vendredi 16 mars 2012

Y a qu'un cheveu sur la tête à Matthieu!

Bon, j'ai bien dû me rendre à l'évidence, je perds mes cheveux!
Je les ai vus s'accumuler, (ah! les déserteurs!), sur ma brosse à cheveux, là où ils n'ont vraiment rien à faire...
Zut, me dis-je, je vais me retrouver é-chevelée (ben oui, on dit bien e-dentée quand on n'a plus de dents)
Je vais être une Saint Matthieu au féminin, (celui qui n'a plus qu'un cheveu sur sa tête, comme dit la chanson!)

Encore un effet secondaire des médicaments... (merci vous! je vous adore...)

Bon! on fait quoi quand on est une femme ((tout le monde sait que les femmes vivent une histoire d'amour (ou de haine) avec leurs cheveux....)

Je les avais laissés pousser un peu, pariant sur le fait que plus de longueur me permettrait de tricher un peu
Raté, je n'étais qu'échevelée, chaque jour de plus en plus mal coiffée, pas bon pour le moral!

Il y a quelques jours, je demande son avis OBJECTIF à une amie (les amies sont des gens sur lesquels on peut compter pour vous dire la vérité vraie, quand on la demande... oui oui MES amies en tous cas sont comme ça, pour cette raison que je n'en ai pas beaucoup, c'est une denrée rare)

Elle ne fait que confirmer.... échevelée... cheveux trop longs... pas très beaux!

On tombe d'accord sur le fait que la couleur (que je fais... enfin pas moi, mais ma coiffeuse depuis que mes cheveux grisonnent) n'est pas pour arranger les choses... produits chimiques et tout et tout!

Couleur pour cacher les cheveux gris + médicaments = tristes cheveux.... snif 

Décision prise illico presto: il faut couper, et couper court, et revenir au naturel...

Aussitôt décidé, aussitôt fait!
Je vais chez ma coiffeuse cet après-midi
Elle coupe, coupe, coupe (elle a bien résisté un peu, mais je lui ai mis le couteau sur la gorge, c'est MOI qui décide!)

Alors voilà, j'ai une belle tite tête, où se devinent des ressacs gris aux confins des racines... 

On fait comment pour accepter de vieillir? Moi qui ai toujours paru plus jeune que mon âge...

Je réfléchis à cette question...si si
Pas si évident que ça... non non

Me demande souvent si mon corps va récupérer de ses failles, blessures et cassures causées par les médocs

Tiens j'écrirai sur le vieillir dans un prochain billet...

samedi 10 mars 2012

Ouvert ou fermé

Ce matin... j'ai fait une petite expérience inattendue, intéressante, à approfondir
Je ferme les yeux un moment, pour reposer l'oeil encore valide (tout juste!) = le droit!
Et j'ouvre grand l'oeil gauche qui ne s'ouvre plus que sur le sombre, le noir

J'ai un sursaut: je perçois vaguement la lumière, coup de poignard d'espoir!
Aussitôt je cache complètement l'oeil droit avec une main... hélas, voilàl'explication; la lumière traverse la paupière fermée de cet oeil. Complètement colmatée,  plus rien ne passe. L'oeil gauche est bien aveugle

Je reste un moment comme ça , car je pressens tout à coup que quelque chose est en train de se passer...
Donc je cache l'oeil droit pour neutraliser son influence, et j'ouvre grand sur le noir, mon oeil atteint par la cécité (oui, n'ayons pas peur de mots!)
Et.... j'observe ce qui se passe...

J'observe...je me laisse ressentir...
Il se passe que  l'oeil grand ouvert sur le noir, se met à "voir" à l'intérieur de moi!
Timidement... mais oui, il "voit", il voit "clairement" les sensations de l'intérieur
Oh! c'est bien différent que de regarder avec l'oeil voyant!
D'ailleurs je fais aussitôt l'expérience contraire: je ferme l'oeil atteint, j'ouvre grand l'oeil qui voit encore
Et là, d'un seul coup je suis projetée vers l'extérieur
Je suis omme  "séparée" de moi, de mon corps, mais aussi d'une certaine manière, de mes profondeurs

Voilà! expérience faite tout à fait par hasard, mais je suis sûre que j'ai à l'approfondir, que j’ai là des choses à découvrir

Ah oui! encore quelque chose; quand je ferme les yeux par exemple dans une attitude consciente de méditation, (pas pour m'endormir!) c'est différent que quand je garde ouvert, grand ouvert mon oeil "noir"
La connexion vers l'extérieur ne se fait pas, bien sûr, mais cet oeil grand ouvert est actif et me mène vers...

