lundi 23 février 2015

Tous les jours...

Tous les jours, à 17h, j'enfile mon manteau, parfois un petit bonnet pour tenir au chaud ma tête aux cheveux coupés courts
tous les jours je monte quelque peu ma rue, avant de tourner à droite et marcher jusqu'au bout, pour atteindre l'arrêt du bus
tous les jours je m'applique à arriver bien à temps pour ne pas le rater et devoir atteindre dans le froid, mais parfois le bus est en avance, le vilain j'avais pas prévu ça, il me faut donc attendre le suivant! C'est long d'attendre un bus que l'on a raté!
tous les jours je descends à l'arrêt "Hôpital Saint Luc" et j'ai le coeur serré. En entrant je reçois de plein fouet cette odeur si particulière des cliniques, qui sent le médicament, le désinfectant. Je n'aime pas trop cela, cette odeur s'accroche à mes vêtements, je me retiendrai de respirer pendant deux ou trois heures...
Tous les jours je vais vers les ascenseurs et j'appuie sur le 7: c'est l'étage de la rééducation
Arrivée au 7ème, je vais doucement vers la chambre où l'homme lutte pour retrouver l'usage de ses membres, je l'embrasse et je constate combien la lutte est dure et le laisse sans forces.
Tous les jours je me heurterai à son lit, à la table, au fauteuil de rééducation: la chambre est étroite, vraiment très étroite, et ma vision monoculaire n'arrange pas les choses, j'ai plein de bleus sur les jambes et les bras
Il a pas mal de visites, donc je n'aurai pas trop l'occasion d'échanger avec lui sur ce qu'il vit de bon et de douloureux... et c'est dommage, bien sûr. Aussi bien lui que moi, nous vivons des choses riches, de celles qui nous laissent plein de gratitude
Tous les jours, je l'aide pour le repas du soir, patiemment, bouchée après bouchée, gorgée après gorgée
Parfois un des enfants a pu se libérer et c'est lui ou elle qui remplit cette tâche, avec patience, avec amour
Tous les jours, nous échangeons quelques mots, quelques sourires, quelques baisers
Et puis, comme tous les jours, je repars dans l'autre sens... c'est le soir, il fait noir...

mardi 17 février 2015

l'étape de la revalidation

alors voilà!
il y a une bonne nouvelle, une nouvelle qui agrandit notre coeur et notre espérance
Le malade a semble-t-il fini sa descente, son corps ne se dégradera pas plus!

Cela veut dire qu'il va demain changer d'étage, quitter la neurologie pour rejoindre la médecine physique; demain il va monter au 7ème étage!
L'étage de la revalidation!
Il rejoint l'étage du courage, de la persévérance, des exercices douloureux encore et encore
Là on l'on grince des dents, où l'on mord sur ses lèvres, où l'on va au delà de ses possibilités. Parce que il n'y a pas le choix, c'est comme ça.

Là, il retrouvera sa mobilité, sa sensibilité. Comme un enfant, il réapprendra à marcher, à manger,à faire tous les gestes de la vie ordinaire
Là il pourra réapprendra à vivre. Nous avions oublié comme c'est simple de vivre, comme c'est simple d'appuyer sur un bouton, de se déplacer d'un cm pour fuir les plis malvenus du drap
Cela prendra du temps, beaucoup de temps, je ne sais pas combien de temps cela prendra...
mais il est au seuil d'un nouveau voyage, un voyage qui me remplit d'espoir
Alors il ne regardera pas le haut inaccessible de cette montagne, il fera chaque jour l'humble petit pas quotidien

Je sais qu'il y aura des hauts et des bas, mais toute la famille s'arme de courage pour l'accompagner sur cette route rocailleuse: on a cette chance de se serrer les coudes: on la savoure dans l'affection qui nous lie

Ce billet est juste pour donner des nouvelles à ceux qui me suivent
Je ne répondrai pas à vos commentaires, pardonnez-moi
Pourtant ils me sont précieux, ils rechargent mes batteries, me donnent de la force pour lutter contre mes propres problèmes de santé

Ce soir, je suis presque heureuse, j'entrevois la fin de ce tunnel dans lequel j'ai été entraînée malgré moi et où je tourbillonne dans un vent violent sans pouvoir reprendre souffle






jeudi 12 février 2015

Vers demain

Je ne souhaite pas établir ici une chronique de la maladie qui touche mon mari. Sachez que c'est dur, douloureux  et que j'encaisse le coup. Je suis fatiguée au plus profond de moi-même.
En même temps, je suis devenue particulièrement attentive aux tout tout petits bonheurs du quotidien: le ciel bleu de ce matin, qui annonce le printemps, une invitation à dîner ce soir, après avoir fait manger mon mari, une écoute attentive et bienveillante du médecin ophtalmo qui prend au sérieux mes petites questions concernant mes précieux yeux...

