mardi 9 septembre 2014

Le bon choix

Dans quelques jours, mon blog aura dix ans.
Cette nuit il m'est apparu clairement ce que je pressens depuis tout un temps: le moment est venu pour moi de tourner la page des Petites Paroles
J'ai fait le tour de ce que je pouvais dire ici, tout ce dont je me donnais le droit, j'en ai parlé...

Je pourrais reprendre d'anciens billets, les lecteurs ont changé depuis le début de cette aventure,ce que j'écrivais il y a quelques années, est souvent encore valable aujourd'hui
Mais écrire, c'est se renouveler, et là, je suis essoufflée, continuer à tout prix n'a pas de sens, me mangerait des énergies dont j'ai bien besoin pour d'autres tâches


Fermer ce blog n'est pourtant pas facile pour moi, j'y ai vécu tant de choses, rencontré tant de belles personnes. Cela me fait mal de terminer cette aventure
Mais je crois que, pour moi avant tout, il le faut! Pour entamer autre chose, il faut pouvoir clôturer, et ne plus regarder en arrière. Compte tenu de ma santé devenue déficiente, il me faut garder mes forces pour ce que je veux encore entreprendre.

J'écrirai ailleurs, autrement. Tout simplement parce que l'écriture fait partie de moi. 

Je reviendrai ici pour annoncer une ou des nouvelles qui pourraient vous intéresser, par ex si un nouveau livre devait voir le jour

Je vous remercie, les proches et les moins proches, les lecteurs récents et les vieux de la vieille,  de m'avoir accompagnée un bout de chemin ici. Ce fut, pour moi en tout cas, une belle aventure, riche et variée. Je la clôture avec un très gros pincement au coeur, mais la certitude que c'est le bon choix pour moi.


Edit
pour ceux qui veulent éventuellement me suivre, j'ai ouvert il y a six mois un blog Coumarine2
j'y partage mes ressentis dans la maladie de Horton que je vis depuis trois ans
Evidemment ce n'est pas un blog petits zoizo et fleurs de champs... 
Mais bon, c'est ce que je vis pour le moment dans une traversée spéciale et difficile
Vous y êtes les bienvenus

jeudi 21 août 2014

d'un côté... et de l'autre...

d'un côté il y a les plages bleues, les ciels blonds (non pardon c'est le contraire...)
il y a les photos de vacanciers heureux (du moins ceux qui n'ont pas vomi partout comme dans cet hôtel 5 étoiles...)
il y a les photos de cartes postales qui disent le bonheur de l'été

je n'ai pas de photos à vous montrer, vu que je n'en prends plus des photos, vu que je louche rhoooooooo
je ne suis pas partie en vacances, je n'ai pas tâté de la grande bleue, de la verte profonde

(si je pars quelques jours, ce sera en dehors du bruit et de la nervosité des autoroutes surchargées)

d'un autre côté il y a les hommes en noir armés de couteaux s'apprêtant à couper les gorges
il y a les gens enterrés vivants, les maisons démolies, les explosions terrifiantes, les morts par centaines
non non, pas sur les plages bleues, les mers blondes... rassurez-vous
un peu plus loin (mais pas si loin...) dans ces pays qui n'en finissent pas de se tirer dessus

Ceci n'est pas une photo de vacances ordinaire
comme quoi, même dans les ruines... on peut garder le sourire
ce bonheur de partir dans d'autres histoires
petite fille lumineuse donne moi ton secret

 La photo est de Mohamed Zarandah , photographe amateur qui vit à Gaza



dimanche 17 août 2014

Qui veut des moules?

Hier soir dans un restaurant-brasserie du centre de Bruxelles
on y mange des énoooormes casseroles de moules
de vraies marmites remplies à ras-bord et débordantes de fumées et d'odeurs, éveillant nos papilles.
on voit les gens se pencher et humer... mmmmmmmmmm

autour de la table quelques personnes pour la plupart venues de loin (Tours, Béziers, Paris)
Je les connais?
Non pas vraiment...
Je les ai connues (par leur pseudo) au travers d'un forum (le plus souvent sympa mais pas toujours... vous savez comment est ce genre de forums qui rassemblent des gens arrivés là par hasard)
Mon pseudo sur ce forum était Samille.