En fait je ne sais pas encore très bien où, sinon que "ça" se trouve à l’intérieur de moi ... mais je vais le découvrir

(quand je vous dis que je deviens bizarre...;-))



mercredi 7 mars 2012

L'arbre et le coquelicot

J'ai cru que je l'étais... invincible
capable de me sortir des situations, des malaises, des détresses, toute seule
ou quasi!
(des médicaments..? le moins possible, je m'en passerai!
un thérapeute pour mieux "m'habiter"quand j'étais à côté de mes pompes? mais voyons, pas besoin, j'écris, je suis hyper consciente de ce que je vis...l'écriture est ma thérapie

Ça s'est passé comme ça tant de fois, tout au long de ma vie,  j'ai tant de fois fait appel à mes ressources intérieures, en cas de coup dur
Elles sont grandes en effet, ok!
Je le sais, les autres me l'ont dit. On m'a même enviée!
Une fois, deux fois, dix fois, (souvent ici même sur ce blog), que j'ai fini par le croire
C'est vrai!
J'ai la solidité des arbres costauds, vigoureux, qui vont vers le haut, vers la lumière
J'aime les arbres costauds, ils me parlent!
Mais voilà! J'ai aussi la fragilité du coquelicot, à la robe lumineuse et tendre
 si tendre qu’elle se déchire comme rien, pour un rien…
J'aime les coquelicots lumineux et fragiles, peut-être justement parce qu'ils sont fragiles!

Alors j'ai tant de fois serré les dents pour contrôler ma détresse, ça dorlotait mon ego!
Et j'aime dorloter mon ego... oui oui!

Accepter de ne pas contrôler tout
Devenir un vrai sujet, un vrai JE, pas un ego
Un sujet reconnu dans son courage d'ETRE, 
Un sujet courageux, digne d'être aimé, et pourtant fragile
qui sans se croire humilié pour autant, peut faire appel à l'autre
peut accepter son aide
et lui dire merci


dimanche 4 mars 2012

Journaliste et poète en herbe...

Hier, j'ai passé une journée riche en rencontres de toutes sortes

- à la Foire du livre, j'ai été interviewée (oui, oui!) par ma petite fille Alicia et son amie (12 ans), toutes deux journalistes en herbe. Elles voulaient savoir ce que je pensais du livre numérique, si je souhaitais être publiée en e-Book, si je pensais que l'e-Book supplanterait un jour complètement le livre papier. Nous sommes toutes les trois tombées d’accord sur le fait que rien ne remplacerait jamais le plaisir de feuilleter un livre papier que l'on peut ranger dans une bibliothèque, prêter à un ami, reprendre, feuilleter. Il faut dire que Alicia et son amie sont des lectrices acharnées... Alicia dévore au moins deux livres pas semaine

- A la Foire, j'ai pu revoir des amis écrivains et autres, pas revus depuis longtemps... on a pu partager, échanger les nouvelles... quel bonheur!

- Le soir invités à manger chez une de nos filles: ma journée avait été un peu fatigante, quel bonheur de pouvoir m'attabler simplement, et papoter dans une atmosphère familiale

- Léa, ma petite fille, après le repas, gagne le salon où brûle un feu reconstituant: la voilà qui se met à rêver devant le feu. Je la vois prendre un cahier et un bic: elle écrit.... je n'y accorde pas plus d'attention que cela, jusqu'au moment où elle vient me montrer ce qu'elle a écrit...
Elle a 11 ans...
J'ai été émue par la profondeur de ses mots et par le style particulier misant sur leur répétition

Ce matin je trouve ceci dans mon courriel
(je n'ai rien retouché...)


Bonjour mamie,
au moment ou je t'écris, tu viens de partir.
Tu es encore dans la rue, je te vois du balcon.
Voici mon poème:

Lumière sur terre.
Le feu grésille
Ce n'est plus que rouge
La lumière s'éteint peu à peu
Notre âme,
Notre vie s'éteint aussi  
Lumière devient ombre
Il faut s'occuper du feu
Comme notre planète
Comme notre vie
Pour quelle reste allumée
Il s'éteint,
Elle s'éteint
Puis se rallume
Tout seul,
Toute seule
Jaillissant de tout par
Luttant contre la mort
La lumière se rallume
De plus en plus grande
De plus en plus  forte
Le rouge devient orange,
Puis bleu, puis jaune
La couleur revient,
Notre VIE revient
Elle s'intensifie

 Léa.


vendredi 2 mars 2012

Sept mois après...

