dimanche 22 avril 2018

schizophrénie

Il y a moi d'une part, dans mon petit quotidien, tout simple, avec soleil, chaleur, cui-cui des oiseaux, fleurs qui poussent à une allure incroyable, explosion de couleurs, comme c'est beau!
Et puis il y a le monde, ce monde qui me fait peur tellement il semble aller mal. Je ne vais pas énumérer les divers problèmes, tant humains que matériels, vous savez mieux que moi

Moi, c'est simple je n'ai sans doute plus trop d'années à vivre tant pis ou tant mieux
De tout ce qui va pas, je pourrais m'en contreficher: après moi les mouches!

Mais je pense aux générations qui suivent et croyez moi, je suis effrayée...
Sans doute ils trouveront en eux les forces et les trucs pour aller de l'avant, pour passer victorieusement par toutes les étapes du déglinguement ou du déglinguandage, ils les sumonteront

Impression d'être égoïste quand je "profite" du beau temps, des fleurs, des cui-cui, des apéros, des repas dehors, des belles choses
Égoïste et inconsciente, mais au fond je fais comme tout le monde, je veux sans doute pas voir de près comme tout va pas trop bien, jusque dans la tête de nos politicards, mais à qui donc a--t-on confié les responsabilités de nos pays?



jeudi 12 avril 2018

à propos des commentaires

Je lis que tous ceux qui sont venus commenter hier ont buté sur le mot "absolu"
Ce n'était pas, loin s'en faut, le mot le plus important pour moi, et à vrai dire pas très bien choisi!
J'aurais dû parler d'une recherche de plénitude (comme le dit Suzame) plénitude que je pourrais rencontrer dans l'intensité du moment présent (La Baladine) et dans la gratitude de cet instant présent qui m'est offert (Adrienne) jour après jour

Cette recherche d'absolu/de plénitude/d'infini/d'intensité... est un thème récurrent chez moi, j'ai écrit des billets là dessus et autrefois il était davantage "rencontré" / Je peux le voir dans les commentaires

Voici le copié-collé d'un de ces billets écrit en avril 2011:


Il y a en moi comme un élan incessant vers un absolu dont j'ignore tout et surtout comment le satisfaire. Parfois je me demande si je ne confonds pas ce désir si pressant d'absolu avec un piteux et lancinant vide existentiel, qui serait comme un panier sans fond que je ne parviens jamais à remplir... et pour cause!
C'est comme les deux côtés d'une même médaille. D'un côté le désir d'absolu, de l'autre la sensation de vide...

Cette aspiration incessante vers un "ailleurs", un "autre chose" est lancinante, elle se loge là quelque part dans ma poitrine et la sillonne d'éclairs qui me lacèrent et m'oppressent dans mes respirations. Autrefois c'était si violent que cela se transformait en angoisses qui me laissaient anéantie. Mais j'ai appris heureusement à laisser se décrisper le souffle, à le laisser descendre dans le ventre, ce qui me redonne la sérénité, me replace dans mon centre, et m'ancre dans l'ici et maintenant.

Cette sensation d'oppression n'est que la manifestation physique de quelque chose qui vient de très loin, une aspiration illimitée vers l'infini que j'espère et redoute en même temps tellement je la pressens violente...  et cela dans tous les domaines: aimer (infiniment),  être aimée (infiniment), réaliser de grandes choses dans les domaines qui sont les miens, vivre intensément des choses intenses., vivre des relations fabuleuses. Parfois c'est comme s’il y avait un hiatus fondamental entre ce qui se trame d'intense à l'intérieur de moi dans mes aspirations si fortes... et le fade, le tiède, le gris, le quelconque de l'extérieur (même s'il est pétri de violence ou de méchanceté intrinsèque).

Il y a des jours où je me sens en profonde connivence avec ma vie, où j'ai l'impression de coller au plus près de ce que je suis et de ce que je fais, à ces désirs si profonds, si intenses, si indicibles
Il y a des jours au contraire où ce désir d'absolu me dépasse, je me trouve comme devant une montagne impossible à gravir et j'ai une immense tentation de désespoir. Je me dis que je ne suis pas faite pour vivre, que je vis les choses de manière TROP inadéquate.

C'est très difficile à décrire tout cela, les mots qui me servent d'habitude, je les trouve bien pauvres pour décrire cette quête, cette faim jamais rassasiée.
Est-ce propre à l'être humain cela? Sans doute, mais je vois que d’autres ne se posent pas toutes ces questions, vivent tranquillement leur quotidien en s'en contentant et se moquent gentiment de moi et de ma sensibilité à fleur de peau.
On dit que je vis les choses trop intensément, on me plaint un peu, me disant que la vie ne doit pas être facile pour moi.
C’est vrai... je galère des fois


D'un côté le vide, de l'autre l'intensité

mercredi 11 avril 2018

Une question d'absolu

Ce matin, en attendant une de mes petites filles qui vient passer deux jours chez nous, je choisis au hasard un livre dans ma bibliothèque, bonne façon de passer agréablement le temps
(résister à la tentation de me perdre dans FB, même pour dix minutes...

