jeudi 29 août 2013

Monastères de Roumanie

Voilà, je vais bien, l’alerte est derrière moi!
Nous partons en Roumanie samedi, faire le tour des monastères
Voyage avec un petit groupe de gens sympa.
Il y aura de tout, culture, peintures sur murs et mosaïques, couleurs abondantes
La nature aussi, avec des balades en moyenne montagne, paysages larges et verts

http://www.turism.ro/francais/moldavie.php
J'avais un peu peur de partir, mais cela me sortira de mes quatre murs que je n'ai plus quittés depuis deux ans
L'avion, ça m'ennuie un peu... mais pas moyen de faire autrement...

Je mets donc ce blog en pause (bon ça changera pas trop, il est en pause depuis quelques mois, mais au moins j'annonce la couleur

Pour les Belges (bruxellois et alentour) procurez-vous la brochure des activités de l'UDA (Université des aînés) www.universitedesaines.be. 
Parmi mille et une activités intéressantes, dans tous les domaines possibles, il y a un atelier d'écriture, que j'animerai avec enthousiasme et compétence
Il aura lieu tous les quinze jours, le vendredi matin, de 10h à 12h3O, durant toute l'année académique
Attention, c'est à Bruxelles, non à Louvain-la-neuve!

A bientôt donc, bonne rentrée à tous


samedi 24 août 2013

CRP, tiens- toi tranquille STP!

Trois lettres au graphisme innocent, anodin, un peu hermétique peut-être pour qui ne les connaît pas: CRP
Depuis deux ans, je me bats avec elles, refusant leur trace dans mon corps, les suppliant, au fil des prises de sang de rester sages, silencieuses, coincées en dessous de l'unité, le seul que le médecin m'autorise.

Au delà, c'est l'indice d'un début d’inflammation, ce qui fait craindre dans mon cas, une éventuelle reprise de Horton. Ben oui, j'ai pas de rhume, pas d'angine, pas de grippe, rien de tout cela! Aucune raison d'inflammation!

La protéine C réactive que l’on connaît également sous le nom de CRP, est une protéine dont le taux s'élève dans le sang, lors d’une maladie entraînant une inflammation. C’est un marqueur biologique précoce de l’inflammation



Depuis quinze jours, le taux de CRP est remonté, quel vilain pas beau celui-là! Je lui ai rien demandé, moi!

Ça veut dire quoi? Ça veut dire PRUDENCE... on remonte donc les doses de cortisone, cette chère cortisone que j'adore...pas le choix, c'est comme ça!

Parce que, c'est peut-être une tentative de Horton de reprendre le terrain. Ou pas. Mais dans le doute, on prend aucun risque! Je suis bien suivie, choyée, dorlotée, cajolée...
Hier j'ai passé plus de deux heures en clinique pur vérifier l'état de santé de mon précieux œil rescapé. Ouf, tout va bien! Il accepte de voir correctement, malgré le brouillard qui l'envahit le plus souvent.

Mais madame, vous comprenez, on ne prend aucune risque... ça veut dire que lundi matin rebelote, je retourne pour de nouveaux contrôles; le contrôle du contrôle, en quelque sorte
Ah oui, j'oubliais: bien sûr nouvelle prise de sang pour voir où en est la CRP

Vous savez quoi? Je croise les doigts! On ne dépasse pas 1, compris?

Faut le dire, j'ai passé un agréable mois d’août dans les salles d'attente de ma clinique préférée, à contempler les affiches de vacances, palmiers, plages de sable... magnifique! J'ai rêvé tout mon saoul!
Allez, on parie? en septembre, je commence une nouvelle vie



mardi 20 août 2013

Pile ET face , les deux ensemble

Je ne peux pas m'empêcher de lire le journal en ligne chaque matin
et j'y reviens souvent le soir dans l'espoir que... mais non rien n'a changé, sinon en pire..
Il y avait des nouvelles alarmantes hier, ce matin, il y en aura  surement demain
Les nouvelles alarmantes m'alarment, c'est clair!
Palpitations, sueurs froides... non j'exagère, mais à peine...
Il y a des jours où ce monde m'effraie fort
des jours où il m'est difficile de continuer à croire dans la beauté de la vie
Il y a une telle violence dans le cœur de l'homme, difficile à comprendre

L'homme saccage le monde, il s'acharne sur les autres
comment est-ce possible?

Parfois cependant, (souvent dans ce monde virtuel des blogs d'ailleurs, ceux que je fréquente en tout cas), il y a de l'amitié, de la solidarité, un réel souci de l'autre
Des paroles chaleureuses qui regonflent un moral fuyant

Pile ET face, les deux coexistent en même temps dans le monde et dans le cœur de l'homme

Il faudrait que je fuie comme de la peste les nouvelles alarmantes du monde
que je n'ouvre plus aucun journal en ligne, surtout pas le matin!
Difficile quand même...
Comment faire pour ne pas se laisser saccager soi-même au fil de ces  pages?

Magritte

jeudi 15 août 2013

Hier, c'était hier...

J'y arriverai...
deux ou trois mots, pas plus, c'est un bon début
je commence n'importe comment, j'écris n'importe quoi, 
pour faire démarrer la machine
puis on verra ce qui sortira de tout ça...

en fait, j'aurais tellement à dire
tant de choses se sont passées depuis un mois
du bon, du moins bon, du meilleur, du pas bon du tout...!

mais hier c'était hier il me faut regarder devant moi
là où le soleil perce les nuages, là où les arbres frissonnent sous le vent

deux ans.... il y a deux ans
Quelqu'un hier me demandait ce qui avait changé pour moi depuis ces deux années fatidiques
Prise de court, je n'ai pas su répondre quelque chose de cohérent... misère... quelle tristesse!
Or j'ai écrit longuement à ce sujet dans le récit que j'ai fait de toute cette aventure
et là soudain, je ne savais plus... plus aucun mot ne sortait... comme si je n'avais rien à dire...

bon faut juste remettre la machine en route
elle s'est rouillée au long de mes silences
elle hoquette, souffle, crache ses hésitations 

Je lui fais confiance, elle reprendra...



vendredi 19 juillet 2013

Le cri

déjà chez Asphodèle, la consigne suivante...