Une cataracte secondaire s'est développée sur mon oeil valide. Il faudra une petite intervention pour arranger ça!  C'est pas grave, vraiment pas grave, juste que en ce moment j'aurais préféré qu'on ne touche plus à cet oeil, tellement peur qu'il ne soit définitivement abîmé: alors mon combat pour le garder, à coup de médicaments qui desservent ma santé, n'aurait servi à rien!...

Mais le médecin m'a dit et répété que ce n'était pas grave... je m'installe dans cette affirmation rassurante. De toutes façons j'ai le temps de m'y préparer, ce sera pour fin mars!

Ma vie s'est réduite à un univers restreint: un espace dans une chambre de clinique, un homme complètement dépendant sur son lit, l'accueil des visiteurs, accrocher les médecins neurologues pour en savoir plus

Les enfants qui comme moi s'inquiètent, qui chacun a pris sa part de responsabilité dans ce qu'il faut gérer,  chacun selon ses disponibilités et ses compétences, selon ses qualités humaines aussi

Chacun réfléchit aussi à l'impact de la maladie sur sa vie... Je ne peux pas m'empêcher de remarquer que nous avons tous les deux chopé une maladie pas si fréquente, autoimmune et qui nous est tombé dessus soudainement, sans aucun malaise préalable pour nous y  préparer!




peinture de Françoise Collandre "Vers demain"


samedi 7 février 2015

tant qu'il y aura des arbres...

je suis pleine, remplie, envahie de sentiments divers
je passe d'espoirs en découragements, en tristesse infinie de voir mon homme toujours si actif, comme un pantin gisant sans force sur un lit d'hôpital
et puis je reprends courage parce que on a pu rencontrer qqun qui a fait un Guillain-Barré et s'en est remis complètement: c'est donc possible!

Un millimètre par jour paraît-il
c'est le temps qu'il faut pour reconstituer les nerfs atteints
Un millimètre par jour, ce n'est rien... c'est lent, très lent, très très lent
Cela prendra des semaines, des mois peut-être
sans compter la rééducation douloureuse

Et les questions qui rongent surgissent: pourquoi lui? cet homme actif, toujours prêt à rendre service
et pourquoi moi? doublement atteinte: sa maladie qui me prive de son appui nécessaire, et la désolation de voir à ce point dépendant

Pourtant déjà la gratitude nous vient pour les petits bonheurs que nous épions et que nous accueillons avec reconnaissance

Vous voulez un exemple?
- De la fenêtre de sa chambre, il voit les arbres frissonner... comme moi je les guettais il y a trois ans... ce sont de véritables cadeaux de la vie, qui nous rattachent au mouvement de la nature, de la vie!
- Hier au restaurant, emmené par un de mes frères et sa femme... j'ai mangé mon premier repas chaud depuis 15 jours: c'est peu de chose, mais c'est énorme

alors il y a les enfants... ils sont là, ils nous aiment...
que demander de plus?
Je vous le dis: on s'en sortira!


dimanche 1 février 2015

Continuer à vivre

une semaine aujourd'hui que le mari s'est écroulé sur un lit de clinique.
il ne s'est pas relevé depuis, devenu dépendant pour tout, comme un bébé.
la maladie qui s'est emparé de lui ne lui laisse pas beaucoup le choix: il en a pour quelques mois à se remettre, avec un minimum de séquelles, on peut l'espérer!

En attendant, il faut continuer à vivre!
Lui sur ce lit dont il est prisonnier et dépendant pour TOUT
Moi en essayant de m'organiser au mieux pour ne pas sombrer dans l'épuisement tant physique que émotionnel
Je m'arrange pour aller tous les soirs lui donner son léger repas du soir. Depuis deux jours il mange presque tout ce qui est sur le plateau. Puis il déclare: "j'ai bien mangé!"

Voilà ce que j'admire en lui, c'est qu'il ne plonge pas dans la plainte, il cueille le bon qu'il reçoit,  il est capable de s'informer gentiment du problème de santé de l'un de ses amis,

Moi j'ai encaissé cela comme un coup violent reçu par traîtrise et qui m'a déstabilisée, qui m'effraie aussi énormément: depuis que je suis fort affaiblie au niveau de ma santé, je me reposais sur lui pour un certain nombre de choses que je ne pouvais plus assumer. C'est terminé pour un long moment, il me faudra apprendre à gérer seule le quotidien, à reprendre la voiture pour de courts trajets, à oser m'adresser aux amis avec simplicité

Les enfants sont très présents, attentifs, affectueux. Papa a tant fait pour nous, disent-ils, c'est à nous aujourd'hui à être là pour notre papa!
Et en même temps ils sont soucieux de leur Coumaman. On se raccroche à notre tendresse

