vendredi 8 juillet 2016

Etre une femme

J'ai toujours veillé à rester féminine
maintenant plus que jamais, alors que je vieillis petit à petit...
Je ne dépense pas des fortunes en maquillage, produits de soin, vêtements divers, juste ce qu'il faut.
Car je pense réellement que la féminité ne se réduit pas à cela!
Je suis fière d'être femme et je m'applique à le rester jusqu'au bout des ongles, dans l'entièreté de mon être sensible
Alors je crois que cette féminité vient habiter sereinement mon corps

Il n'en a pas toujours été ainsi, loin de là...
J'étais une enfant timide, que les critiques perpétuelles de ma mère ont fait taire
Je me suis murée dans un silence protecteur, en attendant de pouvoir m'évader
Ce que je fis, heureuse enfin de me sentir libre, mais encore bien maladroite dans ma façon de l'être

Je n'ai jamais paru  mon âge, et si cette caractéristique toujours actuelle, me convient très bien aujourd'hui, jeune adulte, on ne me prenait pas au sérieux, ce que je détestais par dessus tout. Ma toute puissante mère  me considérant comme une enfant sotte, j'aspirais à me plonger au plus vite dans le monde des adultes

Et j'ai découvert petit à petit combien j'aimais être femme, combien je pouvais l'être avec ardeur, force et sensibilité, jusque dans mon corps, surtout dans mon corps qui, par mon éducation avait été brimé, réduit au silence.
Oser être "belle", oser m'exprimer simplement, oser comme je le fais ici, exprimer le profond de moi-même... le profond de mon être femme.... c'est magnifique...



vendredi 1 juillet 2016

comme une phobie...

Bientôt un an que ce livre est paru, un an que je me dis que je le lirais bien, qu'il me semble intéressant... Mais je ne passe pas à l'action. Pourquoi? Je ne sais pas trop.

Jusqu'à mercredi où je le vois exposé à bibliothèque de mon quartier, Ni une ni deux, je le prends, le serre contre moi comme un objet précieux et l'emmène.
J'entame la lecture et ...  c'est un peu mon "histoire" qui est exposée là!

"Quelques mois après la parution de mon dernier roman, j'ai cessé d'écrire [... ].
peu à peu le geste lui-même d'écrire est devenu occasionnel, hésitant, ne s'exécutait plus sans appréhension. Le simple fait de tenir un stylo m'est apparu de plus en plus difficile.
Plus tard, j'ai été prise de panique dès que j'ouvrais un document Word.
Je cherchais la bonne position, l’orientation optimale de l'écran, j’étirais mes jambes sous la table. Et puis je restais là, immobile, des heures durant, les yeux rivés sur l'écran [...]
Ecrire, je ne pouvais plus.
Ecrire, c'était non."

Delphine de Vigan "D'après une histoire vraie" aout 2015

Je pourrais vous citer bien d'autres passages de ce livre qui me touche énormément, tellement je vois décrites noir sur blanc mes difficultés à écrire d'aujourd'hui

Cela fait plus de cinq ans que j'éprouve cette quasi terreur (c'est le terme que Delphine utilise et que je reprends à mon compte, parce que c'est exactement ça:  terreur) à me mettre à écrire, et que donc je fuis tellement cette difficulté qui m’apparaît insurmontable

Après la parution de mon recueil de nouvelles qui a eu son public (en tout cas en Belgique) je savais que après le temps nécessaire de latence, il me faudrait reprendre le clavier. Mais je suis restée coite devant mon écran, et la peur m'a envahie, de plus en plus forte.
Puis la maladie s'en est mêlée, ainsi que la lutte pour en être victorieuse. Là j'ai écrit (mais surtout pour moi) mon cheminement de malade, j'ai même pensé le publier. Mais bon! Les témoignages de maladie abondent et je n'ai pas voulu en ajouter un nouveau, même si la mienne de maladie et surtout mon cheminement restent original. J'ai abandonné, je crois, définitivement.

J'en suis là désormais à avoir peur de m'y mettre à une oeuvre fictive. Quand on me demande où je reste, je parle de mes problèmes de santé, de ma famille toujours nombreuse qui me demande de l’attention...
Je contourne... je fuis en fait!
Pour ne pas reconnaître ni à mes yeux, ni devant les autres, que je vis quasi de la terreur devant l'acte d'écrire, exactement comme l'explique Delphine de V.

Je sais, ça paraît incroyable, surtout que quand je m'y mets, je n'écris pas si mal que ça ;-)
Incroyable et pourtant vrai, je n'y arrive pas, je n'y arrive plus. Quelque chose se bloque en moi.