Voici les mots imposés:
Liberté, sens, découverte, régime, déraison, pantois, hasardeux, obligation, privé, barrière, demeurer, tabou, aventure, rouge, honte, hallucinant, hangar.

Le cri
Défense d’entrer, on ne franchit pas cette barrière, reste derrière, c’est tabou je dis !
Tabou ! tu as compris ? 


Il se tient là, à la porte du hangar : il est pantois, rouge de honte. Car il sait… il  sait ce qu'il va se passer, là, tout au fond de ce hangar privé
Sa découverte date de quelques jours déjà ! Ce fut hallucinant, il n’a pu y croire
Ce jour-là il a bien cru sombrer dans la déraison

Mais il s’est senti poussé par l’obligation de revenir dans ce lieu interdit et d’y demeurer un moment, le temps de voler quelques photos, pour les publier sur le Net 
Cela ferait un buzz, il en était sûr ! des milliers de passages, les gens alléchés par cette aventure hors du commun, leurs sens en éveil, les bravo des uns, les rejets des autres
Tout plutôt que l’indifférence autour de cette affaire ! Il le fallait !
Il avait besoin d’un buzz pour se prouver à lui-même qu’il était un être de liberté

Et voilà qu’elle était là, avec la rage dans les yeux, à lui barrer le passage : elle savait qu’il reviendrait...
Elle le guettait…
Lentement, en le regardant dans les yeux elle se dévêtit : toute la splendeur de la féminité s’offrait là, et lui la mangeait des yeux, il regardait ce beau corps qu’il connaissait dans les moindres replis

Un sourire hasardeux alluma un instant son visage de feu : elle gémissait... 
Puis soudain, elle se mit à hurler et son cri déchirait l'espace, le griffant de sa détresse

Son ventre gonflé semblait prêt à exploser…
Figé sur place, il n’avançait ni ne reculait

Puis elle s’accroupit et le terrible cri primitif s’éleva de cette femme qui allait devenir mère...

jeudi 18 juillet 2013

Femme fontaine...

En lisant chez Célestine le texte qu'elle a écrit pour la consigne des Plumes de l'été d'Asphodèle, une nostalgie teintée d'envie m'a envahie d'un seul coup: il y a deux ans, je participais à ces Plumes avec un énorme plaisir. J'avais décidé d’écrire les textes demandés dans une note d'érotisme, ce qui n'était pas toujours évident, compte tenu des mots imposés qu'il fallait insérer dans son texte
Mais ce défi m'excitait (hum hum...)

La consigne 8 nous obligeait à écrire dans le thème de l'eau (tous les mots ou presque s'y rapportent!)

Je suis bien en retard pour publier ce texte... mais Asphodèle que j'ai contactée est juste contente que je participe...et moi, ça m'a fait du bien, j'ai souri en écrivant



Voici donc:

les mots imposés:
aube, fontaine, débit, grand, fraîcheur, cascade, baignade, chute, flux, dérive, trésor, noyade, trouble, goutte, glisser, gorge, grain.


Femme fontaine

Dans la fraîcheur de son lit, à cette heure incertaine où l’aube le dispute encore à la nuit, il a suffi qu’il se tourne vers elle pour qu’elle sombre et chute aussitôt dans une incroyable béatitude.
Le flux de son désir l’emmène de cascade en dérive . Le trouble glisse presqu’immobile sur sa gorge offerte impudique. Elle demande la noyade, elle crie, elle supplie…

Et soudain, l’extase amorce le grand débit inattendu : voilà que les gouttes rapides surgissent et inondent le lieu du combat amoureux.
Lui ne s’attendait pas à cette baignade insolite

Furieux il se relève et s’extirpe du lit inondé :

« cette femme a un grain : je lui fais l’amour et voilà qu’elle soulage sa vessie »



mardi 2 juillet 2013

La vie, c'est maintenant!

si j'avais une deuxième vie, je consacrerais du temps à
- apprendre le piano
- faire partie d'une troupe théâtrale
- danser le tango, la salsa ou ce genre de danse où l'on s'éclate dans une discipline contrôlée

oui, ça m'aurait bien plu tout ça!
Je ne l'ai pas fait, pour toutes sortes de raisons que je croyais bonnes 

Une de mes filles, séparée de son mari se rend compte qu'elle a "sacrifié" ainsi à sa vie de couple et de famille, des désirs bien légitimes. Elle c'est la danse de salon qu'elle adore
Alors elle s'y est mise:  l'avantage de la séparation, c'est qu'elle a un WE sur deux de libre...
Il vaut mieux trouver les bénéfices secondaires d'une situation douloureuse...
A défaut d'homme dans la maison, un beau (hum) cavalier une soirée par semaine!

