jeudi 22 juin 2017

on ne peut pas tout savoir...

alors voilà

J'hésite à mettre ici mes petites nouvelles du jour: c'est banal, ce n'est en tout cas pas "littéraire", c'est un peu n'importe quoi...
Mais forcément cela me touche, et pas qu'un peu!

depuis que je suis calfeutrée à la maison, derrière un livre ou mon PC, ou blottie dans des rêveries, mon oeil (oui! vous savez celui qui est encore valide) a oublié comment c'était de regarder au loin, d'embrasser un plus grand horizon!
J'en arrive presque à regretter d'avoir perdu la vue de mon oeil gauche depuis trop peu de temps: ce matin à la clinique par exemple, me rendant sagement à une nième consultation de mes plaies, je voyais pas bien, je titubais, j'avais tendance à perdre l'équilibre!
je veux dire que je ne m'y habituerai jamais! Enfin, je redoute cela... il y aura bientôt 6 ans!...
Celui à qui j'ai écrit cela et qui est le plus à même de me comprendre à ce sujet, (il a perdu lui aussi l'usage d'un de ses yeux) m'a rassurée: mais siiiiiiiiiiiii tu t'y habitueras, laisse ton cerveau faire son travail! Mais bien sûr, élargis ton champ de vision (ce que je me disais aussi, j'avais juste besoin d'être, non consolée, mais secouée!Voilà! c'est fait!

Sinon ce matin on a enlevé le plus gros des pansements: et du coup, je me sens nue!!! Sensation bizarre mais agréable ô combien! Presque sensuelle... 
Là "ils" m'ont bien recommandé de ne pas me cogner, tout reste fragile encore
Oui oui ai je dit, pas me cogner, j'ai compris, mais ceux-là ignorent ma "borgnitude" On ne peut pas tout savoir...







dimanche 18 juin 2017

un document précieux

Je ne parlerai plus ici de: plaie, hospitalisation, greffe, pansements, douleur, immobilité forcée, et tout le reste qui fait mon quotidien depuis 5 ans
C'est en train de devenir du passé, du passé bien passé (tassé?)

Hier soir en m'endormant je pensais à ma drôle de vie depuis toutes ces années
Avant (vous le savez peut-être pas) j'écrivais et j'étais publiée
J'aidais d'autres à écrire aussi (ateliers d'écriture, relecture de manuscrits) et j'aimais ça! Beaucoup!

La pompe à mots hélas s'est tarie, j'avais d'autres chats à fouetter, plus le courage d' écrire, ni même de lire, incroyable!

Hier donc en m'endormant j'ai décidé que cela suffisait, qu'il était plus que temps de me rebrancher à mon imagination, de la tenir fermement contre moi, de la caresser, de la dorloter, de prêter l'oreille aux mots qui ne manqueraient pas de surgir de mon coeur profond (oui! après ces épisodes difficiles -ô combien!, je ne pourrais plus qu'écrire avec mon coeur le plus profond, ce qui n'empêcherait pas l'humour)

Il me faut relancer la machine: tant de mois, d'années sans écrire aucune fiction, a asséché la source
D'où ma décision: écrire tous les jours, laisser venir les mots qui me viendront suite à une photo, une phrase déclenchant le flux bien caché en moi, caché, mais présent en moi, j'ose l'espérer!

Bien des fois j'ai dit aux participants de mes ateliers, qu'il fallait ça: écrire tous les jours, sous peine de voir se tarir la source; je peux assurer que c'est vrai! C'est mon expérience!

J'ai donc ouvert un précieux docu qui recueillera mes mots au fil des jours.

Un docu qui contiendra mes gammes, mes indispensables gammes pour renaître à l'écriture, pour renaître à ma créativité

Car même la fleur la plus fragile peut surgir entre les pierres





dimanche 11 juin 2017

le quotidien des jours

C'est le grand ballet de mes enfants qui viennent voir si tout va bien, qui me "surveillent" pour voir si je ne fais pas de bêtises (!)
Le matin, l'après midi ça défile, ça m'embrasse, on parle un peu, beaucoup...on fait un brin de ménage
C'est bon d'avoir des enfants dont je mesure l'amour, qui sont heureux de faire pour moi ce que j'ai fait pour eux pendant tant d'années...

Un merci tout spécial à ma fille infirmière qui tous les jours vient faire mes pansements. Je me sens en sécurité avec elle, elle fait ça bien, en douceur
Un merci tout spécial aussi à ma fille "ardennaise", venue passer ici quelques jours la semaine dernière pour les repas, un min de ménage... m'aider à me déplacer aussi: pour monter et surtout descendre les escaliers, ce n'était pas une sinécure: pas de mouvement brusque pour ne pas déchirer, tirailler la toute nouvelle peau...si fragile

nous avons beaucoup parlé aussi, de ces conversations profondes qu'on peut avoir quand on se sent en confiance: c'était bon!  c'était tendre

J'ai pourtant des moments plus difficiles: je me sens "enfermée" dans ma maison que je n'ai pas quittée depuis deux mois, sinon pour aller à la clinique. Je ne dors pas trop bien ne sachant pas comment me mettre. J'angoisse aussi pour l'avenir: pourrai-je refaire  de courts trajets en voiture? Il me semble que la vue de mon seul oeil a baissé... cela m'insécurise...

J'essaie d'aller bien, de rester positive, ce n'est pas facile au quotidien: les peurs sont là, assombrissent l'horizon

lundi 5 juin 2017

une nouvelle peau!

J'ai une nouvelle peau!
mais très très fine,, vous n'imaginez pas!
Une peau de papier à cigarettes, si fine qu'on voit tout à travers!
Donc je peux pas bouger, pour ne pas la déchirer
Faudra attendre qu'elle reprenne du poil de la bête, ;-)  qu'elle s'épaississe
Lentement mais sûrement!
Patience....

Depuis deux mois, je fais preuve d'une grande patience, c'est si long!

Parce que là où on a prélevé la greffe, c'est devenu une plaie aussi!
qui devra guérir, lentement mais surement

Patience aussi...

En attendant, je me sens très faible, deux anesthésies ne sont pas sans conséquences...

Je lis un livre qui me fait un grand bien: du jeune philosophe, Martin Steffens  "La vie en bleu", pourquoi la vie est belle, même dans l'épreuve. https://www.babelio.com/livres/Steffens-La-vie-en-bleu/578520
Il écrit pour moi... c'est génial!
Chaque page, je la savoure, je la fais entrer au compte goutte en moi, elle me nourrit
A lire quand on est en situation de faiblesse, de souffrance et que l'on cherche ses forces pour rebondir
Elles sont là, pas si loin...

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