mercredi 19 septembre 2018

se soigner dans le calme VS être soignée dans l'urgence

réfléchir à la meilleure manière de gérer sa santé, est relativement facile au quotidien: on s'informe, on se fait une opinion et on agit en conséquence
par contre, comme c'est mon cas, quand on est SOUDAIN frappé par un truc auquel on se s'attendait pas, qu'on est hospitalisé en urgence, que des dégâts irréversibles surgissent, que les médecins EN URGENCE installent une thérapie médicamenteuse avec laquelle on n'est pas forcément d'accord dans l'absolu, tant qu'on est assis derrière l' écran...on ne peut faire autrement que d'accepter un lourd traitement. On est tellement malade et on a tellement peur des conséquences de la maladie (dans mon cas, la cécité des deux yeux) que on se laisse faire: d'ailleurs on n'a pas eu le temps d'y réfléchir: les médecins sont les sauveurs à ce moment! (du moins on l'espère!)

La réflexion vient APRES: mon médecin référent (en qui j'ai toute confiance et qui me laisse le choix entre deux ou trois options de médications) souhaite me voir décider en adulte responsable
Mais par ailleurs je suis tellement imbibée des doses énormes de cortisone qu'on m'a perfusées tout au début de la maladie, qu'il m'est difficile et pénible de m'en défaire tout à fait. J'ai essayé plusieurs fois mais je suis rattrapée par les malaises, auxquels se sont ajoutés les malaises cardiaques 

Et bien sûr aucun moyen de me soigner via une médication moins agressive, ou carrément différente  (homéopathie!)

Ces réflexions me sont venues suite au billet de Célestine sur l'homéopathie justement!
Autant de commentaires, autant d'avis différents et contradictoires
Je pense qu'il faut juste rester responsable de sa santé... c'est ce que j'essaie de faire.
A chacun sa ou ses façons de faire!!


vendredi 7 septembre 2018

Ca sentait le propre renfermé

Dans la maison de mon enfance, le salon était la "belle pièce", exclusivement réservée pour recevoir. Comme cela arrivait deux fois par an, ce salon était pièce interdite pour nous les enfants. Elle devait rester propre et impeccablement rangée. Pas de doigts collants d'enfants sur les meubles. Cette pièce n'était jamais aérée.
C'était donc un endroit feutré où dormaient les objets les plus précieux, les plus hétéroclites, les tableaux sévères de quelques ancêtres dont j'ignorais tout. Mon jeune frère et moi, on s'y aventurait parfois, le coeur en émoi, impressionnés par le silence et l’immobilité de l'endroit, l'odeur de la cire se mêlant à celle de la poussière: on regardait timidement, car il nous semblait que même nos regards supposaient une incursion défendue. Mais l'espace d'un moment, le salon semblait s'animer par nos visites d'enfants qui bravaient l'interdit maternel. Puis rapidement, nous refermions la porte: ce lieu était trop étrange, trop différent des autres pièces de la maison, où l'on pouvait, au moins un minimum, bousculer ou déplacer les objets...
Où l'on avait le droit de respirer et de bouger, de vivre tout simplement!


vendredi 31 août 2018

Deux enfants sur le bord d’une route


Deux enfants sur le bord d’une route. Il n’y a personne sur cette route, juste des poteaux électriques à l’ancienne. Ce doit être une route de campagne : on ne voit que des arbres, aucune maison à l’horizon. Il fait beau, les arbres projettent leur ombre sur la route. Il fait chaud, les deux enfants sont habillés légèrement.
Je suis là immobile aux côtés de mon petit frère. Je baisse la tête vers le petit chien que je tiens en laisse. Je ne regarde pas le ou la photographe. Mon frère non plus d’ailleurs. Est-ce que je souris ? Je ne sais pas, la moue que je fais pourrait passer pour un sourire. Ou alors je plisse les yeux à cause du soleil. Ou peut-être que je fais une grimace avant de pleurer. Non je ne pense pas que je suis sur le point de pleurer, l’attitude de mon corps est trop calme pour ça.
 Le visage de mon frère au contraire est parfaitement lisse, sans plissage des yeux, sans grimace ou sourire.
Je suis là, debout aux côtés de mon frère, parfaitement figée, je me suis immobilisée pour obéir sans doute à celui ou celle qui prend la photo. Ni moi, ni mon petit frère n’avons été saisis dans un mouvement quelconque. Instant suspendu, le temps s’est arrêté. Est-ce que j’attends la permission de pouvoir retourner jouer, bouger, courir ? Ou cela me semble-t-il normal d’être immobilisée comme ça ? Même le chien que je tiens est statique comme s’il était un jouet en bois que l’on tire après soi.

Elle est belle et semble forte cette petite fille, elle semble bien moins fragile que son frère.
Elle a les deux pieds sur terre, elle est plantée avec détermination sur la route de sa vie. A cinq ans, elle a tout en elle pour vivre une vie ouverte, épanouie…Et ça me fend le cœur, car ma vie de fillette, puis de jeune fille ne fut ni ouverte ni épanouie. Les choses ont si vite tourné "à l'envers".


Alors j’ai envie de la prendre dans mes bras, de la serrer fort, de l’empoigner pour l’emmener loin, ailleurs… et si elle proteste je lui dirai que son enfance sera solitaire, où elle n’existera ni pour elle, ni pour personne, peut-être juste pour ce petit garçon qui se tient à côté d’elle, son presque jumeau. Mais des deux, c’est elle qui sera la forte, qui le soutiendra, d’ailleurs c’est simple, cela se voit, elle est grande déjà, elle a du courage, elle saura déjouer le piège de cette enfance  au vinaigre.

lundi 27 août 2018

Paris, fin de l'été...