Elle est pas belle la vie?
Mes deux filles aînées, quittées chacune par leur homme se sont mises toutes les deux à écouter leurs désirs et surtout à les vivre... 
Dommage qu'il faille attendre une séparation difficile pour enfin s'y mettre...

lundi 17 juin 2013

Le désir pressant d'absolu


Je remets ici un ancien billet que j'ai écrit en avril 2011.
Le relisant par hasard ce matin, je suis frappée par l'intensité de ces mots, exprimant une réalité tout aussi intense... 
J'ai beaucoup réfléchi sur le-comment-j'étais-les-mois-qui-ont-précédé-mon- accident-de-santé,
tentant d'y trouver des pistes pour comprendre...
Ce texte est pour moi très représentatif

Il y a en moi comme un élan incessant vers un absolu dont j'ignore tout et surtout comment le satisfaire. Parfois je me demande si je ne confonds pas ce désir si pressant d'absolu avec un piteux et lancinant vide existentiel, qui serait comme un panier sans fond que je ne parviens jamais à remplir... et pour cause!
C'est comme les deux côtés d'une même médaille. D'un côté le désir d'absolu, de l'autre la sensation de vide...

Cette aspiration incessante vers un "ailleurs", un "autre chose" est lancinante, elle se loge là quelque part dans ma poitrine et la sillonne d'éclairs qui me lacèrent et m'oppressent dans mes respirations. Autrefois c'était si violent que cela se transformait en angoisses qui me laissaient anéantie. Mais j'ai appris heureusement à laisser se décrisper le souffle, à le laisser descendre dans le ventre, ce qui me redonne la sérénité, me replace dans mon centre, et m'ancre dans l'ici et maintenant.

Cette sensation d'oppression n'est que la manifestation physique de quelque chose qui vient de très loin, une aspiration illimitée vers l'infini que j'espère et redoute en même temps tellement je la pressens violente...  et cela dans tous les domaines: aimer (infiniment),  être aimée (infiniment), réaliser de grandes choses dans les domaines qui sont les miens, vivre intensément des choses intenses., vivre des relations fabuleuses. Parfois c'est comme s’il y avait un hiatus fondamental entre ce qui se trame d'intense à l'intérieur de moi dans mes aspirations si fortes... et le fade, le tiède, le gris, le quelconque de l'extérieur (même s'il est pétri de violence ou de méchanceté intrinsèque).

Il y a des jours où je me sens en profonde connivence avec ma vie, où j'ai l'impression de coller au plus près de ce que je suis et de ce que je fais, à ces désirs si profonds, si intenses, si indicibles
Il y a des jours au contraire où ce désir d'absolu me dépasse, je me trouve comme devant une montagne impossible à gravir et j'ai une immense tentation de désespoir. Je me dis que je ne suis pas faite pour vivre, que je vis les choses de manière TROP inadéquate.

C'est très difficile à décrire tout cela, les mots qui me servent d'habitude, je les trouve bien pauvres pour décrire cette quête, cette faim jamais rassasiée.
Est-ce propre à l'être humain cela? Sans doute, mais je vois que d’autres ne se posent pas toutes ces questions, vivent tranquillement leur quotidien en s'en contentant et se moquent gentiment de moi et de ma sensibilité à fleur de peau.
On dit que je vis les choses trop intensément, on me plaint un peu, me disant que la vie ne doit pas être facile pour moi.
C’est vrai... je galère des fois

lundi 3 juin 2013

Pourquoi mon silence

Je me tais de plus en plus...
Du moins sur ce blog...

Prise par mon objectif qui est de finaliser le manuscrit dont j'ai parlé.
C'est du travail. J'en suis à la troisième relecture. 

Et relisant une dernière fois, je vois les faiblesses du texte (répétitions des mêmes idées... vraiment inutiles pour des lecteurs intelligents ;-)), passages inintéressants ou qui ne sont pas à leur place.
Le travail de relecture est long, parfois fastidieux, je dois m'accrocher par instants
Et néanmoins c'est passionnant: certains passages me touchent moi-même, c'est dire!

Voilà la raison pour laquelle j'ai quasi disparu de la blogosphère: je n'écris pas ici, ni ailleurs, j'abandonne mes blogamis que je lis peu et commente à peine

Voilà je voulais vous mettre au courant du pourquoi de ma "disparition"

Sans doute à bientôt

mardi 21 mai 2013

deux bonnes petites nouvelles, ça réchauffe!


- J'ai enfin contacté ce matin la personne dont l'adresse se cache au fond de mon ordinateur depuis plus d'un an...
C'est quelqu’un qui s'occupe d'aider la personne tout entière, il a donc une approche holistique: c'est que je cherchais sans parvenir à faire le pas de prendre contact avec lui. je ne sais ce qui me freinait, peut-être de reconnaître qu'il m'est difficile de m'en sortir seule. Je suis quelqu'un d'indépendant et de solitaire et j'ai toujours voulu me débrouiller seule... ou alors je laisse tomber ;-))
Je compte sur lui pour m'aider à aborder  "l'extérieur" et me libérer du stress énorme qui me saisit quand je vais dehors, quand je prends le bus ou le métro, quand je plonge dans la foule, quand il me faut fréquenter un endroit public dans le monde et le bruit
Je ne veux pas m'enfermer pour toujours dans le cocon rassurant de mon bureau, comme je le fais un peu trop maintenant ou alors ne plus fréquenter que  les endroits rassurants pour moi (= ceux avec lesquels je suis familiarisée)

- pas à pas, ou plutôt page après page, je continue à relire et corriger le premier jet de mon futur témoignage. C'est un travail important et très profitable. Je fouille dans les endroits les plus cachés de ma conscience pour en extirper le plus profond, pas forcément le plus facile. Car reconnaître par exemple les bénéfices secondaires de mon problème de santé, ce n'est pas évident. Mais cela augmente ma conscience d'être et me permet de ne pas être dupe de moi-même...



mercredi 8 mai 2013

Toquades et coups de coeur

J'ai été une habituée des toquades...
C'est ainsi que
- j'ai élevé pendant deux ou trois ans des mandarins... il y avait un couple, je fournissais le nid et j'attendais la bonne nouvelle. Un jour je voyais deux ou trois minuscules petits œufs blottis sur la ouate du nid.. c'était la folie pour les enfants et je le reconnais... pour moi. Nous attendions frémissants d'impatience.. Les petits naissaient et la cage devenait bien trop étriquée pour tout ce petit monde frémissant et voletant. Franchement je ne sais plus ce que je faisais des nouveaux oiseaux... je les donnais sans doute... je ne sais plus! Ce fut une belle période...