Dans cette tempête inattendue, je vois les petits éclats de bonheur, de tendresse, d'attention qui me (nous) sont offerts,
L'espérance et la gratitude seront capables de nous aider à porter cette énigme du malheur


mardi 27 janvier 2015

Messieurs Guillain et Barré

Il s'appelle le syndrome Guillain-Barré
C'est un beau nom  pour un sale petit virus qui déclenche cette maladie auto immune. Pas belle du tout cette maladie, du genre à vous affaiblir toute force musculaire, du genre à vous clouer sur le lit, à vous empêcher de porter les mains à la bouche, de lever les bras!
Elle dure longtemps cette maladie, non non pas quinze jours... un peu plus, disons quatre mois dans le meilleur des cas, six est plus réaliste
Il faudra une kiné sévère et douloureuse pour tenter de récupérer chaque cm d'autonomie

Imaginez que G.B  se soit attaqué à un homme toujours super actif, incapable de rester une minute tranquille, qui rend service à tous... qui en fait plus qu'il ne faut

Cet homme est mon mari, un roc sur lequel je me suis toujours appuyée... particulièrement ces derniers temps
Fracassé sans force sur un lit d'hôpital... je vous jure que ça fait mal à voir

La vie est parfois bien difficile, nous voilà tous les deux à devoir combattre une maladie rare et auto immune!

Voilà la raison de mon silence..
A bientôt


PS heureusement nos cinq enfants sont attentifs, aimants, tendres...
Nous nous serrons ensemble face au vent de l'adversité
Nous gardons confiance!. Lui est un battant
On sait qu'il passera des moments difficiles, nous aussi...
Mais nous savons déjà que nous vaincrons




jeudi 15 janvier 2015

sortir de la sidération...

Je  quitte petit à petit l'état de sidération dans lequel je me trouve depuis plus d'une semaine.
J'ai lu énormément sur le Net et j'ai lu le pire et le  meilleur
les "n'importe quoi" aussi d'ailleurs, l'angélisme et l'extrémisme, le rigorisme et le laxisme (ah! ces mots en isme!!)
Je veux  me faire une opinion, non pas la plus juste possible, mais la mienne
La mienne...
On n'est pas sorti de l'auberge
(Je ne croyais pas si bien dire: une opération antijihadiste à Verviers (Belgique) s'est soldée ce soir par la mort des deux présumés terroristes...à suivre)

Je voudrais vous partager ici deux réflexions qui me semblent importantes
( je vais sans doute déplaire à plus d'un... mais la liberté de penser et de s'exprimer, c'est pour tout le monde, non?)

Comme un seul homme, tous les athées de France se sont levés, soit pour ricaner sur l'absence de dieu (mais comment dieu peut-il laisser faire ça!! ah! ces croyants, particulièrement les cathos! comme ils sont cons d'imaginer même un seul instant que leur dieu s'il existe, est un dieu d'amour) soit pour proclamer haut et fort qu'il y a les religions bien sûr, cause de tout le mal, mais il ne faut pas oublier les athées, qui sont quand même majoritaires, les seuls sensés, capables de vivre sans dieu; on a tendance à les oublier dans toute cette affaire!

J'en pense quoi de ça?
J'ai quitté la religion catholique, sa pratique et tout le toutim
C'est clair!

Mais il y a en moi ce que je vais appeler une "aspiration spirituelle" qui, au fil des années et surtout depuis la maladie qui m'a touchée, s'est faite de plus en plus profonde
Je ne sais pas si Dieu existe et finalement ce n'est pas le plus important, pour moi
Mais ce que je sais c'est que nous sommes faits pour aimer: dès sa naissance, le petit humain cherche à aimer et à être aimé!

Au fond de moi, quand je fais silence, j'entends cet appel...
Aux questions que je me pose, je ne cherche aucune réponse dans le monde extérieur
Celui-là est tellement bruyant ou clinquant qu'il a éteint les mots qui font vivre et qui sont tapis au plus profond de moi

Cet appel à plus de "spiritualité" (zut alors il n'y a pas un mot moins cucul la praline?), cet appel à se reconnecter à l'essentiel en moi, en soi,  je ne l'ai lu sur aucun billet, aucun site durant cette semaine. Rien. Nada.

Pourquoi les hommes et les femmes ne sont-ils pas capables de faire cette démarche simple: descendre au profond d'eux mêmes pour entendre la voix et la voie de l'essentiel, de la vie?

*********
Un autre point que je veux vous partager
Les assassins, les meurtriers, les salops, les monstres, les extrémistes, sont peut-être AUSSI des "victimes"
Il semble qu' ils n'aient eu ni père pour les recadrer, ni mère pour leur donner la tendresse dont tout être humain a besoin comme de pain. La société n'a pas eu les mots ou l'attention dont ils auraient eu besoin pour les garder "sains"

Sans pain, nous sommes d'accord, on meurt!
Sauf si on trouve sur sa route un ou des "sauveurs" qu'il vont suivre dans un ailleurs qui leur promet q un nouveau pain qui les nourrira , leur donnera une raison de continuer à vivre, dans la violence et la haine...

