jeudi 12 avril 2018

à propos des commentaires

Je lis que tous ceux qui sont venus commenter hier ont buté sur le mot "absolu"
Ce n'était pas, loin s'en faut, le mot le plus important pour moi, et à vrai dire pas très bien choisi!
J'aurais dû parler d'une recherche de plénitude (comme le dit Suzame) plénitude que je pourrais rencontrer dans l'intensité du moment présent (La Baladine) et dans la gratitude de cet instant présent qui m'est offert (Adrienne) jour après jour

Cette recherche d'absolu/de plénitude/d'infini/d'intensité... est un thème récurrent chez moi, j'ai écrit des billets là dessus et autrefois il était davantage "rencontré" / Je peux le voir dans les commentaires

Voici le copié-collé d'un de ces billets écrit en avril 2011:


Il y a en moi comme un élan incessant vers un absolu dont j'ignore tout et surtout comment le satisfaire. Parfois je me demande si je ne confonds pas ce désir si pressant d'absolu avec un piteux et lancinant vide existentiel, qui serait comme un panier sans fond que je ne parviens jamais à remplir... et pour cause!
C'est comme les deux côtés d'une même médaille. D'un côté le désir d'absolu, de l'autre la sensation de vide...

Cette aspiration incessante vers un "ailleurs", un "autre chose" est lancinante, elle se loge là quelque part dans ma poitrine et la sillonne d'éclairs qui me lacèrent et m'oppressent dans mes respirations. Autrefois c'était si violent que cela se transformait en angoisses qui me laissaient anéantie. Mais j'ai appris heureusement à laisser se décrisper le souffle, à le laisser descendre dans le ventre, ce qui me redonne la sérénité, me replace dans mon centre, et m'ancre dans l'ici et maintenant.

Cette sensation d'oppression n'est que la manifestation physique de quelque chose qui vient de très loin, une aspiration illimitée vers l'infini que j'espère et redoute en même temps tellement je la pressens violente...  et cela dans tous les domaines: aimer (infiniment),  être aimée (infiniment), réaliser de grandes choses dans les domaines qui sont les miens, vivre intensément des choses intenses., vivre des relations fabuleuses. Parfois c'est comme s’il y avait un hiatus fondamental entre ce qui se trame d'intense à l'intérieur de moi dans mes aspirations si fortes... et le fade, le tiède, le gris, le quelconque de l'extérieur (même s'il est pétri de violence ou de méchanceté intrinsèque).

Il y a des jours où je me sens en profonde connivence avec ma vie, où j'ai l'impression de coller au plus près de ce que je suis et de ce que je fais, à ces désirs si profonds, si intenses, si indicibles
Il y a des jours au contraire où ce désir d'absolu me dépasse, je me trouve comme devant une montagne impossible à gravir et j'ai une immense tentation de désespoir. Je me dis que je ne suis pas faite pour vivre, que je vis les choses de manière TROP inadéquate.

C'est très difficile à décrire tout cela, les mots qui me servent d'habitude, je les trouve bien pauvres pour décrire cette quête, cette faim jamais rassasiée.
Est-ce propre à l'être humain cela? Sans doute, mais je vois que d’autres ne se posent pas toutes ces questions, vivent tranquillement leur quotidien en s'en contentant et se moquent gentiment de moi et de ma sensibilité à fleur de peau.
On dit que je vis les choses trop intensément, on me plaint un peu, me disant que la vie ne doit pas être facile pour moi.
C’est vrai... je galère des fois


D'un côté le vide, de l'autre l'intensité

16 commentaires:

  1. L'absolu, l'infini, d'aussi loin que je me souvienne j'ai ressenti cet élan qui me semblait évident, essentiel, indispensable, VITAL et puis j'ai compris, douloureusement, que j'étais bizarre, anormale ... Heureusement les poètes, les artistes, les mathématiciens, les mystiques sont venus à mon secours. Pour autant cette aspiration a engendré incompréhension et isolement.
    Merci nous avoir redonné ce billet que je ressens si fort. Aujourd'hui je me sentirai moins seule

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    1. merci Nicole: j'aime ton commentaire!
      Poètes, artistes, mystiques en effet vivent ce genre d'élan si difficile à comprendre pour les "gens normaux"
      Moi, je me suis sentie moins seule de lire ton commentaire!

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  2. Un jour où j'ai parlé de ma soif d'absolu, on m'a envoyé mon athéisme au visage, comme si l'absolu était forcément de l'ordre d'une quelconque divinité.
    Moi je n'ai pas eu le temps de lire ton texte, mais je saisis bien cette soif de plénitude, qui pour moi correspondrait à une certaine « extraction » volontaire du monde et de ses bassesses, pour se tourner vers la sérénité du voyage intérieur. Et la beauté de la nature et du cosmos.
    Une réflexion mystique, sur le temps, l'impermanence et la vanité humaine aussi. En goûtant simplement la joie de vivre au présent.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. cela ne m'étonne pas que tu saisisses la soif de plénitude que j'ai tenté d'exprimer dans ces quelques mots
      Dans les commentaires à la suite du billet premier, tu avais d'ailleurs exprimé combien tu faisais tienne cette façon de voir la vie intérieure: nus sommes toi et moi des hypersensibles, et c'est parfois bien difficile à comprendre pour l'entourage...

