jeudi 25 février 2016

Une baraque de chantier (texte 46)

Ce matin, je me suis replongée assez longuement dans le dernier livre de Alain Rohand.
Ces textes, je les connais par coeur, les ayant relus pour en corriger les fautes qui toujours s'échappent de la plume de l'écrivain.
Et pourtant, cette lecture ce matin m'a semblé neuve, comme chaque fois que je reprends le livre d'Alain
Je me suis retrouvée à peu près dans l'état où je me  trouvais souvent quand je lisais ses billets sur son blog.
Un état de connexion avec le profond de mon humanité, de mes aspirations. C'est un état qui me fait me sentir meilleure: c'est une plongée corps à corps, coeur à coeur dans l'espérance et la certitude de pouvoir vivre cela, au delà des détresses et des découragements que l'on peut connaître

"Un éternel provisoire, une sorte de baraque de chantier, au mieux un préfabriqué. Voilà ce que je suis.
Corps délabré qui s'étonne encore des forces invisibles qui le maintiennent. Équilibre précaire, possible chute à chaque pas. Et dans ce mouvement, la force de la confiance.
C'est le déséquilibre qui est gardien de ma vie et probablement le réel moteur de mon existence. J'ai la précarité du fort lorsque je reconnais ma faiblesse et en fait mon alliée.
D'une certaine manière, je suis un être "éprouvé". Dans les deux sens que l'on peut donner à cet adjectif.
- éprouvé, au sens qu'il a subi l'épreuve dans sa chair (et dont l'origine est d'ailleurs totalement injuste)
- éprouvé, au sens de celui qui a été soumis à une expérience susceptible d'en établir la valeur positive.
Ma force est dans mon délabrement.

Alain Rohand, 120 pensées plongeantes, The book edition 2015



dimanche 21 février 2016

Le jardin de Lakevio

 Julie Gilbert-Pollard

- Ah! venir se cacher dans ce coin de paysage, se blottir dans la douceur de ces couleurs bienfaisantes, s'enivrer de la beauté de ces tendres fleurs...
Il y a là comme une musique qui doucement apaise les remous des chagrins, il faut juste se recueillir pour l'entendre, pour la laisser venir à nos oreilles
Sortir du chaos de la vie, des luttes assourdissantes, se poser tranquillement, rêver un peu... laisser son coeur s'apaiser, reprendre gout à la vie

- mais enfin! tu dis vraiment n'importe quoi: ce n'est pas le moment pour ces fleurs de surgir d'entre ces pierres, on est loin encore du printemps, les pierres en ce moment sont désespérément rocailleuses, elles mordent les pieds, d'ailleurs regarde, il faudrait réparer cette barrière, ça fait négligé quand même dans ce jardin qui se prétend un beau jardin fleuri!

- les plus beaux jardins sont libres... ils n'ont de compte à rendre à personne. Et s'ils nous invitent à partir par les trous de la barrière, creusés par les vents de l'hiver, il faut juste les suivre, tenter l'expérience d'aller plus loin, plus fort, plus haut...

- plus loin? mais où?

- je ne sais pas... juste plus loin... il y a là un flot de vie bleu qui n'attend que nous

lundi 15 février 2016

Edward Hopper (pour la consigne de Lakévio)

Au début, je l'entendais
Puis peu à peu j'ai fermé mes oreilles
Et j'ai ouvert mes yeux sur le paysage tranquille, trop tranquille, sur cette route où plus personne ne s'arrête, comme autrefois.
Mais c'est bien comme ça, je n'ai plus trop envie de parler

Elle, je sais qu'elle continue à crier, je le sais parce que je perçois ses vibrations sur le chambranle quand elle se penche vers moi
Crie toujours ma cocotte, je ne t'entends pas, comme je l'ai dit, j'ai fermé mes oreilles
et je respire la paix, la tranquillité, le chant des oiseaux, quel bonheur!

D'ailleurs je me suis arrangé pour devenir sourd, pour ne plus l'entendre
Il faudrait que je lui dise que je n'entends plus ses cris

Il faudrait que je lui demande de venir à mes côtés profiter ensemble de la quiétude du soir
Autrefois elle aimait ça
Elle n'a pas changé à ce point quand même...!