Et puis la prison... ah oui! voilà un cadre idéal pour rectifier une éducation défaillante, tout le monde sait ça! Et c'est parti pour la radicalisation!

Ces jeunes dévoyés ont vécu et grandi en France (ça aurait pu être en Belgique...)
Je dis ça, je dis rien...

(à suivre sans doute)





samedi 10 janvier 2015

Julos Beaucarne Lettre ouverte.


Comme vous tous sans doute, je suis en état de sidération, ne pouvant comprendre comment ce qui est arrivé, est arrivé! 
Je vois des nuages bien sombres pour l'avenir...
Pourtant il faut continuer à vivre

Je me suis souvenue de la lettre ouverte écrite par Julos Beaucarne, la nuit de l'assassinat de sa femme.
 C'est vers ceux qui ont vécu l'indicible et l'horreur qu'il convient de se tourner et d'écouter ce qu'ils ont à dire




jeudi 8 janvier 2015

mardi 30 décembre 2014

Essaie encore


Je ne me sens pas trop capable de venir écrire ici en ces jours où les familles et les amis se réunissent dans le rire et la bonne chère, et parfois dans l'éclatement des non-dits
Incapable d'entrer dans la ronde des souhaits bisoutés échangés d'un blog à l'autre
J'attends que "ça" se passe
Les f^tes et leurs flonflons, les repas pantagruéliques,  les souhaits convenus et les bisous de bonne année... désolée, la vieille ronchon que je suis ne peut plus entrer dans cette danse artificielle...

Alors même que les avions continuent à se scratcher
les extrémistes à couper les têtes de ceux qui ont l'audace de ne pas prier Dieu comme eux
les SDF à mourir de froid sur les bancs qu'on leur refuse
les politiques à chercher comment leur parti clouera méchamment le bec à l’opposition!

L'art sauvera le monde dit-on
Mais qui le pense quand les budgets de la culture s'effritent au rythme de la crise qui n'en finit pas de criser?
Les librairies s'écroulent les unes après les autres
D'ailleurs lit-on encore? les jeunes par exemple à qui on n'aurait plus l'idée d'offrir des livres, menfin voyons, à l'ère des Ipad et autres smartphones...

Dans le secret des demeures bien protégées du froid, il y a pourtant bien des pannes de chaleur intérieure: des couples qui s'éloignent ou se déchirent dans leurs désaccords, des jeunes qui se réfugient dans leur chambre ou qui s'évadent dans la rue et dans la drogue auprès des "copains"

Bonne année les gens.... oui mais tous ceux qui ont mal d'une manière ou d'une autre? dans leur corps ou leur coeur, qui viennent de perdre quelqu'un qu'ils aimaient?
Bonne santé les gens... oui mais tous ceux qui ont à affronter pour des mois, sinon de années, un truc plus ou moins lourd auquel ils ne s'attendaient pas?

Pas facile de trouver le juste ton: ton qui semblera trop sombre pour ceux qui tiennent à faire la fête et désirent oublier pendant un moment leurs soucis et trop sucré pour tous ceux qui cachent derrière un sourire de convenance leur chagrin, leur détresse

Je ne sais pas trop comment vous dire Bonne Année!

Je vous laisse avec ces mots du poète Guillevic, qui a l'art d'aller à l’essentiel

"Tu n'as pas réussi
A faire de tous les instants de ta vie
Un miracle

Essaie encore"







samedi 13 décembre 2014

Accueillir l'indicible

Les mots se murmurent dans le silence
on dirait qu'ils sont craintifs, un peu hésitants
ils sont  tombés de la corde qui relie les étoiles
ont perdu  leur éclat en tombant sur le sol
les mots se répètent en chanson monotones
peut-être bien qu'ils se recueillent

Sont-ils donc devant l'impalpable, l'indicible, l'infini
pour se dérouler avec tant de lenteur, tant de respect peut-être?

Parfois un chant de mots se déclenche, il explose
on dirait qu'il éclate en cris de colère, en cris de souffrance.
Puis d'un seul coup, il se tait, épuisé...

Et donc le silence. Et à nouveau deux ou trois notes timides
osent recommencer l'aventure:
cris et murmures, à l'image de la vie...

Les mots, qu'ont-ils pressenti d'essentiel?
ont-ils pu aller jusqu'à la porte de leur âme?
ont-ils réussi à l'apaiser un peu?

Mais faut-il absolument un seuil à dépasser
pour atteindre cet infini auquel
le coeur aspire?
Ou faut-il simplement accepter de descendre
au plus profond de soi
pour y trouver à la fois le trésor que l'on est
et le Dieu qui l'habite?





samedi 6 décembre 2014

sur les vitres embuées


Maman cuisinait dans une cuisine surchauffée, oubliait de longs moments des casseroles d'eau sur le gaz, dans lesquelles bouillonnaient poissons, légumes divers ou macaronis qui n'en finissaient pas de glouglouter dans une eau qui devenait un peu glauque
Les odeurs s'infiltraient dans cette cuisine et immanquablement la buée à son tour venait se coller aux vitres. Le dehors était devenu invisible, j'avais beau scruter encore et encore, les vitres étaient de plus en plus opaques...et dedans je suffoquais.