- J'ai eu ma période tricot: j'ai tricoté des pulls pour mes enfants... chaque printemps (ou chaque automne, ou à chaque vacance, ça me prenait. Je ne tenais plus en place. J'allais acheter des boules de laine ou de coton, aux couleurs chatoyantes... et je commençais la danse des aiguilles. Rien ni personne n'aurait pu m'interrompre. Mes aiguilles à tricoter se trouvent maintenant au fond d'un tiroir. Ce fut une belle période!

- J'ai eu ma période couture... je vous le jure, pendant quelques années  j'ai confectionné tous les vêtements de mes enfants. Ils étaient encore petits et acceptaient de ne pas avoir des vêtements de marque. D'ailleurs les vêtements que je créais étaient beaux, originaux, avaient un petit cachet spécial.. Le jour où j'ai commencé à écrire, j'ai rangé ma machine... Ce fut une belle période

- J'ai eu ma période doigts verts. Je plantais, déplantais, replantais, puis attendais...
Hélas hélas la terre de mon jardin n'est pas très nourricière et je fus découragée d'aussi piètres résultats...Mais assurément ce fut une belle période...

- Pendant les années de croissance des enfants, j'ai fabriqué le pain maison à la levure et farine complète. Quatre pains d'un coup pour deux ou trois jours... les enfants aimaient beaucoup ce pain, et nous aussi. Chaque fois, je gardais une petite poignée de pâte pour lever la pâte suivante...Pas de cuisson à la machine tout fait main. Pas mal de travail (attendre que la pâte lève, ça prend du temps donc bien calculer son coup...) Alors je vous dis pas... quand le pain cuisait... l'odeur divine partout dans la maison... D'ailleurs aujourd'hui je n'achète que du pain au levain...avec son gout légèrement suret...Ce fut une très belle période!
D'ailleurs d'écrire cela, de remuer les souvenirs... pourquoi je recommençais pas???

- J'ai eu ma période formations diverses et variées: la PNL, l'analyse transactionnelle  la graphologie, les formations à l'écoute, à l'accompagnement des mourants, et d'autres encore. Sans oublier le côté "spirituel". Passionnant, mais cela n'avait qu'un temps, j’étais trop curieuse d'aller voir à côté et d'approfondir un autre aspect de l'âme et du cerveau humain. J'ai appris beaucoup de toutes ces formations: en particulier l'écoute et le dialogue

vendredi 26 avril 2013

Je me donne une bonne conduite


Je n'ai plus conduit depuis août 2011

Le médecin m'avait dit que 6 mois en général sont suffisants pour que le cerveau s'adapte à la vue monoculaire, parfois plus...

Mais fin de l'année 2011, je suis loin d'être habituée, je dois d'ailleurs lutter pour garder la vue claire à l'oeil rescapé

En Janvier 2012, je prête ma voiture à mon fils. Elle poirotait là, en attente dans le garage, en train de se rouiller...Je le vois donc partir avec MA voiture, le cœur un peu serré... me demandant quand... et si....

L'autre samedi soudain, je me dis que ça suffit ! Si je n'essaie pas, si je ne vainc pas ma peur, je me condamne à ne plus conduire. Au moins il faut que j'essaie!

J'ai l'autorisation du médecin... donc QUI m'empêche de conduire prudemment sur un petit trajet de rien du tout,  sinon mes freins, sinon ma peur? Sinon ma conviction que je n'y arriverai plus jamais?

L'autre samedi matin donc, on va faire les "grandes courses" mon mari et moi... et je dis et me redis: ça suffit!

Lui, après avoir rangé les sacs dans le coffre, s'installe tranquillement côté passager!

OUPS ma tête! Je lui demande s'il plaisante...

Il m'avait prise au mot!

J'ai longuement hésité, une minute au moins: c'est long une minute quand il faut prendre une décision qui engage/ Si je ne saisis pas l'opportunité maintenant, je ne la saisirai jamais!

Le coeur battant, je me suis installée au volant, j'ai réglé les paramètres... et j'ai doucement démarré. 
Doucement...

Ouf je connaissais encore les gestes (encore que ce n'est pas ma voiture, mais celle de mon mari!)

Tout s'est bien passé: c'était un trajet court, pas très fréquenté...

Autre chose sera d'aller en ville en pleine heure de pointe!

Le dimanche, nouveau petit trajet de rien du tout, mais IMMENSE pour moi
Le coeur dilaté d'avoir pu vaincre ma peur et cette impression collante que je ne pourrais plus jamais, non ce n'est pas possible, il faut d'abord que je retrouve la vue des deux yeux (oui j'attends le miracle de l'impossible!!)

Je tire mon chapeau à mon mari qui a cru en moi plus que moi-même, qui n'a pas tremblé pour sa "belle" vieille voiture, et qui m'encourage sur le chemin de la reconstruction

C'était il y a déjà une semaine... depuis je n'ai plus osé me mettre derrière le volant...;-((
Cela reviendra... je l'espère


vendredi 12 avril 2013

pourquoi, mais pourquoi donc?