Je lui dirai demain ou après demain
je l'inviterai à venir près de moi, à respirer ensemble la douceur du soir
C'est dommage de gâcher ainsi le temps qu'il nous reste
Je suis malade, elle ne le sait pas, pas encore
Il est temps de lui en parler
Elle ne criera plus sur moi, elle se serrera contre moi, m'embrassera doucement
Comme autrefois

Ce serait bien...



mercredi 10 février 2016

penser à la vie, penser à la mort

Prendre conscience que l'on vieillit...
Je n'ai plus la même souplesse, la même endurance. Ma fougue et mon ardeur sont désormais surtout intérieures. Quand je bondis de joie, mes pieds ne suivent plus avec le même enthousiasme. Il faudrait que je travaille mes muscles tous les jours, abîmés qu'ils sont par les corticoïdes.
Tous les jours donc ma petite séance de renforcement des muscles. Je n'aime pas ça, mais je me force. Pas envie de devenir une petite vieille racrapotée sur elle-même (il est pas beau, ce petit mot belge? Il faut le dire lentement, le faire rouler dans la bouche pour en comprendre toute la saveur:
SE RACRAPOTER = se recroqueviller

Avec mon mari on se disait tout à l'heure que le temps nous était désormais compté. C'est pas qu'on est archi vieux, mais on vieillit tout doucement, le corps fait des siennes, et comme il nous a lâchés tous les deux par la maladie, il pourrait très bien nous lâcher un de ces jours par la mort. Comme ça, sans crier gare!

D'ailleurs je pense à la mort chaque jour, et c'est loin d'être morbide. C'est une sorte de détachement tranquille, qui me mène à la nécessité de ne plus le perdre, ce fameux temps.

Vivre, en sachant bien qu'on n'est pas éternels...
Pour cette raison j'ai réintroduit dans ma vie une certaine discipline personnelle
Un temps pour le corps
Un temps pour l'esprit
Un temps pour l'âme

C'st simple, c'est évident. Mais pas si simple de s'y tenir au jour le jour!


 Juste pour le plaisir, une peinture de Léon Spilliaert que j'aime beaucoup




dimanche 7 février 2016

Mon amie Etty

Il y a à mon chevet, quelques livres essentiels. Le soir j'en prends un au hasard, je l'ouvre et je me laisse nourrir par la page qui s'est ouverte devant mes yeux

Je vous ai dit déjà que le Journal de Etty Hillesum était un de ces livres essentiels, un livre de vie. "Une vie bouleversée", c'est le titre de ce Journal
Voilà une jeune femme intensément vivante, très moderne, qui a cherché durant sa courte vie son profond chemin intérieur, son chemin d'authenticité. Qui, dans l'infinie détresse du monde secoué par la guerre, est restée une femme debout, une femme aimante, envers et contre tout. Une femme amoureuse aussi!
Juive, elle a vécu les affres que connaissaient les juifs de l'époque. Pour finir par mourir gazée à Auschwitz en 1943
Je l'admire énormément pour son courage, qui la faisait penser aux autres avant elle-même. Je l'admire pour son amour inconditionnel de la vie, même au milieu des difficultés quotidiennes qu'elle a vécu au quotidien durant cette guerre

Créer au dedans de soi, une grande et vaste plaine, débarrassée des broussailles sournoises qui vous bouchent la vue

Voilà le genre de paroles qui me font vivre, en  élargissant mon horizon si souvent bouché par les soucis et autres broussailles


vendredi 5 février 2016

C'est ici ma maison en somme....

Une blogueuse que j'aime beaucoup m'a hier demandé quand je revenais ici, me disant que c'était ici ma vraie maison...
Sa demande m'a secouée quelque peu;
J'ai réalisé qu'elle avait raison; c'est bien ici ma maison, ma vraie maison!
Mon autre blog, celui où je m'astreins tous les jours à écrire selon la consigne des Réels de Raymond Queneau, est une petite maison de vacances, où j'ai pris l'habitude d'écrire un peu n'importe quoi.
C'est amusant... un temps seulement... il est temps à présent de rentrer dans ma maison que j'ai construite patiemment depuis presque 12 ans. Je ne veux plus fuir en cherchant mon insaisissable besoin d'écrire.