J'avais quatre ans je crois...
Un jour de cuisine à grande eau bouillonnante, m'approchant de la vitre j'y ai posé le doigt. Le doigt s'est mis à tracer religieusement la première lettre de mon prénom...Oh! merveille! la lettre s'imprimait docile sur la vitre tout embuée. A côté, j'ai tracé plus grande encore, la deuxième lettre puis la troisième, un peu hésitante mais correcte...puis le prénom tout entier, puis quelques fleurettes, puis une maison dont la cheminée fumait joyeusement, puis un grand bonhomme soleil, puis...

Soudain un cri: Coumarine! que fais-tu là? Mon doigt se fige...
Mais malheureuse! j'ai fait les vitres hier matin, elles sont toutes sales maintenant...Mon doigt rentre penaud dans la poche de mon petit tablier, et je regarde la vitre, perplexe...
Pourquoi elle disait que c'était sale Maman?
Moi je ne les voyais pas sales, au contraire, mais embellies des fleurs et du soleil, et puis j'y avais tracé des lettres...mon premier mot, ma première écriture...

lundi 1 décembre 2014

Elle aimait les contacts humains...

"J'aime les contacts humains. l'intensité de mon attention réussit à tirer d'eux ce qu'ils ont de plus profond et de meilleur."Etty Hillesum

J'aime aussi les contacts. J'aime interroger, poser des questions, puis écouter les réponses.
Parfois rire  des réponses qui me sont données. Je ne m'ennuie jamais quand j'écoute les gens. C'est passionnant les gens... Et pas seulement ceux que j'aime oou que je connais bien...

J'aime recevoir en cadeau des confidences  auxquelles je ne m'attendais pas. De ce genre de confidences qu'on me fait parce qu'il semble que je suis dans une écoute attentive et bienveillante. Pas juger, juste écouter, juste être là, en silence surtout quand la confidence se fait plus douloureuse, plus grave ou plus profonde. Ou parfois étrange. Ce sont  des "cadeaux" qu'il me faut garder précieusement dans le fond de mon coeur...

Et il y a, heureusement,  beaucoup de place dans mon coeur...



Peinture Benoit Colsenet

samedi 22 novembre 2014

une séance d'hypnose

Je suis arrivée là dans une grande incertitude: pourquoi aller si loin chercher une aide pour mieux appréhender le concret de ma vie qui me fuit dans le stress et la peur depuis tous ces mois.
J'attendais beaucoup de cette rencontre. La personne que j'allais rencontrer m'avait été recommandée par l'ophtalmo qui me suit avec régularité. Elle sait combien je n'arrive pas (ou plutôt mon cerveau) à m'habituer à la vision monoculaire. 
Il parait qu'elle fait des miracles pour les gens comme moi qui sont plongés dans le stress et l'appréhension permanente.

Arrivée dans son petit bureau, elle m'interroge sur la raison de ma venue,  on prend un peu de temps pour expliquer mon problème. Puis direction fauteuil de relaxation, elle me met sur moi une couverture chaude et douce. Je suis bien, je me sens en confiance, je peux me laisser aller...

Et elle commence à parler, et ses paroles s'égrainent lentement sur un doux fond musical, qui petit à petit m’entraîne jusqu'au fond de moi, 

Peu importe que je ne suive pas scrupuleusement les mots qu'elle prononce. Je peux partir, me laisser aller, dériver,  descendre là où je touche le plus profond, où je suis en contact avec le plus fort de ma force intérieure... Je suis profondément en paix avec moi-même

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Il m'arrive de plonger de moi-même dans cet état d'hypnose quand j'éprouve le besoin de prendre quelques minutes de relaxation complète, ou que je désire retoucher la Paix en moi: simplement rester au calme, dans le silence pour contacter ce que je ne peux pas nommer autrement que la Présence, un endroit intérieur fort, mon incoscient qui ne me veut que du bien...
Mais je ne reste jamais longtemps dans cet état: car trop vite, je bouge, je me gratte, je me frotte les yeux ou la figure. je ne me donne pas le temps (peut-être le droit?) de franchir les portes et de descendre petit à petit jusqu'au plus profond de moi-même, de rester un moment dans cet état de profonde sérénité, là où je peux écouter, percevoir la voix la plus profonde en moi, celle qui SAIT.

