vendredi 29 juin 2018

Ne plus parler...

Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas lire de journal, ne pas entendre la radio, ne pas écouter de commérages, s'abandonner absolument, complètement, à la paresse, être absolument, complètement, indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer.

Henry Miller (cité par Jean-Louis Fournier, dans son livre "TROP")

Durant ces deux mois de vacances, je vais suivre ces bons conseils, et me réfugier dans un endroit secret où je ne suis pas obligée de parler
Mais j'écrirai... je veux terminer mon projet d'écriture... enfin!



mercredi 20 juin 2018

le petit prince pleurait

J'ai vu ce matin 
des enfants dans une cage
non ce n'était pas un jeu
non ils ne riaient pas
que croyez-vous donc?
j'ai vu un bel enfant
un petit prince
accroché à la cage
et il pleure
il pleure, il pleure,

peut-être même
qu'il hurle
vous ne l'entendez pas?
monsieur... MONSIEUR,
vous ne l'entendez pas?

jeudi 14 juin 2018

un bout de feuillage dansant dans le vent...

Imaginez la bénie des dieux que je suis...
Plusieurs contrôles m'attendent régulièrement à l'hôpital: un contrôle pour la maladie de Horton, un autre pour contrôler l'état de mon œil valide, l'autre ayant été définitivement rayé de la carte par sa majesté Horton le vilain! Et enfin un contrôle pour vérifier l'état de mon coeur, puisque je me suis payé un infarctus il y a deux ans!

Aujourd'hui, j'y suis allée pour une scintigraphie... voilà l'examen que je déteste le plus!
Quoi! on m'enferme dans un tunnel avec une machine qui fait et refait le tour de mon corps livré là sans défense? Pendant une bonne vingtaine de minutes, serrée dans ce truc, sans pouvoir bouger le petit doigt? Je souffre un peu de claustrophobie voyez vous et donc...
Et comme par hasard c'est à ce moment que j'éprouve le besoin de me gratter par ci par là, chatouillements incoercibles, horreur!

Bon, je respire calmement, demandant à l'endroit qui chatouille de se calmer, par pitiéééééééééé, que c'est vraiment pas le moment de se faire remarquer
Parfois ça marche, mais parfois pas, pas de tout!

En plus savoir que pour un jour ou deux, coule en moi une substance radioactive qui colore les veines qui arrivent au coeur... je sais pas vous, mais moi j'aime pas!

Et demain, rebelote faut recommencer l'examen après avoir mangé un morceau de chocolat bien gras (bon je sais pas trop pourquoi, faut que je consulte Google)

Ce matin dans la salle d'attente, j'ai regardé attentivement autour de moi: les gens (tiens surtout des hommes....les hommes ont plus que les femmes des problèmes cardiaques?) les soignants qui viennent imperturbablement chercher les patients, tout un monde interdépendant.

Soudain mon regard a été attiré par l'extérieur: il y avait le béton des bâtiments, et par un tout tout petit coin un arbre, oh! miracle!
Cet arbre dont je ne pouvais apercevoir que quelques branches seulement, se balançait docilement , bercé par le vent, un vent très calme, très doux
Au plus dense de ma prison de béton, dure et comme sans espoir, il y avait là quelque chose d'infiniment tendre

Mon coeur s'est calmé, et je suis allée paisiblement me livrer à mon examen
Il a suffi d'un bout de feuillage caressant des murs de béton...





dimanche 10 juin 2018

Il a pris, croyait-il, le chemin le plus court
le droit chemin, long, imperturbable, monotone
mais il a perdu le fil,
s'est retrouvé sur un chemin buissonnier
là où mille et une fleurs des champs
souriaient de bon coeur au ciel bleu
accompagnant le chant des oiseaux
Il est arrivé très en retard, bien sûr
mais le coeur élargi
par tant de simple beauté


vendredi 8 juin 2018

Acouphènes


Elle a beaucoup cherché. D'ailleurs elle cherche encore...
Elle a beaucoup cherché dehors, à l'extérieur. Et elle y a trouvé bien des choses, de tout, de rien, des choses qui s'achètent, qui s'ajoutent, qui se collectent, se collectionnent, qui s'offrent aussi parfois.

De tout, il y a vraiment de tout à l'extérieur. Il n'y a qu'à choisir, à prendre ou à laisser. Il y a toujours de nouvelles choses à cueillir sur les étals du monde, du neuf, de l'inédit, du performant, du laid, de l'inutile.

Alors elle est allée de l'un à l'autre, faisant son marché dans ce multiple, ce varié, ce changeant.
Tourbillon incessant... ça passe, ça casse, ça vient, ça meurt...
Voilà c'est ça ...ça meurt: rien ne dure, ni les gens, ni les choses, ni les états d'âme, ni la jeunesse, ni l'aujourd'hui.
Demain est toujours un autre jour. Hier il y avait de quoi pleurer (ou l'inverse), il y a de quoi rire aujourd'hui (ou l'inverse). La sable est mouvant,  les nuages passent et se lassent, la vague est mourante..
Mourante, c'est le mot...
Si elle s'accroche à "dehors" elle finit par se diluer, se gommer dans le tellement multiple que tout finit par se cogner, par se nier...
Alors elle a timidement posé le pied à l'intérieur, dans le centre du centre
A commencé la descente profonde vers le plus profond d'elle-même
A eu peur de se perdre dans les méandres de ses contradictions, car il y fait noir bien souvent, les repères se perdent, les acouphènes se déclenchent puisqu'il n'y a plus d'autres bruits que ses bruits intérieurs.
Tentation de revenir vers l'extérieur pour noyer les acouphènes dans les bruits rassurants du clinquant...