Mon billet précédent m'a menée à bien des réflexions: en voici quelques unes
- certains blogueurs dont je me souviens du pseudo (nous nous lisions et commentions mutuellement il y a déjà quelques années, mais je les avais oubliés, pardon pardon!) sont revenus ici pour me mettre un commentaire d'ailleurs bien intéressant. Je ne savais pas que ces blogueurs écrivaient encore! je ne savais pas surtout qu'ils venaient encore me lire. C'est donc comme une apparition...bien agréable!  je me demande comment ça se fait que ces blogueurs savent que le billet que je publie va les intéresser, au point de venir mettre leur commentaire... curieux les couloirs du Net, en fait pas si secrets que ça!
Je suppose que les flux servent à ça, encore faut-il ne pas avoir été effacée de ces flux...

- certains blogueurs reconnaissent qu'ils ont tenu plusieurs blogs, soit l'un à la suite de l'autre (après suppression)  soit ensemble. Les blogs tenus ensemble traitent de sujets différents et les lecteurs de l'un ne s'intéressent pas à priori aux sujets traités par l'autre.. dans ce cas il faut avoir du temps  pour tenir deux blogs (ou plus!) en même temps...pas toujours facile, on s'essouffle sur l'un ou sur l'autre...
Quant au blog que l'on supprime pour en recommencer un autre ailleurs... pourquoi fait-on ça? Veut-on recommencer une autre vie dans un monde meilleur? Veut-on au contraire pouvoir se mettre à râler sur tout et sur rien sans être cataloguée comme la blogueuse à bons sentiments? Ne se reconnaît-on plus dans le blog précédent et veut-on l'effacer pour recommencer à zéro, en mieux, en plus libre?. Veut-on se donner l'illusion d'une nouvelle vie, d'un blog plus intéressant, qui recueillera plus de lecteurs, plus de suffrages, plus de commentaires, plus de ... tout?.
Est-ce pour soi que l'on recommence? ou pour mieux se positionner face aux lecteurs  Mieux écrire? faire un blog plus littéraire, avec de plus belles photos?
Est-on "reconnu" dans ce nouveau blog, par son style d'écriture par exemple, par sa façon de traiter les sujets  et que fait-on dans ce cas?

- qu'est-ce qui fait qu'on écrit sur la durée? Est-ce une question de caractère? De persévérance (c'est mon cas)? Une question de temps qu'on a, ou pas, ou plus, à y consacrer? Est-ce que l'enthousiasme du début finit toujours par s'atténuer? Est-ce que les difficultés de la vie nous éloignent de la motivation de continuer à écrire?

En voilà des questions... plus celles auxquelles vous me ferez penser ;-))

dimanche 7 avril 2013

blog abandonné...

Cela fait plus de huit années que je tiens ce blog de Coumarine
Pendant 5 ans j'étais sur canalblog, puis je suis passée à blogspot, tout simplement parce que je n'aimais pas l'afflux des pub qui envahissaient ma page

Mais peu importe, je voulais vous parler d'autre chose
Vous ne le savez peut-être pas, quoique je l'ai laissé deviner parfois: j'ai eu bien des fois l'envie de décrocher. Je l'annonçais comme une pause, mais parfois je disais que... cette fois, désolée, c'était fini!

Pourtant je reprenais toujours après un temps plus ou moins long, pas tellement long d'ailleurs....
Je suis quelqu'un de profondément persévérant il faut dire...

Qu'est-ce qui fait que je persévère, contre vents et marées? Pourquoi continuer à écrire ici? 
Qu'est-ce que ça m'apporte?
Le contenu de mes Paroles est bien différent du contenu de mon carnet personnel, dans lequel tous les soirs je remplis deux pages. Cette écriture personnelle, j'en ai besoin. Elle est exclusivement pour moi, ne s'adresse à personne, elle m'aide à voir clair sur le chemin de ma vie, et Dieu sait si j'ai besoin de voir clair ;-))

Ici, c'est différent bien sûr. Je mesure mes mots, je reste discrète sur bien des sujets, ma vie de famille par ex. Le blog n'est pas un carnet personnel comme je l'ai cru naïvement au début, quand je n'étais pas lue.

De temps en temps des blogs que je lisais assez régulièrement, se ferment. C'est inattendu,  ce n'est pas annoncé, ou alors rarement! Je suis là, perplexe devant une page muette, une page qui s'est refermée sur celui/celle qui la tenait... Pourquoi? Mystère... Tout est possible et j'ai appris à ne plus me poser des questions inutiles, à supprimer le blog de mes liens avec juste un brin de nostalgie (un gros brin parfois, quand j'aimais vraiment beaucoup le contenu du blog...)

Mais il y a aussi des blogs qui sont comme abandonnés, comme des jardins en friche... plus de nouveau billet depuis un certain temps. Que se passe-t-il? Pourquoi ce silence? Si j'appréciais ce blog, je le garde obstinément dans mes liens ou mes flux, espérant... je ne sais pas moi, un réveil  après un long sommeil. Cela arrive parfois: un billet, plus deux et c'est reparti!
Mais parfois juste après les mots qui font croire au réveil du blog, le billet suivant ne vient pas. Ce n'était qu'un sursaut après un sommeil sans doute définitif

Tiens, je me pose une question
Si vous deviez déserter votre blog... annonceriez-vous votre départ? Fermeriez-vous votre blog sans aucune explication? ou le laisseriez-vous à l'abandon dans la vaste Toile, peu à peu oublié de tous et d’abord de vous-même?

Pour ma part, c'est évident que j'avertirais de la fermeture de mon blog. Ou alors il faudrait que j'en sois  vraiment incapable... et alors mon blog flotterait sur la toile, au gré des courants et des vents, comme un  petit bouchon  inutile...

photo prise sur le Net

mercredi 3 avril 2013

Témoigner...



