dimanche 16 décembre 2018

Mon pire cadeau de Noel

Du temps où j'étais mère de famille nombreuse, rapide et efficace, je portais toutes sortes de casquettes. Entre autres celle de cuisinière et ce n'était pas une mince affaire!
Nous étions nombreux à table au minimum 7, parfois plus au gré des allers et venues des amis des enfants, toujours les bienvenus!
A Noel, ce jour là, il y a longtemps, mon mari, attentif à me faciliter au maximum le travail de la bonne cuisinière, m'offrit un cadeau assez volumineux. Dans un superbe papier cadeau qui augurait un cadeau magnifique! Oh! qu'il était beau ce papier cadeau!
Devant la famille réunie et attentive, je dégageai le contenu de son papier, prête à m'émerveiller, à m'extasier avec de petits cris de joie!

Bon, ce ne fut pas vraiment ça...
Devant mes yeux ébahis, je découvrais une.....
... une toute nouvelle friteuse...  pour faire de bonnes frites hein ma chérie, oh oui hein maman!! des frites, des bonnes frites croquantes...

Ce fut surtout le côté mâle de la famille qui se réjouissait des super bonnes frites que j'allais leur servir! Mes filles étaient plus réticentes: elles sentaient que quelque chose clochait dans ce merveilleux cadeau, sans bien encore le définir...

Le cher mari, par ailleurs un excellent homme croyez-le, ne s'est pas rendu compte que mon enthousiasme était calme, très calme...

Par après j'ai mis tranquillement les points sur les I, et lui ai suggéré des cadeaux "inutiles" mais qui me feraient vraiment plaisir, qui seraient pour moi de vrai cadeaux.... des LIVRES
... et je lui donnais même des idées et des titres....


lundi 10 décembre 2018

chercher ses mots!


Tout a commencé dans le meilleur des mondes.

Là où il y a des lignes droites, celles qui partent vers l'infini. Ou alors qui s'enfoncent vers nulle part. Tout le monde s'y engage. Mais si on sait où ça commence, on ne sait pas où ça finit. 

Il y a aussi les lignes courbes, qui soudain changent de décision, sans avertir. On ne sait jamais à quoi s'en tenir. On est secoué, on titube, on tombe les uns sur les autres. On se relève, on secoue ses vêtements, on balbutie une excuse, pardon pardon je l'ai pas fait exprès. Mais on sait bien qu’on n’en pense pas moins, que personne n’est dupe. Faut-il du courage pour foncer comme ça?

Et puis il y a les lignes folles qui se donnent le droit de se moquer de tout, de partir en se balançant des principes: droite, gauche, devant, derrière, de tout ça, elles s'en foutent, l'essentiel est d'arriver au plus vite dans le pays de l’ailleurs, là on peut exister pour soi-même...

Il me faut trouver les mots, et les mots sont trop souvent rangés dans des endroits inaccessibles...





vendredi 7 décembre 2018

Fin de l'histoire

J'ai eu l'occasion de parler avec mes deux frères au sujet de "l'histoire suisse", racontée dans les billets précédents: deux conversations riches en confiance mutuelle, ce fut que du bonheur!
Ils ont été comme moi, tous les deux interloqués par cette histoire qu'ils connaissaient sans la connaître vraiment, sans un percevoir l'impact sur notre mère et son influence sur son caractère

Nous avons pu nous comprendre après nous être écoutés en profondeur
Et en même temps, nous avons ri et plaisanté: et ce rire qui venait de loin a complètement assaini l'atmosphère

J'en sors plus libre intérieurement ! *
Je pourrai reprendre l'écriture qui s'était bloquée en moi depuis le 11 novembre, date où chacun de notre côté, nous avons visionné ce documentaire sur les enfants belges accueillis par des familles suisses

Envie de dire et de redire: PARLEZ avec vos enfants, même au tout petits, expliquez leur les choses quand vous les quittez un moment. Il vaut mieux quelques larmes de tristesse au moment du départ, que de partir en cachette sans rien leur dire, provoquant des flux et reflux d'angoisse quand ils se rendent compte que vous les avez "abandonnés. Bien sûr on fait ça pour leur bien, mais c'est une erreur magistrale que Dolto pourtant, est venue corriger!

Je parle sans doute ici à des gens qui savent cet élémentaire, mais de mon temps, c'est ce qu'on faisait, pour éviter les larmes trop dures à accepter avant tout pour les parents!

*à propos de la liberté intérieure
son contraire est l'aliénation à autrui, à soi-même, à son histoire, à ses entraves

dimanche 25 novembre 2018

les enfants en Suisse 3

Je n'avais pas prévu d'aller aujourd'hui déjà, jusqu'au bout de mon histoire
Mais une certaine urgence m'y conduit, malgré moi...

Ma grand mère qui a confié ses enfants si jeunes à deux familles suisses n'a pas eu une vie heureuse/ mon livre "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" est un dialogue avec elle, que j'ai imaginé sur base de certains faits réels.

Cette grand mère est morte à 42 ans, d'une maladie mystérieuse que j'ai pensé être un cancer des os: alitée, elle ne pouvait plus marcher.

C'est ma mère à peine adolescente, qui s'est occupée d'elle pendant ses années de maladie (combien? je ne sais!).  Et c'est elle aussi qui lui a tenu la main le soir où elle est morte: elle n'avait que 16 ans!

Je récapitule: partie en Suisse alors qu'elle avait 4 ans, rentrée 6 ans plus tard le coeur déchiré, dans sa  vraie famille qu'il lui a fallu réapprendre à connaitre, puis quelques années pour s'intégrer (la langue, le Néerlandais  qu'elle ne connaissait pas, l'école bien plus sévère qu'en Suisse, un père autoritaire qui ne lui donnait aucune permission de liberté etc). Ensuite très vite ses années de garde malade auprès d'une mère gravement malade.
Quand elle est morte, son père s'est remarié avec une femme bien plus jeune.  Le bonheur était censé revenir dans cette famille sauf que....
Il n'a pas attendu pour se remarier, six mois seulement après la mort de sa première femme!

Ma mère et son frère ont été OBLIGES d'appeler cette femme inconnue "Maman": c'est quasi la seule confidence que ma mère m'ait faite, elle ne supportait pas d'appeler sa belle mère de cette façon!
Son père, très autoritaire ne lui a pas laissé le temps de faire son deuil. Elle en a énormément souffert! Je suppose qu'elle s'arrangeait pour n'avoir pas à prononcer ce mot de Maman!

Depuis que j'ai appris l'épisode de la Suisse, je me sens très bouleversée, mon corps aussi a encaissé cette nouvelle de manière "bouleversée". Mais une immense compassion a fait place dans mon coeur pour cette mère que j'ai si peu aimée! et qui m'a si mal aimée aussi, il faut le dire!
Oui j'ai rempli mon devoir de fille surtout dans les dernières années de sa vie, mais nous n'avons jamais eu de moments de partages tendres et confiants, comme je peux en avoir avec mes filles aujourd’hui.

Et c'est si dommage....

A leur tour mes parents ont décidé de se séparer de moi, j'avais 4 ans: je souffrais d'asthme et le médecin pensait que le grand air me ferait le plus grand bien. Je n'ai aucun souvenir de cette période de séparation et ne sais si j'en ai spécialement souffert: dans mon livre je dis que oui, parce que c'est ce qui semble le plus évident (encore une fois pas encore Dolto, donc aucune explication qui aurait pu me faire comprendre, et accepter cette situation!
Ce que je remarque, c'est qu'il y a dans mes gênes une "séparation" programmée d'avec mes proches, spécialement d'avec ma mère. Pas étonnant que j'ai toujours besoin d'être rassurée au sujet de l'amour de ceux que j'aime...