Donc me revoilà! J'espère bien sûr vous revoir, vous tous chers lecteurs/lectrices qui m'avez accompagnée dans les moments sombres et joyeux de ma vie de blogueuse

J'ai cru pendant tous ces mois que les mots m'étaient devenus interdits pour toujours, coincés qu'ils étaient dans une gangue de peur.
Aujourd'hui je décide de croire que tout est encore possible pour moi, que mon désir d'écrire, si puissant, forcera mes prisons

Je ne sais pas ce qui m'attend, si vous serez au RV. Si je serai présente à MON rendez-vous. Ce soir, j'ai juste envie de renouer avec cette fièvre de l'écriture qui me saisit devant chaque page encore blanche...
Pendant tous ces mois de silence, j'ai eu tant de fois l'impulsion de venir ici écrire. Pour crier mes coups de gueule, mais aussi mes gratitudes, mes bonheurs petits et grands

La vie est une force puissante et tant que je ne suis pas morte... eh bien... je suis vivante!




mercredi 30 décembre 2015

Je n'oublierai pas...

Je n'oublierai pas le chant de mes années lointaines, celui qui rejoint le chant douloureux, rauque, lancinant de toutes les femmes du monde, serrées dans leur gangue, muselées dans leur révolte, souffletées, mutilées, ignorées... et aussi celles qui sont figées dans leur béatitude de prêt à porter

Je n'oublierai pas davantage le chant profond, grave et pourtant joyeux, qui toujours en moi cherche obstinément ses racines et les sillons où serpente la source vive. Ce chant premier des espérances qui resurgit sans fin comme un miracle, là où les pierres, les branches cassées se sont pourtant accumulées... Ce chant stupéfiant, inattendu, qui funambule inlassablement au travers des ciels lunaires, ceux-là seuls qui sont capables d'entendre l'essentiel.

Je me le dis: les pousses nouvelles jailliront au printemps, c'est-à-dire très bientôt, c'est-à-dire demain!

jeudi 24 décembre 2015

Le vol d'une mouette

Non, je ne vous dirai pas de "joyeux Noel"... tellement de gens en ce moment vivent des choses difficiles, dans les pleurs, dans la faim, dans la fuite, dans la peur, dans l'injustice
Si Joyeux Noel concerne les dindes farcies, les fois gras les guirlandes en toc, je n'en veux pas, C'est faire injure à tous ces gens que j'évoque plus haut

Je vous souhaite de VRAIS moments en famille, de ceux où l'on peut parler et s'écouter, de ceux où l'on s'intéresse à l'autre, jusque dans le fond de son coeur, comme on a besoin
Et les rires qui jailliront sans doute ne seront pas des rires gras, des rires superficiels, des rires jaunes, des rires pour cacher les larmes... mais des rires du coeur qui nous feront nous serrer très fort dans les bras!

Je vous laisse avec ce conseil merveilleux que nous donne Etty Hillesum, mon Maître en humanité

"Je vais de temps en temps rendre visite aux mouettes, dont les évolutions dans les grands ciels nuageux suggèrent l'existence de lois, des lois éternelles d'un ordre différent de celles que nous produisons, nous autres hommes"

Retrouver notre être intérieur dont nous avons trop souvent oublié la grandeur et la force. Il faut parfois en effet observer le vol d'une mouette, ou alors l'arbre décharné de notre jardin, qui pourtant vibre au gré du vent qui l'appelle à la vie




vendredi 27 novembre 2015

Changement de cap

Devant le bâtiment des Cliniques universitaires, où je me suis rendue deux fois cette semaine, stationne un camion militaire, Avec bien sûr des militaires lourdement armés, selon la formule consacrée. Ils guettent impassibles, surveillent l'éventuel fauteur de trouble. Une seule entrée pour cet énorme bâtiment, les autres sont verrouillées. Nous sommes en alerte 4 (3 maintenant)
On passe la porte, et là on subit tous une fouille rudimentaire: ça va, pouvez y aller! Un merci, un vague sourire...
Finalement tout cela est relativement bon enfant!

Nous habitants de ce petit pays dont les disputes principales se réduisent à des mésententes et revendications linguistiques, nous devrons apprendre à vivre avec cette menace, ce danger potentiel, lattant.

