jeudi 15 août 2019

Au milieu de la rivière verte

Quelqu'un au milieu de la rivière verte
Quelqu’un qui patauge.
Qui cherche le chemin, à droite, peut-être à gauche.
Qui trébuche. Qui tombe…
Elle est tombée. 
Immergée, envahie.
Rongée par la vase.
Son ventre gronde
Au secours. Pas de respiration. C’est la fin.

C’est juste quelqu’un au milieu de la rivière verte
Qui a perdu les couleurs de sa vie
Qui cherche et patauge obstinément
Qui cherche son arc-en-ciel
Nue dans la vase, ça fait quoi ?
Jeune et vieille à la fois, dans l’eau qui rumine, ça fait quoi ?
C'est juste quelqu’un au milieu d’une rivière verte. Pas rouge.
Il n’y a pas de sang dans cette histoire
Juste de la vase, ou de la boue...
C’est peut-être pire
Ankylosée, paralysée, les jambes figées, raidies déjà

Elle n’a plus de voix pour crier des notes de soleil, do ré mi fa sol
Aplatie dans l’eau verte elle hoquette
Juste la présence en elle, forte, insaisissable pour tout dire
Qui frappe et cogne ses espoirs par delà

Une femme qui se questionne ne reste pas immobile
Elle se débat, elle crie
Elle travaille à sa naissance


photo du net

32 commentaires:

  1. oui Adrienne, il est "fort" ce texte
    merci d'être venue me le dire...

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  2. Ne pas se laisser embourbée, pouvoir maintenir la tête hors de l'eau et respirer un grand coup !!

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    1. maintenir la tête hors de l'eau!
      C'est en effet ce qu'il faut faire...
      merci Daniel

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  3. Un texte que j'ai d'abord reçu comme un grand coup et puis petit à petit nous nous apprivoisons, que va-t-il me révéler ? j'avance pas à pas, l'inconnu me terrifie.

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    1. figure-toi Nicole que je l'ai écrit comme tenaillée par "un grand coup"
      J'ai écrit vite, sans savoir où mes mots allaient me mener
      Je ne sais toujours pas d'ailleurs, sauf que le dernier mot me donne une clé: NAISSANCE

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  4. Tu as raison Coumarine !... quelle est donc cette présence en nous qui, même aplatie dans l’eau verte, ankylosée, paralysée, les jambes figées, continue de frapper et cogner ses espoirs par delà" ? Super texte ! kéa

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    1. merci kéa
      et oui, il y a toujours en nous cette petite force qui nous aide à rejoindre nos espoirs!

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    2. Ce qui est paradoxal avec cette petite force, cette petite voix enfouie sous les voix criardes de nos croyances, de nos certitudes, de nos endoctrinements est que plus la situation devient désespérée plus cette petite voix prend de l’ampleur jusqu’à n’entendre plus qu’elle. Il faut d’abord que tout se soit écroulé pour entendre vraiment ce qu’elle a à dire. kéa

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    3. je réfléchis à ce que tu me dis, kéa...
      il me semble, en tout cas en ce qui me concerne, que plus la situation devient difficile, plus la petite voix s'éclipse: il me faut bien du courage alors pour tenir bon, pour continuer à y croire...

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    4. Nous ne parlons pas de la même voix Coumarine. Celui qui meurt de soif dans le désert n'entend plus qu'une seule voix qui dit "de l'eau, de l'eau, de l'eau" et là il se fiche entièrement que l'eau lui arrive dans un verre, dans un bol ou dans ses mains tendues tout simplement. Humilité totale !... qui permet d'entendre ce à quoi nous étions sourds il y a peu possiblement. Je parle en connaissance de cause, la philosophie n'a rien à y voir. kéa

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    5. je ne sais que te répondre, chère kéa... je suis dépassée ;-(

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    6. Quand la femme dans l'eau verte aura fini de se débattre et qu'elle abandonnera de s'en sortir par elle-même, l'aide lui sera envoyée… pas nécessairement de la façon à laquelle elle s'attendait. kéa

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    7. ah dac! je comprends mieux!
      merci d'être revenue....