Un petit groupe d'entre eux, autour d'une bruxelloise organisatrice dans l'âme, s'était réuni à Bruxelles il y a 10 ans pour une rencontre haute en couleurs et en découvertes.
Cette année, rebelote donc
Je vous l'apprends peut-être, mais Bruxelles, quand on prend la peine de la connaître un peu, de la pénétrer dans ses endroits secrets (hum hum) est une ville qui recèle bien des surprises, bien des trésors., parfois inattendus!
Quant aux bruxellois, multi et pluri culturels (pour ne pas dire qu'ils viennent de partout) ils sont, en règle générale, rieurs et bon enfant, aimant faire la fête.

Hier soir l'H et moi avons rejoint ce petit monde dans cette brasserie.
Pour se revoir, tenter de se reconnaître, (en dix ans, on vieillit , on change, on va dire qu'on bonifie pas vrai?) et... puis bien sûr pour manger ces fameuses moules

C'était cher mais pas trop
c'était copieux mais pas trop
c'était savoureux
et surtout la rencontre fut cordiale!

oh! bien sûr dans une brasserie du centre,  recherchée pour ses poissons, ses moules et autres crustacés, il y a du monde, la salle était remplie
Donc se parler et arriver à se comprendre devenait une entreprise un peu hasardeuse: il fallait hausser la voix (ouf je suis rauque ce matin...)

Donc on s'est séparés, enchantés, en se disant
"à dans dix ans!, mais oui mais oui!)
oups dans dix ans... nos arthroses et autres bobos auront fait bien du chemin...





Durant ces quatre jours, un merveilleux tapis de fleurs sur la célèbre grand-place a fait l’admiration des touristes
Des milliers et des milliers de bégonias ont été placés jeudi soir dernier selon un dessin rigoureux. Tout cela sous la pluie et en quatre heures...


jeudi 14 août 2014

une bouteille à la mer

vous le constatez, j'écris ici de moins en moins
d'ailleurs je n'écris plus nulle part, ni ici, ni des petits trucs sur FB, à peine quelques rares commentaires sur les blogs

dix fois déjà j'ai pensé arrêter l'aventure du blog, il y aura bientôt 10 ans, on va dire que j'ai donné!
mais bon, je ne me résigne pas à terminer cette aventure vécue avec tant d’enthousiasme pendant toutes ces années

Je suis nostalgique, de tous qui sont partis: ils ont accompagné ma route, je me sens seule sans eux

mais la raison principale c'est que le moral n'y est pas. ouvrir ce blog, pour  essayer d'écrire quelque chose qui ME plaira, qui me prouvera que je suis pas (encore) tout à fait conne, j'y arrive pas...
rien ne vient alors que l'instant précédent, je savais sur quoi je voulais écrire... et puis trop fatigant, j'abandonne

Tous les symptômes d'une (petite) dépression
Suis allée chez le médecin il y a dix jours, il me prescrit un antidépresseur
On l'aurait parié!

Seulement je ne me suis pas encore résolue à aller chercher le médicament.
Malaise à l'idée d'ajouter ENCORE un truc chimique à tous les médicaments que je prends fidèlement depuis trois ans. Je plains mon corps de devoir affronter tout ça. Je vois le côté négatif des choses. Une personne positive dirait que c'est GRACE AUX médicaments que je ne suis pas devenue aveugle
Mais je sais moi dans quel état ils me mettent aussi; le prix à payer est énorme. (malaises divers)

Et puis je suis atteinte dans ma fierté: j'aurais aimé pouvoir surmonter cet épisode difficile de ma vie sans sombrer dans la déprime. J'aurais aimé me battre et gagner la bataille. J'aurais aimé me lever chaque matin avec un peu plus d'espoir que la veille... Certains jours cela va mieux en effet, je respire, je me dis que le pire est derrière moi. Mais cela ne dure pas, et un peu la mort dans l'âme je vais me résoudre à prendre ce foutu antidépresseur. Rien que d'écrire le mot, j'ai les larmes

Bon, on verra. Je garde le bloc ouvert. On verra

Je publie ce billet écrit en hâte, avant de l'effacer. C'est comme une bouteille à la mer. Moi (et ma force intérieure comme disent les gens!) j'abdique!


mercredi 6 août 2014

Celle qui se sentait transparente...

