela et sont venus lire la qualité que je leur reconnaissais

- Je fonctionne par alertes successives. Les contrôles ne sont parfois pas impeccables, entraînant une hausse des médicaments. Tout cela me fatigue énormément, je tiens le coup à la force de mon courage

- Je vais pourtant reprendre l'animation de mon atelier d'écriture à l'Université des aînés. Comme l'atelier a très vite été complet, laissant sur le carreau nombre de frustrés, j'ai accepté de le dédoubler. Pas de nouvelle préparation, mais l'écoute et la présence seront bien là: j'y puiserai la certitude que les participants sont heureux de travailler avec moi...et ça,  c'est du bonheur!

- Je viens d'achever la lecture de Magnus de Sylvie Germain: une histoire qui m'a touchée, une très belle écriture.. j'ai beaucoup aimé! Mais à mon très humble avis, l'auteur n'a pas su arrêter son livre à temps! 
Elle s'est égarée dans des chemins secondaires, qui dilue un peu l'intérêt du livre. Pour l'avoir expérimenté moi-même, je sais que c'est très difficile d'arrêter un texte, d'y mettre un point final, en laissant là les "rallonges", parfois si bien écrites et dont on est si fiers!!
C'est comme s'amputer d'un morceau de soi-même. Pourtant le récit y gagne en densité! C'est indéniable! C'est ce que je dis souvent aux participants de mes ateliers: il faut pouvoir mettre un point final à son texte. Avant que le lecteur ne se lasse! Pour leur faire comprendre cela,je lis  leur  texte "raccourci". Et l'effet est immédiat, ils réalisent "dans les tripes" ce que j'essaie de leur faire comprendre!

photo coumarine

mardi 17 septembre 2013

(haute) couture

enfiler une aiguille... c'est devenu pour moi la galère
puis quand j'ai enfin réussi à glisser le fil dans le petit trou (grrrrrrrrrrr... il existe je crois des petits machins-trucs qui permettent de simplifier la tâche), faut me pencher sur la réparation à effectuer
Un trench bleu marine, une déchirure à l'ouverture du bas

Je m’attelle à la tâche, je souffle, je transpire, je force mes yeux (enfin mon oeil!)... je me décourage..

JE M'OBSTINE, je ne veux pas me déclarer vaincue

Bon la réparation est (plus ou moins) faite, c'est plutôt du rafistolage... pas impeccable du tout, mais comme personne ne viendra mettre ses yeux sur ce bas de trench... je décide que ça ira (et j'espère que ça tiendra...)

J'espère aussi que cela conviendra à monsieur mari à qui appartient le vêtement ;-))
(je signale qu'il m'a rien demandé, c'est moi qui trouvais son imper devenu vraiment piteux...)

Bien sûr je pourrais lui mettre ciseau, fil et aiguille dans ses mains perfectionnistes ;-)
après tout qui a dit que c'était là un travail de femme?

Mais il est vrai que j'ai beaucoup cousu autrefois, confectionnant les vêtements de mes enfants... c'était SUPER réussi, autant le dire

Tiens voilà que la nostalgie me serre le cœur...
Alors je viens écrire ici, cela me consolera-t-il?



Ce mercredi matin je reçois d'une lectrice fidèle autant que discrète cette image en bis améliorée...elle m'a fait sourire. Merci Suze
La voici



samedi 14 septembre 2013

petite histoire inutile...

la femme a faim
elle a faim depuis la nuit des temps
elle sait bien le vide que creuse en elle cette faim qu'aucune nourriture ne peut combler

elle a bouffé plus qu'il ne faut... en vain. elle y a gagné des kilos vilains, mais la faim est là, qui guette dans l'ombre, prête à rejaillir en force une fois la digestion terminée
elle a changé de nourriture, a essayé tous les trucs en "isme", pas de chance, la faim déchire son ventre de plus belle

alors elle a bouffé des médicaments, des monceaux de médicaments, des coupe-faim, des coupe-vie, en veux-tu en voilà... elle s'est senti mal, presque mourante
alors elle a cessé de manger pensant que la faim dans sa nudité la mettrait en contact avec... avec quoi au fond?

peine perdue

la femme a faim, elle a faim plus que jamais
alors elle a essayé de nettoyer un peu sa vie, comme une forcenée elle a gratté, brossé... puis à bout de souffle elle a regardé autour d'elle avec plus d'acuité, a respiré les arbres en pleurs de pluie, a marché lentement dans le parc solitaire, a regardé de tous ses yeux et a vu...

elle a vu la vie à l'envers
elle a aimé, et la faim dans le ventre a commencé à s'apaiser

alors elle a pris dans son sac, un morceau de chocolat noir et s'est régalée
en se léchant les babines...
la femme est entrée dans une ère de grande simplicité

photo Coumarine

vendredi 13 septembre 2013

Sortir de l'exil...

Mon âme se tient encore trop en exil. Elle s'égare dans des questions stupides, du genre: as-tu vraiment quelque chose à dire qui en vaille la peine?
J'en doute encore assurément, puisque je me trouve mille bonnes excuses pour ne pas passer à l'acte, à savoir contacter les éditeurs qui pourraient être intéressés par mon témoignage sur la maladie de Horton qui m'a touchée...Je recule sans cesse, me disant que ce n'est pas la bonne période, que je dois encore relire une fois (la centième sûrement!)
Plus j'attends, plus j'hésite, et plus je doute...
Il  me suffirait d'y aller et ON VERRA BIEN!