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  5. Sous les phrases fortes et sombres, je sens l'espoir sourdre comme une fontaine d'eau claire.
    Tu es forte, je le sais.
    J'aime ce que tu écris.
    🖤

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    1. contente de te voir ici, Célestine
      merci pour ce que tu me dis
      Je t'embrasse

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  6. Le dernier mot de ce beau texte est plein d'espoir... Bises

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    1. chère Manou, j'aurais pu écrire aussi: renaissance...retrouver courage alors que l'on patauge
      Bises aussi

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  7. Bon, passé le premier moment de découragement, on se dit qu'il faut se sortir de là.
    Et on s'y emploie, c'est mieux que claquer en silence, en abandonnant.
    Même maltraitée, tu ne perds jamais espoir.
    Alors continue !

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    1. ah tiens! voilà mon Gout préféré!!
      merci d'être venu dans mon antre un peu découragé en effet!
      Mais c'est bientôt la rentrée, alors ça ira!

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  8. Merci pour ce beau poème...c'est exactement ce que j'aurais voulu écrire et tu le dis si bien...Je suis très touchée, tu me redonnes du courage

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    1. contente et rassurée de te redonner du courage, chère Gazou!
      Car on m'a dit par ailleurs que mon petit texte était très sombre...

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  9. superbe interprétation choc d'une image dérangeante.

    La question est : pourquoi et comment est elle arrivée là ? Parce qu'on a envie de connaitre la suite.

    ça pourrait être une femme qui rêve, ou/et qui a besoin d'échapper à trop de douleur, une suicidaire qui ne sait plus ce qu'elle fait là, une concurrente d'un de ces jeux de téléréalité jeux du crique sadiques, une adepte du rebirth...

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    1. oui tu as raison:pourquoi s'est-elle laissée enfoncer dans cette eau glauque et verte?
      Je parie pour une femme "qui a besoin d'échapper à trop de douleur",
      Merci Emma d'être venue apporter ta petite pierre!

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  10. Cette femme me fait penser à cet étrange état qui fait que l'on n'a plus le gout de rien. Plus le gout d'avancer, de se débattre, de rire, de travailler. Et peut-être même… pas le gout de se suicider, autrement elle serait déjà sous l'eau. Car se suicider est encore se diriger vers quelque part, vers un ailleurs. Elle ne souhaite même pas être autre part… mais nulle part. C'est terrible.

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    1. ton interprétation de mon texte est décidément très sombre
      merci d'être venue

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    2. chère val, ne sois pas désolée... c'est TA lecture de ce texte
      Pour moi, il est à mi chemin entre le découragement extrême, et un désir de (re)naissance...
      Le lecteur est encore libre de son interprétation, sans devoir s'en excuser!
      Je t'embrasse chère Val (pour qui j'ai bcp d'admiration, crois-le!)

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  11. Bonjour Coum,
    il est très beau et fort ce texte. Je l'ai lu plusieurs fois, et je suis aussi venue plusieurs fois pour lire les nouveaux commentaires.
    Je t'embrasse fort

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    1. "fort et beau"
      ces deux termes me font plaisir
      merci Ambre

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  12. "Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre", cette phrase me poursuit me taraude et me remplit, elle est une sorte de signature qui me correspond et il semble qu'elle te corresponde aussi.
    Tes mots sont beaux, durs, ils me parlent tant. La vie est belle, et cruelle, et dure, si dure, et on tient, et parfois on ne sait même plus comment ni pourquoi, si ce n'est pour ces brèves lueurs qui nous relient à l'essence même de la vie...
    Merci pour cette splendeur ♥

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    1. très heureuse de te revoir ici La Baladine!
      Merci d'apprécier ce texte qui frappe décidément les imaginations...

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