Nous n'avons pas été habitués, comme bien d'autres pays à côtoyer cette méfiance, cette prudence inquiète, dans les rues, dans les bâtiments, les ambassades, mes musées etc
Nous avons vécu un bon 50 ans dans une Europe tranquille, joyeuse, consommatrice à outrance.
Les bombes et attentats, c'était toujours ailleurs, là-bas, loin au Moyen Orient, en Afrique, dans le Nord principalement. Ça se passait toujours ailleurs, les morts dans les rues...
Derrière l'écran de nos télés, on regardait tout cela atterrés, mais très vite rassurés que ce n'était pas chez nous!

J'ai l'impression que les choses sont en train de changer: le temps de l'insouciance est terminé. Il faudra tenir compte de tous les extrémismes qui de plus en plus explosent en nos contrées.

Et il n'y a pas que cela.
Il faudra aussi apprendre à vivre avec des gens qui viennent d'ailleurs, qui ont fui les atrocités de leur pays, il faudra vivre avec eux avec bienveillance, leur faire une vraie place, les accueillir dans nos écoles. Ce ne sera pas facile, ils ont une autre culture, religion, façon de voir les choses que nous. Et pourtant il faudra....pas d'autre choix, que cela plaise ou non... et pour beaucoup, ça déplaît...

Je pense à nos parents et grands-parents qui ont traversé la guerre et s'en sont sortis forts et droits malgré les horreurs qu'ils ont vécus. Ils ont reconstruit, et pas si mal que ça!

Pour nous donc, le défi est de taille. Je souhaite de tout mon coeur que nous puissions le relever avec toute l'humanité dont nous serons capables

Et parce que la menace fera partie de nos vies, nous pourrons nous recontacter avec nos valeurs essentielles.
Et nous pourrons rire et faire la fête de bon coeur, et nous serrer dans les bras en n'oubliant pas de nous dire : JE T'AIME


Edouard Boubat

samedi 21 novembre 2015

Des gens qui veulent vivre en paix, comme vous, comme moi

J'ai comme nombre d'entre vous la tête pleine des images et réactions provoquées par les événements dramatiques de la semaine dernière
Ces événements se sont développés de façon exponentielle  dans mon pays, et surtout dans ma ville, complètement paralysée aujourd'hui...
J'ai vu sur les réseaux sociaux des accusations de laxisme du gouvernement belge sur la façon dont il a, depuis des années traité le problème des jeunes en voie de radicalisation. Une commune de Bruxelles est désormais célèbre dans le monde entier, rien que ça!

Vous avez raison, dans Molenbeek, il y a effectivement des problèmes et pas des moindres. Il y a, oui, des jeunes radicalisés qui n’attendent que ça et le préparent d'ailleurs: se lancer dans des faits extrémistes qui leur donneront un semblant d’existence. Ils sont devenus dangereux, il faut bien le reconnaître: ils sèment la mort et les pleurs autour d'aux. Et la peur aussi bien sûr!

Mais il y a AUSSI tout un petit peuple coloré, blanc, jaune, brun, basané, voilé, multi et pluri culturel qui lutte pour vivre décemment, élever ses enfants au mieux. Ces gens sont pour beaucoup à la limite de la pauvreté. Comment s'en sort-on quand on doit calculer au franc près, toutes ses dépenses, tous les jours de l'année?
C'est un peuple qui aime faire la fête, lui aussi, les fêtes populaires y sont nombreuses,. Là comme ailleurs, on adore les marchés et les brocantes.
Il y a des familles, des enfants qui aiment leurs parents. Et des parents qui aiment leurs enfants, et qui tremblent parfois, impuissants,  pour les plus grands qu'ils voient partir en Syrie...
A côté de ces jeunes radicalisés et dangereux, la plupart des gens sont des gens ordinaires, comme vous, comme moi, avec leurs défauts, leurs qualités... leur désir de vivre, leur désir de vivre en paix.