Nous sommes allés à Paris ce WE, accompagnés de notre fils aîné! Objectif: applaudir la sœur de mon mari dans un texte de Colette, dans un petit théâtre sympa comme tout!
C'était vraiment bien et cela m'a donné envie de relire quelques Colette, c'est dire!

Ce que j'aime à Paris, c'est son ambiance si particulière: il faisait beau et plutôt chaud, les gens étaient dehors, aux terrasses de café, refaisant sans doute le monde. Il y avait des "vanille", des "café au lait" et des "chocolat" et même des "noirs de noirs". Il n'y a pas à dire Paris est une ville colorée, comme Bruxelles d'ailleurs, sans compter les touristes qui trouvent bien évidemment que Paris est la plus belle ville du monde!
Notre temps était compté, pas beaucoup le temps de faire des visites, je voulais juste "respirer" la ville
Nous nous sommes essentiellement promenés sur les quais, longeant les bouquinistes, dont certains, hélas, gardaient le volet clos. Dommage, car les rares qui proposent encore des livres, sont supplantés pour la plupart, par des vendeurs de babioles.
Nous nous sommes frayés un chemin parmi la foule des touristes qui voulaient visiter Notre Dame. Nous y sommes entrés relativement facilement, assurant avec conviction que nous voulions assister à la messe, ce fut notre passe droit. Comme quoi il y a toujours moyen de se débrouiller sans faire la longue file!

Puis vers 15h, laissant mon mari et notre fils seuls, j'ai rejoint Le Goût et Heure Bleue pour un moment de papotage à bâtons rompus. Comme ils disent souvent: c'était bien! et j'ajoute, plus que bien!
On s'est rappelé des souvenirs d'il y a dix ans au moins quand je suis venue à un salon de blogueurs. Ils étaient là, ainsi que Mab dont Le Gout a souvent parlé... ainsi que d'autres blogueurs dont j'ai oublié le nom
Nostalgie...


vendredi 24 août 2018

où est ma "maison"

Où demeures-tu? lui demandent ceux qui le suivent et sont frappés par ses mots et ses actes
Lui ne répond pas vraiment à cette question, il ne donne aucune adresse, aucun lieu repérable. Il n'a pas d'endroit où reposer sa tête!
Car il va de ville en ville, de village en village s'arrêtant chez les uns chez les autres, puis reprenant sa route.
Sa maison est partout et nulle part. Elle est là où il rencontre des hommes et des femmes qui ont soif de l'entendre, d'être nourris de sa parole
Venez et vous verrez, dit-il et ces paroles sont un peu mystérieuses, elles invitent à partir sur la route, à sortir de ses tranquillités, à réfléchir au chemin que l'on prend, au lieu de courir en tous sens, nerveusement et en alerte incessante. Vite... vite...

Et moi,où est-ce que je demeure? Où est ma maison? Ma vraie maison?

Oh bien sûr je peux en donner l'adresse, avec un GPS on y arrivera facilement!
Mais au fond... c'est quoi ma véritable maison?
Je ne parle pas simplement de l'endroit où je vis, mange, dors, travaille... mais de celui où je puise ou reconstitue mes forces vives, où je donne et je reçois ce qui me fait vivre...
Ce n'est pas, je crois, l'écran de mon PC derrière lequel je passe tant de temps, parfois au détriment des vraies rencontres
Ce n'est pas non plus le terreau de mes soucis, qui me mangent bien trop mon énergie et mon temps...
Où est ma "maison"? Ma vraie maison?  Le profond de mon coeur, l'intense de mon être?
Est-elle habitée? Chaque coin est-il vivant? Ou est-elle abandonnée? délabrée? en piteux état?
Ma maison est-elle une cachette pour vivre tranquille? Ou l'endroit de tous mes possibles?
Et pour la rénover, par quoi vais-je commencer?

Beaucoup de questions auxquelles je m'attelle à répondre...

mercredi 22 août 2018

Rien à faire...
Moins j'écris
moins les mots me viennent facilement
et moins j'ai envie d'écrire

et donc moins j'ai envie d'alimenter ce blog

Je dépose pourtant des petits trucs sans importance sur FB
Ils reçoivent bien plus de réactions qu'ici

et vous savez quoi?
j'ai en ce moment besoin de me sentir exister
Tant d'années dans la pénombre de ma clinique préférée m'ont fait douter de moi...et même (et c'est grave) de la Vie tout simplement

Dans quelques jours peut-être
je retrouverai l'élan premier
l'élan du soleil qui se lève chaque matin
même quand il hésite derrière les nuages
l'élan de la pluie qui tape sur les carreaux
Mais il me faut d'abord
affronter quelques problèmes
solutionner quelques tracas
Alors je pourrai m’abreuver au soleil
et même à la pluie
les deux faces d'une même
et parfois dure réalité



lundi 13 août 2018

Rester vivante

"J'étais prête au combat
et je n'avais pas encore compris
que mon plus grand combat
consisterait à admettre
que le combat est déjà fini
Et qu'il n'est d'art martial
que celui de savoir
(se) relever"
Marion Muller-Colard (in Le plein silence)
Anniversaire difficile pour moi: cela fait 7 ans jour pour jour qu'une artérite temporale (maladie de Horton) avec atteinte oculaire (perte définitive de vision de l'oeil gauche) a changé ma vie, et pas qu'un peu!
La maladie de Horton ne se guérit pas, donc pas de combat possible! Elle se maîtrise à coup de médicaments...
Objectif: garder l'oeil droit, le précieux
mais les médicaments ont des effets secondaires énormes.. Tous les jours, j'apprends donc à me relever, à rester vivante...

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