Chaque matin trop souvent, elle se réveille pour s'en aller ailleurs, partir, se quitter...
Et sa maison intérieure reste vide, en manque, en attente, déracinée, transplantée de lieu en lieu, de lien en lien.
Fermer les yeux un moment. Un long moment.
Cesser de scruter le reflet qu'elle offre d'elle aux autres et dont elle attend qu'ils lui disent qui elle est : mais qu'est-ce qu'ils en savent, après tout... elle seule a la réponse, pour peu qu'elle quitte le miroir trompeur
Fermer les yeux. Un long moment
Entamer la descente. Avec les acouphènes qui se déclencheront. C'est le prix à payer pour trouver son propre trésor intérieur

A quoi sert de se procurer le multiple, si on ne trouve pas l'unique...


lundi 28 mai 2018

les adultes ont bien ri!

Par hasard, je tombe sur une vidéo d'un anniversaire d'enfant: un tout petit trépigne de joie devant son gâteau d'anniversaire: il a deux ans...
Il est installé dans sa chaise haute (détail qui a son importance!).
La famille autour de lui rit et bat des mains...
Soudain surgit devant l'enfant, un personnage dans un costume d'ours. Impressionnant!
Il se penche vers lui et aussitôt l'enfant hurle, se détourne, cherche à s'enfuir (mais il est prisonnier de sa chaise d'enfant!)
Plus il hurle, plus "l'ours" se penche vers lui
Et .... les parents rient aux éclats! Bien sûr, pour eux ils savent qu'il n'y a aucune peur à avoir, mais comment ce petit enfant pourrait-il le savoir? Et si les parents entre deux hoquets de rire tentaient de lui expliquer qu'il ne doit pas avoir peur, il est incapable de rien entendre, encore moins de comprendre
Et donc il a peur et il hurle, cherche à s'échapper, pendant qu'autour de lui, on entend les éclats de rire: ah oui! comme ils s'amusent les adultes!

Cette petite vidéo m'a déchiré le coeur... Voilà comment se construit une perte de confiance vàv de l'adulte référent! C'est terrible, j'ai ressenti la peur de cet enfant au plus profond de mon coeur!
Et puis... passer de l'excitation joyeuse à une peur viscérale...quels dégâts cela peut faire!
Mais qu'avaient donc ces parents dans la tête?

lundi 21 mai 2018

devoir de Lakévio

Il est six heures du soir, l'été. 

Exercice où il s'agit d'étoffer votre texte autour de la phrase tirée du premier roman de Jean Giono - Colline 1929.


Il est 6 heures du soir, l'été
Le vent a soufflé en tempête toute la journée. Adèle n'a pu dépendre son linge à temps, son beau linge fin qu'elle venait d'étendre sur le fil avec amour et soin. Il est resté là, à se balancer furieusement au gré du vent violent et l'un ou l'autre se sont envolés comme de pauvres chiffons. Il était trop tard pour se risquer à sortir. La pluie est tombée en trombes, inondant en peu de temps l’arrière cour: les pluies et le vent, une catastrophe pour le linge fin d'Adèle!

Elle contemple sa lessive, le coeur serré. Ce qui est resté sur le fil ne ressemble plus à rien, ce ne sont plus que des loques, sans forme et sans âme, déchirées, effilochées de partout.
Remettre ces sous-vêtements, hier encore si affriolants, il n'en sera plus question, ni les petits hauts qui mettaient sa jeune poitrine en valeur.
Adèle contemple le désastre et se demande comment elle va se débrouiller: ce soir elle reçoit son bel amant, celui qu'elle préfère, celui qui la fait grimper tout en haut du ciel bleu, quand il est bleu!

Elle pense soudain: et si je me déguisais en clocharde, en réfugiée syrienne qui a fait une traversée mouvementée sur un rafiot déglingué? Ben oui! Son bel amant est soucieux de ces gens, il se dévoue pour qu'ils soient accueillis valablement. Donc cela ne devrait pas poser de problème...
Oui c'est cela se dit-elle, elle enfilera ces loques sans forme, les unes sur les autres et accueillera son amant avec les mille sourires aguichants dont elle a le secret!
Adèle est satisfaite de son idée, qu'elle trouve finalement géniale: elle fera ça ce soir, puis demain ou après, elle aura l'occasion d'aller à la ville acheter ce qu'il faut

Solène relit ce texte tout-à-fait insipide et se demande ce qu'a avalé sa collègue pour écrire de pareilles niaiseries: c'est en plus un texte qui se veut une ouverture vers de l'érotisme, mais qui passe complètement à côté! 
Comment va-t-elle pouvoir le dire à Adèle, sans l'offenser, sans la décourager dans ses efforts d'écriture? Mais elle ne peut quand même pas lui faire des compliments pour ce texte qui n'en est pas?

Bon elle verra demain... ce soir elle abandonne! Trop fatiguée!

LinkWithin

Related Posts with Thumbnails