Je reprends petit à petit le témoignage que j'ai à coeur d'écrire sur l'aventure de la maladie auto immune qui a débuté en août 2011... bientôt deux ans... déjà!
Ce n'est pas facile: ai-je assez pris distance avec mon vécu alors que je suis encore dans le traitement, pour longtemps encore ?
Ecrire sans avoir le nez dans le guidon, pour garder un point de vue plus large, dédramatisé, réfléchi, oserais-je dire serein?
Mais rester assez investie dans mon récit pour ne pas écrire des mots sans âme, détachés de mes ressentis...

Pourquoi témoigner?
Pour moi d’abord. Dès le premier jour d’hospitalisation, dans le plus intense de ma déconfiture, au plus fort du tsunami qui me tombait dessus, au travers des larmes qui m’inondaient le cœur, j’ai écrit.
J’ai écrit comme une automate, d’une écriture quasi illisible dans un carnet sans forme, empoigné au hasard au moment de rassembler quelques effets, j’ai écrit au jour le jour, pour tenir bon, pour éponger le trop plein, pour garder contact avec la réalité.

Pendant plusieurs mois, au fil des alertes et des hospitalisations,  je suis restée au plus près de ma douleur, tant physique que morale, j’étais dans le terre à terre de ce qui m’arrivait, c'était la seule façon pour moi de m’en sortir…
Puis insensiblement j’ai pris distance : que faire avec ce paquet de… j’allais écrire, de linge sale ? Il y avait là une trace de ma lutte quotidienne, j’en racontais toutes les péripéties, mais cela n’allait pas plus loin, je portais peu de réflexions sur cette étrange aventure.
Alors j’ai contemplé le champ de mon combat, j’ai tenté de sortir de la gadoue, j’ai respiré plus largement pour retrouver mon souffle. Halètements, respirations, comme une femme sur le point d’accoucher. Tout cela m’occupait à plein temps, pas trop l’occasion d’aller plus loin, de dépasser le cap des simples anecdotes du quotidien.
Mais je savais que raconter « ça », ne serait qu’un début. Il me faudrait un jour franchir la barrière du confortable dans la souffrance : car oui, il y a là du confortable quand raconter les choses, au plus serré de leur réalité, risque de devenir répétitif, de me plonger dans la monotonie déprimante d'un quotidien douloureux. Aller plus loin, oser les questions, chercher des réponses, tenter de voir plus clair si possible, c’était risquer gros, je le sentais… c’est ma vie ni plus ni moins qui pouvait basculer, et non plus seulement ma santé.

Témoigner aussi pour les autres…
On a tous à apprendre de la maladie, celle qui sort de l’ordinaire: on se croit hors d’atteinte. Autrefois, malgré divers problèmes physiques, parfois prégnants, ce fut mon cas quand je regardais avec compassion des gens autour de moi,  gravement malades, en bénissant je ne sais quel ciel que ce genre de tuile ne m’était pas arrivée et, je l’espérais, ne me tomberait jamais sur le crâne. Ouf ! ça n’arrive qu’aux autres, c’est bien connu…
Il me fallait témoigner aussi pour expliquer un peu la maladie qui m’a atteinte et qui se soigne obligatoirement sur le long terme. Et qui devra être surveillée pour toujours. Expliquer que la perte de l’œil ou le spectre de la possible cécité n’est que la pointe de l’iceberg et que le combat se situe dans d’autres profondeurs…

Il y a beaucoup de récits de femmes touchées par le cancer du sein. Celles qui à leur tour sont atteintes disent avoir besoin de lire des témoignages à ce sujet. Elles y retrouvent leur lutte, leurs peurs, mais aussi leurs victoires, leur chemin pas à pas, courageux et déterminé. C’est un vrai réconfort, on reçoit des autres, parfois de parfaites inconnues, une sorte d’itinéraire de route, dans lequel on peut s’engager, puisque d’autres l’ont fait avant ! Route difficile, mais qui ne sera pas forcément négative, bien au contraire. Tant de gens disent avoir appris beaucoup de leur épisode maladie. Et qu'ils ne sont plus le/la même…

Pour moi il en a été un peu différemment : quand j’ai voulu à mon tour fréquenter un forum, lire un récit qui m’en apprendrait plus sur la maladie de Horton, j’ai rencontré le vide. Oui bien sûr, des sites expliquaient en long et en large l’aspect médical, mais aucune personne en chair et en os qui la vivait. Cela m’aurait été utile, je l’ai regretté.
De même, dans ma clinique bien-aimée, il y a un Espace Bien-Etre pour les malades du cancer, sponsorisé, où des soins esthétiques, diététiques, conseils divers sont dispensés gratuitement pour aider ces femmes à franchir le cap.  Je m'y suis adressée, j'ai dit que j'étais patiente dans cette  clinique, j'ai parlé de la maladie au long cours dont je souffrais, j'ai demandé si je pouvais moi aussi bénéficier de ces massages et autres bonnes choses qui font tant de bien. Et bien ce fut non! Je n'entrais pas dans "les normes" question prise en charge. OK  je comprends bien, n'empêche j'étais triste, je me suis sentie seule!

De là ma décision de reprendre et de revoir les mots de mon précieux cahier du début, de relire soigneusement les pages et les pages que j'ai écrites par la suite... d’en éliminer beaucoup, d’en ajouter d’autres, d'en forger un récit.
De là mon désir de raconter une histoire qui est la mienne, mais dans laquelle d’autres pourront se reconnaître… 

jeudi 21 mars 2013

après... ce sera une petite pause...