J'ai reçu des encouragements des rares personnes à qui j'ai confié la lecture de ce manuscrit, il est temps d'arrêter de me poser des questions stériles. Il est temps que j'envoie aux archives périmées ces pensées parasites qui depuis si longtemps me font douter au sujet des réalisations qui me tiennent le plus à cœur

Parfois je me dis que je suis la seule à douter de la sorte, que les autres, les vrais écrivains, ne tournent pas à l'infini autour de leur axe sans se projeter enfin vers l'extérieur, sans se mettre en danger en diffusant l'intime (le meilleur?) de soi-même 

C'est pourtant simple, si je devais échouer, je recommencerais. Oui bon, je me dis ça, mais ce n'est pas si évident: j’ai peur de manquer du courage de m'y remettre. Je redoute de me réfugier dans une résignation finalement facile (qui serait comme une petite mort...)

Aujourd'hui j'ai à retrouver ma vie créatrice. Ecrire ici chaque jour (ou presque) est une excellente façon de rebondir après des mois de stérilité. Je ne veux plus me laisser conduire à la famine. Il y a trop de passion en moi... 
Elle est là, faut juste que je l'empoigne de toutes mes forces, et que je la conduise vers la chaleur, vers la lumière...

photo JEA

mercredi 11 septembre 2013

Au revoir l'ami

Voilà! Il est parti! L'écorché vif, le poète...
Des mois de maladie, de souffrance dont on ne voyait trace sur son blog, sinon par ses poèmes.
Sa lutte au jour le jour...ses poésies déchirantes dont il fallait être parfois bien devin pour en deviner le sens profond.
Ses photos aussi, qui nous enchantaient l’œil, nous menaient vers les miracles de la vie..
Sa lutte contre toutes les infamies du monde, particulièrement celle qui toucha des milliers de gens innocents.
Il était l'un de ceux-là, rescapé de l'enfer, enfant innocent sauvé par hasard...

Il m'appréciait beaucoup, je l'appréciais tout autant
Quand les maux et les lourds traitements le laissaient quelque peu en paix, il ne manquait pas de passer ici mettre une citation de poète,  petite touche discrète de sa présence. C'était devenu rare, hélas

En dédicace du livre de David Grossman qu'il m'a offert, car il me disait n'avoir plus le temps ni le courage de lire cette brique de 666 pages, quelques mots lourds de sens caché:

J'ai arrêté tous les cadrans horaires
les horloges cacochymes 
et les carillons tapageurs
juste
le temps de t'offrir
avant minuit 
ce livre libellule

Jean-Emile

Il avait promis de m'avertir de son départ, j'ai reçu le mail cet après-midi
et les larmes me sont venues

Au revoir cher JEA, cher Jean-Emile... va en paix dans le lieu de la sérénité, où les corps et les âmes ne souffrent plus.
Merci de ton amitié, de ta présence discrète et aidante durant ma propre maladie



photo JEA

mardi 10 septembre 2013

retour d'une riche aventure

Je viens d'achever un voyage riche en découvertes culturelles, riche aussi en plongée dans une nature verte et vallonnée, qui déjà trahissait, comme ici, les premières couleurs de l'automne
Nous avons logé chez l'habitant, une famille roumaine accueillante qui a mis les petits plats dans les grands pour nous faire découvrir la cuisine de leur pays
Nous n'avions donc pas le même confort qu'un hôtel 3 *, mais nous avons reçu en abondance la chaleur souriante d'une mère et de sa fille
Tout cela dans un petit village du nord de la Roumanie, niché au creux des collines, où les pommiers abondent
Alors bien sûr, il y avait les monastères orthodoxes, les petites moniales tout de noir vêtues, étranges silhouettes qui semblent planer dans l'antre des monastères, murmurant inlassablement des prières, se signant trois ou quatre fois de suite, pour recommencer quelques minutes plus tard..

Étrange pays qui dans sa campagne, reste tributaire de temps anciens, dont nous avons perdu la trace: par exemple les lourds chevaux tirant des charrettes qui croulent sous le poids des foins, pas d'autoroute digne de ce nom, la circulation est donc lente. Nous avons mis plus de huit heures pour faire 500 km!

C'est un peuple qui a souffert: régime communiste puis régime de la terreur de Ceaucescu,  dictateur ivre de pouvoir, prêt à sacrifier son peuple à sa mégalomanie. Depuis sa condamnation à mort et son exécution le jour de Noël 1989, les gens tentent, parfois difficilement de se relever. Une maraîchère avec laquelle j'ai échangé quelques mots sur un marché, avait les larmes aux yeux quand je lui demandais si elle s'en sortait...

J'ai vécu des moments difficiles... on randonnait de monastère en monastère, sur des chemins montants et caillouteux. J'ai souffert pour tenir le rythme. Un des derniers jours, je suis violemment tombée en descente... heureusement sans dommages, sinon une forte émotion
D'autres randonnées, plus exigeantes encore, je n'ai pu les faire, et suis restée avec le chauffeur dans le mini bus qui m'a conduite directement au monastère à visiter ce jour-à. moment de solitude, quand j'ai vu le groupe s'éloigner joyeux vers les chemins de liberté... Dans un langage de signes, mêlé de roumain et d'italien, le chauffeur  m'a parlé de sa famille, de son boulot qui le mène aux quatre coins de l'Europe...

Beaucoup d’échanges vrais avec certains du groupe... le voyage nous menait sur des chemins humains, spirituels aussi, occasion de réfléchir à sa propre relation avec ce Christ si superbement peint à tous les coins des monastères: certains visages de Jésus, des icônes de Marie m'ont touchée énormément: je suis restée scotchée devant plus d'une!