Et cela m'a fait mal de voir les bruxellois stigmatisés comme ils le sont, dans les médias de partout.
Comme si le peuple de Molenbeek  était le seul coupable de toutes ces atrocités.



jeudi 24 septembre 2015

La nuit de feu

Comme annoncé sur mon blog du défi des cent mots, j'ai lu un livre qui m'a émue, bouleversée. En fait il m'a élargi l'âme, donné de l'espérance
Je l'ai lu avec curiosité au début et passion au fur et à mesure.

Il a 28 ans. Il est parti dans le désert avec un groupe, pour aller sur les pas de Charles de Foucault: on lui a demandé en effet d'écrire un scénario à ce sujet.Et là, il se perd et dans un premier temps pense que c'est la fin pour lui. Il a faim, mais ce n'est pas le plus important. Il a soif: reste un fond d'eau dans sa gourde. Et puis le froid qui survient avec la nuit. Il boit une gorgée de sa précieuse eau, il s'ensable pour se protéger du froid.
Et là lui tombe dessus une expérience mystique, spirituelle, hors du commun. Il n'avait rien demandé, rien... mais cette expérience a induit le reste de sa vie!
Il est entré au désert, philosophe athée, il en est sorti philosophe toujours, mais croyant!
Non pas adepte d'une religion,  mais saisi par une foi, une confiance dans le monde, dans l'homme, peut-être même en Dieu, il ne le sait pas... et cette foi ne le quittera plus
30 heures dans la vie de cet homme qui le mène dans une nuit de feu (expression qu'il reprend à Pascal qui lui aussi a connu ce genre d'expérience forte.
La peur l'a quitté, laissant place à une Force dans laquelle il fait pleine confiance, une force dont il dit qu'elle ne vient pas de lui. Je pense qu'il a dû se laisser faire... mais il se trouvait dans un état de vulnérabilité extrême. Il sait que ce qui lui est arrivé ne vient pas de lui... c'est une certitude inscrit au plus profond de lui...

Je suis loin de dire tout au sujet de La nuit de feu  d'Eric-Emmanuel Schmitt, si le coeur vous en dit, vous le découvrirez vous-mêmes
Toucher un moment l'infini, en revenir tourneboulé, il le raconte dans ce petit opus paru ces jours-ci chez Albin Michel. Ces pages sont écrites dans un beau style poétique, j'ai aimé
Il a attendu 28 ans pour relater cette expérience de renaissance (il dit qu'il est né deux fois) pour éprouver ses impressions à l'épreuve du temps, ce qui me semble un gage de maturité. Et de prudence, il est plus "moderne" de se dire athée...et la foi est la plupart du temps confondue avec la religion.

J'ai aimé lire ce petit livre éminemment personnel. Et tous ceux qui sont dans une recherche de Dieu aimeront le lire aussi, j'en suis sûre

Il y a pas mal d'interview, mais je n'y reconnais pas ce que EES nous laisse entrevoir de son livre vivifiant. Sinon chez Racines de ciel, une interview profonde et intelligente que je vous recommande

jeudi 20 août 2015

Tout n'est pas fini!

Sans doute provisoirement, je n'écrirai plus sur ce blog (mais je le garde ouvert)
J'écris désormais sur l'autre dont je vous ai déjà parlé: c'est le blog où tous les jours j'écris à partir de la consigne de Queneau.
C'est un défi d'écriture qui s'intitule: les 366 réels à prise rapide. Il y a un sujet par jour.
Je me suis prise au jeu de cette écriture quotidienne et courte: normalement on ne peut pas dépasser les cent mots. Je n'y fais pas particulièrement attention, je dépasse souvent ce quota. Mais finalement pas tellement. Et puis ce n'est pas très important, s'il y a quelques mots de plus!
En fait j'aime écrire court, et j'aime relever ce défi qui me demande de la persévérance Aujourd'hui j'ai écris mon trentième texte
Si vous voulez ne pas me perdre de vue, vous me trouverez donc ici


vendredi 31 juillet 2015

Petit bilan

J'ai écrit aujourd'hui le dixième billet à prise rapide, (voir billet précédent, qui explique le défi des cent mots!). Voilà dix jours donc que je persévère dans cette écriture courte et ludique. J'aime les consignes qui sont proposées et qui m'obligent à une grande densité dans l'expression
Je remarque que je n'ai pas trop à me creuser la nénette, les mots me viennent rapidement, ainsi que l'idée centrale qui va générer le billet.
Finalement, ça me plait de  me sentir obligée d'écrire chaque jour à partir d'un mot, d'une idée, d'un thème. On pourrait croire que c'est une contrainte forte, mais je ne le ressens pas comme ça. Pour moi c'est une aide précieuse à reprendre une écriture quotidienne.