Dans ce domaine-là j'ai dû apprendre la résilience et ne plus me situer en mendiante d'amour
Petit à petit j'y arrive, peut-être même que j'y suis arrivée... mais quel chemin...!


samedi 24 novembre 2018

Pauvre petits enfants belges (2)

Maman ne m'a rien raconté de cet accueil en Suisse. Ce que j'en sais c'est par ma belle soeur: quand elle lui rendait visite, parfois ma mère racontait des bribes de son enfance... jamais à moi!
Mais il faut dire que jamais je n'ai eu la curiosité de l'interroger. Dans sa maison de repos j'étais prise par les choses à faire: les lessives, la nourriture... Aujourd'hui je le regrette! Oui! je le regrette fort!

Autour de la commémoration du centenaire de la fin de la grande guerre, il y a eu abondance de documentaires: un a particulièrement attiré mon attention. Il s'agissait précisément de cet accueil d'environ 2000 enfants belges par des familles suisses, prêtes à "faire quelque chose pour ces pauvres petits enfants belges"!

Ma mère et son frère (deux ans plus âgés) ont été confiés librement par leurs parents pour qu'ils puissent vivre une enfance protégée de la guerre dans ce pays qui avait gardé sa neutralité! Librement mais sans doute douloureusement: qu'ont ressenti ces parents quand ils ont mis dans des trains bondés leurs petits enfants (4 et 6 ans) qui ne s'étaient jamais séparés d'eux? Enfants qui sont partis avec une barre de chocolat pour tenter de consoler les pleurs. La foule, le bruit, les bousculades...Je n'ose l'imaginer! (ma fille aînée à qui j'en parlais ce midi, m'a affirmé qu'elle serait partie avec eux!)

Or maman a été heureuse et libre dans cette famille suisse qui l'a accueillie avec tendresse. C'est donc avec un nouveau déchirement au coeur qu'elle est rentrée en Belgique auprès de ses parents qu'elle ne connaissait plus vraiment! Son frère aussi accueilli dans une autre famille dans un village tout proche, s'est paraît-il accroché aux barrières pour ne pas devoir suivre la Croix Rouge qui venait les chercher! Et les mères d'accueil qui pleuraient de se séparer de ces enfants auxquels en 6 ans elles s'étaient attachés!
Que de souffrances pour ces "pauvres petits enfants belges" et pour les familles autour d'eux!

(à suivre)

vendredi 23 novembre 2018

Pauvre petite fille belge!

Ce que je vais vous raconter remonte à loin, cela remonte à la première guerre mondiale.
Maman habitait dans une ville très concernée par les bombardements: Ypres fut ainsi une ville martyre, complètement démolie (puis reconstruite une fois la guerre terminée!)
La Reine Elisabeth de Belgique avait le souci des enfants de son pays, qui risquaient d'être traumatisés ou plus encore par la situation dramatique de la ville
C'est ainsi qu'avec deux de ses amies, elle contacta des familles suisses qui se dirent prêtes à accueillir "ces pauvres petits enfants belges", comme on les nommait, paraît-il!
1500 (au moins) "pauvres petits enfants belges" furent séparés de leurs parents et partirent en accueil dans les familles suisses. Bien sûr à cette époque Dolto n'était pas encore passée pour dire aux gens qui fallait parler, expliquer les choses...
Simplement pour éviter les trop grands débordements, les cris et les larmes, les enfants furent "consolés" avec des bonbons, devenus rares en cette période.

Maman avait quatre ans au début de la guerre, elle est donc partie avec ses bonbons pour l'inconnu suisse.
Et quatre ans plus tard, rebelote elle fut arrachée à sa famille suisse pour retrouver ses parents!

Ma mère ne m'a jamais parlé de cet épisode de sa vie. Il est vrai que je ne l'ai pas interrogée non plus. Je savais sans savoir, et surtout sans accorder de l'importance à cet épisode. Par contre elle en a parlé à ma belle sœur, un jour que celle-ci plus curieuse que moi l'interrogeait, disant qu'elle avait été très heureuse dans sa famille suisse, qu'elle les aimait beaucoup! Et que ces quatre années de son enfance ont été les plus heureuses de sa vie!

(à suivre)





mercredi 7 novembre 2018

Quelques nouvelles

Bien chers lecteurs

Il faut bien reconnaître qu'alimenter mon blog n'est plus ma première priorité: deux billets par mois, ce n'est pas énorme, c'est même le minimum pour que cet espace ne disparaisse pas dans les méandres de l'internet et de vos yeux attentifs et bienveillants.
Pourtant je ne souhaite pas clôturer mes Petites Paroles, du moins pas encore: mon blog m'a donné bien des satisfactions,  il compte pour moi! Je sais qu'il est là et que je peux toujours revenir à lui

Ceci dit, je vais mieux, bien mieux: je remonte peu à peu la pente dans laquelle mes trois accidents de santé m'ont plongée depuis 7 ans: je pense vraiment que j'ai eu mon compte de problèmes et je VEUX m'orienter vers le futur, la créativité, d'autres projets.

Les Editions Lamiroy (petite maison d'édition belge assez récente) ont eu cette idée de génie: publier chaque semaine une nouvelle, que les lecteurs pourront lire au petit prix de 4 euros.
Allez sur leur site, cliquez sur "Opuscules" et vous verrez la liste des auteurs déjà publiés!
Bien sûr majorité d'auteurs belges, dont Adeline Dieudonné dont le roman récent remporte un énorme succès!
Encouragée par une amie j'ai écrit une nouvelle (j'aime ça, les nouvelles, mon recueil de nouvelles "les dessous de table" a été publié juste avant que je sois bloquée par la maladie de Horton.)
Très vite on a accepté ma nouvelle: je ne sais pas quand elle sera publiée, je vous tiendrai au courant, et j'espère bien sûr que vous la lirez!

J'ai bouclé aussi le récit/témoignage écrit, travaillé et retravaillé sur mon accident de santé. Il fallait que je le termine enfin pour que je puisse passer à autre chose, à un autre projet. C'est fait, j'ai proposé ce texte à l'édition, j'attends qu'ils me répondent, cela prendra quelques semaines m'a-t-on répondu!

J'ai hésité longtemps avant de le proposer à l'édition: il me semblait que c'était une démarche égotiste. (parler de moi, de moi, encore de moi!) Je l'ai fait lire à deux personnes: l'un est un médecin de la clinique où j'ai passé tant de "belles" journées, l'autre est un ami cher, qui a connu lui aussi "les vertes et les pas mûres" de l'accident de santé . Souffrir il sait ce que c'est!
Tous les deux m'ont convaincu qu'un témoignage de ce type pouvait venir en aide à ceux qui le liraient. J'ai donc vaincu mes réticences et hop, il est parti  chez un éditeur approprié pour ce genre de témoignage: faut juste avoir de la patience à présent! 

Je vais aussi reprendre l'animation de quelques ateliers: c'est un effort que je me sens à nouveau capable de mener à bien: ce sera pour janvier ou février. Croisons les doigts!