Aujourd'hui en lisant ce livre, quelque chose se dénoue je crois. C'est la première fois que je lis cette difficulté chez quelqu'un d'autre.
Bien sûr les raisons de son silence dû à son angoisse, étaient différentes (faut lire le livre pour comprendre) mais le processus est vraiment le même, je m'y retrouve complètement...
Je ne sais pas encore comment elle a brisé le cercle vicieux, mais elle l'a fait, son livre en est la preuve

Moi qui aimais tant écrire, j'espère que je le surmonterai à mon tour...

(pour toi P. et les autres qui vous inquiétez de moi, ou plutôt du fait que ce blog reste muet...)

vendredi 17 juin 2016

Nancy Huston

15 jours de bronchite: les yeux, la gorge et une toux féroce à m’arracher les bronches...
Voilà que peu à peu je me relève, encore légèrement assommée
Merci pour vos commentaires qui m'ont accompagnée et redonné un semblant de moral

Entre deux quintes de toux, je me suis plongée dans le livre de Nancy Huston: Bad Girl
C'est une autobiographie singulière, dont elle évite les écueils: elle l'aborde en s'adressant au foetus qu'elle était, dans un univers familial un peu particulier
J'aime Nancy Huston, j'aime certains de ses romans, j'aime aussi certains de ses essais
J'aime surtout son écriture bien particulière

Dans les journaux de Charles Juliet dont les anciens ici savent combien j'aime ses journaux publiés régulièrement au fil du temps, j'avais découvert qu'il parlait de ses rencontres avec Nancy Huston dont il est devenu un ami...

Là maintenant, je me suis lancée dans la lecture de ses textes choisis (de 2002 à 2015)
Carnets de l'incarnation, l'a--t-elle titré. Je n'en ai lu encore que quelques pages et je ne sais pas encore pourquoi elle parle d'incarnation dans le titre qu'elle a donné à ces carnets

à suivre donc...




mardi 31 mai 2016

Pluie, grèves, pain et jeux...


Je vais craquer

- si je ne puis plus sortir me promener tranquillement sous les rayons d'un soleil printanier. Mon moral est hélas tributaire de ce temps pourri, froid par dessus le marché,  j'en ai marre et je n'y vois aucune poésie, je ne suis pas Verlaine  (oh! le bruit doux de la pluie, par terre et sur les toits...) Chez moi les rigoles sont bouchées et la pluie les franchit avec fracas, venant assassiner mes deux ou trois coquelicots/pavots rescapés de l'année dernière, oh! que je les aime ceux-là!

- si les grèves en Belgique qui paralysent tout le pays ne cessent pas (et ce n'est pas demain la veille!)
Vous mes amis français, vous savez à peine ce qui se passe dans mon pays qui est en train de pourrir sur pied! (sauf à Molenbeek évidemment!) car chez vous, les choses ne vont guère mieux. Vous les collectionnez aussi les grèves sociales;  même si je donne (en grandes lignes) raison aux grévistes de continuer à se battre face à un gouvernement de plus en plus sourd et obstiné, faut reconnaître que des grèves ça ne rend pas un pays heureux. Nous sommes tous devenus des revendicateurs souvent agressifs que ce soit du côté des forces de l'ordre, ou des manifestants!!

Donc aujourd'hui par ce magnifique beau temps pluvieux, vous ne recevrez pas de courrier, vous ne pourrez utiliser les transports en commun, ni prendre le train. Et s'il vous prend la fantaisie de conduire votre enfant à l'école, vous vous perdrez dans des embouteillages d'enfer, pour vous trouver devant porte close ou c'est tout comme...

Et pendant ce temps, on prépare l'Euro 2016 avec fièvre et conviction, avec force gadgets inutiles aux couleurs de la Belgique, qui bientôt ne survivra pas à toutes ces guerres de langues ! Bravo les partis flamingants!

Panem et circenses, ça ne date pas d'aujourd'hui, qui donc a dit ça?

PS et par dessus tout je vais craquer si ce con de Donald devient président !
Il y a un an tout le monde s'amusait de ses pitreries grossières, aujourd'hui - incroyable mais vrai!- il a rallié à son personnage de clown  des cons à son image au point qu'il s'approche de manière inquiétante de son but!


dimanche 29 mai 2016

T'inquiète, c'est pour du rire!