Deux ou trois fois pourtant j'ai failli laisser tomber, ou du moins passer un jour, me trouvant un bon prétexte pour ne pas écrire. Mais je  m'y suis attelée chaque fois, au début avec une certaine difficulté, puis étonnée de voir que le flux coulait sans trop de problème

La difficulté est de réduire à cent mots. C'est court. C'est très court. C'est souvent trop court, même pour moi qui écris court en règle générale! Quand je suis bien partie, j'ai envie de continuer, d'explorer davantage l'idée.
Mais non! je décide de respecter le plus possible la consigne. C'est l'option que j'ai choisi de prendre
Et je me suis prise au jeu. Cela me plait de chercher et de trouver une idée d'écriture à partir du mot imposé. J'ai décidé aussi de ne pas briser mon élan: je veille à ne rater aucun jour, mais bon! ce n'est pas trop difficile vu qu'il ne s'agit d'écrire que cent mots (chez moi c'est environ 140 quasi chaque fois)




vendredi 24 juillet 2015

366 réels à prise rapide

Suite à ce qui pouvait ressembler à une petite bouteille à la mer lancée sur mon billet précédent, j'ai reçu une idée précieuse: écrire chaque jour environ cent mots suivant les consignes de Raymond Queneau
Une consigne par jour, sur laquelle on écrit donc un court texte, qui a trait à quelque chose de vécu aujourd'hui

Je tenterai d'être fidèle à la consigne quotidienne
Si cela vous tente de découvrir ce que j'ai bien pu écrire sur certaines qui ne sont pas si faciles que ça, rendez-vous ici  http://parcourirlechemin.blogspot.be/

Merci à tous ceux qui m'ont encouragée et le font encore



mardi 21 juillet 2015

Bouger pour ne pas geler

Je tombe aujourd'hui par hasard sur ce passage de "Femmes qui courent avec les loups" de Clarissa Pinkola Estes

"La femme écrivain dont l’inspiration se tarit sait que la seule solution, c'est d'écrire pour contrer cette sécheresse... [...]
La solution? Aller de l'avant, se battre. Prendre la plume, la poser sur le papier et cesser de gémir. Ecrire. [... ]
Ce qui bouge ne peut en général geler. Alors, bougez.

Se battre, bouger, pour ne pas geler intérieurement...
Il faut bien reconnaître que je me suis figée. J'ai abandonné la lutte. L’ordinaire et le quotidien me prennent de l'énergie. Beaucoup. La lutte je connais ça... Alors pour ce qui est de l'extra-ordinaire, à savoir "écrire", j'ai (pour l'instant) perdu la bataille. Je me tiens loin de ce champ de bataille, dans la peur de me perdre encore plus.
Pourtant, Clarissa a raison. La seule solution, c'est d'écrire, de poser la plume sur le papier et cesser de gémir. Je l'ai dit si souvent à tous ceux que j'accompagnais sur leur chemin d’écriture. Pourquoi suis-je si peu capable de le faire pour moi-même?


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

lundi 15 juin 2015

quelles sont mes forces?

- Il y a les ressources de départ, les dons que la vie m'a faits, la qualité de mon énergie et de mon courage devant les difficultés de la vie, la générosité à accueillir
- il y a les qualités acquises, les expériences et relations enrichissantes que j'ai pu faire, les connaissances en tous genres, les compétences aussi, acquises au fil des années, et qui ont élargi mon coeur et mon intelligence
- il y a celles que je peux développer sans cesse davantage: par ex ma sensibilité qui me donne une grande capacité d'écoute et de compréhension. Mon intuition aussi qui, si je prends la peine de l'écouter en moi, m'indique bien souvent le chemin à suivre, celui à éviter.  Ma capacité à aimer vraiment l'autre, sans chercher à le posséder, à lui imposer ma manière de voir les choses. Il y a toujours à s'améliorer dans ce domaine, c'est ce que je m'applique à faire
- il y a mes points faibles que je peux "travailler" pour devenir plus adulte et m'en sortir mieux: par ex le stress dans lequel j'ai tendance à m'enfoncer trop et qui me fait réellement du tort, le sens de l'humour que j'ai perdu au fil de ces dernières années, la capacité de faire confiance sans douter, faire confiance dans l'autre comme en moi...