Désormais, je ne veux plus m'attarder au passé. Je vis le présent de tout mon coeur, dans ses grandes et petites choses...


lundi 22 octobre 2018

Lorsque envers et contre tout

Lorsque envers et contre tout
je m'obstine, persévère, espère...
soudain, les choses comme par miracle
se mettent en place

croire en soi, et agir
c'est aussi simple que ça!
Mais j'avais oublié
combien c'était simple
et je restais là, immobile
pétrifiée, découragée

J'ai pensé que l'immobilité
c'était la mort
J'ai dit: ca suffit!
On m'a encouragée aussi
et j'ai repris du poil de la bête
Beaucoup de poils de plein de bêtes
(c'est quoi cette expression?)

 je repars avec courage
et espérance
On verra ce que cela donnera!

samedi 13 octobre 2018

On répond à la question SVP


Qui es-tu ? lui serine sans cesse cette voix, comme un grelot têtu.  Elle se dit qu’elle répondra plus tard à cette question trop pointue pour être innocente,  trop directe pour se contenter d’un regard dispersé, trop vaste pour se dissimuler dans une petite poche incognito, perdue entre un mouchoir et un bout de papier inutile.

Qui es-tu ? lui siffle le vent en écho à la petite voix, quand elle marche tête baissée, têtue et obstinée avec des soupirs plein la gorge, c’est pas possible qu’elle n’ait pas encore pu répondre à cette question qui fait toute la différence, il faudra bien qu’elle l’affronte un jour!

Qui es-tu ? Elle veut se taire encore, elle met sa main en bâillon sur la bouche, mais c’est trop tard, les mots sortent un à un en saccades indociles. Je suis. Je pense donc je suis, non quelqu’un d’autre avant elle, a dit ça déjà. Elle pense donc justement elle n’est pas, ou pas assez, ou pas tout à fait, elle passe trop de temps dans sa tête, et pas assez dans son cœur et son corps, là où tangue la vie, justement elle n’aime pas quand ça tangue, ça lui donne des nausées. Et de plus, puisqu’elle pense trop, elle a trop peu de temps pour vivre.



Picasso

lundi 1 octobre 2018

des acouphènes, parfois

Elle a beaucoup cherché. D'ailleurs elle cherche encore...

Elle a beaucoup cherché dehors, à l'extérieur. Et elle y a trouvé bien des choses, de tout, de rien, des choses qui s'achètent, qui s'ajoutent, qui se collectent, se collectionnent, qui s'offrent aussi parfois.

De tout, il y a vraiment de tout à l'extérieur. Il n'y a qu'à choisir, à prendre ou à laisser. Il y a toujours de nouvelles choses à cueillir sur les étals du monde, du neuf, de l'inédit, du performant, du laid, de l'inutile.

Alors elle est allée de l'un à l'autre, faisant son marché dans ce multiple, ce varié, ce changeant.
Tourbillon incessant...ça passe, ça casse, ça vient, ça meurt...
Voilà c'est ça ...ça meurt: rien ne dure, ni les gens, ni les choses, ni les états d'âme, ni la jeunesse, ni l'aujourd'hui.
Demain est toujours un autre jour. Hier il y avait de quoi pleurer (ou l'inverse), il y a de quoi rire aujourd'hui (ou l'inverse). La sable est mouvant,  les nuages passent et se lassent, la vague est mourante ...
Mourante, c'est le mot...
Si elle s'accroche à "dehors" elle finit par s'évanouir, se gommer dans le tellement multiple que tout finit par se cogner, par se nier...

Alors elle a timidement posé le pied à l'intérieur, dans le centre du centre
A commencé la descente profonde vers le plus profond d'elle-même
A eu peur de se perdre dans les méandres de ses contradictions, car il y fait noir bien souvent, les repères se perdent, les acouphènes se déclenchent puisqu'il n'y a plus d'autres bruits que ses bruits intérieurs

Tentation de revenir vers l'extérieur pour noyer les acouphènes dans les bruits rassurants du clinquant...

Chaque matin trop souvent, elle se réveille pour s'en aller ailleurs, partir, se quitter...
Et sa maison intérieure reste vide, en manque, en attente, déracinée, transplantée de lieu en lieu, de lien en lien.

Fermer les yeux un moment. Un long moment.
Cesser de scruter le reflet qu'elle offre d'elle aux autres et dont elle attend qu'ils lui disent qui elle est : mais qu'est-ce qu'ils en savent, après tout... elle seule a la réponse, pour peu qu'elle quitte le miroir trompeur

Fermer les yeux. Un long moment
Entamer la descente. Avec les acouphènes qui se déclencheront
C'est le prix à payer pour trouver son propre trésor intérieur



mercredi 26 septembre 2018

des moments de paix absolue

Il m'arrive parfois de vivre des instants de paix absolue. Ce n'est pas calculé, et je ne m'y attends pas. Mais soudain je ne sais pourquoi, cela arrive...
Evidemment j'aimerais que cela perdure, plus que quelques minutes, ou quelques heures quand cela arrive.
Mais non cette impression si forte de paix qui m'envahit totalement passe comme un nuage qui s'en va et se dilue à l'horizon.

Pour rester dans la paix, il faut que je fasse appel à ma mémoire: penser que cette paix existe, puisque je l'ai éprouvée. Faire confiance qu'elle pourra revenir et m'envahir à nouveau. Et c'est ce qui se passe en effet. Mais il ne sert à rien de provoquer cet état, cela ne marche pas!
Car ce sentiment de plénitude me dépasse, vient du plus profond de mon être, de l'infini du temps et de l'espace: c'est un sentiment de communion profonde avec le vivant. Et ce Vivant que j'expérimente est bien plus vivant que les petits problèmes des êtres et des choses. Je suis plongée dans le "plus-que-vivant"

Alors je lève les yeux vers le ciel, je me redresse et je respire largement



mercredi 19 septembre 2018

se soigner dans le calme VS être soignée dans l'urgence

réfléchir à la meilleure manière de gérer sa santé, est relativement facile au quotidien: on s'informe, on se fait une opinion et on agit en conséquence
par contre, comme c'est mon cas, quand on est SOUDAIN frappé par un truc auquel on se s'attendait pas, qu'on est hospitalisé en urgence, que des dégâts irréversibles surgissent, que les médecins EN URGENCE installent une thérapie médicamenteuse avec laquelle on n'est pas forcément d'accord dans l'absolu, tant qu'on est assis derrière l' écran...on ne peut faire autrement que d'accepter un lourd traitement. On est tellement malade et on a tellement peur des conséquences de la maladie (dans mon cas, la cécité des deux yeux) que on se laisse faire: d'ailleurs on n'a pas eu le temps d'y réfléchir: les médecins sont les sauveurs à ce moment! (du moins on l'espère!)

La réflexion vient APRES: mon médecin référent (en qui j'ai toute confiance et qui me laisse le choix entre deux ou trois options de médications) souhaite me voir décider en adulte responsable
Mais par ailleurs je suis tellement imbibée des doses énormes de cortisone qu'on m'a perfusées tout au début de la maladie, qu'il m'est difficile et pénible de m'en défaire tout à fait. J'ai essayé plusieurs fois mais je suis rattrapée par les malaises, auxquels se sont ajoutés les malaises cardiaques 

Et bien sûr aucun moyen de me soigner via une médication moins agressive, ou carrément différente  (homéopathie!)