Je laisse faire le hasard pour choisir LE livre qui me fera du bien ce matin
Je prends (au hasard, promis juré!) le Journal IV de Charles Juliet: Accueils.
Ceux qui me lisent depuis un certain temps savent combien j'aime cet auteur; j'en ai parlé ici plus d'une fois...

Je tombe sur ce passage qui me rejoint si profondément
"L'absolu. Il est connaissance, vérité, liberté, lumière, perfection, plénitude, permanence.
Cet état dont j'éprouve le tenace et douloureux besoin, c'est cent fois le jour que je l'appelle. Il inspire ce que je pense, décide, cherche à vivre, et me permet de jauger ce que m'apporte mon quotidien
mais comment surmonter la déception quand se trouvent confrontés ce que je brûle d'atteindre et le peu qui m'est offert?"

L’illustration que je vous mets est une peinture de Bram Vanvelde, peintre hollandais, devenu l'ami de Juliet et auquel il a consacré tout un écrit


vendredi 6 avril 2018

dans la lumière du soleil

Ce matin, je laisse mon regard errer dans le jardin. Le forsythia est encore à l'ombre. Je le regarde un peu désolée, on dirait qu'il a perdu sa parure de printemps, celle que j'aime tant et que chaque année j'espère éternelle. Mon coeur s'attriste: comment? c'est déjà fini? Il faut attendre l'année prochaine, pour le revoir dans toute sa jaune splendeur?
Oui, je suis vraiment triste, je n'en ai pas assez profité, et c'est trop tard maintenant!

Je reviens à la fenêtre une demi-heure plus tard, et là! stupéfaction... mon forsythia chéri brille de tout sa couleur jaune et chaude: il s'est éveillé dans la lumière du soleil, s'est donné je crois la permission de vivre son printemps, me le donnant du coup en cadeau

Comme quoi les êtres et les choses, quand on les regarde avec les yeux du soleil, éclatent de couleur, de lumière et de vie!
Bien sûr je le sais, dans quinze jours il sera redevenu un arbuste comme les autres, sans éclat particulier. Mais je sais aussi que d'autres buissons, d'autres fleurs prendront la relève. La nature ne dit jamais son dernier mot: au plus sombre de l'hiver, il y a toujours de nouveaux printemps!

Je m'en souviendrai quand je serai dans le doute



mardi 3 avril 2018

le berceau de ses mains

Depuis peu je retourne me faire masser, et la masseuse le fait de manière extraordinaire!
Elle n'a pas suivi de formation spécifique, elle "écoute" simplement le corps de la personne, et ses gestes sont doux, apaisants, vrais
C'est sa grand mère qui l'a formée à cette écoute, grand mère un peu chamane, qui lui a appris que la vérité est avant tout sensible, mais qu'il faut pouvoir apprendre à l'approcher. Ce qui n'est pas si évident dans notre monde qui refuse et se moque même de l'irrationnel. Dès le premier massage elle a perçu que j'étais d'accord avec son toucher, pour elle c'était capital, elle n'aurait pas pu continuer sinon!
Elle commence par le bas de mon corps, par mes jambes si douloureuses, si fragiles, si blessées par trois opérations coup sur coup (c'est le cas de le dire!!) l'année dernière. Ces foutues jambes me posent problème, je ne supporte pas qu'on me touche, je me crispe, je me protège.
Au bout d'un moment, je m'apaise et elle peut poser les mains sur moi, elle peut commencer à masser mes jambes
Puis elle monte, détend une à une toutes les tensions, surtout dans le dos côté droit, le côté qui encaisse les tensions, le côté opposé à mon œil aveugle
Là aussi j'apprends à me laisser faire, à laisser les mains magiques de la jeune femme  apaiser ce dos qui a tellement encaissé!
Puis le cou, la nuque, oulala! que de tensions! Doucement patiemment, elle leur "parle", leur demandant de se dénouer, et les tensions se dénouent une à une. Il lui faut parfois insister sur un nœud, mais elle arrive à le dénouer. Toujours.
Mais le moment le plus magique, c'est quand elle pose ses deux mains sur mon crâne. Elle le prend en berceau dans ses mains, elle semble demander mon assentiment. Sans un mot je le lui donne, en me lovant dans ses mains: extraordinaire sensation!
Et chaque fois,  l'émotion monter en moi: c'est comme si elle remplissait le rôle d'une mère bienfaisante, aimante... comme si elle me donnait une occasion de renaître, de repasser par le passage de la naissance, et d'être accueillie, aimée profondément!
Après le premier moment de surprise, durant lequel elle guette pour savoir (sentir, écouter) si je suis  consentante, je me laisse complètement faire, je m'abandonne et j'entre dans un état proche de l'hypnose, en ondes Alpha
Mes larmes coulent, quelque chose se libère, j'ai soudain senti ce que c'était d'être aimée totalement par une mère bienfaisante

Cette jeune femme est une hypersensible, comme moi: ce n'est pas étonnant si elle sent les choses avec ses mains: elle est bien plus jeune que moi, mais nous nous rejoignons et nous comprenons!



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