Je suis heureuse d'avoir osé reculer mon seuil de confort, d'avoir osé parier sur mon énergie: elle se trouvait là quand je l'ai mise en oeuvre. Mon mari et certains du groupe m'ont encouragée à dépasser ces fameuses limites: ça a l'air si simple, il suffit de mettre un pied devant l'autre et de marcher à son rythme..
Merci à eux...



jeudi 29 août 2013

Monastères de Roumanie

Voilà, je vais bien, l’alerte est derrière moi!
Nous partons en Roumanie samedi, faire le tour des monastères
Voyage avec un petit groupe de gens sympa.
Il y aura de tout, culture, peintures sur murs et mosaïques, couleurs abondantes
La nature aussi, avec des balades en moyenne montagne, paysages larges et verts

http://www.turism.ro/francais/moldavie.php
J'avais un peu peur de partir, mais cela me sortira de mes quatre murs que je n'ai plus quittés depuis deux ans
L'avion, ça m'ennuie un peu... mais pas moyen de faire autrement...

Je mets donc ce blog en pause (bon ça changera pas trop, il est en pause depuis quelques mois, mais au moins j'annonce la couleur

Pour les Belges (bruxellois et alentour) procurez-vous la brochure des activités de l'UDA (Université des aînés) www.universitedesaines.be. 
Parmi mille et une activités intéressantes, dans tous les domaines possibles, il y a un atelier d'écriture, que j'animerai avec enthousiasme et compétence
Il aura lieu tous les quinze jours, le vendredi matin, de 10h à 12h3O, durant toute l'année académique
Attention, c'est à Bruxelles, non à Louvain-la-neuve!

A bientôt donc, bonne rentrée à tous


samedi 24 août 2013

CRP, tiens- toi tranquille STP!

Trois lettres au graphisme innocent, anodin, un peu hermétique peut-être pour qui ne les connaît pas: CRP
Depuis deux ans, je me bats avec elles, refusant leur trace dans mon corps, les suppliant, au fil des prises de sang de rester sages, silencieuses, coincées en dessous de l'unité, le seul que le médecin m'autorise.

Au delà, c'est l'indice d'un début d’inflammation, ce qui fait craindre dans mon cas, une éventuelle reprise de Horton. Ben oui, j'ai pas de rhume, pas d'angine, pas de grippe, rien de tout cela! Aucune raison d'inflammation!

La protéine C réactive que l’on connaît également sous le nom de CRP, est une protéine dont le taux s'élève dans le sang, lors d’une maladie entraînant une inflammation. C’est un marqueur biologique précoce de l’inflammation



Depuis quinze jours, le taux de CRP est remonté, quel vilain pas beau celui-là! Je lui ai rien demandé, moi!

Ça veut dire quoi? Ça veut dire PRUDENCE... on remonte donc les doses de cortisone, cette chère cortisone que j'adore...pas le choix, c'est comme ça!

Parce que, c'est peut-être une tentative de Horton de reprendre le terrain. Ou pas. Mais dans le doute, on prend aucun risque! Je suis bien suivie, choyée, dorlotée, cajolée...
Hier j'ai passé plus de deux heures en clinique pur vérifier l'état de santé de mon précieux œil rescapé. Ouf, tout va bien! Il accepte de voir correctement, malgré le brouillard qui l'envahit le plus souvent.

Mais madame, vous comprenez, on ne prend aucune risque... ça veut dire que lundi matin rebelote, je retourne pour de nouveaux contrôles; le contrôle du contrôle, en quelque sorte
Ah oui, j'oubliais: bien sûr nouvelle prise de sang pour voir où en est la CRP

Vous savez quoi? Je croise les doigts! On ne dépasse pas 1, compris?

Faut le dire, j'ai passé un agréable mois d’août dans les salles d'attente de ma clinique préférée, à contempler les affiches de vacances, palmiers, plages de sable... magnifique! J'ai rêvé tout mon saoul!
Allez, on parie? en septembre, je commence une nouvelle vie



mardi 20 août 2013

Pile ET face , les deux ensemble

Je ne peux pas m'empêcher de lire le journal en ligne chaque matin
et j'y reviens souvent le soir dans l'espoir que... mais non rien n'a changé, sinon en pire..
Il y avait des nouvelles alarmantes hier, ce matin, il y en aura  surement demain
Les nouvelles alarmantes m'alarment, c'est clair!
Palpitations, sueurs froides... non j'exagère, mais à peine...
Il y a des jours où ce monde m'effraie fort
des jours où il m'est difficile de continuer à croire dans la beauté de la vie
Il y a une telle violence dans le cœur de l'homme, difficile à comprendre

L'homme saccage le monde, il s'acharne sur les autres
comment est-ce possible?

Parfois cependant, (souvent dans ce monde virtuel des blogs d'ailleurs, ceux que je fréquente en tout cas), il y a de l'amitié, de la solidarité, un réel souci de l'autre
Des paroles chaleureuses qui regonflent un moral fuyant

Pile ET face, les deux coexistent en même temps dans le monde et dans le cœur de l'homme

Il faudrait que je fuie comme de la peste les nouvelles alarmantes du monde
que je n'ouvre plus aucun journal en ligne, surtout pas le matin!
Difficile quand même...
Comment faire pour ne pas se laisser saccager soi-même au fil de ces  pages?

Magritte

jeudi 15 août 2013

Hier, c'était hier...