Ces réflexions me sont venues suite au billet de Célestine sur l'homéopathie justement!
Autant de commentaires, autant d'avis différents et contradictoires
Je pense qu'il faut juste rester responsable de sa santé... c'est ce que j'essaie de faire.
A chacun sa ou ses façons de faire!!


vendredi 7 septembre 2018

Ca sentait le propre renfermé

Dans la maison de mon enfance, le salon était la "belle pièce", exclusivement réservée pour recevoir. Comme cela arrivait deux fois par an, ce salon était pièce interdite pour nous les enfants. Elle devait rester propre et impeccablement rangée. Pas de doigts collants d'enfants sur les meubles. Cette pièce n'était jamais aérée.
C'était donc un endroit feutré où dormaient les objets les plus précieux, les plus hétéroclites, les tableaux sévères de quelques ancêtres dont j'ignorais tout. Mon jeune frère et moi, on s'y aventurait parfois, le coeur en émoi, impressionnés par le silence et l’immobilité de l'endroit, l'odeur de la cire se mêlant à celle de la poussière: on regardait timidement, car il nous semblait que même nos regards supposaient une incursion défendue. Mais l'espace d'un moment, le salon semblait s'animer par nos visites d'enfants qui bravaient l'interdit maternel. Puis rapidement, nous refermions la porte: ce lieu était trop étrange, trop différent des autres pièces de la maison, où l'on pouvait, au moins un minimum, bousculer ou déplacer les objets...
Où l'on avait le droit de respirer et de bouger, de vivre tout simplement!


vendredi 31 août 2018

Deux enfants sur le bord d’une route


Deux enfants sur le bord d’une route. Il n’y a personne sur cette route, juste des poteaux électriques à l’ancienne. Ce doit être une route de campagne : on ne voit que des arbres, aucune maison à l’horizon. Il fait beau, les arbres projettent leur ombre sur la route. Il fait chaud, les deux enfants sont habillés légèrement.
Je suis là immobile aux côtés de mon petit frère. Je baisse la tête vers le petit chien que je tiens en laisse. Je ne regarde pas le ou la photographe. Mon frère non plus d’ailleurs. Est-ce que je souris ? Je ne sais pas, la moue que je fais pourrait passer pour un sourire. Ou alors je plisse les yeux à cause du soleil. Ou peut-être que je fais une grimace avant de pleurer. Non je ne pense pas que je suis sur le point de pleurer, l’attitude de mon corps est trop calme pour ça.
 Le visage de mon frère au contraire est parfaitement lisse, sans plissage des yeux, sans grimace ou sourire.
Je suis là, debout aux côtés de mon frère, parfaitement figée, je me suis immobilisée pour obéir sans doute à celui ou celle qui prend la photo. Ni moi, ni mon petit frère n’avons été saisis dans un mouvement quelconque. Instant suspendu, le temps s’est arrêté. Est-ce que j’attends la permission de pouvoir retourner jouer, bouger, courir ? Ou cela me semble-t-il normal d’être immobilisée comme ça ? Même le chien que je tiens est statique comme s’il était un jouet en bois que l’on tire après soi.

Elle est belle et semble forte cette petite fille, elle semble bien moins fragile que son frère.
Elle a les deux pieds sur terre, elle est plantée avec détermination sur la route de sa vie. A cinq ans, elle a tout en elle pour vivre une vie ouverte, épanouie…Et ça me fend le cœur, car ma vie de fillette, puis de jeune fille ne fut ni ouverte ni épanouie. Les choses ont si vite tourné "à l'envers".


Alors j’ai envie de la prendre dans mes bras, de la serrer fort, de l’empoigner pour l’emmener loin, ailleurs… et si elle proteste je lui dirai que son enfance sera solitaire, où elle n’existera ni pour elle, ni pour personne, peut-être juste pour ce petit garçon qui se tient à côté d’elle, son presque jumeau. Mais des deux, c’est elle qui sera la forte, qui le soutiendra, d’ailleurs c’est simple, cela se voit, elle est grande déjà, elle a du courage, elle saura déjouer le piège de cette enfance  au vinaigre.

lundi 27 août 2018

Paris, fin de l'été...

Nous sommes allés à Paris ce WE, accompagnés de notre fils aîné! Objectif: applaudir la sœur de mon mari dans un texte de Colette, dans un petit théâtre sympa comme tout!
C'était vraiment bien et cela m'a donné envie de relire quelques Colette, c'est dire!

Ce que j'aime à Paris, c'est son ambiance si particulière: il faisait beau et plutôt chaud, les gens étaient dehors, aux terrasses de café, refaisant sans doute le monde. Il y avait des "vanille", des "café au lait" et des "chocolat" et même des "noirs de noirs". Il n'y a pas à dire Paris est une ville colorée, comme Bruxelles d'ailleurs, sans compter les touristes qui trouvent bien évidemment que Paris est la plus belle ville du monde!
Notre temps était compté, pas beaucoup le temps de faire des visites, je voulais juste "respirer" la ville
Nous nous sommes essentiellement promenés sur les quais, longeant les bouquinistes, dont certains, hélas, gardaient le volet clos. Dommage, car les rares qui proposent encore des livres, sont supplantés pour la plupart, par des vendeurs de babioles.
Nous nous sommes frayés un chemin parmi la foule des touristes qui voulaient visiter Notre Dame. Nous y sommes entrés relativement facilement, assurant avec conviction que nous voulions assister à la messe, ce fut notre passe droit. Comme quoi il y a toujours moyen de se débrouiller sans faire la longue file!

Puis vers 15h, laissant mon mari et notre fils seuls, j'ai rejoint Le Goût et Heure Bleue pour un moment de papotage à bâtons rompus. Comme ils disent souvent: c'était bien! et j'ajoute, plus que bien!
On s'est rappelé des souvenirs d'il y a dix ans au moins quand je suis venue à un salon de blogueurs. Ils étaient là, ainsi que Mab dont Le Gout a souvent parlé... ainsi que d'autres blogueurs dont j'ai oublié le nom
Nostalgie...


vendredi 24 août 2018

où est ma "maison"

Où demeures-tu? lui demandent ceux qui le suivent et sont frappés par ses mots et ses actes
Lui ne répond pas vraiment à cette question, il ne donne aucune adresse, aucun lieu repérable. Il n'a pas d'endroit où reposer sa tête!
Car il va de ville en ville, de village en village s'arrêtant chez les uns chez les autres, puis reprenant sa route.
Sa maison est partout et nulle part. Elle est là où il rencontre des hommes et des femmes qui ont soif de l'entendre, d'être nourris de sa parole
Venez et vous verrez, dit-il et ces paroles sont un peu mystérieuses, elles invitent à partir sur la route, à sortir de ses tranquillités, à réfléchir au chemin que l'on prend, au lieu de courir en tous sens, nerveusement et en alerte incessante. Vite... vite...

Et moi,où est-ce que je demeure? Où est ma maison? Ma vraie maison?

Oh bien sûr je peux en donner l'adresse, avec un GPS on y arrivera facilement!
Mais au fond... c'est quoi ma véritable maison?
Je ne parle pas simplement de l'endroit où je vis, mange, dors, travaille... mais de celui où je puise ou reconstitue mes forces vives, où je donne et je reçois ce qui me fait vivre...
Ce n'est pas, je crois, l'écran de mon PC derrière lequel je passe tant de temps, parfois au détriment des vraies rencontres
Ce n'est pas non plus le terreau de mes soucis, qui me mangent bien trop mon énergie et mon temps...
Où est ma "maison"? Ma vraie maison?  Le profond de mon coeur, l'intense de mon être?
Est-elle habitée? Chaque coin est-il vivant? Ou est-elle abandonnée? délabrée? en piteux état?
Ma maison est-elle une cachette pour vivre tranquille? Ou l'endroit de tous mes possibles?
Et pour la rénover, par quoi vais-je commencer?

