lundi 13 avril 2015

trois mois... cela suffit...

Trois mois très chahutés pendant lesquels j'ai perdu clavier et crayon
pendant lesquels j'ai perdu jusqu'à l'envie de reprendre le clavier, ou le crayon!
Trois d'éclipse quasi totale de soleil, d' humeur printanière, rien il n'y avait rien à écrire, sinon des humeurs sombres, des découragements
La vie ne m'a pas épargnée depuis quelque temps
Mais me voilà debout, chancelante encore, mais debout!

Je n'ai pas beaucoup eu le courage ni surtout le temps de vous lire
Je ne sais donc pas vraiment comment vous allez

Alors, pour reprendre un peu contact, si le coeur vous en dit, donnez-moi de vos nouvelles en quelques mots (plus, c'est possible aussi, pour les bavards!)

Cela me ferait vachement plaisir

Je saurai que vous êtes simplement contents de me revoir...

Coumarine

photo Coumarine

lundi 23 mars 2015

J'ai cherché mon crayon

J'ai cherché mon crayon
pendant de longs jours d'inquiétude, je l'ai cherché
de la cave au grenier, j'ai mis tout sens dessus dessous!
Rien. pas de crayon, ni rien qui lui ressemble,
pas de main non plus pour le tenir vaillamment!

C'est malin un crayon
quand il a de bonnes raisons de se cacher.
Alors j'ai creusé dans le jardin , 
là dans ce coin secret qui s'est mis à remuer...

Je pense qu'il est là, mais il est devenu si timide
après ces mois d'hiver et d'inquiétude...
Juste un peu de patience encore...

mercredi 18 mars 2015

Back to home

Le mari va mieux/stop/il rentre à la maison vendredi stop/devra bien sûr retourner en clinique mais en ambulant pour des séances de kiné/stop

Voilà! le plus gros de la maladie est derrière lui ! (derrière moi aussi forcément... ce ne fut pas facile)
S'en sortir d'un syndrome de Guillain-Barré en presque deux mois, c'est plutôt rare! et même très rare!Il n'aura sans doute aucune séquelle..
On a de la chance...
Mais lui a eu une volonté incroyable pour affronter les séances de kiné afin de remettre en route tous ses muscles/nerfs, du plus petit au plus important!

C'est vraiment le printemps... du haut de son septième étage en clinique,  il n'en a rien vu encore: il est temps qu'il respire la nature qui renaît

Merci la vie!

mercredi 11 mars 2015

un crocus blanc ou mauve

Et si le bourgeon disait NON?
Non à la vie qui le presse
qui l'oppresse?
La Nature saura-t-elle
au plus profond d'elle-même
que la vie est la plus forte
quelles que soient les erreurs
quels que soient les chagrins?

La joie est une énergie
qui ne peut partir que de son centre
même si elle est nourrie par d'autres
au hasard des rencontres.

Mais si on la tient à distance
on restera à l'écart,
et de la joie
et de l'énergie qu'elle véhicule

Et quand par moments, on craint
que la vie ne capitule...
alors regarder intensément un crocus blanc
Et si cela ne suffit pas,
s'attarder sur un crocus mauve et écouter...
Ils ont l'un et l'autre des secrets à nous dire.


lundi 23 février 2015

Tous les jours...

Tous les jours, à 17h, j'enfile mon manteau, parfois un petit bonnet pour tenir au chaud ma tête aux cheveux coupés courts
tous les jours je monte quelque peu ma rue, avant de tourner à droite et marcher jusqu'au bout, pour atteindre l'arrêt du bus
tous les jours je m'applique à arriver bien à temps pour ne pas le rater et devoir atteindre dans le froid, mais parfois le bus est en avance, le vilain j'avais pas prévu ça, il me faut donc attendre le suivant! C'est long d'attendre un bus que l'on a raté!
tous les jours je descends à l'arrêt "Hôpital Saint Luc" et j'ai le coeur serré. En entrant je reçois de plein fouet cette odeur si particulière des cliniques, qui sent le médicament, le désinfectant. Je n'aime pas trop cela, cette odeur s'accroche à mes vêtements, je me retiendrai de respirer pendant deux ou trois heures...
Tous les jours je vais vers les ascenseurs et j'appuie sur le 7: c'est l'étage de la rééducation
Arrivée au 7ème, je vais doucement vers la chambre où l'homme lutte pour retrouver l'usage de ses membres, je l'embrasse et je constate combien la lutte est dure et le laisse sans forces.
Tous les jours je me heurterai à son lit, à la table, au fauteuil de rééducation: la chambre est étroite, vraiment très étroite, et ma vision monoculaire n'arrange pas les choses, j'ai plein de bleus sur les jambes et les bras
Il a pas mal de visites, donc je n'aurai pas trop l'occasion d'échanger avec lui sur ce qu'il vit de bon et de douloureux... et c'est dommage, bien sûr. Aussi bien lui que moi, nous vivons des choses riches, de celles qui nous laissent plein de gratitude
Tous les jours, je l'aide pour le repas du soir, patiemment, bouchée après bouchée, gorgée après gorgée
Parfois un des enfants a pu se libérer et c'est lui ou elle qui remplit cette tâche, avec patience, avec amour
Tous les jours, nous échangeons quelques mots, quelques sourires, quelques baisers
Et puis, comme tous les jours, je repars dans l'autre sens... c'est le soir, il fait noir...