Je crois réellement qu'on n'a jamais fini de vivre dans l'intensité et la conscience de qui on est.
A condition qu'on accepte de se remettre régulièrement en question








mercredi 10 juin 2015

Comment faisais-je autrefois... ?

comment faisais-je dans les premières années de mon blog, pour trouver deux à trois fois par semaine, des sujets à traiter?
Dans le léger, le poétique, le familier, et même le sensuel?
Aujourd'hui je peux rester des jours et des jours, presque une ou deux semaines  sans que la plus petite idée ou envie de traiter un sujet ne me vienne à l'esprit
Ou alors je tourne en rond avec la maladie, j'y reviens et j'y reviens encore
Là maintenant je fais comme je l'ai si souvent conseillé aux participants de mes ateliers d'écriture: pour écrire, il faut.... tout simplement se mettre à écrire! S'y mettre sans même obligatoirement savoir de quoi on va parler.
Mettre les doigts sur le clavier et observer (à peine) ce qui vient, les mots qui s'écrivent, de quoi ils ont envie de parler.
Donc voilà, sans avoir rien programmé,  sans aucune idée valable, je me suis mise à écrire, en faisant confiance à mon cerveau gauche (à moins que ce soit le droit le spontané? je ne me souviens jamais)

Pendant cinq minutes j'ai écrit sur l'envie d'écrire et l'impossibilité de m'y mettre.
Sur la nécessité de commencer un billet sans savoir où cela me mènerait. L'important étant d'enclencher cette machine devenue si paresseuse
Envie et pas envie d'écrire, comment comprendre ce paradoxe?

Je me relis... on peut pas dire que ce soit fameux, que je vais remuer les neurones de mes éventuels lecteurs, les faire réfléchir ou simplement les faire rêver en les emmenant comme autrefois je savais le faire, dans un univers qui "touchait", qui "parlait"!

Rien, rien ne vient, du moins rien qui vaille la peine
pourtant d'avoir écrit ces quelques mots fait remuer quelque chose en moi. Quelque chose de l'ordre d'une envie de m'y remettre, de renouer avec les mots que j'aimais tant, que j'aime toujours d'ailleurs

J'appuie sur "publier", sans trop me relire, sinon ce billet comme tant d'autres ira rejoindre ceux que j'ai préféré laisser dans les brouillons. Jamais assez bons, jamais assez dignes de moi (hum hum)


mercredi 3 juin 2015

Un petit peuple courageux


Hier, comme tous les mardi et jeudi, je me rends dans la vaste salle de kiné de "mon" hôpital. Je viens là pour mieux contrôler mon équilibre: en effet entre les moments où je penche à droite et où je chancelle, je cherche ce précieux équilibre, mis à mal par la perte de l'oeil gauche. Je ne vous raconterai pas en quoi consistent les nombreux exercices qu'on me fait faire, ce n'est pas l'objectif de ce billet. Mais quand on me demande de danser sur un gros ballon, je n'oserais jurer que je reste stable ;-)
Dans la salle, autour de moi, il y a du monde, plein de monde, des patients et des kiné, des instruments de torture, des espaliers, des contrepoids etc. Beaucoup se relèvent d'un AVC qui leur a paralysé un côté du corps, ou davantage. J'observe tous ces gens qui s'acharnent à travers la douleur à retrouver un peu de mobilité. Ils transpirent, ils s'obstinent, ils se découragent parfois. J'observe aussi tous ces kiné, femmes et hommes, jeunes pour la plupart, qui accompagnent les efforts des patients, ils sont là, à les encourager, à les féliciter pour un centimètre de mouvement retrouvé.
Cet endroit n'est pas un lieu "facile", il y a des efforts, des douleurs, des découragements, des larmes parfois.
Mais c'est un lieu porteur: moi qui ai juste à retrouver un certain équilibre, à fortifier les muscles mis à mal par la prise de corticoïdes, j'y fais des exercices de confiance en mon corps. Car c'est au fond ça que j'ai surtout perdu: avec les pertes d'équilibre, la peur de tomber et celle de me faire heurter par les "dangers" venus de gauche et que je ne perçois plus à temps.
Me trouver là, dans cette salle booste mon courage. Bien plus que de me rendre chez un(e) kiné travaillant à la maison, dont je serais, pendant la séance, l'unique patiente.
Depuis à la maison, j'accomplis avec entrain l'un ou l'autre exercice, en pensant à ces gens qui travaillent en ce moment même dans cette vaste salle de kiné, confiants qu'ils ont dans leurs mains un petit bout de leur guérison possible.
C'est un petit peuple courageux et "espérant"