Beaucoup de questions auxquelles je m'attelle à répondre...

mercredi 22 août 2018

Rien à faire...
Moins j'écris
moins les mots me viennent facilement
et moins j'ai envie d'écrire

et donc moins j'ai envie d'alimenter ce blog

Je dépose pourtant des petits trucs sans importance sur FB
Ils reçoivent bien plus de réactions qu'ici

et vous savez quoi?
j'ai en ce moment besoin de me sentir exister
Tant d'années dans la pénombre de ma clinique préférée m'ont fait douter de moi...et même (et c'est grave) de la Vie tout simplement

Dans quelques jours peut-être
je retrouverai l'élan premier
l'élan du soleil qui se lève chaque matin
même quand il hésite derrière les nuages
l'élan de la pluie qui tape sur les carreaux
Mais il me faut d'abord
affronter quelques problèmes
solutionner quelques tracas
Alors je pourrai m’abreuver au soleil
et même à la pluie
les deux faces d'une même
et parfois dure réalité



lundi 13 août 2018

Rester vivante

"J'étais prête au combat
et je n'avais pas encore compris
que mon plus grand combat
consisterait à admettre
que le combat est déjà fini
Et qu'il n'est d'art martial
que celui de savoir
(se) relever"
Marion Muller-Colard (in Le plein silence)
Anniversaire difficile pour moi: cela fait 7 ans jour pour jour qu'une artérite temporale (maladie de Horton) avec atteinte oculaire (perte définitive de vision de l'oeil gauche) a changé ma vie, et pas qu'un peu!
La maladie de Horton ne se guérit pas, donc pas de combat possible! Elle se maîtrise à coup de médicaments...
Objectif: garder l'oeil droit, le précieux
mais les médicaments ont des effets secondaires énormes.. Tous les jours, j'apprends donc à me relever, à rester vivante...

vendredi 10 août 2018

comme un bonbon collant, beurk

un petit mot de rien du tout
un petit mot se cache dans ma poche
(ou peut-être dans mon sac)
(ou peut-être en dessous de mon lit)
tout penaud de ne pas être trouvé
mais qu'est-ce qu'il fait là, dis-moi?
il devrait sortir au grand jour
s'échapper de son silence fatigué
Il est grand temps, les mots finissent pas fondre
au fond des poches
comme des bonbons collants beurk
attends, tu ne perds rien pour attendre
m'a chuchoté aujourd'hui l'arbre majestueux
que je suis allée consulter (gratuitement, il est grand prince):
demain il a dit avec un grand sourire d'automne
il fera beau, c'est plus que certain
la météo ne ment jamais
(enfin presque jamais)
et le petit mot se risquera au dehors
zut j'ai pensé:
pourvu qu'il ne se noie pas
dans l'étang, mangé,
comme une miette de pain
par les canards voraces
on verra, on verra...
on espère plutôt...

vendredi 29 juin 2018

Ne plus parler...

Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas lire de journal, ne pas entendre la radio, ne pas écouter de commérages, s'abandonner absolument, complètement, à la paresse, être absolument, complètement, indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer.

Henry Miller (cité par Jean-Louis Fournier, dans son livre "TROP")

Durant ces deux mois de vacances, je vais suivre ces bons conseils, et me réfugier dans un endroit secret où je ne suis pas obligée de parler
Mais j'écrirai... je veux terminer mon projet d'écriture... enfin!



mercredi 20 juin 2018

le petit prince pleurait

J'ai vu ce matin 
des enfants dans une cage
non ce n'était pas un jeu
non ils ne riaient pas
que croyez-vous donc?
j'ai vu un bel enfant
un petit prince
accroché à la cage
et il pleure
il pleure, il pleure,

peut-être même
qu'il hurle
vous ne l'entendez pas?
monsieur... MONSIEUR,
vous ne l'entendez pas?

jeudi 14 juin 2018

un bout de feuillage dansant dans le vent...

Imaginez la bénie des dieux que je suis...
Plusieurs contrôles m'attendent régulièrement à l'hôpital: un contrôle pour la maladie de Horton, un autre pour contrôler l'état de mon œil valide, l'autre ayant été définitivement rayé de la carte par sa majesté Horton le vilain! Et enfin un contrôle pour vérifier l'état de mon coeur, puisque je me suis payé un infarctus il y a deux ans!

Aujourd'hui, j'y suis allée pour une scintigraphie... voilà l'examen que je déteste le plus!
Quoi! on m'enferme dans un tunnel avec une machine qui fait et refait le tour de mon corps livré là sans défense? Pendant une bonne vingtaine de minutes, serrée dans ce truc, sans pouvoir bouger le petit doigt? Je souffre un peu de claustrophobie voyez vous et donc...
Et comme par hasard c'est à ce moment que j'éprouve le besoin de me gratter par ci par là, chatouillements incoercibles, horreur!

Bon, je respire calmement, demandant à l'endroit qui chatouille de se calmer, par pitiéééééééééé, que c'est vraiment pas le moment de se faire remarquer
Parfois ça marche, mais parfois pas, pas de tout!

En plus savoir que pour un jour ou deux, coule en moi une substance radioactive qui colore les veines qui arrivent au coeur... je sais pas vous, mais moi j'aime pas!

Et demain, rebelote faut recommencer l'examen après avoir mangé un morceau de chocolat bien gras (bon je sais pas trop pourquoi, faut que je consulte Google)

Ce matin dans la salle d'attente, j'ai regardé attentivement autour de moi: les gens (tiens surtout des hommes....les hommes ont plus que les femmes des problèmes cardiaques?) les soignants qui viennent imperturbablement chercher les patients, tout un monde interdépendant.

Soudain mon regard a été attiré par l'extérieur: il y avait le béton des bâtiments, et par un tout tout petit coin un arbre, oh! miracle!
Cet arbre dont je ne pouvais apercevoir que quelques branches seulement, se balançait docilement , bercé par le vent, un vent très calme, très doux
Au plus dense de ma prison de béton, dure et comme sans espoir, il y avait là quelque chose d'infiniment tendre

Mon coeur s'est calmé, et je suis allée paisiblement me livrer à mon examen
Il a suffi d'un bout de feuillage caressant des murs de béton...





dimanche 10 juin 2018

Il a pris, croyait-il, le chemin le plus court
le droit chemin, long, imperturbable, monotone
mais il a perdu le fil,
s'est retrouvé sur un chemin buissonnier
là où mille et une fleurs des champs
souriaient de bon coeur au ciel bleu
accompagnant le chant des oiseaux
Il est arrivé très en retard, bien sûr
mais le coeur élargi
par tant de simple beauté


vendredi 8 juin 2018

Acouphènes


Elle a beaucoup cherché. D'ailleurs elle cherche encore...
Elle a beaucoup cherché dehors, à l'extérieur. Et elle y a trouvé bien des choses, de tout, de rien, des choses qui s'achètent, qui s'ajoutent, qui se collectent, se collectionnent, qui s'offrent aussi parfois.

De tout, il y a vraiment de tout à l'extérieur. Il n'y a qu'à choisir, à prendre ou à laisser. Il y a toujours de nouvelles choses à cueillir sur les étals du monde, du neuf, de l'inédit, du performant, du laid, de l'inutile.

Alors elle est allée de l'un à l'autre, faisant son marché dans ce multiple, ce varié, ce changeant.
Tourbillon incessant... ça passe, ça casse, ça vient, ça meurt...
Voilà c'est ça ...ça meurt: rien ne dure, ni les gens, ni les choses, ni les états d'âme, ni la jeunesse, ni l'aujourd'hui.
Demain est toujours un autre jour. Hier il y avait de quoi pleurer (ou l'inverse), il y a de quoi rire aujourd'hui (ou l'inverse). La sable est mouvant,  les nuages passent et se lassent, la vague est mourante..
Mourante, c'est le mot...
Si elle s'accroche à "dehors" elle finit par se diluer, se gommer dans le tellement multiple que tout finit par se cogner, par se nier...
Alors elle a timidement posé le pied à l'intérieur, dans le centre du centre
A commencé la descente profonde vers le plus profond d'elle-même
A eu peur de se perdre dans les méandres de ses contradictions, car il y fait noir bien souvent, les repères se perdent, les acouphènes se déclenchent puisqu'il n'y a plus d'autres bruits que ses bruits intérieurs.
Tentation de revenir vers l'extérieur pour noyer les acouphènes dans les bruits rassurants du clinquant...