J'ai eu besoin de cette aide attentive, pour commencer à y accéder
J'ai du chemin à faire; Mais le chemin que j'ai accompli hier était tellement fort, m'a donné une telle sérénité intérieure que je suis d'accord d'investir du temps pour la recontacter encore.





mercredi 19 novembre 2014

écrire au présent

J'ai l'impression que je transporte 25 kilos sur mon dos
plus peut-être
C'est lourd 25 kilos quand on est une faible femme... qui voit juste pas comme il faut...
mouais...

comment se fait-il que j'ai à ce point perdu les mots qui en moi, surgissaient autrefois sans même les appeler? Ils étaient là, je n'avais qu'à les cueillir!
que faire pour que "cela" revienne?
parce que je sais bien que écrire fait partie de ma vie, C'EST ma vie, et que si j'arrête ça, je suis foutue!

Le matin, pleine de bonnes intentions, je m'installe derrière mon écran, dans l'intention d'écrire
écrire quoi? je ne sais pas encore, ce qui viendra... comme j'ai toujours fait.
Mais c'était autrefois...
Maintenant,  tranquillement, insensiblement, ma souris se met à voyager de site en site et le temps que je pouvais consacrer à l'écriture ici, s'est écoulé.
Irrémédiablement!
Ce n'est rien me dis-je, ce sera pour demain. Après tout j'ai bien des choses à dire encore. Demain je m'y mettrai dès potron minet et même encore plus tôt si c'est possible, car plus je tarde, plus je perds mes moyens...
D’abord écrire, dire, raconter à la rigueur n'importe quoi, il en sortira toujours quelque chose
Si si je le sais: autrefois je faisais ça... écrire n'importe quoi, et ça devenait des billets intéressants pour lesquels on me remerciait!

Incroyable, et pourtant vrai

J'ai écrit il y a quelques jours une lettre à mon père, je pourrais écrire une lettre à ma mère... 
mais je sais que je ne le ferai pas, voilà c'est comme ça, je ne le ferai pas
Pourquoi? ben... pour ça...
ce n'est pas possible
et puis tout cela est derrière moi à présent: place au présent qu'il me faut affronter

Je pourrais écrire comme certain (je ne vise personne suivez mon regard...) sur mes amours de jeunesse. Sujet super intéressant... sauf que non, je ne pense pas le faire, ou alors pas maintenant: j'attends le miracle: celui de recouvrer une vue claire et complète. Cela arrivera dans très très longtemps...quand je serai morte et enterrée... pas très intéressant donc!

Un seul mot donc: maintenant, maintenant, maintenant, c'est maintenant qu'il me faut vivre!





à l'image du chaos qui circule en moi, cette peinture de Bram Vanvelde, grand ami Charles Juliet...
chaos oui, mais peinture merveilleuse dans laquelle couleurs et formes s'entrelacent

samedi 8 novembre 2014

Le commencement des mondes...


Je suis tombée par hasard sur la vidéo d'un bébé qui se forme dans le ventre de sa mère
Dieu sait si je connais ça, mille fois j'ai regardé ce genre de vidéo

Mais là quelque chose me retient et je reste subjuguée à regarder la vidéo jusqu'au bout
Car je SUIS tout à coup cet être en devenir qui flotte dans un univers aquatique, en toute sérénité. Sa figure est marquée pas la béatitude, il semble infiniment heureux
Bien sûr, au fil de sa croissance, il a de moins en moins de place, il se retourne même, comme la nature le lui demande dans l'approche de sa nécessaire évasion
Mais il suce son pouce, il se love dans son cocon bienfaisant. On dirait qu'il jouit doucement.

Oui je le reconnais, de voir ces images m'a émue, et surtout interpellée: j'ai donc été, moi aussi ce petit être dont au fil de minutes fabuleuses, j'ai vu grandir les petits doigts, s'étirer jambes et bras, s'ouvrir les yeux qui se sont agrandis prêts à contempler le monde... 
J'ai vécu cette période fascinante, et... je ne m'en souviens pas... C'est dingue! Neuf mois décisifs, qui ont bâti ma vie dont on revient chacun sans aucun souvenir

Et moi qui n'ai pas eu une mère très tendre, ni très présente, enfermée dans sa mauvaise humeur permanente, j'ai soudain éprouvé une grande reconnaissance pour elle: si j'en crois les images de cette vidéo, j'étais "bien" au creux de son ventre, j'étais dans la tendresse infinie, dans cette sérénité de la vie que j'ai reçue en cadeau, sans l'avoir aucunement méritée. Elle m'a portée au coeur des difficultés du monde, de son monde, avec courage, et moi là dedans, je n'avais comme unique tâche: celle de grandir dans une douce quiétude!

J'ai pensé aussi à mes bébés à moi, qui ont de cette manière grandi dans mon ventre, en toute sérénité, en toute confiance...Tour à tour ils ont  nagé dans l'eau tiède et bienfaisante de mon ventre, commençant chacun leur propre destinée. Je me souviens des coups de pieds que me donnait tel de mes enfants, des douces caresses de tel autre. Déjà là, ils sculptaient leur personnalité, chacun résolument unique!