J'y arriverai...
deux ou trois mots, pas plus, c'est un bon début
je commence n'importe comment, j'écris n'importe quoi, 
pour faire démarrer la machine
puis on verra ce qui sortira de tout ça...

en fait, j'aurais tellement à dire
tant de choses se sont passées depuis un mois
du bon, du moins bon, du meilleur, du pas bon du tout...!

mais hier c'était hier il me faut regarder devant moi
là où le soleil perce les nuages, là où les arbres frissonnent sous le vent

deux ans.... il y a deux ans
Quelqu'un hier me demandait ce qui avait changé pour moi depuis ces deux années fatidiques
Prise de court, je n'ai pas su répondre quelque chose de cohérent... misère... quelle tristesse!
Or j'ai écrit longuement à ce sujet dans le récit que j'ai fait de toute cette aventure
et là soudain, je ne savais plus... plus aucun mot ne sortait... comme si je n'avais rien à dire...

bon faut juste remettre la machine en route
elle s'est rouillée au long de mes silences
elle hoquette, souffle, crache ses hésitations 

Je lui fais confiance, elle reprendra...



vendredi 19 juillet 2013

Le cri

déjà chez Asphodèle, la consigne suivante...


Voici les mots imposés:
Liberté, sens, découverte, régime, déraison, pantois, hasardeux, obligation, privé, barrière, demeurer, tabou, aventure, rouge, honte, hallucinant, hangar.

Le cri
Défense d’entrer, on ne franchit pas cette barrière, reste derrière, c’est tabou je dis !
Tabou ! tu as compris ? 


Il se tient là, à la porte du hangar : il est pantois, rouge de honte. Car il sait… il  sait ce qu'il va se passer, là, tout au fond de ce hangar privé
Sa découverte date de quelques jours déjà ! Ce fut hallucinant, il n’a pu y croire
Ce jour-là il a bien cru sombrer dans la déraison

Mais il s’est senti poussé par l’obligation de revenir dans ce lieu interdit et d’y demeurer un moment, le temps de voler quelques photos, pour les publier sur le Net 
Cela ferait un buzz, il en était sûr ! des milliers de passages, les gens alléchés par cette aventure hors du commun, leurs sens en éveil, les bravo des uns, les rejets des autres
Tout plutôt que l’indifférence autour de cette affaire ! Il le fallait !
Il avait besoin d’un buzz pour se prouver à lui-même qu’il était un être de liberté

Et voilà qu’elle était là, avec la rage dans les yeux, à lui barrer le passage : elle savait qu’il reviendrait...
Elle le guettait…
Lentement, en le regardant dans les yeux elle se dévêtit : toute la splendeur de la féminité s’offrait là, et lui la mangeait des yeux, il regardait ce beau corps qu’il connaissait dans les moindres replis

Un sourire hasardeux alluma un instant son visage de feu : elle gémissait... 
Puis soudain, elle se mit à hurler et son cri déchirait l'espace, le griffant de sa détresse

Son ventre gonflé semblait prêt à exploser…
Figé sur place, il n’avançait ni ne reculait

Puis elle s’accroupit et le terrible cri primitif s’éleva de cette femme qui allait devenir mère...

jeudi 18 juillet 2013

Femme fontaine...

En lisant chez Célestine le texte qu'elle a écrit pour la consigne des Plumes de l'été d'Asphodèle, une nostalgie teintée d'envie m'a envahie d'un seul coup: il y a deux ans, je participais à ces Plumes avec un énorme plaisir. J'avais décidé d’écrire les textes demandés dans une note d'érotisme, ce qui n'était pas toujours évident, compte tenu des mots imposés qu'il fallait insérer dans son texte
Mais ce défi m'excitait (hum hum...)

La consigne 8 nous obligeait à écrire dans le thème de l'eau (tous les mots ou presque s'y rapportent!)

Je suis bien en retard pour publier ce texte... mais Asphodèle que j'ai contactée est juste contente que je participe...et moi, ça m'a fait du bien, j'ai souri en écrivant



Voici donc:

les mots imposés:
aube, fontaine, débit, grand, fraîcheur, cascade, baignade, chute, flux, dérive, trésor, noyade, trouble, goutte, glisser, gorge, grain.


Femme fontaine

Dans la fraîcheur de son lit, à cette heure incertaine où l’aube le dispute encore à la nuit, il a suffi qu’il se tourne vers elle pour qu’elle sombre et chute aussitôt dans une incroyable béatitude.
Le flux de son désir l’emmène de cascade en dérive . Le trouble glisse presqu’immobile sur sa gorge offerte impudique. Elle demande la noyade, elle crie, elle supplie…

Et soudain, l’extase amorce le grand débit inattendu : voilà que les gouttes rapides surgissent et inondent le lieu du combat amoureux.
Lui ne s’attendait pas à cette baignade insolite

Furieux il se relève et s’extirpe du lit inondé :

« cette femme a un grain : je lui fais l’amour et voilà qu’elle soulage sa vessie »



mardi 2 juillet 2013

La vie, c'est maintenant!

si j'avais une deuxième vie, je consacrerais du temps à
- apprendre le piano
- faire partie d'une troupe théâtrale
- danser le tango, la salsa ou ce genre de danse où l'on s'éclate dans une discipline contrôlée

oui, ça m'aurait bien plu tout ça!
Je ne l'ai pas fait, pour toutes sortes de raisons que je croyais bonnes 

Une de mes filles, séparée de son mari se rend compte qu'elle a "sacrifié" ainsi à sa vie de couple et de famille, des désirs bien légitimes. Elle c'est la danse de salon qu'elle adore
Alors elle s'y est mise:  l'avantage de la séparation, c'est qu'elle a un WE sur deux de libre...
Il vaut mieux trouver les bénéfices secondaires d'une situation douloureuse...
A défaut d'homme dans la maison, un beau (hum) cavalier une soirée par semaine!