Chaque matin trop souvent, elle se réveille pour s'en aller ailleurs, partir, se quitter...
Et sa maison intérieure reste vide, en manque, en attente, déracinée, transplantée de lieu en lieu, de lien en lien.
Fermer les yeux un moment. Un long moment.
Cesser de scruter le reflet qu'elle offre d'elle aux autres et dont elle attend qu'ils lui disent qui elle est : mais qu'est-ce qu'ils en savent, après tout... elle seule a la réponse, pour peu qu'elle quitte le miroir trompeur
Fermer les yeux. Un long moment
Entamer la descente. Avec les acouphènes qui se déclencheront. C'est le prix à payer pour trouver son propre trésor intérieur

A quoi sert de se procurer le multiple, si on ne trouve pas l'unique...


lundi 28 mai 2018

les adultes ont bien ri!

Par hasard, je tombe sur une vidéo d'un anniversaire d'enfant: un tout petit trépigne de joie devant son gâteau d'anniversaire: il a deux ans...
Il est installé dans sa chaise haute (détail qui a son importance!).
La famille autour de lui rit et bat des mains...
Soudain surgit devant l'enfant, un personnage dans un costume d'ours. Impressionnant!
Il se penche vers lui et aussitôt l'enfant hurle, se détourne, cherche à s'enfuir (mais il est prisonnier de sa chaise d'enfant!)
Plus il hurle, plus "l'ours" se penche vers lui
Et .... les parents rient aux éclats! Bien sûr, pour eux ils savent qu'il n'y a aucune peur à avoir, mais comment ce petit enfant pourrait-il le savoir? Et si les parents entre deux hoquets de rire tentaient de lui expliquer qu'il ne doit pas avoir peur, il est incapable de rien entendre, encore moins de comprendre
Et donc il a peur et il hurle, cherche à s'échapper, pendant qu'autour de lui, on entend les éclats de rire: ah oui! comme ils s'amusent les adultes!

Cette petite vidéo m'a déchiré le coeur... Voilà comment se construit une perte de confiance vàv de l'adulte référent! C'est terrible, j'ai ressenti la peur de cet enfant au plus profond de mon coeur!
Et puis... passer de l'excitation joyeuse à une peur viscérale...quels dégâts cela peut faire!
Mais qu'avaient donc ces parents dans la tête?

lundi 21 mai 2018

devoir de Lakévio

Il est six heures du soir, l'été. 

Exercice où il s'agit d'étoffer votre texte autour de la phrase tirée du premier roman de Jean Giono - Colline 1929.


Il est 6 heures du soir, l'été
Le vent a soufflé en tempête toute la journée. Adèle n'a pu dépendre son linge à temps, son beau linge fin qu'elle venait d'étendre sur le fil avec amour et soin. Il est resté là, à se balancer furieusement au gré du vent violent et l'un ou l'autre se sont envolés comme de pauvres chiffons. Il était trop tard pour se risquer à sortir. La pluie est tombée en trombes, inondant en peu de temps l’arrière cour: les pluies et le vent, une catastrophe pour le linge fin d'Adèle!

Elle contemple sa lessive, le coeur serré. Ce qui est resté sur le fil ne ressemble plus à rien, ce ne sont plus que des loques, sans forme et sans âme, déchirées, effilochées de partout.
Remettre ces sous-vêtements, hier encore si affriolants, il n'en sera plus question, ni les petits hauts qui mettaient sa jeune poitrine en valeur.
Adèle contemple le désastre et se demande comment elle va se débrouiller: ce soir elle reçoit son bel amant, celui qu'elle préfère, celui qui la fait grimper tout en haut du ciel bleu, quand il est bleu!

Elle pense soudain: et si je me déguisais en clocharde, en réfugiée syrienne qui a fait une traversée mouvementée sur un rafiot déglingué? Ben oui! Son bel amant est soucieux de ces gens, il se dévoue pour qu'ils soient accueillis valablement. Donc cela ne devrait pas poser de problème...
Oui c'est cela se dit-elle, elle enfilera ces loques sans forme, les unes sur les autres et accueillera son amant avec les mille sourires aguichants dont elle a le secret!
Adèle est satisfaite de son idée, qu'elle trouve finalement géniale: elle fera ça ce soir, puis demain ou après, elle aura l'occasion d'aller à la ville acheter ce qu'il faut

Solène relit ce texte tout-à-fait insipide et se demande ce qu'a avalé sa collègue pour écrire de pareilles niaiseries: c'est en plus un texte qui se veut une ouverture vers de l'érotisme, mais qui passe complètement à côté! 
Comment va-t-elle pouvoir le dire à Adèle, sans l'offenser, sans la décourager dans ses efforts d'écriture? Mais elle ne peut quand même pas lui faire des compliments pour ce texte qui n'en est pas?

Bon elle verra demain... ce soir elle abandonne! Trop fatiguée!

lundi 7 mai 2018

A bientôt!

Envie et besoin de m'octroyer une lonnnnngue pause!
Mais pour ceux qui le souhaitent, vous me trouverez ailleurs
(faut juste chercher un peu ;-)


Matisse

mardi 1 mai 2018

s'abandonner à soi-même...

Impressions d'hier soir, dans ma petite chambre. Je m'étais couchée de bonne heure et, de mon lit, je regardais au-dehors par la baie ouverte. On aurait dit, une fois de plus, que la vie avec tous ses secrets était tout près de moi, que je pouvais la toucher. J'avais l'impression de reposer contre la poitrine nue de la vie et d'entendre le doux battement régulier de son coeur. J'étais étendue entre les bras nus de la vie et j'y étais en sécurité, à couvert. 
Et je pensais : comme c'est étrange ! C'est la guerre. Il y a des camps de concentration. De petites cruautés s'ajoutent à d'autres cruautés. En passant dans les rues, je peux dire de beaucoup de maisons : ici un fils est en prison, là le père est retenu en otage, ici encore on a à supporter la condamnation à mort d'un fils de dix-huit ans. Et ces rues et ces maisons se trouvent tout près de chez moi. Je connais l'air traqué des gens, l'accumulation de la souffrance humaine, je connais les persécutions, l'oppression, l'arbitraire, la haine impuissante et tout ce sadisme. Je connais tout cela et je continue à regarder au fond des yeux le moindre fragment de réalité qui s'impose à moi.
Et pourtant, quand je cesse d'être sur mes gardes pour m'abandonner à moi-même, me voilà tout à coup reposant contre la poitrine nue de la vie, et ses bras qui m'enlacent sont si doux et si protecteurs - et le battement de son coeur, je ne saurais même pas le décrire : si lent, si régulier, si doux, presque étouffé, mais si fidèle, assez fort pour ne jamais cesser, et en même temps si bon, si miséricordieux.
Tel est une fois pour toute mon sentiment de la vie, et je crois qu'aucune guerre au monde, aucune cruauté humaine si absurde soit-elle, n'y pourra rien changer.