mardi 26 mai 2015

montrage de culottes et autres apparitions

Il  y a eu l'eurovision et ses paillettes, ses trucs et ses bazars qui clignotaient de toutes parts, et ses chanteurs qui hurlaient, au plus fort au  mieux!
Bien sûr, ils ne hurlaient pas sous l'effet de la torture, ou parce qu'on était en train de leur arracher les ongles...
Ils hurlaient pour prouver qu'ils chantaient bien, avec leurs tripes et méritaient plus que les autres de gagner ce grand concours européen de la fraternité... calculée: les votes sont politiques pour la plupart...

Il y a Cannes aussi et ses montrages de petites culottes... ou alors c'est curieux, la plupart de ces jolies robes sont fendues le long des jambes. Ou alors transparentes! Et on devine, plus que cela, on voit... culottes ou seins nus de chez nus, qui n'aime pas ça? Les films? oui, on les regarde, on en discute même, on s'en fait une opinion, mais on ne va pas se priver du plus intéressant: assister aux apparitions successives de toutes ces dames merveilleuses.
Faut bien dire que les paillettes, les lumières, le tapis rouge et le reste coûtent très cher. Je me suis laissée dire que le petit Belge avait eu une 4ème place. Et moi, in petto j'ai été soulagée, ouf! on l'a échappé belle. Parce que organiser un concours d'une telle envergure, c'est risquer de laisser les bons gros problèmes de côté, ceux qui demandent un investissement qui fait mal au porte monnaie

Pourtant un barbecue entre amis, une fête de quartier ou de famille... c'est sympa aussi, non? et pas si cher... si?
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A côté de cela, il y a Palmyre... mais oui vous savez bien... vous entendez la radio, lisez l'actu non?
A Palmyre il y a des drapeaux noirs partout et des barbes noires et des massacres qui succèdent aux massacres de hier qui eux-mêmes succèdent aux massacres du jour d'avant...ça n'en finit pas

Et puis il y a aussi... non je n'égrainerai pas le reste de l'actualité, celle qui fait peur, vous la connaissez j'en suis sûre, un long chapelet d'horreurs...

Serait-ce pour ne pas devoir trop se préoccuper de cette actualité à frissons qu'on plonge à décolleté perdu dans les festivités grandioses que j'ai évoquées?


samedi 23 mai 2015

chacun de son côté

Ne serait-il pas possible de rester plus longtemps aux premiers temps d'un amour, d'une amitié, d'une relation précieuse...
Rester un long moment au temps des balbutiements, de la découverte, du coeur qui bat plus fort, qui s'émerveille d'un rien.

Prendre le temps de savourer, de ne pas trop vite vouloir s'installer (et donc "vieillir") dans cette relation. Pour ne pas briser trop vite l'émerveillement des débuts. Pour ne pas entrer dans la monotonie, dans l'ennui du déjà vu, du trop connu, du toujours la même chose.
Car à ce moment,  l'on croit tout savoir de quelqu'un. Plus rien n'étonne, on achève ses phrases à sa place. Et les étiquettes s'accrochent et piègent dans le "je te connais comme ma poche"

Quand on aborde quelqu'un en croyant tout savoir de lui/elle, très peu de paroles vraies peuvent encore s'échanger. Une barrière invisible sépare, avec juste un pont branlant. Les fenêtres sont closes et ne permettent aucun véritable dialogue

Et chacun risque de rester déçu de son côté de la barrière...


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