Elle est pas belle la vie?
Mes deux filles aînées, quittées chacune par leur homme se sont mises toutes les deux à écouter leurs désirs et surtout à les vivre... 
Dommage qu'il faille attendre une séparation difficile pour enfin s'y mettre...

lundi 17 juin 2013

Le désir pressant d'absolu


Je remets ici un ancien billet que j'ai écrit en avril 2011.
Le relisant par hasard ce matin, je suis frappée par l'intensité de ces mots, exprimant une réalité tout aussi intense... 
J'ai beaucoup réfléchi sur le-comment-j'étais-les-mois-qui-ont-précédé-mon- accident-de-santé,
tentant d'y trouver des pistes pour comprendre...
Ce texte est pour moi très représentatif

Il y a en moi comme un élan incessant vers un absolu dont j'ignore tout et surtout comment le satisfaire. Parfois je me demande si je ne confonds pas ce désir si pressant d'absolu avec un piteux et lancinant vide existentiel, qui serait comme un panier sans fond que je ne parviens jamais à remplir... et pour cause!
C'est comme les deux côtés d'une même médaille. D'un côté le désir d'absolu, de l'autre la sensation de vide...

Cette aspiration incessante vers un "ailleurs", un "autre chose" est lancinante, elle se loge là quelque part dans ma poitrine et la sillonne d'éclairs qui me lacèrent et m'oppressent dans mes respirations. Autrefois c'était si violent que cela se transformait en angoisses qui me laissaient anéantie. Mais j'ai appris heureusement à laisser se décrisper le souffle, à le laisser descendre dans le ventre, ce qui me redonne la sérénité, me replace dans mon centre, et m'ancre dans l'ici et maintenant.

Cette sensation d'oppression n'est que la manifestation physique de quelque chose qui vient de très loin, une aspiration illimitée vers l'infini que j'espère et redoute en même temps tellement je la pressens violente...  et cela dans tous les domaines: aimer (infiniment),  être aimée (infiniment), réaliser de grandes choses dans les domaines qui sont les miens, vivre intensément des choses intenses., vivre des relations fabuleuses. Parfois c'est comme s’il y avait un hiatus fondamental entre ce qui se trame d'intense à l'intérieur de moi dans mes aspirations si fortes... et le fade, le tiède, le gris, le quelconque de l'extérieur (même s'il est pétri de violence ou de méchanceté intrinsèque).

Il y a des jours où je me sens en profonde connivence avec ma vie, où j'ai l'impression de coller au plus près de ce que je suis et de ce que je fais, à ces désirs si profonds, si intenses, si indicibles
Il y a des jours au contraire où ce désir d'absolu me dépasse, je me trouve comme devant une montagne impossible à gravir et j'ai une immense tentation de désespoir. Je me dis que je ne suis pas faite pour vivre, que je vis les choses de manière TROP inadéquate.

C'est très difficile à décrire tout cela, les mots qui me servent d'habitude, je les trouve bien pauvres pour décrire cette quête, cette faim jamais rassasiée.
Est-ce propre à l'être humain cela? Sans doute, mais je vois que d’autres ne se posent pas toutes ces questions, vivent tranquillement leur quotidien en s'en contentant et se moquent gentiment de moi et de ma sensibilité à fleur de peau.
On dit que je vis les choses trop intensément, on me plaint un peu, me disant que la vie ne doit pas être facile pour moi.
C’est vrai... je galère des fois

lundi 3 juin 2013

Pourquoi mon silence

Je me tais de plus en plus...
Du moins sur ce blog...

Prise par mon objectif qui est de finaliser le manuscrit dont j'ai parlé.
C'est du travail. J'en suis à la troisième relecture. 

Et relisant une dernière fois, je vois les faiblesses du texte (répétitions des mêmes idées... vraiment inutiles pour des lecteurs intelligents ;-)), passages inintéressants ou qui ne sont pas à leur place.
Le travail de relecture est long, parfois fastidieux, je dois m'accrocher par instants
Et néanmoins c'est passionnant: certains passages me touchent moi-même, c'est dire!

Voilà la raison pour laquelle j'ai quasi disparu de la blogosphère: je n'écris pas ici, ni ailleurs, j'abandonne mes blogamis que je lis peu et commente à peine

Voilà je voulais vous mettre au courant du pourquoi de ma "disparition"

Sans doute à bientôt

mardi 21 mai 2013

deux bonnes petites nouvelles, ça réchauffe!


- J'ai enfin contacté ce matin la personne dont l'adresse se cache au fond de mon ordinateur depuis plus d'un an...
C'est quelqu’un qui s'occupe d'aider la personne tout entière, il a donc une approche holistique: c'est que je cherchais sans parvenir à faire le pas de prendre contact avec lui. je ne sais ce qui me freinait, peut-être de reconnaître qu'il m'est difficile de m'en sortir seule. Je suis quelqu'un d'indépendant et de solitaire et j'ai toujours voulu me débrouiller seule... ou alors je laisse tomber ;-))
Je compte sur lui pour m'aider à aborder  "l'extérieur" et me libérer du stress énorme qui me saisit quand je vais dehors, quand je prends le bus ou le métro, quand je plonge dans la foule, quand il me faut fréquenter un endroit public dans le monde et le bruit
Je ne veux pas m'enfermer pour toujours dans le cocon rassurant de mon bureau, comme je le fais un peu trop maintenant ou alors ne plus fréquenter que  les endroits rassurants pour moi (= ceux avec lesquels je suis familiarisée)

- pas à pas, ou plutôt page après page, je continue à relire et corriger le premier jet de mon futur témoignage. C'est un travail important et très profitable. Je fouille dans les endroits les plus cachés de ma conscience pour en extirper le plus profond, pas forcément le plus facile. Car reconnaître par exemple les bénéfices secondaires de mon problème de santé, ce n'est pas évident. Mais cela augmente ma conscience d'être et me permet de ne pas être dupe de moi-même...



mercredi 8 mai 2013

Toquades et coups de coeur

J'ai été une habituée des toquades...
C'est ainsi que
- j'ai élevé pendant deux ou trois ans des mandarins... il y avait un couple, je fournissais le nid et j'attendais la bonne nouvelle. Un jour je voyais deux ou trois minuscules petits œufs blottis sur la ouate du nid.. c'était la folie pour les enfants et je le reconnais... pour moi. Nous attendions frémissants d'impatience.. Les petits naissaient et la cage devenait bien trop étriquée pour tout ce petit monde frémissant et voletant. Franchement je ne sais plus ce que je faisais des nouveaux oiseaux... je les donnais sans doute... je ne sais plus! Ce fut une belle période...