Eux-mêmes à leur tour ont façonné de nouveaux êtres qui à leur tour feront de même!
Le circuit sans fin de cette vie étonnante...

lundi 3 novembre 2014

Lettre à mon père

mon cher Papa,

voilà presque vingt ans que tu nous as quittés. En quelques heures tu étais parti!

Tu as laissé maman seule pour affronter les dernières années de sa vie. Elle était persuadée qu'elle ne te survivrait pas: elle a vécu presque dix ans encore...
Quand je venais ainsi chez vous, semaine après semaine pour vous aider à gérer le quotidien, veiller à ce que vous ayez tout ce qu'il vous fallait, et papoter un peu de la pluie et du beau temps, je ne pensais pas vraiment qu'un jour je te perdrais, qu'un jour je vous perdrais tous les deux!
Cela me convenait en somme, j’étais encore toujours la fille de quelqu'un, votre fille. Je n'étais pas si vieille que ça puisque il y avait du monde au dessus de moi. J'étais toujours l'enfant, vous étiez les parents...
Quand tu es parti sans trop prévenir, j'ai assumé vaillamment mon rôle de fille-qui-a-encore-sa-mère, mais très vite j'ai dû la prendre en charge, veiller sur elle, la consoler de son chagrin de te perdre.
Je n'avais pas le temps ni le droit au chagrin, d'ailleurs en avais-je? De toutes façons je ne l'ai verbalisé nulle part, pas le temps, avec mes cinq enfants et ma mère devenue comme une enfant à son tour!

Je me souviens juste qu'un de mes enfants  m'a dit simplement en revenant des funérailles: maman, te voilà orpheline. J'ai  accusé le coup sans réagir: oui je suis orpheline, et alors? Qu'est-ce que cela va changer pour moi?

Cher Papa, j'ai veillé sur ta femme, comme tu me m'as demandé. Cela n'a pas été tous les jours facile. Elle a toujours été une personne difficile à vivre. Elle parlait de son chagrin, évoquait des souvenirs dans lesquels je n'avais aucune place. Elle ne s'inquiétait pas vraiment de moi, ni de savoir comment "allait" mon chagrin!

En ces jours particuliers  où l'on pense aux morts, je pense à toi cher papa
Je regrette qu'on n'ait pas pris le temps ni la peine de construire une relation tissée de confiance et d'ouverture. Tu avais certainement des choses à me dire, des souvenirs à me partager. J'aurais voulu apprendre de toi un peu de la vie, comment tu la voyais. Tu étais un homme peu bavard, mais moi, je t'interrogeais peu aussi. Je croyais que je devais rester discrète, ne pas t'embêter avec "tout ça". Quelle erreur!

Aujourd'hui,  je me tiens à mon tour au seuil de la vieillesse, aurais-tu pu croire cela?
Me reconnaîtrais-tu avec mes cheveux gris, mes rides?
Comment aurais-tu réagi à mon problème de santé? 
Aurais-tu lu mes livres, publiés bien après ta mort, aurais-tu été fière de moi, ta fille?

Ce soir j'aurais envie que tu me serres dans tes bras de papa

Ta fille, Coumarine

vendredi 31 octobre 2014

17 ans... l'âge de vivre!

Il a eu 17 ans hier, c'est l’aîné de mes petits fils.
Il est arrivé avec un bon mois d'avance, après une journée de shopping intense effectué par sa maman: elle voulait absolument pour les derniers jours de sa grossesse, acheter un pantalon plus seyant!
Elle l'a porté l'espace de deux heures, avant que dans la soirée, tout ne se déclenche: le petit homme avait décidé que le temps du cocooning était terminé
Le jour de la naissance (qui eut lieu par césarienne, parce que monsieur avait les deux bras levés et pliés qui allaient bloquer la sortie par la voie normale) notre fille nous a téléphoné en nous saluant d'un joyeux (mais faible encore) : Bonjour Mamie, bonjour Papy, je m'appelle Thomas
Nous savions dès lors qu'une nouvelle tranche de vie allait commencer pour nous: nous devenions grands parents!

Ce jeune homme est grand, beau, intelligent et responsable, et...on peut lui faire confiance!
chaque mot est important
Grand oui... il nous dépasse tous, même son père, pourtant grand aussi.
Beau...de la beauté particulière des grands ado dont le visage est ouvert, souriant et attentif.
Intelligent... il réussit brillamment ses études, l'année prochaine sera celle de l'entrée à l'université.
Responsable... le lendemain de sa petite fête d'anniversaire où il a rassemblé chez lui une dizaine de ses potes, le lendemain donc, aux dires de sa maman, tout était nettoyé, rangé, aspiré, impeccable plus propre qu'avant : bravo à l'équipe des nettoyeurs!