J'ai très peu de souvenirs de mon enfance
A peine si je "revois" les lieux où j'ai vécu
Juste des souvenirs de ressentis, des ressentis plutôt lourds
avec l'attente d'être enfin adulte afin de pouvoir quitter mon entourage familial qui ne me donnait que peu de chances de m'épanouir

J'ai commencé à vivre, à respirer, à me sentir libre quand j'ai quitté la maison

Dès lors j'ai voulu effacer complètement de ma mémoire le temps de ma petite enfance que je distinguais à peine, disparue dans un brouillard gris.
Avec parfois un sentiment d'envie quand autour de moi, j'entendais raconter avec des sourires émus ou des éclats de rire, des anecdotes d'enfance

Plus tard, bien plus tard, j'ai voulu cesser de tout colmater et j'ai, par la voie de l'écriture, tenté de me reconnecter, de retourner dans ce terrain brumeux de mon enfance. Mes mots ont tenté d'explorer les rares souvenirs qui me restaient.  Il me semblait que sans enfance, je ne pouvais pas être une adulte, une femme complète.
Je m'y suis attelée avec persévérance.
Jour après jour, pendant un an, j'ai exploré les maigres souvenirs de ces premières années de ma vie
J'ai parfois serré les dents, eu des colères et des chagrins silencieux... ri sous cape aussi des bons tours que je me souvenais avoir fait à mon entourage

Le livre se nomme "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" titre trouvé par mon fils et qui me semblait bien résumer l'état dans lequel cette petite fille s'est trouvée. Ni à l'endroit ni à l'envers, une enfant qu'il me fallait  rendre à sa liberté d'être!

Petite maison d'édition belge, diffusion minimale
J'en suis en partie responsable, je n'ai pas rempli ma part, apeurée soudain par la vulnérabilité dans laquelle mes mots m'avaient placée.
Et en effet j'ai été critiquée par mes frères qui ne reconnaissaient pas "leur" enfance!
Forcément puisque c'était la mienne... et racontée sous forme littéraire en plus!

Les gens en général, ainsi que les blogueurs ont aimé mon livre
Ils ne cherchaient pas tant à connaître MA vérité d'enfant que de reconnaître dans mes mots un bout de LA LEUR. Et ils ont été touchés. Et ils me l'ont dit, écrit. Et ils m'ont remerciée.

Ce matin encore un mail dont je ne résiste pas à vous donner un extrait:

Bonjour Nicole,

j'avais emmené dans ma valise " L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" , livre que j'avais acheté lors d'un atelier. Cette lecture m'a bouleversé . Elle a fait remonter en moi des souvenirs enfuis depuis bien longtemps. A la dernière ligne, j'avais une grosse boule dans la gorge et j'ai pleuré... Je voulais, chère Nicole, te remercier pour ce moment d'émotion. On n'est pas qui on est par hasard et sous l'arbre, il y a toutes les racines...

Il parait, oui, que ce livre est émouvant. Mais je n'ai pas cherché à émouvoir. Je n'ai pas pensé d'abord aux lecteurs. J'e me suis simplement efforcée de retracer le chemin de cette enfant qui se sentait transparente



dimanche 13 juillet 2014

punition

J'avais je crois environ 10 ans.
Sur les ondes de la radio, (oui! il n'y avait pas encore la télé à la maison!) j'écoutais avec passion une émission enfantine. J'ai oublié aujourd'hui de quoi elle était faite, mais je sais que je ne l'aurais ratée pour rien au monde.