- J'ai eu ma période tricot: j'ai tricoté des pulls pour mes enfants... chaque printemps (ou chaque automne, ou à chaque vacance, ça me prenait. Je ne tenais plus en place. J'allais acheter des boules de laine ou de coton, aux couleurs chatoyantes... et je commençais la danse des aiguilles. Rien ni personne n'aurait pu m'interrompre. Mes aiguilles à tricoter se trouvent maintenant au fond d'un tiroir. Ce fut une belle période!

- J'ai eu ma période couture... je vous le jure, pendant quelques années  j'ai confectionné tous les vêtements de mes enfants. Ils étaient encore petits et acceptaient de ne pas avoir des vêtements de marque. D'ailleurs les vêtements que je créais étaient beaux, originaux, avaient un petit cachet spécial.. Le jour où j'ai commencé à écrire, j'ai rangé ma machine... Ce fut une belle période

- J'ai eu ma période doigts verts. Je plantais, déplantais, replantais, puis attendais...
Hélas hélas la terre de mon jardin n'est pas très nourricière et je fus découragée d'aussi piètres résultats...Mais assurément ce fut une belle période...

- Pendant les années de croissance des enfants, j'ai fabriqué le pain maison à la levure et farine complète. Quatre pains d'un coup pour deux ou trois jours... les enfants aimaient beaucoup ce pain, et nous aussi. Chaque fois, je gardais une petite poignée de pâte pour lever la pâte suivante...Pas de cuisson à la machine tout fait main. Pas mal de travail (attendre que la pâte lève, ça prend du temps donc bien calculer son coup...) Alors je vous dis pas... quand le pain cuisait... l'odeur divine partout dans la maison... D'ailleurs aujourd'hui je n'achète que du pain au levain...avec son gout légèrement suret...Ce fut une très belle période!
D'ailleurs d'écrire cela, de remuer les souvenirs... pourquoi je recommençais pas???

- J'ai eu ma période formations diverses et variées: la PNL, l'analyse transactionnelle  la graphologie, les formations à l'écoute, à l'accompagnement des mourants, et d'autres encore. Sans oublier le côté "spirituel". Passionnant, mais cela n'avait qu'un temps, j’étais trop curieuse d'aller voir à côté et d'approfondir un autre aspect de l'âme et du cerveau humain. J'ai appris beaucoup de toutes ces formations: en particulier l'écoute et le dialogue

vendredi 26 avril 2013

Je me donne une bonne conduite


Je n'ai plus conduit depuis août 2011

Le médecin m'avait dit que 6 mois en général sont suffisants pour que le cerveau s'adapte à la vue monoculaire, parfois plus...

Mais fin de l'année 2011, je suis loin d'être habituée, je dois d'ailleurs lutter pour garder la vue claire à l'oeil rescapé

En Janvier 2012, je prête ma voiture à mon fils. Elle poirotait là, en attente dans le garage, en train de se rouiller...Je le vois donc partir avec MA voiture, le cœur un peu serré... me demandant quand... et si....

L'autre samedi soudain, je me dis que ça suffit ! Si je n'essaie pas, si je ne vainc pas ma peur, je me condamne à ne plus conduire. Au moins il faut que j'essaie!

J'ai l'autorisation du médecin... donc QUI m'empêche de conduire prudemment sur un petit trajet de rien du tout,  sinon mes freins, sinon ma peur? Sinon ma conviction que je n'y arriverai plus jamais?

L'autre samedi matin donc, on va faire les "grandes courses" mon mari et moi... et je dis et me redis: ça suffit!

Lui, après avoir rangé les sacs dans le coffre, s'installe tranquillement côté passager!

OUPS ma tête! Je lui demande s'il plaisante...

Il m'avait prise au mot!

J'ai longuement hésité, une minute au moins: c'est long une minute quand il faut prendre une décision qui engage/ Si je ne saisis pas l'opportunité maintenant, je ne la saisirai jamais!

Le coeur battant, je me suis installée au volant, j'ai réglé les paramètres... et j'ai doucement démarré. 
Doucement...

Ouf je connaissais encore les gestes (encore que ce n'est pas ma voiture, mais celle de mon mari!)

Tout s'est bien passé: c'était un trajet court, pas très fréquenté...

Autre chose sera d'aller en ville en pleine heure de pointe!

Le dimanche, nouveau petit trajet de rien du tout, mais IMMENSE pour moi
Le coeur dilaté d'avoir pu vaincre ma peur et cette impression collante que je ne pourrais plus jamais, non ce n'est pas possible, il faut d'abord que je retrouve la vue des deux yeux (oui j'attends le miracle de l'impossible!!)

Je tire mon chapeau à mon mari qui a cru en moi plus que moi-même, qui n'a pas tremblé pour sa "belle" vieille voiture, et qui m'encourage sur le chemin de la reconstruction

C'était il y a déjà une semaine... depuis je n'ai plus osé me mettre derrière le volant...;-((
Cela reviendra... je l'espère


vendredi 12 avril 2013

pourquoi, mais pourquoi donc?