Envie de vous donner quelques nouvelles, de vous dire où j'en suis

Je remonte la pente à tout petits pas très très lents, avec des retours en arrière fréquents (et décourageants)

Il y a mes yeux tout d'abord
Le gauche s'est perdu définitivement dans les méandres d'une inflammation rapide et inexorable. Cela s'est passé en aout 2011
Pour sauver le droit et pallier d'autres éventuels problèmes, je suis soumise à un traitement lourd et difficile qui m'épuise, abime mon corps et mon moral
Mon état général pâtit énormément du traitement médicamenteux: cela fait bientôt 7mois que je suis hors circuit pour mes activités (les ateliers d'écriture que je suis incapable d'animer pour le moment, les rencontres littéraires et autres idem)  pour ma vie sociale (recevoir des amis,  les petits enfants que je ne peux garder toute seule comme une grande pour dépanner de temps et temps mes enfants)

Devoir renoncer à l'essentiel de ce qui faisait ma vie n'est pas facile
Un exemple: en ce moment même se tient la Foire du livre à Bruxelles: d'habitude chaque année, je m'y rends avec plaisir, à la fois pour rencontrer mes amis, mais aussi pour continuer à faire partie du paysage littéraire, participer à des forums en tant qu'invitée ou simple participante
Cette année, j'irai demain samedi (si tout va bien, ça se décidera demain matin selon comment je me sens!)) assurer une heure de dédicaces et c'est tout! Physiquement je ne suis pas capable d'affronter longtemps le bruit, la foule, la fatigue d'une présence et d'une écoute attentives

En ce qui concerne les blogs, le mien et les vôtres, cela reste difficile aussi. Je pense que je dois attendre d'avoir plus de résistance pour me plonger dans vos blogs dont pour l'instant je me tiens éloignée
Me concentrer sur vos mots, laisser une trace de mon passage, me demande un effort que je ne suis pas encore capable de faire

L'oeil droit, rescapé du tsunami, s'il tient le coup, s'ennuage chaque jour davantage, je vis dans le flou permanent. Heureusement cette situation est réversible: une opération pourra s'envisager sans doute durant l'été, quand les doses de médicaments auront baissé lentement
Je peux donc me projeter dans un prochain qui n'est plus si lointain, je vous assure que c'est bon pour le moral. Faut juste cultiver la sacro sainte patience!

Par ailleurs, je continue à écrire cette drôle d'histoire, qui je l'espère me fera du bien d'avoir été déposée en dehors de moi, et aidera, qui sait? ceux et celles qui ont à vivre ce genre de choc inattendu, mais qui par après s' étend sur du long terme

Je vous remercie tous et toutes de votre présence... elle m'est précieuse

mardi 28 février 2012

Le grand taire

Extrait de "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers", Ed traces de vie, 2008


Elle a trois ans et collectionne les crises d’asthme, comme d’autres collectionnent des peluches ou des poupées. Ou plus tard, des bons points à l’école.

On décide de l’envoyer à la campagne chez de vagues connaissances. Il lui faut ab-so-lu-ment le grand air : c’est ce qu’a décrété le médecin de famille du haut de ses lunettes sévères. Oui, à ce moment-là, on ne se posait pas toutes ces questions compliquées pour savoir pourquoi une petite fille mignonne comme ça, pouvait bien s’étouffer dans des crises d’asthme aigu. Cette enfant a de l’asthme, point ! Il lui faut le grand air, ça paraît évident, point ! (pourquoi  GRAND air ? Etait-il donc si étriqué l’air qu’elle respirait en famille ?)

Donc va pour le grand air ! [...]
Bien sûr on ne lui demande pas son avis. Les petites filles de trois ans n’ont pas à donner leur avis. On décide au-dessus de leur tête. Entre têtes de grandes personnes. De toutes façons, c’est pour son bien, n’est-ce pas ?

Un dimanche ordinaire. Une belle promenade en voiture. Le temps est au soleil et à la fête. Il y a cinq personnes dans cette voiture : à l’avant les parents, à l’arrière les trois enfants. Ça doit chahuter, rire et sans doute se disputer dans la voiture derrière, et ça doit forcément se fâcher dans la voiture devant, car la mère n’aime pas quand il y a trop de bruit. [...]

