dimanche 17 février 2019

Pas de face à sauver!

Elle s'embrouille un peu dans les traces qu'elle laisse
Traces de pas, traces de doigts, traces de bonheur miniature, traces de douleurs tout à fait quelconques, méli-mélo désordonné, pêle-mêle un peu raté, panneaux rétrospectifs un peu ridicules qui se perdent dans la maison.
Ombres encrées de bordures noires, fumerolles moribondes

Il est où le chemin?

Elle hésite un peu, reconnaît d'anciens chagrins, distingue des fantômes oubliés
Et son coeur bat la chamade, sous le choc de vieilles peurs qu'elle pensait évanouies

Elle renie son sourire de statue, gravé autrefois sur le visage, à coups répétés de burin.
Il n'y a pas de face à sauver, juste un visage à aimer


vendredi 15 février 2019

à Pastelle

Hier j'ai bu la tasse
C'était une tasse amère de découragement et de grande lassitude: alors, j'ai grimacé. Je n'étais pas belle à voir...pâle, le coeur au bord des larmes.

Aujourd'hui au lever du jour, j'ai regardé le ciel au travers de ma fenêtre, et le ciel était d'un bleu profond, il respirait l'infini, il me parlait de beauté...
Et soudain je me suis sentie élargie... et c'était bon, très bon!
J'ai perçu que je m'évadais de l'univers étroit de cette tasse ridicule, dans laquelle baignait tout mon  découragement
Et là, tout là-haut j'ai surpris deux ou trois petits nuages blancs qui m'appelaient
Je suis partie, je me suis envolée, j'ai plané sur les ailes d'une mouette (oui! il y a des mouettes par chez moi, sur l’étang pas loin) et j'ai perçu une musique serinée tant de fois autrefois et que je méprisais : c'est une musique de boy scout: ainsi avais-je qualifié cet air!

Mais oh miracle! avec un coeur grand comme ça, tout à coup elle m'a parlé, je veux dire les paroles ont percuté mon coeur.   Je les ai lues et relues...

Et ce fut bon, vraiment très bon!



lundi 11 février 2019

Les clés

Voici ce que Lakévio nous propose cette semaine!

 Dix mots à caser, histoire de trouver des serrures à ces clés...

Elle cherche.
Elle cherche, en vain, car elle s'est mise à sa quête hélas, trop tardivement
Elle cherche la fameuse clé, pas la grande mais la petite, celle de la porte de la pièce où l'on parle, le parloir comme on l'appelle en plaisantant, dans lequel elle a caché tous ses fantasmes et l'éclat de sa symphonie personnelle

Femme sous influence, elle s'efforce de marcher le long de la bordure de sa vie, prudemment, sans tomber, sans risque de se fracasser. Elle y va à pas comptés, droite et fière. Dans le jardin qu'elle traverse prudemment, un coq belliqueux la poursuit de son ergot ombrageux.
Elle ne trouve rien. Elle ne trouvera rien, car cette clé qu'elle cherche se trouve au fond, bien cachée au fond de la poche de son beau vêtement couleur grenat, dont elle est si fière,...

"C'est tout à fait correct, dit tout haut son professeur, avec un gentil sourire: pas une seule faute d'orthographe pour ce devoir. Bravo ma petite. Tu seras une excellente élève!"


lundi 4 février 2019

Ils sont de plus en plus nombreux!

On a vu en Belgique, depuis quatre jeudis déjà, des jeunes qui brossent les cours (c'est une expression belge que vous n'aurez aucun mal à comprendre) et descendent dans la rue pour demander aux politiques de prendre au sérieux les menaces qui pèsent sur la planète et d'agir en conséquence
Oh bien sûr, ces jeunes restent des jeunes, accrochés à leur confort, à leurs vacances de ski post examens à leurs smartphones, ils ne sont pas (encore) prêts à s'en séparer. Bien sûr on voit qu'ils rient et s'amusent dans ces cortèges bon enfant sans casse, sans aucune violence!
Mais depuis 4 semaines, le nombre de ces jeunes qui descendent en rue, augmente, et cela fait boule de neige
La premiere semaine les défilés n'avaient lieu qu'à Bruxelles, jeudi dernier ce fut dans trois autres villes. Le mouvement prend de l'ampleur et n'est pas prêt de s'arrêter.
Chaque changement commence par une prise de conscience: les jeunes nous montrent que cette prise de conscience, ils l'ont faite!
C'est un premier pas d'importance, ce sont eux les adultes de demain!
Je les admire, ils prennent des risques, les directeurs d'école les avertissent des conséquences possibles, mais ils ont bien l'intention de continuer jusqu'au bout
Et certains professeurs les éduquent à la responsabilité citoyenne qui inclut la désobéissance! Il y a des exemples célèbres dans le passé
Ils accompagnent leurs élèves dans l'écriture en anglais des pancartes, nombreuses et colorées