Mon billet précédent m'a menée à bien des réflexions: en voici quelques unes
- certains blogueurs dont je me souviens du pseudo (nous nous lisions et commentions mutuellement il y a déjà quelques années, mais je les avais oubliés, pardon pardon!) sont revenus ici pour me mettre un commentaire d'ailleurs bien intéressant. Je ne savais pas que ces blogueurs écrivaient encore! je ne savais pas surtout qu'ils venaient encore me lire. C'est donc comme une apparition...bien agréable!  je me demande comment ça se fait que ces blogueurs savent que le billet que je publie va les intéresser, au point de venir mettre leur commentaire... curieux les couloirs du Net, en fait pas si secrets que ça!
Je suppose que les flux servent à ça, encore faut-il ne pas avoir été effacée de ces flux...

- certains blogueurs reconnaissent qu'ils ont tenu plusieurs blogs, soit l'un à la suite de l'autre (après suppression)  soit ensemble. Les blogs tenus ensemble traitent de sujets différents et les lecteurs de l'un ne s'intéressent pas à priori aux sujets traités par l'autre.. dans ce cas il faut avoir du temps  pour tenir deux blogs (ou plus!) en même temps...pas toujours facile, on s'essouffle sur l'un ou sur l'autre...
Quant au blog que l'on supprime pour en recommencer un autre ailleurs... pourquoi fait-on ça? Veut-on recommencer une autre vie dans un monde meilleur? Veut-on au contraire pouvoir se mettre à râler sur tout et sur rien sans être cataloguée comme la blogueuse à bons sentiments? Ne se reconnaît-on plus dans le blog précédent et veut-on l'effacer pour recommencer à zéro, en mieux, en plus libre?. Veut-on se donner l'illusion d'une nouvelle vie, d'un blog plus intéressant, qui recueillera plus de lecteurs, plus de suffrages, plus de commentaires, plus de ... tout?.
Est-ce pour soi que l'on recommence? ou pour mieux se positionner face aux lecteurs  Mieux écrire? faire un blog plus littéraire, avec de plus belles photos?
Est-on "reconnu" dans ce nouveau blog, par son style d'écriture par exemple, par sa façon de traiter les sujets  et que fait-on dans ce cas?

- qu'est-ce qui fait qu'on écrit sur la durée? Est-ce une question de caractère? De persévérance (c'est mon cas)? Une question de temps qu'on a, ou pas, ou plus, à y consacrer? Est-ce que l'enthousiasme du début finit toujours par s'atténuer? Est-ce que les difficultés de la vie nous éloignent de la motivation de continuer à écrire?

En voilà des questions... plus celles auxquelles vous me ferez penser ;-))

dimanche 7 avril 2013

blog abandonné...

Cela fait plus de huit années que je tiens ce blog de Coumarine
Pendant 5 ans j'étais sur canalblog, puis je suis passée à blogspot, tout simplement parce que je n'aimais pas l'afflux des pub qui envahissaient ma page

Mais peu importe, je voulais vous parler d'autre chose
Vous ne le savez peut-être pas, quoique je l'ai laissé deviner parfois: j'ai eu bien des fois l'envie de décrocher. Je l'annonçais comme une pause, mais parfois je disais que... cette fois, désolée, c'était fini!

Pourtant je reprenais toujours après un temps plus ou moins long, pas tellement long d'ailleurs....
Je suis quelqu'un de profondément persévérant il faut dire...

Qu'est-ce qui fait que je persévère, contre vents et marées? Pourquoi continuer à écrire ici? 
Qu'est-ce que ça m'apporte?
Le contenu de mes Paroles est bien différent du contenu de mon carnet personnel, dans lequel tous les soirs je remplis deux pages. Cette écriture personnelle, j'en ai besoin. Elle est exclusivement pour moi, ne s'adresse à personne, elle m'aide à voir clair sur le chemin de ma vie, et Dieu sait si j'ai besoin de voir clair ;-))

Ici, c'est différent bien sûr. Je mesure mes mots, je reste discrète sur bien des sujets, ma vie de famille par ex. Le blog n'est pas un carnet personnel comme je l'ai cru naïvement au début, quand je n'étais pas lue.

De temps en temps des blogs que je lisais assez régulièrement, se ferment. C'est inattendu,  ce n'est pas annoncé, ou alors rarement! Je suis là, perplexe devant une page muette, une page qui s'est refermée sur celui/celle qui la tenait... Pourquoi? Mystère... Tout est possible et j'ai appris à ne plus me poser des questions inutiles, à supprimer le blog de mes liens avec juste un brin de nostalgie (un gros brin parfois, quand j'aimais vraiment beaucoup le contenu du blog...)

Mais il y a aussi des blogs qui sont comme abandonnés, comme des jardins en friche... plus de nouveau billet depuis un certain temps. Que se passe-t-il? Pourquoi ce silence? Si j'appréciais ce blog, je le garde obstinément dans mes liens ou mes flux, espérant... je ne sais pas moi, un réveil  après un long sommeil. Cela arrive parfois: un billet, plus deux et c'est reparti!
Mais parfois juste après les mots qui font croire au réveil du blog, le billet suivant ne vient pas. Ce n'était qu'un sursaut après un sommeil sans doute définitif

Tiens, je me pose une question
Si vous deviez déserter votre blog... annonceriez-vous votre départ? Fermeriez-vous votre blog sans aucune explication? ou le laisseriez-vous à l'abandon dans la vaste Toile, peu à peu oublié de tous et d’abord de vous-même?