Il m'impressionne un peu : du haut de son mètre 88, il sait tant de choses que j'ignore et qu'il manie avec dextérité: la connaissance de la technologie par exemple...
Après avoir suivi des cours de piano pendant de nombreuses années, il joue maintenant librement pour le simple plaisir d'entrer dans la musique, avec énormément de sensibilité. Je suis émue quand je l'entends!

Circulent entre nous la tendresse et l'admiration réciproques de deux générations si différentes... nous aimons l'entendre parler de tout ce qui l'intéresse, et qui par moments résonne comme du chinois pour nous. Mais il y a en lui l'admiration pour ses aînés qui ont une expérience de vie qu'il n'a pas encore

La tendresse passe dans ses gestes par exemple quand il est avec ses petit(e)s cousin(e)s, de jeunes enfants avec lesquels il est capable de jouer inlassablement, sans s'énerver. Les petits l'adorent, c'est le "grand" qu'ils admirent. C'est beau à voir.

Dans peu de temps, comme l'année dernière, nous l'inviterons au restaurant, rien que lui et nous. Il aime ça! Il mange comme quatre, et surtout,  il parle, il s'exprime, nous l'écoutons, nous le questionnons, il répond avec confiance.
Et nous sommes honorés de cette confiance, elle nous touche et nous fait du bien
Nous sommes ses grands-parents qu'il aime
Lui, c'est notre petit (grand!!) fils que nous aimons beaucoup et dont nous sommes fiers!


mardi 9 septembre 2014

Le bon choix

Dans quelques jours, mon blog aura dix ans.
Cette nuit il m'est apparu clairement ce que je pressens depuis tout un temps: le moment est venu pour moi de tourner la page des Petites Paroles
J'ai fait le tour de ce que je pouvais dire ici, tout ce dont je me donnais le droit, j'en ai parlé...

Je pourrais reprendre d'anciens billets, les lecteurs ont changé depuis le début de cette aventure,ce que j'écrivais il y a quelques années, est souvent encore valable aujourd'hui
Mais écrire, c'est se renouveler, et là, je suis essoufflée, continuer à tout prix n'a pas de sens, me mangerait des énergies dont j'ai bien besoin pour d'autres tâches


Fermer ce blog n'est pourtant pas facile pour moi, j'y ai vécu tant de choses, rencontré tant de belles personnes. Cela me fait mal de terminer cette aventure
Mais je crois que, pour moi avant tout, il le faut! Pour entamer autre chose, il faut pouvoir clôturer, et ne plus regarder en arrière. Compte tenu de ma santé devenue déficiente, il me faut garder mes forces pour ce que je veux encore entreprendre.

J'écrirai ailleurs, autrement. Tout simplement parce que l'écriture fait partie de moi. 

Je reviendrai ici pour annoncer une ou des nouvelles qui pourraient vous intéresser, par ex si un nouveau livre devait voir le jour

Je vous remercie, les proches et les moins proches, les lecteurs récents et les vieux de la vieille,  de m'avoir accompagnée un bout de chemin ici. Ce fut, pour moi en tout cas, une belle aventure, riche et variée. Je la clôture avec un très gros pincement au coeur, mais la certitude que c'est le bon choix pour moi.


Edit
pour ceux qui veulent éventuellement me suivre, j'ai ouvert il y a six mois un blog Coumarine2
j'y partage mes ressentis dans la maladie de Horton que je vis depuis trois ans
Evidemment ce n'est pas un blog petits zoizo et fleurs de champs... 
Mais bon, c'est ce que je vis pour le moment dans une traversée spéciale et difficile
Vous y êtes les bienvenus

jeudi 21 août 2014

d'un côté... et de l'autre...

d'un côté il y a les plages bleues, les ciels blonds (non pardon c'est le contraire...)
il y a les photos de vacanciers heureux (du moins ceux qui n'ont pas vomi partout comme dans cet hôtel 5 étoiles...)
il y a les photos de cartes postales qui disent le bonheur de l'été

je n'ai pas de photos à vous montrer, vu que je n'en prends plus des photos, vu que je louche rhoooooooo
je ne suis pas partie en vacances, je n'ai pas tâté de la grande bleue, de la verte profonde

(si je pars quelques jours, ce sera en dehors du bruit et de la nervosité des autoroutes surchargées)

d'un autre côté il y a les hommes en noir armés de couteaux s'apprêtant à couper les gorges
il y a les gens enterrés vivants, les maisons démolies, les explosions terrifiantes, les morts par centaines
non non, pas sur les plages bleues, les mers blondes... rassurez-vous
un peu plus loin (mais pas si loin...) dans ces pays qui n'en finissent pas de se tirer dessus

Ceci n'est pas une photo de vacances ordinaire
comme quoi, même dans les ruines... on peut garder le sourire
ce bonheur de partir dans d'autres histoires
petite fille lumineuse donne moi ton secret

 La photo est de Mohamed Zarandah , photographe amateur qui vit à Gaza



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