Je passe par des moments difficiles
Comme tout le monde finalement...
comme vous qui me lisez

Je vais bien plus profondément dans l'analyse de ce que je vis, grâce à mon cahier perso, dans lequel j'écris chaque jour que dieu fait
Est-ce que cela m'aide cette écriture quotidienne qui n'a pour seule intention que de cerner mes ressentis, au plus précis possible? Etre consciente de ma vie, peut-être afin de mieux la vivre...? Vivre de manière plus responsable parce que plus consciente...

Je ne sais pas
Mais je sais que je ne peux plus m'en passer, que plus d'une fois au cours de la journée, je pense à mon cahier, au RV qui m'attend, aux mots que j'écrirai à partir du petit post-it qui me rappelle ce qu'il serait important que je développe

Quand j'écris ainsi, je suis d'abord dans le plus quotidien, je dirais le plus terre à terre, emberlificotée, parfois nouée dans les liens de mes questionnements ou/et de mes joies. J'écris au plus près du moment présent, sans aucune attention ni à mon style, ni à mon orthographe, ni même à la lisibilité... Normalement je ne relis pas, sinon des mois plus tard pour voir si évolution il y a...
Le plus souvent, une idée nouvelle, parfois étrange surgit, à mon grand étonnement... soudain la page s'agrandit comme mon regard, quand quittant mon cahier, je regarde au loin: c'est grand, c'est large,  c'est loin (attention, j'ai pas dit lointain!) c'est inconnu, tour à tour enthousiasmant et effrayant!

Mes yeux font des siennes... le valide me dit zut, il se voile...une fois de plus...
il me faudra un traitement au laser... j'aimerais qu'il ait lieu le plus rapidement possible, mais je suis condamnée à la patience

Il m'est difficile de continuer à alimenter mon blog... le moral n'y est pas vraiment


Bon printemps à vous. Vous avez vu ce matin l'explosion de couleurs des crocus? 

mardi 19 mars 2013

Supprimer les mots superflus... pas facile!

Je viens d'écrire une nouvelle, contente de l'avoir terminée...
C'est une commande en fait. Cette nouvelle doit faire partie d'un recueil de nouvelles sur un thème précis que je ne dévoilerai pas ici. Recueil qui doit être édité au Québec.
(oui oui, on vient me chercher de loin! J'étais la première étonnée je reconnais! Le Net efface les frontières, les amoureux de la langue se trouvent partout! c'est chouette!)

Donc revenons à ma nouvelle: elle devait contenir max 3500 mots
Pas beaucoup ça... je les avais vite dépassés
Plus de 5000 mots: ce qui donc était beaucoup trop!
Au travail!  j'entame un nième relecture
(Oui, écrire c'est surtout relire et corriger... un boulot que j'aime bien, qui ne me dérange pas)

Et me voilà donc les yeux fixés sur l'écran à tenter de supprimer 1500 mots
Sans pour autant nuire au sens, à la spontanéité du texte

1er essai: environ 1000 mots disparaissent dans les méandres de mon ordi (pas de panique  j'ai fait une copie de la première mouture, on ne sait jamais!!)

Ce n'est pas assez, je dois supprimer davantage...

Jamais agréable de sabrer dans un texte qu'on a mis du temps à composer avec soin... dur dur
Dire que je donne cela comme conseil aux participants de mes ateliers d'écriture: ne garder que l'essentiel, être capable de supprimer tous les mots superflus...

et bien je le redis, ce n'est pas si facile: notre petit ego tient à TOUS les mots!
Mais ce qui reste alors, c'est l'essentiel, l'intense, le dense...


jeudi 14 mars 2013

Un noble souci!



Dans mes mails ce matin j’ai trouvé
un message d’une grande importance :
un chef islamiste assurément bien inspiré
prétend qu'il faut les couper proprement
toutes les petites choses qui dépassent
du sexe féminin qu'il rêve lisse et sans péché

Dans la chaleur de son pays
il prétend que ces choses ont une odeur incommodante
pour le fin gourmet qu'il a toujours été.
Il est soucieux, voyez-vous des mystères secrets
de la femme voilée qu’il prétend 
cacher tout entière aux yeux lubriques des hommes.

C'est assurément un souci qui l'honore
de veiller de cette manière si délicate
à l'hygiène de ces femmes encapuchonnées
Plus de bouton d'amour, plus de papillons sauvages
Juste un trou banal pour les besoins de son pénis

Cher Homme, la femme de votre pays
vous en sera –éternellement- reconnaissante !


texte inspiré de cet article
http://www.essentielle.be/actu-people/tunisie-un-depute-qualifie-lexcision-doperation-esthetique-66246.html
et écrit cette semaine pour Kaléïdoplumes, un forum d'écriture

jeudi 7 mars 2013

La chute

Ce matin, ont lieu les obsèques d'une dame que je connais sans la connaître
Je pense à elle, je pense surtout à la cause de sa mort: une "bête" chute


J'ai repensé à un épisode de la vie de ma grand-mère maternelle que je n'ai jamais connue, elle est morte à 42 ans

Je vous en donne ici la lecture: c'est un extrait de mon livre L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers (éd. Traces de vie, 2008) (toujours disponible, si vous le désirez...)



T’en souviens-tu ? Dis, t’en souviens-tu ?

La guerre est finie. Tes enfants sont revenus. La ville se reconstruit lentement. La vie a continué dans cette simple famille ordinaire : le père, la mère, le fils et la fille.