Pour ma part, c'est évident que j'avertirais de la fermeture de mon blog. Ou alors il faudrait que j'en sois  vraiment incapable... et alors mon blog flotterait sur la toile, au gré des courants et des vents, comme un  petit bouchon  inutile...

photo prise sur le Net

mercredi 3 avril 2013

Témoigner...



Je reprends petit à petit le témoignage que j'ai à coeur d'écrire sur l'aventure de la maladie auto immune qui a débuté en août 2011... bientôt deux ans... déjà!
Ce n'est pas facile: ai-je assez pris distance avec mon vécu alors que je suis encore dans le traitement, pour longtemps encore ?
Ecrire sans avoir le nez dans le guidon, pour garder un point de vue plus large, dédramatisé, réfléchi, oserais-je dire serein?
Mais rester assez investie dans mon récit pour ne pas écrire des mots sans âme, détachés de mes ressentis...

Pourquoi témoigner?
Pour moi d’abord. Dès le premier jour d’hospitalisation, dans le plus intense de ma déconfiture, au plus fort du tsunami qui me tombait dessus, au travers des larmes qui m’inondaient le cœur, j’ai écrit.
J’ai écrit comme une automate, d’une écriture quasi illisible dans un carnet sans forme, empoigné au hasard au moment de rassembler quelques effets, j’ai écrit au jour le jour, pour tenir bon, pour éponger le trop plein, pour garder contact avec la réalité.

Pendant plusieurs mois, au fil des alertes et des hospitalisations,  je suis restée au plus près de ma douleur, tant physique que morale, j’étais dans le terre à terre de ce qui m’arrivait, c'était la seule façon pour moi de m’en sortir…
Puis insensiblement j’ai pris distance : que faire avec ce paquet de… j’allais écrire, de linge sale ? Il y avait là une trace de ma lutte quotidienne, j’en racontais toutes les péripéties, mais cela n’allait pas plus loin, je portais peu de réflexions sur cette étrange aventure.
Alors j’ai contemplé le champ de mon combat, j’ai tenté de sortir de la gadoue, j’ai respiré plus largement pour retrouver mon souffle. Halètements, respirations, comme une femme sur le point d’accoucher. Tout cela m’occupait à plein temps, pas trop l’occasion d’aller plus loin, de dépasser le cap des simples anecdotes du quotidien.
Mais je savais que raconter « ça », ne serait qu’un début. Il me faudrait un jour franchir la barrière du confortable dans la souffrance : car oui, il y a là du confortable quand raconter les choses, au plus serré de leur réalité, risque de devenir répétitif, de me plonger dans la monotonie déprimante d'un quotidien douloureux. Aller plus loin, oser les questions, chercher des réponses, tenter de voir plus clair si possible, c’était risquer gros, je le sentais… c’est ma vie ni plus ni moins qui pouvait basculer, et non plus seulement ma santé.

Témoigner aussi pour les autres…
On a tous à apprendre de la maladie, celle qui sort de l’ordinaire: on se croit hors d’atteinte. Autrefois, malgré divers problèmes physiques, parfois prégnants, ce fut mon cas quand je regardais avec compassion des gens autour de moi,  gravement malades, en bénissant je ne sais quel ciel que ce genre de tuile ne m’était pas arrivée et, je l’espérais, ne me tomberait jamais sur le crâne. Ouf ! ça n’arrive qu’aux autres, c’est bien connu…
Il me fallait témoigner aussi pour expliquer un peu la maladie qui m’a atteinte et qui se soigne obligatoirement sur le long terme. Et qui devra être surveillée pour toujours. Expliquer que la perte de l’œil ou le spectre de la possible cécité n’est que la pointe de l’iceberg et que le combat se situe dans d’autres profondeurs…

Il y a beaucoup de récits de femmes touchées par le cancer du sein. Celles qui à leur tour sont atteintes disent avoir besoin de lire des témoignages à ce sujet. Elles y retrouvent leur lutte, leurs peurs, mais aussi leurs victoires, leur chemin pas à pas, courageux et déterminé. C’est un vrai réconfort, on reçoit des autres, parfois de parfaites inconnues, une sorte d’itinéraire de route, dans lequel on peut s’engager, puisque d’autres l’ont fait avant ! Route difficile, mais qui ne sera pas forcément négative, bien au contraire. Tant de gens disent avoir appris beaucoup de leur épisode maladie. Et qu'ils ne sont plus le/la même…

Pour moi il en a été un peu différemment : quand j’ai voulu à mon tour fréquenter un forum, lire un récit qui m’en apprendrait plus sur la maladie de Horton, j’ai rencontré le vide. Oui bien sûr, des sites expliquaient en long et en large l’aspect médical, mais aucune personne en chair et en os qui la vivait. Cela m’aurait été utile, je l’ai regretté.
De même, dans ma clinique bien-aimée, il y a un Espace Bien-Etre pour les malades du cancer, sponsorisé, où des soins esthétiques, diététiques, conseils divers sont dispensés gratuitement pour aider ces femmes à franchir le cap.  Je m'y suis adressée, j'ai dit que j'étais patiente dans cette  clinique, j'ai parlé de la maladie au long cours dont je souffrais, j'ai demandé si je pouvais moi aussi bénéficier de ces massages et autres bonnes choses qui font tant de bien. Et bien ce fut non! Je n'entrais pas dans "les normes" question prise en charge. OK  je comprends bien, n'empêche j'étais triste, je me suis sentie seule!

De là ma décision de reprendre et de revoir les mots de mon précieux cahier du début, de relire soigneusement les pages et les pages que j'ai écrites par la suite... d’en éliminer beaucoup, d’en ajouter d’autres, d'en forger un récit.
De là mon désir de raconter une histoire qui est la mienne, mais dans laquelle d’autres pourront se reconnaître… 

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