Chaque fois que mon moral baisse, un peu ou beaucoup, je reprends inlassablement le journal de Etty Hillesum, cette juive morte à 29 ans dans les camps de la mort
Et je lis, un peu au hasard, je sais que je tomberai sur les mots qui me redonneront le courage d'aller de l'avant
Se reposer "contre la poitrine nue de la vie", quitter le flux et le reflux des inquiétudes incessantes, recontacter en soi le doux silence, lent, régulier, profond, le contact avec cette présence qui murmure et qu'il faut écouter pour espérer entrer en contact avec elle, qui pacifie au delà de tout... au delà de la guerre féroce et sans pitié: et n'y a-t-il pas une guerre (ou même plusieurs) en chacune de nos vies?


Je lis une page ou deux, sûre de trouver les mots qui ressuscitent, qui ME ressusciteront
Et je m'endors apaisée et confiante, ou prête à commencer ma journée, autrement, ancrée dans l'essentiel

dimanche 22 avril 2018

schizophrénie

Il y a moi d'une part, dans mon petit quotidien, tout simple, avec soleil, chaleur, cui-cui des oiseaux, fleurs qui poussent à une allure incroyable, explosion de couleurs, comme c'est beau!
Et puis il y a le monde, ce monde qui me fait peur tellement il semble aller mal. Je ne vais pas énumérer les divers problèmes, tant humains que matériels, vous savez mieux que moi

Moi, c'est simple je n'ai sans doute plus trop d'années à vivre tant pis ou tant mieux
De tout ce qui va pas, je pourrais m'en contreficher: après moi les mouches!

Mais je pense aux générations qui suivent et croyez moi, je suis effrayée...
Sans doute ils trouveront en eux les forces et les trucs pour aller de l'avant, pour passer victorieusement par toutes les étapes du déglinguement ou du déglinguandage, ils les sumonteront

Impression d'être égoïste quand je "profite" du beau temps, des fleurs, des cui-cui, des apéros, des repas dehors, des belles choses
Égoïste et inconsciente, mais au fond je fais comme tout le monde, je veux sans doute pas voir de près comme tout va pas trop bien, jusque dans la tête de nos politicards, mais à qui donc a--t-on confié les responsabilités de nos pays?



jeudi 12 avril 2018

à propos des commentaires

Je lis que tous ceux qui sont venus commenter hier ont buté sur le mot "absolu"
Ce n'était pas, loin s'en faut, le mot le plus important pour moi, et à vrai dire pas très bien choisi!
J'aurais dû parler d'une recherche de plénitude (comme le dit Suzame) plénitude que je pourrais rencontrer dans l'intensité du moment présent (La Baladine) et dans la gratitude de cet instant présent qui m'est offert (Adrienne) jour après jour

Cette recherche d'absolu/de plénitude/d'infini/d'intensité... est un thème récurrent chez moi, j'ai écrit des billets là dessus et autrefois il était davantage "rencontré" / Je peux le voir dans les commentaires

Voici le copié-collé d'un de ces billets écrit en avril 2011:


Il y a en moi comme un élan incessant vers un absolu dont j'ignore tout et surtout comment le satisfaire. Parfois je me demande si je ne confonds pas ce désir si pressant d'absolu avec un piteux et lancinant vide existentiel, qui serait comme un panier sans fond que je ne parviens jamais à remplir... et pour cause!
C'est comme les deux côtés d'une même médaille. D'un côté le désir d'absolu, de l'autre la sensation de vide...

Cette aspiration incessante vers un "ailleurs", un "autre chose" est lancinante, elle se loge là quelque part dans ma poitrine et la sillonne d'éclairs qui me lacèrent et m'oppressent dans mes respirations. Autrefois c'était si violent que cela se transformait en angoisses qui me laissaient anéantie. Mais j'ai appris heureusement à laisser se décrisper le souffle, à le laisser descendre dans le ventre, ce qui me redonne la sérénité, me replace dans mon centre, et m'ancre dans l'ici et maintenant.

Cette sensation d'oppression n'est que la manifestation physique de quelque chose qui vient de très loin, une aspiration illimitée vers l'infini que j'espère et redoute en même temps tellement je la pressens violente...  et cela dans tous les domaines: aimer (infiniment),  être aimée (infiniment), réaliser de grandes choses dans les domaines qui sont les miens, vivre intensément des choses intenses., vivre des relations fabuleuses. Parfois c'est comme s’il y avait un hiatus fondamental entre ce qui se trame d'intense à l'intérieur de moi dans mes aspirations si fortes... et le fade, le tiède, le gris, le quelconque de l'extérieur (même s'il est pétri de violence ou de méchanceté intrinsèque).

Il y a des jours où je me sens en profonde connivence avec ma vie, où j'ai l'impression de coller au plus près de ce que je suis et de ce que je fais, à ces désirs si profonds, si intenses, si indicibles
Il y a des jours au contraire où ce désir d'absolu me dépasse, je me trouve comme devant une montagne impossible à gravir et j'ai une immense tentation de désespoir. Je me dis que je ne suis pas faite pour vivre, que je vis les choses de manière TROP inadéquate.

C'est très difficile à décrire tout cela, les mots qui me servent d'habitude, je les trouve bien pauvres pour décrire cette quête, cette faim jamais rassasiée.
Est-ce propre à l'être humain cela? Sans doute, mais je vois que d’autres ne se posent pas toutes ces questions, vivent tranquillement leur quotidien en s'en contentant et se moquent gentiment de moi et de ma sensibilité à fleur de peau.
On dit que je vis les choses trop intensément, on me plaint un peu, me disant que la vie ne doit pas être facile pour moi.
C’est vrai... je galère des fois


D'un côté le vide, de l'autre l'intensité

mercredi 11 avril 2018

Une question d'absolu

Ce matin, en attendant une de mes petites filles qui vient passer deux jours chez nous, je choisis au hasard un livre dans ma bibliothèque, bonne façon de passer agréablement le temps
(résister à la tentation de me perdre dans FB, même pour dix minutes...

Je laisse faire le hasard pour choisir LE livre qui me fera du bien ce matin
Je prends (au hasard, promis juré!) le Journal IV de Charles Juliet: Accueils.
Ceux qui me lisent depuis un certain temps savent combien j'aime cet auteur; j'en ai parlé ici plus d'une fois...

Je tombe sur ce passage qui me rejoint si profondément
"L'absolu. Il est connaissance, vérité, liberté, lumière, perfection, plénitude, permanence.
Cet état dont j'éprouve le tenace et douloureux besoin, c'est cent fois le jour que je l'appelle. Il inspire ce que je pense, décide, cherche à vivre, et me permet de jauger ce que m'apporte mon quotidien
mais comment surmonter la déception quand se trouvent confrontés ce que je brûle d'atteindre et le peu qui m'est offert?"

L’illustration que je vous mets est une peinture de Bram Vanvelde, peintre hollandais, devenu l'ami de Juliet et auquel il a consacré tout un écrit


vendredi 6 avril 2018

dans la lumière du soleil

Ce matin, je laisse mon regard errer dans le jardin. Le forsythia est encore à l'ombre. Je le regarde un peu désolée, on dirait qu'il a perdu sa parure de printemps, celle que j'aime tant et que chaque année j'espère éternelle. Mon coeur s'attriste: comment? c'est déjà fini? Il faut attendre l'année prochaine, pour le revoir dans toute sa jaune splendeur?
Oui, je suis vraiment triste, je n'en ai pas assez profité, et c'est trop tard maintenant!