Quoi? t'as vraiment cru que j'allais arrêter mon blog?
Mon cher petit blog chéri depuis bientôt 12 ans, fidèlement à mes côtés?
J'en peux rien moi si j'ai déjà déclaré deux ou trois fois que je l'arrêtais mon blog chéri
Appelle ça comme tu veux: lassitude, manque d'imagination, répétition, découragement, et je sais pas quoi encore...

Evidemment vous allez plus jamais me croire quand je crie haut et fort que je cesse mon blog...

Je vais vous dire, je croyais très fort que cette fois, ce serait la bonne
que je me délivrerais de cette addiction, qui me fait revenir sans cesse rôder par ici comme une criminelle sur les lieux de son crime

Je pourrais vous parler du concours Reine Elisabeth, (piano cette année) qui s'est achevé hier soir, des 20 km de Bruxelles sous une pluie fine, des trains qui brillent par leur absence dans la partie francophone du pays, des grèves dans les prisons qui continueront demain, mardi, et sans doute les jours suivants (au finish ont dit les grévistes!), rendant la situation de plus en plus malsaine pour tous, des toits qui fuitent dans les musées, avec au sol des seaux de première qualité pour accueillir l'eau...
Sans oublier les tunnels de Bxl hors d'usage, rendant la circulation effroyablement chaotique

Et pendant ce temps, les jardins exposent de couleurs et de fleurs

Qui faut-il croire?
les hommes qui se font la guerre, ou la guéguerre, sans cesse et partout?
ou la nature qui nous appelle au recommencement, aux couleurs vivifiantes, inlassablement!
Et ce ne sont ni la pluie ni le vent, ni les éclairs ni les tempêtes qui la découragent...




dimanche 22 mai 2016

temps de fermer mon blog

Je pense sérieusement à fermer mon blog
Non pas le supprimer, car il y a ici des billets que j'ai aimé écrire
Simplement le mettre en pause
Et on verrait pour la suite...

Il y a trop longtemps que je peine à écrire ici
J'ai envie d'écrire perso, mais pas envie de m'exposer trop: de l'inconvénient de ne plus y être anonyme, m'interdisant d'écrire par exemple ce que je ressens à propos de mes enfants.
J'ai envie de gueuler  les mauvaises nouvelles qui continuent à s’accumuler sur mon pays, mais pas envie qu'on m'accuse d'être négative alors que la vie est... si belle!

Je pourrais écrire des billets d'ordre général, provoquant les avis/témoignages des lecteurs... mais pas envie de transformer mon blog en forum...

Je pourrais écrire des choses joliment ou rudement poétiques, mais pas envie de m'exposer à la critique (ben  non, ce n'est pas le moment! J'ai perdu le sens de l'humour!)

De là mon retrait peu à peu de la blogosphère: je n'écris plus, ou à peine et je commente encore moins!
Cela fait un certain temps que je pense à cesser mon blog, et je ne parviens pas à le faire
Je crois pourtant qu'il serait temps.




mardi 10 mai 2016

Les petits riens extraordinaires

A peine dépassé le portail, je fus envahie de silence, et j'ai respiré largement
D'en seul coup, je me suis sentie envahie par le silence assourdissant d'aimer comme dit Aragon
Un silence plein, profond, un silence habité, un silence qui fait du bien à l'âme
qui la réconcilie avec le meilleur de soi
Je pensais lire, beaucoup
je pensais écrire tout autant
je n'ai rien fait de tout cela
j'ai simplement regardé autour de moi, et tenté de comprendre comment ce silence dans cette belle nature éveille à l'infini

J'ai eu des éléments de réponse
en voyant mille pâquerettes dans les pelouses, disant librement la joie d'être en vie
et les petits poissons tournant sans fin dans le petit étang
et les hirondelles, les sittelles, les alouettes venant inlassablement nourrir leur petits nouveaux-nés
Les hirondelles dans les nids qu'elles construisent à l'abri sur les pierres accueillantes, les sittelles profitant des petits trous dans les bâtiments

J'ai attendu parfois longtemps avant de les surprendre, et quand c'est arrivé, une fois, deux fois, je fus inondée de joie. Il me semblait qu'il m'était donné de surprendre un secret précieux!

et le soleil s'en est mêlé, caressant chacun de ses ondes bienfaisantes

La grande horloge rythmait les heures, appelant ceux qui le souhaitaient aux offices chantés par les moines
Je n'ai pas franchi le seuil de l'imposante abbaye: il me semblait que Dieu me parlerait plus clairement dans la nature féconde, jamais découragée de recommencer son inlassable ballet


photo de Coumarine

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