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  3. et il y a des jours où je suis trop paresseuse pour faire un truc "utile" :-)
    merci pour les réajustements!

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    1. je ne comprends pas bien ton commentaire, chère Adrienne
      Si tu reviens par ici...;-)

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  4. Je comprends parfaitement ce ressenti, si bien décrit dans ce billet qui m'était inconnu. Je le partage. J'ai choisi, un jour, suite à un long et douloureux chemin dont je n'ai pas toujours choisi les détours, de projeter ce besoin d'absolu dans l'instant, "le singulier instant", l'appartenance au monde, au présent. Je m'y tiens. J'y trouve une manière de plénitude qui me protège de ceux qui rient (je devrais dire ricanent) de tout, et de moi.
    Je t'embrasse.

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    1. "C'est le moteur du Désir qui doit prendre chair dans l'action et les engagements. C'est-à-dire dans l'ici et maintenant"
      C'est ce que Alain a écrit dans son commentaire, et qui rejoint ce que tu dis ici
      S'en tenir simplement à l'ici et le maintenant, permet de ne pas fuir dans un "absolu" idéal
      J'ai dû apprendre cela, au cours d'un parcours de santé éprouvant
      Je t'embrasse aussi, La Baladine

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  5. Merci, Coumarine, d'avoir mis des mots sur un sentiment qu'on a du mal à définir, souvent...
    Je crois qu'on est plusieurs à ressentir la même chose que toi...
    C'est un peu comme une soif qu'on n'arriverait pas à assouvir...ou comme un manque qu'on n'arriverait pas à combler...comme si l'on "savait" au plus profond de soi qu'il y a "autre chose" et que le monde dont se contentent les trois-quarts des gens n'était pas celui auquel on aspire...
    C'est aussi un peu comme le souvenir, vague, mais pressant, de "quelque chose" de plus grand, de plus beau...

    Je crois qu'il est important de reconnaître nos aspirations les plus élevées et de ne pas les considérer comme "anormales" ou "utopiques"...
    C'est bon d'accepter sa différence dans ce domaine et de ne pas renoncer à ce qui est important pour nous, car même si l'on sait que cela nous échappera toujours plus ou moins...on peut s'en approcher !
    C'est bon aussi de comprendre que beaucoup, et même la plupart... n'ont pas ces aspirations vers le haut, et que, malheureusement, on se sentira souvent seul(e) à les ressentir...
    Mais quand on les partage, on en trouve quelques autres...qui les partagent aussi !
    Il y a bien des "chercheurs d'absolu", sur cette terre...et ils savent se reconnaître ! :-)
    Amitiés.

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    1. merci La Licorne pour ton long commentaire
      Certains d'entre nous ont le souvenir d'un "monde perdu", "comme si l'on "savait" au plus profond de soi qu'il y a "autre chose" et que le monde dont se contentent les trois-quarts des gens n'était pas celui auquel on aspire.."
      Mais comme le disent La Baladine et Alainx, il s'agit de lui faire prendre chair dans l'action et l'engagement
      Merci à toi...

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  6. L'aspiration vers l'infini que tu évoques est inscrite dans les profondeurs de l'être humain. On va y puiser, ou on n'y va pas. C'est le moteur du Désir qui doit prendre chair dans l'action et les engagements. C'est-à-dire dans l'ici et maintenant.
    Sinon il risque de s'échapper dans les vapeurs stratosphérique de "l'idéal" qui amène nécessairement le découragement puisque on se trouve alors dans l'impossible et l'irréalisable. alors on vit dans le « il faudrait que... — demain sûrement, je vais… — il suffirait que je me décide à… etc. »

    Quant à ceux qui moquent « l'absolu ».. Bof ! Faut juste les laisser à l'étriqué de leur désir de Kronenbourg et de cacahouètes…

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    1. Ben voilà... tout est dit. Merci. ♥

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    2. @Alain, ton commentaire est superbe et très parlant
      Je ne peux pas compter les fois où j'ai été découragée de ne pas avoir donné chair à mon idéal dans l'ici et maintenant... d'avoir rêvé au monde idéal...sans me rendre compte que c'est une quête désespérée et perdue d'avance, quand elle reste, comme tu le dit si bien dans les vapeurs stratosphériques de "l'idéal"
      Merci à toi

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    3. @Baladine... oui! comme tu le dis: tout est dit! et bien dit!

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  7. Je comprends bien cette recherche d'absolu/de plénitude/d'infini/d'intensité. Mais c'est une quête difficile qui n'aboutit que rarement à une réelle satisfaction et qui peut générer que beaucoup de frustration. La sagesse n'est-il pas d'accepter ce qui est car ce qui est est la vraie vie.

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  8. Je te lis attentivement mais je n'ai pas les mots pour te répondre...depuis quelques temps je suis souvent très fatiguée....
    Merci pour ton passage

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