Arrivée joyeuse, bonjour, bonjour, comment ça va depuis le temps ? Très très bien et vous ? Café, petits gâteaux, bavardages divers et variés, petits enfants jouant gentiment dans le jardin, pas se salir hein les enfants ! Grosse valise montée à l’étage. Tout va très bien Madame la marquise.
Trois heures et quelques cafés plus tard, on part… en catimini. Enfin, les parents et deux enfants seulement. La petite fille reste sur le carreau, là où il y a le grand air…

La voiture [..] s’éloigne inexorablement. Les mains des deux frères s’agitent à l’arrière. Une petite fille court derrière cette foutue voiture qui ne l’attend pas, qui ne se rend pas compte qu’on l’oublie, qu’on part sans elle. Cris de la dame qui lui dit de revenir immédiatement, qu’elle va se faire écraser et qu’elle doit obéir.

Elle cesse de courir, revient piteusement. La dame lui prend la main et l’entraîne dans la maison, tu verras tu seras très bien ici. La dame est gentille. Mais elle se débat furieusement, elle ne veut pas rester dans cette jolie maison, ses pieds se débattent, donnent des coups dans le vide. Elle se dit qu’elle a dû être une très vilaine fille comme maman l’a si souvent dit : elle a été méchante, tellement méchante qu’on ne veut plus d’elle. Alors on l’a conduite ici loin de tout et elle ne reverra plus sa famille. Plus jamais.

La petite fille pleure à gros chagrin dans son lit trop grand, seule dans cette chambre inconnue où il y a plein de loups en dessous de son lit et aussi dans la grande armoire, là et derrière la porte ! Elle veut serrer contre elle son doudou… non, son doudou elle l’a oublié, ou plutôt elle ne l’a pas pris avec elle : elle ne savait pas qu’elle dormirait dans cette chambre pleine de loups en dessous de son lit. Et sa maman s’est bien gardée de le lui dire. Que voulez-vous, elle ne voulait pas d’ennuis, de crises de larmes et ce genre de choses. Surtout pas de problèmes… surtout pas… sois sage hein ma fille, pas faire de manières, c’est pour ton bien ma fille…

La petite fille est restée six mois dans cette maison. Le grand taire l’a guérie de son asthme, mais elle est revenue amnésique de beaucoup de ses souvenirs. Elle se souvient juste des loups en dessous de son lit…

dimanche 26 février 2012

Elle...

Quand il s'agit d'écrire un récit autobiographique, vaut-il mieux écrire en "elle/il"? ou en "je"?

Mon livre "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" a été écrit en utilisant les deux approches
Je mets en scène trois femmes de génération différente: la grand mère, la mère et la petite fille
La petite fille s'exprime en "Elle"

Ce personnage qui parle en Elle permet à ce Elle de devenir davantage "littéraire"
Quand on entre dans le "littéraire" on s'éloigne quelque peu du strictement réel (à savoir les choses se sont passées exactement comme ça, promis juré!) de l'historiquement correct, de la vérité pure et dure, que  personne ne peut mettre en cause

Le Elle/Il  peut se permettre de "jouer" avec la vérité. C'est en cela que le texte devient "littéraire", même s il ne dit que la vérité, du moins aux yeux de l'auteur
mais on sait bien, n'est-ce pas, que la vérité change de coloration selon qu'elle est approchée par X ou Y, et cela en toute bonne foi!

J'aime écrire en utilisant la 3ème personne... comme le dit MyZ (e d'autres) dans un comm sur mon billet précédent, cette façon de faire permet aussi le surgissement d'une émotion chez le lecteur, surtout quand il reconnait quelque chose de lui-même dans ce qui est raconté, peut-être pas nécessairement au niveau des événements, mais au niveau des sentiments exprimés

Remarquez d'ailleurs que sur les blogs, dès qu'un blogueur écrit en ELLE/IL, ses mots deviennent plus "littéraires" que s'il fait un simple récit en JE

En ce qui concerne mon livre: écrire en Elle m'a permis de prendre une certaine distance par rapport à l'enfant que j'étais, comme si je racontais l'histoire de qqun que je connais mais qui n'est pas moi, tout en étant bien moi 

demain je vous mettrai un extrait de ce livre...un extrait concernant la fillette, écrit donc en Elle

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