Je reviens à la fenêtre une demi-heure plus tard, et là! stupéfaction... mon forsythia chéri brille de tout sa couleur jaune et chaude: il s'est éveillé dans la lumière du soleil, s'est donné je crois la permission de vivre son printemps, me le donnant du coup en cadeau

Comme quoi les êtres et les choses, quand on les regarde avec les yeux du soleil, éclatent de couleur, de lumière et de vie!
Bien sûr je le sais, dans quinze jours il sera redevenu un arbuste comme les autres, sans éclat particulier. Mais je sais aussi que d'autres buissons, d'autres fleurs prendront la relève. La nature ne dit jamais son dernier mot: au plus sombre de l'hiver, il y a toujours de nouveaux printemps!

Je m'en souviendrai quand je serai dans le doute



mardi 3 avril 2018

le berceau de ses mains

Depuis peu je retourne me faire masser, et la masseuse le fait de manière extraordinaire!
Elle n'a pas suivi de formation spécifique, elle "écoute" simplement le corps de la personne, et ses gestes sont doux, apaisants, vrais
C'est sa grand mère qui l'a formée à cette écoute, grand mère un peu chamane, qui lui a appris que la vérité est avant tout sensible, mais qu'il faut pouvoir apprendre à l'approcher. Ce qui n'est pas si évident dans notre monde qui refuse et se moque même de l'irrationnel. Dès le premier massage elle a perçu que j'étais d'accord avec son toucher, pour elle c'était capital, elle n'aurait pas pu continuer sinon!
Elle commence par le bas de mon corps, par mes jambes si douloureuses, si fragiles, si blessées par trois opérations coup sur coup (c'est le cas de le dire!!) l'année dernière. Ces foutues jambes me posent problème, je ne supporte pas qu'on me touche, je me crispe, je me protège.
Au bout d'un moment, je m'apaise et elle peut poser les mains sur moi, elle peut commencer à masser mes jambes
Puis elle monte, détend une à une toutes les tensions, surtout dans le dos côté droit, le côté qui encaisse les tensions, le côté opposé à mon œil aveugle
Là aussi j'apprends à me laisser faire, à laisser les mains magiques de la jeune femme  apaiser ce dos qui a tellement encaissé!
Puis le cou, la nuque, oulala! que de tensions! Doucement patiemment, elle leur "parle", leur demandant de se dénouer, et les tensions se dénouent une à une. Il lui faut parfois insister sur un nœud, mais elle arrive à le dénouer. Toujours.
Mais le moment le plus magique, c'est quand elle pose ses deux mains sur mon crâne. Elle le prend en berceau dans ses mains, elle semble demander mon assentiment. Sans un mot je le lui donne, en me lovant dans ses mains: extraordinaire sensation!
Et chaque fois,  l'émotion monter en moi: c'est comme si elle remplissait le rôle d'une mère bienfaisante, aimante... comme si elle me donnait une occasion de renaître, de repasser par le passage de la naissance, et d'être accueillie, aimée profondément!
Après le premier moment de surprise, durant lequel elle guette pour savoir (sentir, écouter) si je suis  consentante, je me laisse complètement faire, je m'abandonne et j'entre dans un état proche de l'hypnose, en ondes Alpha
Mes larmes coulent, quelque chose se libère, j'ai soudain senti ce que c'était d'être aimée totalement par une mère bienfaisante

Cette jeune femme est une hypersensible, comme moi: ce n'est pas étonnant si elle sent les choses avec ses mains: elle est bien plus jeune que moi, mais nous nous rejoignons et nous comprenons!



vendredi 30 mars 2018

Déserteur du banal

L'oiseau bat des ailes, on dirait qu'il s'affole.
Bientôt il est là-haut, libre et souverain
il glisse sur la pesanteur du brouillard
il célèbre l'éclat du soleil
il voyage au gré du vent, déserteur du banal
vagabond déterminé à trouver son chemin.

Il s’arrache à la terre boueuse
où trop souvent l'on s'empêtre et patauge
alourdi des scories d'un monde cruel
éclaboussé des vomissures et vilenies
bardé de lassitude, prisonnier du mesquin
encombré du futile et de l'inconsistance.

Alors...
Il prendra juste ce qu'il faut de distance
pour partir, le désir dans le vent!

La vie bat son plein, dure et tendre  à la fois...



lundi 26 mars 2018

migrants immobiles


Nous sommes des migrants immobiles
Nous n'avons pas déménagé depuis 40 ans  agrandissant notre maison au fil du nombre de nos enfants
Mais autour de nous, tout a changé, absolument tout!
D'abord la rue en elle même: il y a eu des travaux une fois, deux fois, trois fois ouf! de nouvelles constructions, et autant de réfections de la rue.
Elle est devenue à sens unique: nous avons donc un "tour de bloc" à faire pour aller vers le haut, là où se trouve le seul transport  en commun dont nous bénéficions (un bus seulement)
Ce qui a changé aussi ce sont les gens: toutes les maison ont de nouveaux "maîtres", proprio ou locataires
Nous ne les connaissons pas tous, mais au fil des étés, nous finissons souvent par faire leur connaissance. L'été on vit dehors, on jardine, on parle par dessus la haie, on prend l'apéro ensemble
J'ai du mal à me rappeler nos précédents voisins, leurs noms, leur physique etc
Tout cela est derrière moi, tant de choses se sont passées depuis!
De temps en temps nos enfants nous rappellent l'une ou l'autre anecdote, ils ont la mémoire plus facile que nous: alors nous nous exclamons et on se dit ahhh ouiiiiiii je me souviens!
Parfois on est ému en pensant à tel incident pénible, mort, maladie, accident.
Parfois simplement on rit en pensant aux blagues que nos enfants ont faites, et que l'un ou l'autre rapelle
Les temps qui sont passés, semblent toujours des bons temps... ;-)





jeudi 22 mars 2018

il y a deux ans...

J'ai hésité à en parler, et puis voilà! J'en parle, je ne peux pas faire autrement!
Il y a deux ans, c'est loin et si près... 32 victimes, c'est beaucoup et peu. et il y a tous les blessés graves traumatisés, amputés!

Je me souviens
il y a deux ans, vers neuf heures, je suis dans mon petit bureau, en train de répondre à mes mails
Soudain une vraie cacophonie, des hélico qui vrombissent dans le ciel, des voitures de police et des ambulances qui sifflent dans l'avenue juste en bas de chez moi.
Que se passe-t-il?
Je ne vais pas tarder à le savoir : une de mes filles, celle qui habite loin, me téléphone, j'entends la panique dans sa voix: maman et papa, vous allez bien? Vous n'êtes pas là-bas?
Là-bas? où là-bas?
là-bas à l'aéroport, ou bien là-bas dans le métro...
Là où a éclaté la violence meurtrière, là où s'est déclenché le mal sous forme de bombes, de morts et de blessures graves
Ce bruit strident, grimaçant, nous l'avons entendu toute la journée... nous sommes à quelques km de l'aéroport!

Pendant des jours on n'a plus parlé que de ça... les journaux écrits ou télévisés
Une vague de panique s'est répandue sur le pays: on pensait aussi à ce qui s'était passé en France quelques mois plus tôt!

Puis les choses se sont tassées, on y pensait encore, mais sans trop insister, juste un regard inquiet parfois quand on voyait un sac posé à côté de nous, ou des gens à la mine patibulaire
Et puis les militaires dans les rues, plus moyen de circuler dans le centre sans se cogner à des militaires et à leurs fusils!

Nous rêvons tous d'un monde où il ferait bon vivre, on on pourrait vivre en paix
Bruxelles est une ville multi culturelle, les races, les cultures, les religions, les couleurs de peau se mélangent, se côtoient, se disputent parfois, et pourtant peuvent s'apprécier quand on prend la peine de s'écouter








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