Et vous savez quoi? Les journaux du monde entier commencent à parler de ces manifestations en Belgique...





samedi 26 janvier 2019

Les cris et les rires

Les mots qui se murmurent dans le silence,
les craintifs, les hésitants les discrets
sont tombés de la corde qui relie les étoiles
ont perdu tout éclat en tombant sur le sol...
D'autres mots se répètent en chansons monotones
peut-être bien qu'il se recueillent...
Sont-ils donc devant l'impalpable, l'indicible, l'infini
pour se dérouler avec tant de lenteur, tant de respect?
Parfois un chant de mots se déclenche, il explose!
On dirait qu'il éclate en cris de colère, en cris de souffrance.
Puis d'un seul coup, il se tait, épuisé...
Et donc le silence. Et à nouveau deux ou trois notes
osent recommencer l'aventure:
cris et rires, à l'image de la vie...
Les mots, qu'ont-ils pressenti d'essentiel?
ont-ils pu aller jusqu'à la porte de leur âme?
ont-ils réussi à l'apaiser un peu?
Mais faut-il absolument un seuil à dépasser
pour atteindre cet infini auquel
le coeur aspire?
Ou faut-il simplement accepter de descendre
au plus profond de soi
pour y trouver à la fois le trésor que l'on est
et l'Ailleurs qui l'habite?

N.V.

lundi 14 janvier 2019

comme un orgasme...


J’aime beaucoup écrire librement, parfois même sans phrases construites...
Une écriture totalement spontanée, surgit alors sous ma plume, que je suis moi-même étonnée de lire.
Souvent, du moins au départ, je ne me comprends pas moi-même : qu’ai-je voulu dire ? Ai-je voulu faire passer un message, mais lequel ? Que veulent dire ces mots ? Est-ce bien moi qui les ai écrits ?
Parfois c’est bien après que ces petits textes prennent un sens, du moins à mes yeux, ou à mon cœur profond
Ou alors, ce que les gens en disent m’éclairent soudain : ah oui! mais c’est bien sûr ! C’est alors un moment de profonde reconnaissance, comme si je m’étais retrouvée et comprise enfin!… quel bien ça fait.
Ces textes libres et parfois même sans aucune ponctuation (c'est rare quand même!) je les écris en me plongeant dans de musique, souvent classique. Du Mozart que j’aime tant ! Ou alors je pars d’une chanson par ex de Cabrel : j'écoute un moment les paroles, je suis touchée et je me laisse partir, librement, loin… loin (Cabrel est un vrai poète!)

J’adore…
Surtout ne pas être dérangée par mon entourage… la porte est fermée, elle protège les mots qui sortent dans une vitesse incontrôlée.

J’adore. Impression que quelque chose est en train de se passer qui me dépasse. Qui vient de moi mais va bien au-delà de moi. Je me sens ancrée sur la terre et en vol au-delà d’elle, déjà bien loin. C’est comme une transe, c’est comme la pointe de l’orgasme...
Et quand j’atterris je me sens un peu groggy, un peu bizarre, mon cœur s’est agrandi aux dimensions de l’infini



mardi 8 janvier 2019

Les bottines de Van Gogh


Je suis tombée par hasard sur cette peinture des bottines de Van Gogh. Cette peinture m'a touchée, elle m'a parlé... De quoi donc? Je cherche au profond de moi...
Bon il y en a d'autres, des plus vieilles encore, des plus moches, des franchement délabrées... Mais elles ne me parlent pas de la même manière, sinon de grande vieillesse, de vieux trucs bons pour la poubelle.
Celles-ci me plaisent beaucoup, posées comme ça sur un tissu bleu, un tissu ensoleillé.
Elles sont grossières et costaudes, ce sont des bottines de paysan mais pas si usées, avec les clous qu'on voit très bien sur l'envers de la bottine droite, des clous pour s'accrocher au sol boueux, à la terre, pour s'accrocher à la Vie.
Elles sont délacées et attendent de pouvoir accueillir les pieds... elles se reposent... ce sont des bottines patientes, des chaussures contemplatives mais pourtant bavardes pour qui sait regarder une peinture vieille de cent cinquante ans

C'est bon de se reposer après une marche rude: on délace ses chaussures, on les pose sur le sol, la tête encore pleine des paysages que l'on a admirés
Et on soupire... OUF...quel bien ça fait de libérer ses pieds de ces carcans de cuir

Je pense à tous les pèlerins de Compostelle... ils savent pourtant bien que le lendemain, ils reprendront la route



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