En ce temps-là le poste de radio trônait dans la salle à manger. (Pas de petite radio personnelle, de tablette ou de PC portable, je suis d'un autre temps.) Pas d'intimité donc pour écouter cette émission que j'adorais, dont j'attendais avec impatience la suite du feuilleton, de semaine en semaine. Je m'accrochais au poste et plus rien n'avait d'importance!

Un jour, pour je ne sais quelle bêtise d'enfant, je fus punie.
Et ma mère avait trouvé LA punition qu'elle savait m’atteindre au maximum : INTERDIT d'écouter la radio!

Je connaissais déjà sa décision depuis deux ou trois jours et je n'en dormais plus, je cherchais par tous les moyens à fléchir son courroux, à la faire changer d'avis. Peine perdue! Je me cognais contre un mur de béton. Aveugle, sourd.
Le jour dit, j'ai erré comme une âme en peine devant le poste de radio, suivant ma mère partout où elle allait, la suppliant en larmes de me permettre d'écouter mon émission favorite, de me donner une autre punition,  mais elle est restée inflexible!

Elle était capable de cette cruauté: choisir la punition la plus douloureuse pour moi et s'y tenir!
Elle savait combien j'étais accro à l'émission, elle n'a pas cédé!

Je réfléchissais à ce petit événement ces jours-ci en m'interrogeant sur l'impact qu'il avait eu pour moi. 
Je pense que c'est à partir de cet épisode qui semble tellement anodin, mais qui m'a ébranlée très profondément, que j'ai commencé une rébellion silencieuse. J'ai appris à me taire, à ne plus manifester mes enthousiasmes, à rentrer en moi-même, à juger silencieusement.

 Surtout ne plus montrer à cette mère que je jugeais cruelle, combien je tenais à certaines choses... parce que c'était-là forcément que j'allais être atteinte.

Sans doute croyait-elle bien faire, je ne sais... elle a dû bien voir dans quel état je m'étais mise!

En tout cas je n'ai jamais agi de cette façon avec mes enfants. J'ai toujours préféré le dialogue. Je n'ai pas fonctionné à la punition. Ou alors, choisie en connaissance de cause, en accord avec eux..


EDIT
Ma mère était une femme très dépressive
On ne savait pas trop sur quel pied danser
Parfois dans l'indifférence la plus totale
Parfois dans des attitudes rigides, incomprhensibles qui ne nous rendaient pas la vie facile

jeudi 10 juillet 2014

moments d'éternité

Tant de fois déjà, elle a éprouvé tout au fond de son âme, le passage d'une étincelle fulgurante, qui la laissait  sans force, tremblante, le coeur battant comme à l'approche d'un extraordinaire qu'elle pressent si présent en elle ...
Comme si tous les morceaux de son être s'étaient en un moment rassemblés dans une harmonie sans nom
Profonde. 
comme un orgasme puissant.
Dans ces moments elle se sent habitée par une puissance de vie inimaginable, une étincelle divine
Comme si elle était habitée par plus qu'elle-même, tout en se sentant en même temps dans sa plénitude d'être

Comment se fait-il que cette gouttelette d'énergie cosmique ne se manifeste que trop rarement, et qu'elle doit  affronter la plupart du temps la monotonie automatique des petits faits et gestes d'une vie sans relief, ou alors si peu?  
Elle se demande depuis trois ans, maintenant que sa vie s'est coincée dans un quotidien devenu étriqué bien malgré elle, si elle pouvait provoquer de tels moments de grâce, de plénitude
Est-ce que ces moments ne sont pas par définition impermanents, s'écoulant comme une eau limpide entre des doigts qui songeraient en vain à la retenir?

Telle est sa quête en ce moment.

Mais elle croit de plus en plus que quand elle ressent son coeur sur le point de se gonfler de cet intense désir de vivre, il lui importe de se laisser faire, de se laisser rassembler par ce feu bienfaisant, d'interroger son plus intime afin de savoir si elle est en adéquation avec sa vie, avec ce qu'elle est
et de reconnaître que c'est ça le bonheur


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