C'est un dimanche à la campagne. Il y a là, encore immobile sur la route, une carriole tirée par deux chevaux. Le père piaffe d’impatience, ou alors ce sont les chevaux, on ne sait pas trop. L’air est électrique. Les chevaux sont nerveux. Ou alors c’est le père, on ne sait pas trop. Le père brandit déjà le fouet. Le fait claquer dans l’air. Mais l’air est à l’orage. Lourd, inquiet, nerveux. Les deux enfants sont montés dans la carriole. Ils sont excités, ils rient, se taquinent, s’asticotent... Les chevaux piétinent, impatients. Les sabots cognent sur la terre desséchée. Le fouet virevolte, frappe l’air qu’il déchire… L’homme est énervé, il attend sa femme qui comme toujours est en retard.

La voilà enfin ! Elle court, elle vole, elle s’envole, la robe légère soulevée par le vent. Le vent qui s’est fait violent. La mère s'apprête à monter à son tour pour rejoindre ses enfants sur la plage arrière de la carriole, quand soudain les chevaux s'ébranlent, frappés sèchement par le fouet du père...la mère tente de s’arrimer, mais elle trébuche. Brutalement. Choc du corps qui tombe mais reste accroché à l’arrière de la carriole qui continue impitoyablement d’avancer.
Les enfants voient leur mère traînée par terre. Le temps s’écoule au ralenti. La carriole  continue d’avancer comme si de rien n’était. Rires suspendus. Terrifiés, glacés par la peur, le garçon et la fille entendent leur mère crier de douleur et supplier le père d'arrêter cette  carriole. Ils crient aussi. ARRETE PAPA... Hurlements. Le cœur qui bat la chamade. Douleur. Les chevaux s’immobilisent enfin. Le père, la mère, le fils et la fille sont figés dans cet étrange silence qui suit toujours le tohu-bohu des catastrophes.

C'est alors que la fillette entend les paroles que sa mère prononce comme dans un souffle: "cette chute causera ma mort". L'enfant a douze ans. Deux ans plus tard, alors qu’elle semblait depuis longtemps remise de cet accident, la mère "tombe" malade, sombre dans la dépression, commence à perdre l'usage de ses jambes, doit s'aliter de plus en plus souvent, laissant sa fille prendre en charge le ménage et les soins à la malade. L'enfant n'a que quatorze ans...

Cette femme qui a chuté si lourdement, c'est toi Eugénie, t’en souviens-tu ? C’est toi qui as fait cette prophétie de malheur. C’est toi qui, au moment de cette chute, n’avais plus que quelques années à vivre. Pressentais-tu déjà que tes jambes te fausseraient compagnie, qu’elles capituleraient devant le mal qui te rongerait et provoquerait ta mort ?
Ma mère m'a raconté cet épisode qui l’a sûrement marquée d’une   empreinte indélébile, peu de temps avant sa mort, alors qu’elle-même était âgée et malade et que je tentais de lui poser les ultimes questions pour  mieux comprendre son histoire, mon histoire. Je ne sais pas si elle a jamais raconté ce souvenir à d'autres que moi. Mes frères par exemple. La pudeur empêche parfois de poser les questions essentielles et d’en donner les réponses. La pudeur au sein d’une  famille ordonne bien souvent le silence.
Mais ce que je sais, c'est qu'elle m'a raconté cet épisode de son enfance avec des larmes dans sa voix de personne âgée...Oui, j’en suis sûre, elle a dû être très frappée par ce qui s'est passé là, en ce jour lointain de son enfance. Et  les paroles de sa mère  ont dû résonner  en elle comme une prédiction maudite.[...]

Le jour de cette confidence à laquelle je ne m’attendais pas, je l’ai vue émue, les larmes au bord du cœur. Elle s’est retenue en balayant rapidement ce souvenir d’un mot fatigué : « tout cela est vieux, tout cela est du passé ». Et bien sûr, ce qui est passé, on n’en parle plus. A quoi cela sert-il de remuer de vieilles histoires ? Pourtant  cet épisode a conditionné tellement de choses dans la génération des femmes que nous formons : Eugénie, ma mère et puis moi, leur petite-fille et fille…

Ai-je assez parlé à mes enfants et particulièrement à mes filles, de ce qui constitue la trame de leur Vie ?

mercredi 27 février 2013

Il me plait de croire...

Il me plait de croire que Marie et Joseph formèrent un couple aimant, à tous points de vue...
C'est pas si facile de construire son couple dans les tempêtes de la vie, de garder pour l'autre une attention et une parole bienveillante
Pouvoir se laisser aimer aussi... pas si facile!
Il me plait de croire que ces deux-là, comme nous tous, ont dû se construire et construire leur couple. Au jour le jour. Et puis élever leur enfant, qui dès le début de son adolescence s'avère un ado un peu spécial!
Il me plait de croire qu'ils ont vécu une sexualité équilibrée, sans tabou, pleine et ardente...
Ah! voilà le mot proscrit: sexualité, corps... il vaut mieux faire semblant que ces réalités n'ont pas existé, que Marie est une vierge à l'hymen intact, et Joseph un homme sans désir

Et puis il me plait de croire que Jésus avait une amie qu'il chérissait

Marie de Magdala, celle qui s'est trouvée aux endroits clé de sa vie, qui l'a accompagné, à qui après sa mort, il s'est manifesté en premier, traitement de faveur pour celle qui le comprenait, qui l'aimait et qu'il aimait 
Il me plait de croire que Jésus était quelqu'un qui a pu assumer sa sexualité d'homme, sa capacité de complicité, d'affinités, de tendresse

On n'aime pas tout le monde de la même façon. Pour lui aussi, parmi ses amis il y eut des préférés, de ceux qui étaient plus proches de lui

Pourquoi l'Eglise a-t-elle tellement veillé à faire de Jésus une sorte de personnage sans corps vivant (donc sans âme), aimant tout le monde de la même manière? En gommant avec autorité tout l'aspect sexuel de sa vie?



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