mardi 17 février 2015

l'étape de la revalidation

alors voilà!
il y a une bonne nouvelle, une nouvelle qui agrandit notre coeur et notre espérance
Le malade a semble-t-il fini sa descente, son corps ne se dégradera pas plus!

Cela veut dire qu'il va demain changer d'étage, quitter la neurologie pour rejoindre la médecine physique; demain il va monter au 7ème étage!
L'étage de la revalidation!
Il rejoint l'étage du courage, de la persévérance, des exercices douloureux encore et encore
Là on l'on grince des dents, où l'on mord sur ses lèvres, où l'on va au delà de ses possibilités. Parce que il n'y a pas le choix, c'est comme ça.

Là, il retrouvera sa mobilité, sa sensibilité. Comme un enfant, il réapprendra à marcher, à manger,à faire tous les gestes de la vie ordinaire
Là il pourra réapprendra à vivre. Nous avions oublié comme c'est simple de vivre, comme c'est simple d'appuyer sur un bouton, de se déplacer d'un cm pour fuir les plis malvenus du drap
Cela prendra du temps, beaucoup de temps, je ne sais pas combien de temps cela prendra...
mais il est au seuil d'un nouveau voyage, un voyage qui me remplit d'espoir
Alors il ne regardera pas le haut inaccessible de cette montagne, il fera chaque jour l'humble petit pas quotidien

Je sais qu'il y aura des hauts et des bas, mais toute la famille s'arme de courage pour l'accompagner sur cette route rocailleuse: on a cette chance de se serrer les coudes: on la savoure dans l'affection qui nous lie

Ce billet est juste pour donner des nouvelles à ceux qui me suivent
Je ne répondrai pas à vos commentaires, pardonnez-moi
Pourtant ils me sont précieux, ils rechargent mes batteries, me donnent de la force pour lutter contre mes propres problèmes de santé

Ce soir, je suis presque heureuse, j'entrevois la fin de ce tunnel dans lequel j'ai été entraînée malgré moi et où je tourbillonne dans un vent violent sans pouvoir reprendre souffle






jeudi 12 février 2015

Vers demain

Je ne souhaite pas établir ici une chronique de la maladie qui touche mon mari. Sachez que c'est dur, douloureux  et que j'encaisse le coup. Je suis fatiguée au plus profond de moi-même.
En même temps, je suis devenue particulièrement attentive aux tout tout petits bonheurs du quotidien: le ciel bleu de ce matin, qui annonce le printemps, une invitation à dîner ce soir, après avoir fait manger mon mari, une écoute attentive et bienveillante du médecin ophtalmo qui prend au sérieux mes petites questions concernant mes précieux yeux...

Une cataracte secondaire s'est développée sur mon oeil valide. Il faudra une petite intervention pour arranger ça!  C'est pas grave, vraiment pas grave, juste que en ce moment j'aurais préféré qu'on ne touche plus à cet oeil, tellement peur qu'il ne soit définitivement abîmé: alors mon combat pour le garder, à coup de médicaments qui desservent ma santé, n'aurait servi à rien!...

Mais le médecin m'a dit et répété que ce n'était pas grave... je m'installe dans cette affirmation rassurante. De toutes façons j'ai le temps de m'y préparer, ce sera pour fin mars!

Ma vie s'est réduite à un univers restreint: un espace dans une chambre de clinique, un homme complètement dépendant sur son lit, l'accueil des visiteurs, accrocher les médecins neurologues pour en savoir plus

Les enfants qui comme moi s'inquiètent, qui chacun a pris sa part de responsabilité dans ce qu'il faut gérer,  chacun selon ses disponibilités et ses compétences, selon ses qualités humaines aussi

Chacun réfléchit aussi à l'impact de la maladie sur sa vie... Je ne peux pas m'empêcher de remarquer que nous avons tous les deux chopé une maladie pas si fréquente, autoimmune et qui nous est tombé dessus soudainement, sans aucun malaise préalable pour nous y  préparer!




peinture de Françoise Collandre "Vers demain"


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